ROUTE 33. LES EAUX-BONNES. — LE GOURZY
Eaux-Chaudes a été décrite pages 208 et suivantes. On descend des Eaux- Bonnes jusqu'au point de jonction où se trouve un petit cabaret, et on rémonte pour traverser la gorge du Hourat.
B Par le Cours)'.
(» à 5 h. de marche : l'une des plus agréables promenades que l'on puisse faire dans les environs des Eaux-Bonnes, tu guide n'est pas absolument nécessaire ( 3 à i fr.). Cependant on risque de s'égarer sur le sommet de la montagne, où le sentier disparaît de distance en distance. Celte course j>eut se faire entièrement à cheval et même à âne. On revient des Eaux-Chaudes aux Eaux-Bonnes par la route ( i h. i/'i à 2 h. à pied), et, si l'on est fatigué, on peut prendre l'omnibus.
Le sentier du Gourzy, c'est-à-dire la promenade Jacqueminot, s'ouvre à la g. de l'église. Il monte en zigzag dans un bois d'essences variées, puis de hêtres et enfin d'arbres verts, jusqu'à (50 min.) une sorte de plateau incliné où les arbres, devenant plus rares, permettent déjà de voir la vallée de Lanms, le col de Louvie, et les pâturages du Benou. 20 min. plus haut on découvre la vallée d'Ossau, Arudy et la plaine. La pente, qui s'était beaucoup adoucie , reprend sa première roideur. A mesure qu'on s'élève, la vue s'étend dans toutes les directions. Le col de Tortes apparaît à l'O. En face se dresse peu à peu toute la grande chaîne.
Près d'une fontaine où l'on ne manque jamais de se rafraîchir, on laisse à g. le vallon sauvage que remonte le sentier conduisant au Pic de Ger, qui se montre ici sous un de ses plus beaux aspects.
Contournant alors (15 min.) un
petit vallon couvert d'un gazon court et parsemé d'arbres iaoléa. on ne tarde pas (5 min.) à rentrer dans un bois de hêtres où le chemin reste en plaine, puis on traverse (5 min.) un champ de buis, et 25 min. plus loin, c'est-à-dire 2 h. après avoir quitté les Eaux- Bonnes, on atteint le plateau du Gourzy, haut de 18.39 met., d'où l'on découvre un panorama presque aussi beau que celui du Pic du Midi, sur les vallées des Eaux- Bimnes et d'Ossau, la plaine du Béarn, la Montagne Verte, le col de Tortes, le Pic de Ger, le Pic du Midi d'Ossau, le col des Moines, et toute la belle chaîne qui sépare la vallée d'Ossau de la vallée d'Aspe (les pics Hourquette, d'Ayous, Tul, d'Aide, d'Err, Gaziès, Lasserons, Escarpuru, Sesques, d'Isabe, Lasnères, etc.). A g. , se dressent deux sommités complètement nues. En s'avancant vers l'O. , sur le rebord du plateau, on ne voit pas encore le village des Eaux-Chaudes, mais on aperçoit le pont d'Enfer, le village de Goust, de magnifiques escarpements de roches grises, et la route de Gabas qui serpente au fond d'une gorge étroite entre de sombres forêts de sapins.
Pour descendre dans cette gorge, il faut contourner une grande ravine, du haut de laquelle on découvre sur la dr. un grand et beau paysage, passer (30 min.) près d'un petit ruisseau et d'un gros sapin dont le guide ne manque jamais de faire remarquer les nombreuses branches, puis suivre un sentier escarpé et à demi tracé qui descend à travers les pâturages et des bouquets de bois où le buis domine. Enfin on rejoint (45 min.) le
chemin de la Grotte des Eaux- Chaudes (Voy. p. 229), d'où l'on gagne en 30 min. les Eaux-Chaudes (Voy. p. 225).
La grotte d'Izeste.
' i9kil. Routedevoitures jusqu'à Izeste.
On peut aller et revenir en 5 h. à cheval, mais c'est une course falipante. Il vaut mieux aller en voiture et partir de bonne heure pour déjeuner à I.ouvie-Juzon.
A Izeste môme, un trouve des guides, des torches et de la paille.
16 kil. des Eaux-Bonnes à Louvie-Juzon (V. R. 31V
2 kil. de Louvie-Juzon à Izeste (V. R. 8).
« La grotte d' Izeste ^ dit M. Moreau, est à 25 min. de chemin du pont de Louvie. Elle s'ouvre sur le flanc d'une montagne à votre gauche. Vous traverserez pour y arriver une partie du petit village d'Izeste. J'engage les cavaliers à conserver leurs fouets, parce qu'à votre passage dans le hameau, surpira de toutes les maisons une nuée de grandes et de petites filles qui vous accompagneront jusqu'à la grotte, les unes pour vous demander l'aumône , dont elles n'ont pas besoin, les autres pour effrayer, pendant votre visite, par les cris les plus perçants et les plus sauvapes , les dames déjà un peu émues de l'obscurité et de l'immensité de la voûte. Vous êtes prévenus; quand vous verrez à la sortie du village se former le rassemblement criard, faites-lui les sommations légales de se dissiper; s'il n'y obtempère pas, faites claquer vos fouets, en indiquant l'usage auquel pour l'instant vous comptez les employer. Cette démonstration produira l'effet de la ceinture du commissaire de police,
ou, ce qui est plus énergique encore, d'une charge de cavalerie.
« Arrivés au pied de la montagne, vous aurez à gravir, par un sentier un peu dur, jusqu'à 'l'entrée de la grotte; ce sera l'affaire de 7 ou 8 min.
a Reprenez haleine avant d'entrer. Il n'est pas besoin d'observer les précautions que nécessitent les visites à certaines autres grottes, car la température n'est pas froide, et n'offre point avec celle extérieure un contraste brusque et dangereux. »
La grotte d'Izeste, que les habitants du pays appellent Espelungue, de Spehmca (caverne), est une des plus grandes des Pyrénées; son entrée a environ 17 met.
de hauteur: comme presque toutes les grottes remarquables, elle a été formée par les eaux dans la roche calcaire.
Si l'on doit en croire une tradition locale, lors de l'invasion des Sarrasins d'Espagne, 10 000 d'entre eux, repoussés par les Béarnais, furent obligés de se réfugier dans cette grotte, où ils se fortifièrent au moyen d'un retranchement dont on voit encore les restes à l'entrée.
Ils y séjournèrent pendant quelque temps et n'en sortirent qu'après avoir traité avec leurs ennemis.
Maintenant la grotte d'Izeste n'est plus habitée que par d'innombrables chauves-souris qui y ont déposé une couche épaisse de guano sur laquelle le pied glisse souvent, ce II m'est arrivé une fois, raconte M. Moreau, de tirer, au milieu de ces bandes que vous voyez attachées à la voûte ou voltigeant audessus de vos têtes, un coup de fusil chargé de cendrée, c'est-àdire du plus petit plomb; j'en ai
ITINERAIRE DES PYRENEES
tué environ un cent , dont nous comptâmes les cadavres. Je vous engage pourtant à ne point renouveler cette expérience, car la détonation avait fait détacher de la voilte une pierre, qui tomba tout à côté de moi et faillit briser mon fusil. »
Ascension du Pic da Midi d'Ossau.
On peut aller en un jour des Eaux-Bonnes au Pic du Midi d'Ossau et revenir. Mais la course est longue et fatigante. Il faut, en effet, partir vers 2 h. du matin, aller a cheval jusqu'à la case de Broussette (32 kil.), monter à pied de la case au sommet du Pic (4 h.
environ), puis redescendre h Gabas, moitié à pied, moitié à cheval, et revenir aux Eaux-Bonnes, soit à cheval, soit en voiture. On ne peut guère être de retour avant 6 ou 7 h. du soir. C'est parce que j'ai fait ainsi cette course avec Esterle, le 27 août 1857, que je conseillerai à tous ceux qui voudront l'entreprendre d'aller la veille coucher à Gabas, ou même à la case de Broussette.
Des Eaux-Bonnes aux Eaux- Chaudes (Voy. page 221).
Des Eaux-Chaudes au Pic du Midi (Voy. page 231).
Des Eaux-Bonnes à Argelez, PierrefiUe, Cauiereis, I.uz, Saini-Sauveur et Baréges, par le col de Tories (V. R. 37).