ROUTE 34. LES EAUX-CHAUDES
pagne; le pic Gaziès attire surtout les regards.
Nous ne parlerons que pour mémoire de la petite chapelle située à côté de l'établissement.
LES EAUX
Eau thermale , sulfureuse.
Connue de temps immémorial.
Six sources différant par leur température et par lesproportionsde leurs éléments : c'est le Clôt, le Rey , l'Esquirette, S. Baudot, S. Larres- .secq, S. Miuvielle. Cette dernière est froide. Un captage récent a divisé l'Esquirette en deux sources; l'une chaude, l'autre tempérée.
Débit en 24 h. : Le Clôt , l'Esquirette et le Rey 1365 hectol.
Température: Clôt, 36",4; Esquirette chaude , 35» ; Esquirette tempérée, 31«.5;Rey, 33»,5; Baudot, 25",7; Larressecq, 24»,9; Minvielle, 10",5.
Caractère : Celui des eaux sulfureuses en général.
Établissement nouvellement reconstruit et bien aménagé. Trentequatre baignoires ou appareils à douches; buvettes élégantes, piscine pour trente malades.
Service médical : Un médecin inspecteur, un inspecteur- adjoint.
Emploi : Boisson, bains, douches.
Situation : 675 met. au-dessus de la mer.
Effets jjhifsiolofjiques : Eaux excitantes , quoique à un degré moindre que beaucoup de leurs congénères des Pyrénées; précieuses par cela même*; en général , elles amènent, dès les premiers jours, une diurèse abondante, ou des sueurs, ou la poussée. La source Baudot, très-employée en boisson, est
considérée comme succédanée des Eaux-Bonnes. Elle se digère bien et elle agit dans le même sens que les Eaux-Bonnes, mais avec moins d'énergie. C'est la plus chlorurée.
Les Eaux-Chaudes ne se transportent pas.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de soude. Une seule source a été analysée complètement par M. Filhûl, qui indique les proportions suivantes de sulfure et de chlorure de sodium dans un litre d'eau des autres sources :
Sulfure. Chlorure.
gr. gr.
L'Esquirette 0,8003
Larresecq 0,0083
Le Clôt o.ooyo 0,0»»7
Le Rey 0,0098 0,096»
Minvieille 0,00'i3
Analyte (Filhol
Sulfure de sodium...
Chlorure de sodium..
Sulfate de chaux
Silicate de chaux
» de magnésie.
» d'alumine....
Sulfate de soude
Carbonate de soude. . .
Iode
S. Baudot.
Eau 1 lit.
gr.
' I traces o,oWo
0,0350 . trace;» sensib^
Bibliographie : J. Laffore, notice historique et médicale sur l'établissement thermal des Eaux-Chaudes.... l»au 1849.
— Izarié, médecin inspecteur de l'établissement, Aperçu historique, topographique et médical sur les Eaux-Chaudes.
Pau,Vi{înancourt, imprimeur. i852, in-i2
Promenades.
A l'extrémité du village s'étend
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
une promenade ombreuse, garnie de bancs commodes. On l'appelle indifféremment prowpnade Henri /F, Bussy, ou du château.
La promenade d'Argout serpente sur le flanc de la montagne, vis-àvis du village, de l'autre côté du torrent. Pour y aller, on suit d'ordinaire la route de Gabas jusqu'à (5 min.) un pont qu'on appelle pont d'Enfer , sans doute parce que toutes les villes de bains doivent en montrer un aux touristes, mais qui n'a rien d'infernal. Il s'est trouvé cependant un auteur capable d'écrire les lignes suivantes : « Si vous n'êtes pas sujet aux vertiges, contemplez hardiment le gouffre sans fond que la nature a creusé sous vos pas. Nul autre spectacle n'est tout à la fois plus horrible et plus beau (pardon pour l'antithèse) , et n*est plus propre à donner une idée des demeures infernales. Un peu sur la dr. se voit un sapin colossal jeté comme un pont sur les deux rives du Gave, et sur lequel je doute que les isards même osassent se hasarder, »
A 5 min. environ au-dessus du pont d'Enfer tombe une jolie petite cascade. Pour revenir aux Eaux- Chaudes , on suit la promenade d'Argout sur la rive g. du Gave, dont l'eau fait tourner la roue d'un moulin. Un pont de bois relie la promenade à l'établissement.
EXCURSIONS
Goost.
kb minutes. Sentier de mulets.
Au-dessus du pont d'Enfer, les montagnes un peu moins rapprochées laissent respirer plus facilement; mais* sans un sentier tracé
en zigzag sur le versant occidental, on ne devinerait pas, a dit M. Moreau, le plateau écarté où.
dans une vaste anfractuosité, se cache le hameau de Goust, composé depuis des siècles de douze maisons, qui abritent souvent des hôtes centenaires. Dans cette oasis aérienne, située à 600 mètres audessus des Eaux-Chaudes, vivent entre le ciel et la terre à peu près 70 individus, tous plus ou moins cousins l'un de l'autre, formant une petite république gouvernée par un conseil d'anciens, qui décide en j)remier et dernier ressort sur toutes les contestations, et juge de la convenance des mariages entre les filles de la république et les jeunes gars de la plaine.
« Le petit Etat n'a pas de budget ni de liste civile; mais il fournit à peu près tous les ans son homme au contingent cantonal. Le gardechampètre est la seule notabilité de l'endroit.
« Les habitants de Goust sont obligés d'aller à Laruns pour célébrer toutes les solennités importantes : baptêmes, mariages, enterrements. Pour le baptême et le mariage, nulle difficulté; les nouveaunés sont portatifs, et les jeunes fiancés n'ont pas besoin qu'on les porte. Mais lorsqu'il y a un mort à Goust, on .s'est avisé de faire glisser le cercueil le long du rocher et de venir le reprendre au bas de la montagne. »
Les exemples de longévité sont relativement très-nombreux dans le village de Goust. On dit qu'on y trouve généralement trois ou quatre centenaires, et le docteur Cayet rapporte qu'en l'année 1005 il mourut à Goust un vieillard Agé de 123 ans.