GROUPE DU SUD
Bains de la Raillère.
1 kil. en ligne droite. 1800 met. par la grande route.
C'est de la place que partent les omnibus de la Raillère; il faut avoir soin de se munir d'un billet pour chaque départ; le bureau est à l'entrée de la rue de la Raillère. C'est sur la place aussi que stationnent les porteurs. Tarif des chaises, aller et retour, l fr.
On remonte par la gorge du Gave entre la montagne de Perraute à g. et celle de Péguère à dr. ; on passe sur un pont au pied d'un grand éboulement dont les anfractuosités sont toujours remplies de neige, et oti vont s'approvisionner les habita.nts de Cauterets; puis, laissant à g. l'ancienne route et à dr. la promenade de Péguère, on arrive par une route sinueuse à (1800 met.) rétablissement thermal de la Raillère^ ainsi nommé à cause du vaste éboulis (ou raillère)
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
de rochers au-dessous duquel il se trouve placé. Ces bains, dont l'altitude est de 1110 met., sont situés dans une position sauvage , sous une montagne de granit en partie écroulée ; d'énormes blocs gisent çà et là sur les escarpements et jusque dans
le lit du Gave.
La Raillère est la plus fréquentée des sources de Cauterets, et chaque jour il y a foule depuis k heures du matin jusqu'à midi. L'eau est d'une abondance telle qu'elle suffit au besoin de 30 baignoires, pendant 14 heures de la journée, sans compter toute celle qui se consomme en boisson et en gargarismes. La source fut découverte en 1600, et dès cette époque on commença à la fréquenter ; on creusa un petit bassin sous un bloc de granit, et l'on fit passer l'eau par deux canons de fusil qui servaient de buvette. Les premiers bains furent établis au S.
de ce bassin dans quelques baraques contenant chacune deux baignoires en bois enfoncées dans le sol ; plus tard on éleva un pavillon en pierres; mais ce n'est qu'en 1817 que, la concession des eaux ayant été faite à M. Fêche, on commença l'établissement actuel par la construction de l'aile gauche.
Les Thermes forment un long parallélogramme construit sur une large terrasse de 90 met. de long, dominant le cours du Gave et l'entrée du Val de Lutour. De la terrasse, au centre de laquelle s'élève un petit pavillon , on pénètre dans une galerie largement éclairée par des fenêtres vitrées. Au milieu de l'édifice se trouve la buvette , et sur toute la longueur s'ouvrent les cabinets contenant 50 baignoires en marbre poli. En dehors de l'établissement, on a construit une écurie
pour les chevaux du haras de Tarbes, que l'on envoie prendre en boisson l'eau de la Raillère.
Petit Saint-Sauveur.
Chaise à porteurs , aller et retour , l fr. 50 0.
A 2Ô0 met. au delà de la Raillère, on franchit sur une passerelle le Gave de Géret ou de Marcadau, qui un peu plus bas va se réunir au Gave de Lutour, et à 100 met. plus loin (2i:)0 met. de Cauterets), on trouve à g. de la route l'établissement particulier du Petit Saint- Sauveur, situé à 1125 met. et ainsi nommé à cause de la ressemblance de ses eaux avec celles de la vallée de Luz (V. R. 48); il appartient aujourd'hui à M. Laurent Sarrète. La source n'a été exploitée que vers 1805; il n'y eut d'abord, comme partout à l'origine, qu'une baraque en planches , avec quatre baignoires en bois. C'est en 1814 qu'on construisit le corps de bâtiment le plus rapproché de la route, et qui se compose d'un petit vestibule dans lequel s'ouvrent six cabinets dont quatre à deux baignoires.
En 1818 on y adjoignit la petite aile de l'E. , qui contient quatre cabinets.
Les baignoires sont en planches doublées de zinc.
Le Pré.
Chaise à porteurs, aller et retour, » 1 fr. 50 c.
Un peu plus loin, et sur le bord même du Gave , à 1 135 met. de hauteur, on rencontre le Pré, autre établissement particulier, appartenant à la famille CapdegeUe. Les cabinets, au nombre de 17, sont pour la plupart pourvus de baignoires en marbre. Les douze pre-
miers sont établis autour d'un large corridor ; les cinq autres se trouvent dans une petite galerie plus rapprochée du Gave, à laquelle on parvient par une petite terrasse presque exclusivement réservée aux paysans espagnols attaqués d'affections gastriques ou rhumatismales.
Chaque année, ceux-ci passent la montagne en grand nombre pour faire ce qu'ils appellent une neuraine de bains. Après avoir pris un bain tempéré pour .se préparer, ils boivent pendant neuf jours de six à huit verres de l'eau de Mauhourat (Voy. plus bas) et prennent au Pré deux bains par jour qu'ils supportent une demi-heure à la température naturelle de 47".50'. En sortant du bain , ils s'enveloppent d'une couverture de laine, et complètent l'effet du bain par une sudation si abondante que le sol en est inondé.
Puis ils s'habillent, et, s'entourant d'une autre couverture en guise de manteau, ils regagnent gravement leur logis.
Hanhoarat , les Teux et les Œufs.
Chaise à porteurs, aller et retour, • 1 fr. SO c.
En quittant le Pré, la route , construite en 1817 par M. Labat . fait un détour à g., puis à dr., pour diminuer la pente qui conduit à Mauhourat. L'endroit où jaillissait la source était, ainsi que son nom l'indique (Mau Hourat, mauvais trou), une étroite fissure ouverte sur le Gave qui la remplissait dans ses crues , et où l'on n'arrivait qu'en se laissant glisser sur les poutres, au risque de tomber dans l'eau du torrent; aujourd'hui on entre dans la grotte, située à 1160 met. d'altitude, par un joli chemin garni de parapets. A l'entrée sont
des bancs grossiers ; au fond , la source jaillit dans un petit canal en bois où l'on puise l'eau; Mme de' Montebello a fait carreler le sol à ses frais.
La Source des Yeux est un filet d'eau coulant immédiatement derrière la grotte de Mauhourat dans une petite rigole qu'elle tapisse de dépôts de matière organique.
Un peu plus loin, en descendant au bord du Gave, une forte odeur de soufre signale la présence de la source des OEufs, ainsi nommée parce qu'elle est assez chaude (55") pour cuire des œufs, ou bien peutêtre parce qu'elle répand une odeur d'œufs pourris. Cette source, d'un volume énorme , était autrefois d'un accès très-dangereux ; mais on l'utilisera bientôt. Elle a été récemment, ainsi que la source du Mauhourat, l'objet d'un important travail d'aménagement souterrain, dirigé par MM. François et Balagna.
Aujourd'hui ce groupe comprend dix sources sulfureuses, dont la température varie de 44 à 60 degrés et qui débitent près de 400000 litres par 24 heures (V. ci-dessous).
Ces eaux, conduites par un aqueduc actuellement en construction au sommet de la prairie de Benquès, qui termine d'une manière si pittoresque la vallée de la Raillère, sont destinées à y alimenter un vaste établissement thermal dont la création vient d'être décidée.
Sources du Bois.
Chaise à porteurs, aller et retour, 2 fr.
De la source des Œufs, on monte par un chemin difficile jusqu'aux Bains du Bois, les plus éloignés de tous et situés à 1210 met. d'altitude ; on vient d'y construire un établis-
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sèment commode, contenant deux piscines et quatre cabinets de bains.
Le premier étage est disposé en logements pour les personnes qui ne pourraient pas supporter la fatigue d'un trajet de plus de 3 kil.
A. Eaux thermales, sulfureuses.
B. Eaux thermales, salines.
Connues dès l'époque romaine.
Quatorxe sources , non compris
celles qu'on a découvertes récemment. A l'Est S. César, vieux et nouveau; S. des Espagnols, S. Pause, vieux et nouveau; S. de la Reine, S. de Bruzaud, S. Rieumizet au midi; S. de la Raillère, S. du Pré, S. du Petit -Saint-Sauveur, S. du Bois, S. des Œufs, S. de Mahou-
rat.
Débit en 24 h. : Ensemble des S., 3920 hectol., depuis les derniers travaux de M. François, au lieu de 2160 h., débit ancien : la S. César vieux , qui donnait 210 h. , en donne 1100 à présent; Pause vieux, 691 au
lieu de 390.
Température maxima des S. : César vieux, 48», 5; la RaiUère, 39»;
S. aux Œufs , 55».
Caractères particuliers : Analogues à celles de Bagnères-de-Luchon à beaucoup d'égards, ces eaux laissent dégager moins d'acide sulfhydrique et ne déposent pas de soufre dans les conduits; elles sont , comme celles de Luchon, très-altérables; quelques-unes déposent au contact de l'air de la barégine; aucune ne blanchit.
Service médical : Un médecin inspecteur, un inspecteur adjoint.
Emploi : boissons, bains, douches.
Climat pluvieux , brouillards fréquents.
Classification chimique : À. Eau sulfurée sodique. On n'a que d'anciennes analyses sur les anciennes sources; l'Annuaire des Eaux minérales donne la suivante que M. Latour de Trie a faite d'une des sources découvertes depuis 1849 par M. Larramiau :
Analyse (Longchamps. Latour de Trie.)
S. nouvelle S- La «» 1, RaiUère.
E. 1 kil. E. 1 lit.
gr. gr.
Chaux... 0,00^187
Bicarbonate dechaux. 0,0050
» de magnésie... coCiO
» de fer 0,00i0
» de strontiane
(évalué). 0,0030
Magnésie OjOOO'iIjS
Soude caustique 0,003396
Carbonate de soude.. 0»0I05
» de potasse. traces
Sulfure de sodium... 0,019*00 0,oi72
Sulfate de soude 0,0'»'i3i7 o,0%00
» de chaux.... 0,0050
Chlorure de sodium. 0,OW576 0,0506
w de magnésium. 0,0100
» de calcium.... 0,0105
Acide silicique 0,061097
Barégine, pot. caust.,
ammoniaque trace».
lodure de sodium
(évalué) 0,00^
Bromure de sodium. traces Silicates de chaux et
d'alumine 0,0328
Oxyde de fer 0,0022
Glairine et perte OjOMiS
0,182718 0,2'iOO
Azote OiOO* P- <î"a-
Effets physiologiques : Ces eaux diffèrent dans leurs effets comme dans leurs éléments chimiques et dans leur température. Les S. César vieux et des Espagnols sont les plus excitantes ; la S. de la Raillèie agit spécifiquement comme les Eaux-Bonnes, mais avec moins
d'activité et d'une manière moins locale; elle produit moins la congestion pulmonaire. La S. Bruzaud passe pour résolutive ; c'est la plus alcaline et l'une des plus riches en barégine. En somme, ces eaux, analogues dans leurs effets comme dans leur nature à celles de Luchon .
sont plus douces et plus sédatives.
L'eau des S. César et la RaiUère se transportent.
Tarif des eaux appartenant à la vallée de Saint-Savin. Boisson pour urjc personne, par jour et à chaque source, 0 fr. 10 c; abonnement à la boisson pour une source , pendant toute la durée du séjour, 3 fr.; abonnement à la boisson pour toutes les sources pendant la durée du séjour, 5 fr.; prix d'un litre d'eau, y compris le remplissage, bouchounage, goudronnage et capsule, etc.,
0 fr. 30 c. ; prix d'un demi-litre, y compris remplissage , etc., o fr. 20 c. Bain% à heure Àxe, de 7 b. à lO h. du matin, au Grand-£iablis>ement ou à la Raillère,
1 fr. soc; grande douche, aux mêmes heures , au Grand-Éiablissement, l fr.
soc; bains et douches, à beure fixe, hors les heures ci -dessus désignées , pour tous les établissements, i fr. 25 c; bains et douches, pris simultanément au Grand-Êtablissemeni ou à la Raillère, de 7 à 10 h.", 2 fr. 25 ('. ; bains et douches pour tous les établissements en dehors de ces heures , i fr. 75 c; bains de pieds, 30 c.
Dans ces prix se trouvent compris tous les frais de préparation de bains, de chauffage du linge, ainsi que les soins des gardons et tilles de bains.
PROMENADES
Le Parc.
Le Parc, qui s'étend le long de la route à l'entrée du bourg, offre aux promeneurs des allées de tilleuls, de vastes pelouses entourées de peupliers, et un terrain heureusement accidenté. Quelques milliers de
francs suffiraient pour le convertir en un magnifique jardin anglais ; car rien n'y manque, ni l'espace, ni l'eau, ni les rochers pittoresques, ni les gazons , ni les massifs d'arbres.
Promenade da Mamelon-Vert.
Chaise à porteurs pour le tour de la promenade, 2 fr.
En traversant le pont du Gave vis-à-vis de la mairie, on prend la route qui se présente à dr. ; c'est la promenade du Mamelon -Vert; de création nouvelle, elle n'est pas encore assez ombragée , mais elle offre une vue charmante sur le bourg et la gorge de Cauterets ; le soir elle est le rendez-vous général des promeneurs. Longue d'un kil.
environ, elle traverse le Gave de Cambasque au-dessus du point où ce torrent se partage en deux bras pour aller se jeter dans le Gave de Cauterets, longe le versant de la montagne et aboutit au mamelon qui lui a donné son nom. Un sentier, destiné à devenir bientôt une allée d'arbres, la continue et descend par un pont de bois à la route de Pierrefitte. A quelques pas au-dessous de la jonction, on trouve un autre sentier appelé chemin de Cancéru, qui gravit la montagne de Perraute, passe derrière le Parc et rentre à Cauterets par la place des Thermes.
Promenade de Pégnère.
1 kil. i/2. Chaise à porteurs, 2 fr.
On traverse également le pont, puis on laisse à dr. la promenade du Mamelon-Vert, et le chemin du Monné (Voy. ci-dessous) , et l'on s'élève par de longs zigzags en pente douce sur le ilanc du Péguère ;
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de là, on redescend au S. vers la grande route au pont de la Raillère.
La grange de la reine Hortense.
l/'2 h. de marche. Chaise à porteurs, aller el retour, 6 fr. Guide, 2 fr.
Un sentier part de l'établissement de Pause-Vieux et conduit en pente douce , à travers les prés et les petits bois du Lisey, à cette petite maisonnette, où la reine Hortense fut surprise un jour par l'orage en revenant de Lu/.. Une inscription, souvent effacée et rétablie sur une plaque de marbre , rappelle cet événement.
Du rocher où se trouve la grange, on domine la petite ville et son riant bassin ; la tête obtuse du Monné se montre par l'échancrure de Cambasque et à l'extrémité de la gorge de Pierrefitte , on aperçoit la vallée d'Argelez jusqu'à la tour de Lourdes.
Cascade de Cérisey , pont d'Espagne.
ah. 1/2 de marche. Un guide n'est pas absolument nécessaire. Chaise à porteurs jusqu'à U cascade de Corisey , 2 hommes, 6 fr.; jusqu'au pont d'Espagne, 1 hommes, IS fr. Guide pour la cascade, 2 fr.; pour le pont d'Espagne, 3fr.
On passe devant tous les établissements thermaux du groupe du S.
(Voy. 'ci-dessus) et l'on continue à suivre la gorge du Gave de Géret ou de Marcadau , à travers le défilé le plus sauvage et le plus grand de la chaîne «les Pyrénées. Partuut des fonds bouleversés, des masses ruinées, de noires forêts de sapins et l'aiguille de Peyrelanz, fière et nue. C'est là, d'après M. de Chausenque, que vivait autrefois le lynx.
En 1777 encore, on y aperçut une
mère avec sou petit qui seul put être pris et qu'on envoya au Jardin des Plantes.
a La cascade de Cériiey, dont le bruit sourd va croissant, est une des plus belles de ces vallées. Pour bien la voir, il faut descendre au travers des sapins sans cesse humectés de ses vapeurs où, sous le soleil , brillent les couleurs du prisme.... La gerbe compacte, brisée à moitié chute, s'élance une seconde fois et retombe dans un canal profond où s'enfuient ses eaux toujours sombres, excepté lorsqu'un rayon de soleil vient montrer leur Umpidité parfaite et faire reluire les truites qui y abondent.
« Plusieurs autres ressauts élèvent rapidement le fond de la vallée et donnent lieu à «l'autrcs cascades, dont celles du Pas de VOurs et de ^Boussès sont belles encore; cette dernière tombe d'un seul jet au milieu des sapins. » La première est ainsi nommée, parce que, selon les gens du pays, un chien et un ours s'y rencontrèrent un jour ; l'habitant des bois ne voulut point céder le pas à celui des villes, qui refusa de son côté de se déranger de sa route : or, le chemin n'ayant en cet endroit qu'un pied au plus de largeur, nos héros, comme on le pense , durent vider la querelle, et les deux adversaires roulèrent dans le précipice.
On arrive tout près de la cascade du pont d'Espagne sans l'apercevoir ; seulement, \m sourd mugissement annonce qu'on s'en approche. Après avoir passé sur la rive dr. par un pont jeté entre deux saillies de rochers, on gravit pendant quelques minutes un sentier escarpé qui monte au .sommet d'un petit monticule, puis, tournant à dr. , on dcs-