DE PARIS A TARBES PAR PAU
Far lont-de Harsan.
852 kil. Chemin de fer en exploitation jusqu'à Mont-de-Marsan : en construction jusqu'à Aire. Route de poste d'Aire à Pau. Chemin de fer en construction de Pau à Tarhes.
.583 kil. de Paris à Bordeaux (V.
109 kil. de Bordeaux à Morcens (V. R. 2).
39 kil. de Morcens à Mont-de- Marsan (V. R. A).
82 kil. de Mont-de-Marsan à Pau (V. R. 4).
39 kil. de Pau à Tarbes (V. ci-dessous).
Far Dax et Orthex.
840 kil. Chemin de fer en exploitation jusqu'à Dax ; en construction de Dax à Pau.
810 kil. de Paris à Pau (V. R. .5).
De Fan à Tarbes.
39 kil. Chemin de fer en construction.
Route de poste. Diligences tous les jours. Heures et prix variables.
On sort de Pau par les allées de Morlaas (V. R. 30), et, laissant à g.
la route qui conduit à Morlaas à travers des landes désolées, on oblique à dr. pour se diriger vers le S. E., en remontant le versant septentrional de la vallée de l'Ousse.
La route s'élève graduellement, dépasse le v. de Sendets (529 hab.) qu'on voit à g. sur les bords d'un ruisseau ombragé de quelques chênes, Pt ne dévie pas de la ligne dr. depuis la bifurcation jusqu'à:
16 kil. Bordes d'Expoey ou Soumoulou , relais de poste , v. de 487 hab. , dont les maisons et les
granges espacées occupent plus d'un kil. de longueur. Au delà de ce v. on laisse à dr. la route qui , continuant à longer la vallée de l'Ousse , monte au S. E. vers Pontacq (12 kil.; 20 kil. de Pau), et l'on gravit une forte côte pour s'élever sur le sommet d'un plateau boisé qui sépare la vallée de l'Ousse de celle du Luy de France. On franchit ensuite quelques petits ruisseaux, premiers affluents du Luy, puis on traverse pendant quelques minutes l'extrémité méridionale d'une étrange enclave dépendant du département des Hautes -Pyrénées, et on laisse à g. le chef-lieu de cette enclave , Gardères , v. de 747 hab. , situé sur la rive g. du Gahas dans une campagne peu fertile et cependant parsemée de grands arbres.
Bientôt après on franchit le Gabas, encore simple ruisseau, qui se dirige vers le N. 0. et va se jeter dans l'Adouren aval de Saint-Sever.
Au delà de
13 kil. (29 kil.) Ger, v. de 1883 hab. , dont les maisons sont éparpillées au loin dans la campagne, on sort définitivement du département des Basses-Pyrénées pour entrer dans celui des Hautes-Pyrénées, et on atteint l'extrémité du plateau qui domine toute la plaine de Tarbes. De ce point on découvre une vue magnifique. La coUine qu'on va descendre incline vers l'E. ses pentes rapides couvertes de chênes et de châtaigniers; à sa base, la plaine fertile arrosée par l'Adour et par ses affluents s'étend à perte de vue , et semble n'avoir rien perdu de la mollesse de ses contours depuis Tépoque où elle était le lit d'un grand lac; en face, la route, blanche et droite, s'allonge comme un ruban légèrement onde, jusqu'à
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Tarbes, dont les maisons grisâtres font comme une tache au milieu de la verdure. A dr. , Ja chaîne bleuâtre des Pyrénées se dresse au-dessus de la plaine.
On descend du plateau par une pente rapide formant un grand lacet sur le (lanc de la colline, et bientôt on se trouve dans la plaine, qu'on n'a plus qu'à traverser en ligne droite. On franchit d'abord deux aflluents de l'Echez, puis on laisse à dr. le v. d'Ibos m6\ hab.) dont la vieille église attire de loin les regards par sa grande masse.
La tour carrée de cette église, placée au couchant, élevée de quatre étages, fut construite à la fin de l'époque romane : elle servait de donjon de défense plutôt que de clocher. La nef date du xiv siècle; mais le chevet, dont la hauteur égale presque celle de la tour ne fut probablement construit que vers le xv siècle. Ses proportions sont gigantesques, et si l'on avait eu le temps de reconstruire tout l'édifice d'après le même plan que le chevet, Ibos posséderait aujourd'hui l'église la plus remarquable du Bigorre. Pendant les guerres de religion, les huguenots firent de cette église leur château fort.
Après Ibos on traverse YEcheX et on entre par une longue et triste rue à
lOkil. (39 k il.) Tarbes.
Hl^TELs : Béeras (la Paix); Carrère (le Grand -Solein; Dupont (du Commerce); Despalangues (l'Europe ; Sempohs , situés sur la pUce Maubourguel ou dans la rue Massey; lilondin, rue du Maubuurguef.t'/aifrie^laKraiifessurla
place Marradieu. .V. D. On mange dans les hôtels de Tarbes d'excellentes coquilles aux champignons.
PRi:<ciP\ox CAFÉS. Dans les entiions
des hôtels -. café Ditan ; Candelon ; Wagram; Gaye; Hergouignan; Millettes; de Part*; de la Brasierie; du Commerce; de la Pair.
Voitures publiques. Tous les bureaux de diligences pour tous pays et pour la montagne sont situés sur la place du Maubourguet Messageries Impériales ^ correspondant avec le chemin de fer du Midi par Munl-de-Marsan et Agen, service sur Bayonne, Auch et Toulouse, pour la montagne, Caiiterets, Saint-Sauveur et Bareges; Messageries du Midi, service sur Bayonne et sur Toulouse; Messageries Singes, service de Taibes à Toulouse par Saint-Gauderis; Messageries Dode , service sur Argelez et Cauterels ; Messageries Carrère, service sur Cauterets, Saint-Sauveur, bareges, Pau ; Messageries Hibettes, sur Bagnères, deux départs tous les jours ; Messageries Chuisy , sur Pau, correspondant avec Bayonne; service régulier de dépèches entre Tarbes et Saint- Gaudens, correspondant avec Saint-Girons, Bagnèrcs-de-l.uchon et Toulouse ; services sur Vie et Maubourguet.
Voitures de louage. Principaux loueurs : Mathieu, rue des Grands-Fossés ; Lamontîne, rue du Maubourguet; Pierre, rue des Pyrénées; Larré, rue Soucourricu ; Bertrand Calestremé , rue Napoléon ; Lccomte, rue Neuve; Marceau jeune, taisant le courriel- de Bareges, rue Massey; Bui-gu^s, Bruno, Lncounie, place Marcadieu; et Millet, rue de Gonnez; Dureau , place du Maubourguet
PosTB AUX LETTRES. Kue de» Giaiids- Fossés, pris de l'église Saint -Jean ; nue boite est placée sur la place Marcadieu, maison Cénac, et une autre à l'entrée de la rue de IHôpital.
Poste aux chevaux. Rue des Grands- Fossés, en face de la poste aux lettres.
l.iBRAiRks. J. M. Dufour^ rue des Gninds-Fos>cs, nouveauLcs, estampes , costumes des Pyrénées, cabinet de lecture; CoUongues,Y\\e des Grands-Fossés, classiques et liitf rature; Dastès Claven>, rue Bourg- Vieux, classiques; Madame Adèle Millas Gaye, rue Saint- Louis, ciassiques ; Z>ti/^otir, place du
Maubourguet, librairie religieuse, estampes,
MÉDECINS. MM. Duplan, chirurgien en chef de l'hospice, place du Maubourguet; Vignes, médecin en chef de l'iiospice, rue de l'Harmonie; Dastas , rue Bourg-Vieux; Prouaiie, rue Saint-Louis.
Bains. Bains Péré, rue Massey ; Artigala, rue des Petits-Fosses; Bié, place Man^dieu.
Tarbes, le chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées, le siège d'un évôché fondt'î au v* siècle, est uneV.de 14743 hab. , agréablement située au milieu de l'une des plus belles plaines de la France , sur la rive g. de l'Adour. dont les eaux sont distribuées par deux larges canaux dans tous les quartiers. Elle ne forme guère qu'une grande rue irrégulière de l'E. à l'O. depuis le pont de l'Adour jusqu'à la route de Pau; deux places assez spacieuses . appelées de la PortcUe et du Maubourguet, partagent cette rue en trois parties presque égales.
Tarbes existait du temps de César sous le nom de Bigorra , nom qu'elle devait sans doute au Dieu Biagorry. Elle fut conquise par Crassus; plus tard elle porta suivant plusieurs auteurs les noms de Tania, Turra, Tarba, etc. Aprî;s la chute de l'empire romain, elle eut beaucoup à soufl'rir des invasions des Goths, des Vandales, des Alains, desVascons, des Sarrasins.
Au commencement du ix' siècle, elle fut ruinée de fond en comble parles Normands; ses habitants se virent alors forcés de se réfugier dans les bois et dans les landes , où ils menèrent longtemps une vie errante et sauvage. Enfin, au milieu du x« siècle, Raymond I rebâtit la ville détruite, et reconstitua le comté de Bigorre , dont elle devint la capitale. En 1097 furent
proclamés les Fors, véritable charte constitutionnelle consentie à la fois par la noblesse , le clergé et le peuple ; sous la protection de cette charte oit le mot de serf n'est pas même prononcé, le Bigorre et sa capitale jouirent d'une paix relative.
Malgré les protestations des Bigorrais, leur pays avait été cédé à l'Angleterre par la France dans le traité de Bretigny. En 1-360, le prince Noir fit son entrée h. tarbes acconipagné de la princesse de Galles sa fe mme et du comte de Foix , Gaston- Phœbus qui, héritier de la maison de Béarn, devait bientôt recommencer les guerres contre les Anglais.
Quand le Bigorre eut été délivré de l'occupation étrangère, grâce au courage de ses habitants, la couronne de France le rendit à ses souverains naturels , les princes de Béarn.
Au XVI* siècle, les doctrines des huguenots se répandirent rapidement dans le Bigorrais , et la tran- (juillité du pays n'en fut d'abord aucunement troublée; les églises étaient même communes aux deux cultes. Mais, lorsque les armées catholiques de Montluc et de Terride vinrent attaquer le Bigorre, le fanatisme religieux éclata, et bientôt le pays fut couvert de ruines.
Montgommery, général des protestants, occupa la ville, en chassa les habitants, brûla les églises et les couvents. Après son départ, lesTarbais revinrent et commencèrent â rebâtir leurs maisons, puis, à la nouvelle que le vicomte de Montamat, autre chef huguenot, venait les attaquer, ils s'enfuirent de nouveau dans la campagne. Huit cents d'entre eux seulement osèrent résister, mais ils furent tués jusqu'au dernier sur les barricades qu'ils
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avaient construites. Pendant trois ans après cette bataille, la ville resta complètement inhabitée, et ses places se couvrirent d'herbe comme des prairies. Si en 1570, la paix de Saint-Germain permit aux habitants d'y rentrer, quand les hostilités eurent recommencé, elle fut de nouveau prise et reprise quatre fois par les parties belligérantes, et les campagnes voisines furent tellement ravagées, qu'après ces brigandages les paysans de Bigorre abandonnèrent la culture des terres à cause du manque de bétail, et la plus grande partie d'entre eux prirent la route d'Espagne.
Henri IV confirma les fors et privilèges particuliers du Bigorre , lorsqu'en 1G07 il prononça la réunion de ses anciens États à la couronne de France. La Révolution transforma le Bigorre, réuni aux quatre vallées et à une partie du Nébouzan , en un département qui reçut le nom des Hautes-Pyrénées.
En 1814, il se livra près de Tarbes un combat très-vif entre les Anglais et les Français, dans lequel les Français eurent le dessous.
Tarbes est la patrie du conventionnel Barrère de Vieusac , né en 1755, et mort dans sa ville natale
en 1841.
La cathédrale de Tarbes , appelée aussi église de la Sède (siège) est une « œuvre romane ou plutôt timidement gothique du xii* et du xiii»
siècle : » elle occupe l'emplacement de l'ancien château des comtes de Bigorre. « Son chevet, à trois absides inégales , dit M. Cénac- • Moncaut, s'ouvre sur le transsept par trois arcades ogivales très-accusées , celle du centre ayant une hauteur double de celle des bas côtés.
La grande nef est formée de quatre
travées sans nefs latérales ; elle se distingue par l'absence complète de toute sculpture : point de chapiteaux historiés, point d'archivoltes, point de voussures à chevron ou à palmettes ; les clefs de voûte ellesmêmes ne se composent que d'un simple tourteau évidé portant l'écu de Bigorre. La charmante coupole du transsept rappelle le style le plus pur de la première époque ogivale ; elle est de forme octogone et reçoit la lumière par quatre ogives élégantes, situées aux quatre points cardinaux. Le maître autel est soutenu par six belles colonnes de marbre d'Italie, œuvre du sculpteur Ferrère, citoyen de Tarbes.»
L'église de Saint-Jean date du xiv» siècle ; mais l'énorme tour carrée du N. E. , percée de meurtrières à ses cinq étages, a dû être certainement construite vers la fin du xii' siècle. Les chapiteaux carrés et grossièrement sculptés qui couronnent les douze pilastres intérieurs de l'église, doivent probablement avoir appartenu à un édifice antérieur.
L'église des Canné».-?, ou de Sainte- Thérèse, fut fondée par le baron Vital de Bazillac en 1282, puis brûlée par Montgommery en 1559; elle n'a conservé de cette époque qu'un clocher simple, carré jusqu'à la hauteur du toit de l'église, et octogone dans la partie supérieure. Ce clocher supporte une aiguille avec huit arêtes ornées de fleurs volutées , et se trouve flanqué jusqu'à la hauteur de sa galerie par une petite tourelle carrée destinée à l'escalier et terminée en pyramide. L'église nouvellement construite à côté de cette tour a été décorée de tableaux peints par M. Ugarrigue.
L'ancien Palais épiscopal est
aujourd'hui transformé en préfecture. Dans le jardin de cet hôtel, on retrouve encore les ruines d'une chapelle et d'un cloître , des inscriptions et deux statues romanes.
Le Palais de Justice est de construction moderne. Le grand dépôt d'étalons a été entièrement reconstruit en 1852. La Caserne de cavalerie est aussi l'une des plus belles de France. Le Lycée et l'hospice civil n'ont droit qu'à une simple mention.
Du château de Marguerite de Béarn, il ne reste aujourd'hui qu'une tour qui fait partie de la prison et qui est classée parmi les monuments historiques.
Tarbes possède plusieurs belles promenades : la place du Maubourguet au centre de la ville , bordée par les principaux hôtels et cafés; le Prado , le long du canal ; et les Allées Napoléon. Les jardins qui entourent la ville sont charmants. M.
Massey, ancien directeur général des parterres de Versailles, a dessiné un magnifique jardin au centre duquel s'élève une tour d'architecture presque mauresque, d'où l'on jouit d'une vue admirable sur k plaine de l'Adour et sur les Pyrénées , que domine le Pic du Midi de Bigorre.
Les courses de Tarbes sont les plus célèbres et les plus fréquentées du midi de la France. Tous les ans, au mois d'août, les étrangers descendent en foule des villes thermales de la montagne pour assister aux courses de l'hippodrome de Laioubère,' situé aune petite distance au S. de Tarbes. L'élève des chevaux est une des industries principales du département.
Tarbes possède un bel étahlissement industriel dirigé par MM. Sa-
laignac , Bordes et Clarac , comprenant une fabrique de papier, une fonderie de métaux, un atelier de construction mécanique et une filature avec carderie pour les laines et pour les lins.
Les marchés et les foires de Tarbes méritent la visite des étrangers qui y verront rassemblés tous les costumes des pays.
De Tarbes à Cauterets (V. R. «12) ; - à Saint-Sauveur (V. R. «17); —à Baréges (V. K. 55); — à Bigorre (V. R. 59) ; — 'a Lucbon (V. R. 63).