I. Henri Mirtin
époque , n'a cessé de prospérer , de croître et de s'embellir. Sa population s'élève aujourd'hui à 18671 hab.
MOÎIOIIENTS. — CURIOSITÉS.
Si la ville de Pau n'était pas si admirablement située , dans un si beau climat, et si elle ne possédait pas son vieux château, elle serait vraiment indigne d'une visite. Elle n'ofl"re par elle-même rien d'intéressant. Ses rues sont mal pavées, ses maisons sont aussi vulgaires que ses édifices publics. Une seule de ses églises mérite une mention : c'est celle de Saint- Martin, parce que Jeanne d'Albret y reçut , pour la première fois, la communion selon le rite de l'Kglise réformée, le jour de Pâques 1560, et parce que Viret y a prêché.
Le nouveau Palais de Justice^ construit au N. de la ville sur le sommet du plateau , est décoré d'un péristyle en marbre blanc, mais son double fronton soulève de trop justes critiques. — La Halle neuve, située au centre de la ville, est formée de grandes arcades surmontées d'une tour assez disgracieuse ; les appartements réservés, au-dessus des arcades, contiennent la Bibliothèque, qui se compose d'environ 20 000 volumes tirés, pour la plupart, des anciennes universités protestantes du Béarn, et le Musée, qui possède une belle collection de marbres des Pyrénées, et deux tableaux, dont l'un est une copie, faite par M. Eugène Devéria luimême, de la Naissance d'Henri IF, exposée au musée du Luxembourg.
On montre aussi , dans l'église de Saint-Martin, un tableau de cet habile artiste , qui habite depuis de longues années la ville de Pau. — U Caserne, située à l'extrémité
N. 0. de la ville, sur l'un des côtés du champ de manœuvre, est une des plus grandes de France ; de sa terrasse, on jouit d'une vue trèsétendue sur toute la chaîne des Pyrénées, et sur la plaine du Gave jusqu'au delà d'Orthez. — Le Théâtre, que rien ne signale à l'attention du visiteur, est construit sur la place Grammont; on parle d'en bâtirj un nouveau en marbre blanc sur l'emplacement occupé maintenant par les arcades ruinées de l'église Saint-Louis, au N. de la place Royale. — Le Lycée, situé à l'extrémité S. E. de la ville, occupe les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites. — Les curieuses archives du Béarn, si bien classées par l'archiviste M. Ferron, qui a réuni dans une salle particulière un intéressant musée paléogravhique, sont déposées à l'hôtel de la préfecture.
Là place Royale, qui s'est appelée aussi la place de VEgalité pendant la Révolution, et la place Bonaparte sous l'Empire, est l'une des plus belles places du monde entier. Elle ne doit cette supériorité ni à son étendue, ni à ses beaux arbres, ni aux cafés qui la bordent, mais au panorama que l'on y découvre (Voy.
page 186). Les Béarnais y ont érigé, le 27 août 1843. en présence du duc de Montpensier, une statue en marbre blanc de Gabas, représentant Henri IV debout, la main droite étendue, la main gauche appuyée sur la garde de son épée. Cette statue, trop vantée, est de M. Raggi ; les bas-reliefs sont de M. Ëtex ; ils représentent : 1" l'enfance d'Henri de Navarre au milieu des montagnes de Coarraze ; 2" Henri IV secourant Paris affamé ; 3" Henri IV à la bataille d'Ivry.