‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 176 sur 382 · ROUTE 48. SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

ROUTE 48. SAINT-SAUVEUR

rite qu'il est très-important de faire connaître, dit M. le docteur Hédouin.

« Il y a longtemps déjà, un ancien médecin de Saint-Sauveureut l'idée, malheureuse pour la prospérité du pays, d'y établir un dépôt deau minérale de Bonnes, et il la prescrivit aux malades qui fréquentaient la localité. Ceux-ci s'en trouvèrent bien, et tellement bien, que plus tard ils firent cette réflexion toute naturelle : que si h Saint -Sauveur on lem* prescrivait l'eau de Bonnes, il devait être préférable pour eux d'aller en faire usage aux Eaux-Bonnes même.

« En effet , Saint - Sauveur fut moins fréquenté, et bientôt les Eaux- Bonnes acquirent une importance qui devint diaque année plus considérable. Dans les premiers temps que l'eau Bonnes fut débitée à Saint- Sauveur , c'était bien de l'eau qu'on allait chercher à Bonnes ; mais liien« tôt on trouva le trajet trop long, le transport trop coûteux, et on alla ultérieurement h Hontalade remplir, pendant la nuit , des bouteilles portant l'étiquette des Eaux-Bonnes. La personne qui s'était chargée de cette opération a avoué maintes fois sa coopération, et cette substitution de l'eau de Hontalade à celle de Bonnes ne fait , dans le pays, et depuis un temps immémorial, l'objet d'aucun

doute.

a Au reste, depuis longtemps, l'eau de Hontalade est utilisée en l)oisson pour son compte personnel.

D'abord employée seulement par les malades du département, plus tard son usage s'est étendu, et aujourd'hui des faits nombreux témoignent des propriétés remarquables de cette source, qui mérite qu'on lui assigne une place importante parmi leseuux des Pvrénées. »

LFS EAIX.

Eau thermale, sulfureuse.

Émergence : Du terrain primitif.

(Eurite.)

Veux sources : S. principale alimentant l'établissement, et S. dite la Hontalade , dont rexpb)italion a été autorisée en 18.').').

Débit en 24 h. : S. principale.

1240 hectol.

Température : S. princii)ale, à la douche , 33" ; à la baignoire , 32": la Hontalade, 22».

fnroctèresparticuliers : Eau limpide, odeur et saveur hépatiques, très-onctueuse h la peau , analogue à celle de Barzun i)ar ses caractères physi(|ues, laissant comme cette dernière dégager des bulles de gaz dans le verre, assez stable et ne blanchissant pas, contenant beaucoup de barégine. Quelques malades ont peine à supporter la température un peu basse des bains.

Établissement bien aménagé pour buvette, 1(1 baignoires et 2 douches.

Service médical : l'n médecin

inspecteur, un inspecteur adjoint.

Situation : 77()mèt. au-de.ssus de

la mer.

(limai de montagne assez rude, brouillards fré(|uents.

Kffets phnsiologi<iues : Eaux douces, sédatives, hyposthénisantes, agissant principalement sur le système nerveux; passaient, au siècle dernier, pour favoriser la conception.

Ne se transportent pas.

Classification chimique : Eau sulfurée à base de soude. On a constaté la présence de l'iode dans la Hontalade.

Analyse (FiUiol iBîiS).

S. de rétablissement. S. Hontalade.

Sulfure de sodium ....

Clilorure de sodium ...

Sulfate de soude

Silicate de soude

» de chaux

» de niagiK'sie.. .

n d'alumine

» dépotasse

Mati«'^re organique

Iode

Acide (torique

Borate de soude

gr.

traces

ttaces

traces

gr.

traces

0,2 SOO 0,2662

Azote q. not. <i. not.

Rkclemf.nt des tuf.rmf.s. Il eiît affiché dans louslesétablissemenls. Le prix des l>ains et douches est de i fr. 20 c; la durée du bain, de i h.

Bibliographie. Fabas, Lettres sur l'aclion des eaux de Saint-Sauveur.. . iSfiQ — Aperçu sur les propriétés des eaux suif, de Saint-Sauveur.... I8'i9. — Filbol, Eaux minérales des Pyrénées, Paris 1853, in-12. — 0. Henry, Bulletin de l'Académie de médecine , mai i85r». Hédouin : des eaux de Saint-Sauveur....

Paris 1858, in-8.

Promenades.

o Au bout du village, les .sentiers sinueux du jardin anglais descentlent jusqu'au Gave, dit M. Taine; un frêle pont de bois traverse ses eaux d'un bleu terni , et l'on remonte le long d'un champ de millet jusqu'au chemin de Sia. Le flanc de ce chemin s'enfonce à 600 pieds, rayé de ravines; au fond de l'abîme , le Gave se tord dans un corridor de roches que le soleil de midi n'atteint qu'à peine; la pente est si ra-

pide qu'en plusieurs endroits on ne l'aperçoit pas; le précipice est si profond que son mugissement arrive comme un murmure. Il disparaît sous les corniches et bouillonne dans les cavernes; à chaque pas il blanchit d'écume la pierre lisse.

Son allure tourmentée , ses soubresauts furieux , ses reflets noirs et livides, donnent l'idée d'un serpent écumant et blessé. Mais le plus étrange spectacle est celui de la muraille de roches ((ui fait face : la montagne a été fendue perpendiculairement comme par une immense épée, et l'on dirait qu'ensuite des mains acharnées et plus faibles ont mutilé cette première entaille. Du sommet jusqu'au Gave, la roche a la couleur du bois mort écorcé; le prodigieux tronc d'arbre, fendillé et déchiqueté, semble moisir là depuis des siècles: l'eau suinte dans ses déchirures noircies comme dans celles d'un bloc vermoulu; il est jauni de mousses semblables à celles (jui végètent dans la pourriture des chênes humides. Ses blessures ont les teintes brunes et veinées qu'on voit aux anciennes plaies des arbres.

C'est vraiment une poutre pétrifiée, débris de Babel.

a Les géologues sont heureux; ils expriment tout cela, et bien d'autres choses encore, en disant que le roc est schisteux. »

Vis-à-vis de l'établissement thermal, s'ouvre une rampe, un peu rude d'abord , mais i)lus douce vers le sommet , i\m conduit au plateau de Bellerue, d'où l'on découvre Saint- Sauveur, la gorge du Gave, les flancs escarpés du pic de Bergons et la vallée du Bastan , qui remonte à l'E. vers Baréges.

Le chemin de Sassis est aussi une agréable promenade. De ce che-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

rain, ombragé de chênes et de hêtres, on domine toute la vallée de Luz comme du sommet d'une énorme muraille; à mesure qu'on approche du village de Sassis , on voit t»e dérouler l'un après l'autre tous les points de vue du bassin, la ville de Luz dominée par ses deux vieilles tours, l'eau du Bastan blanche d'écume, et les noyers touffus épars au milieu des prairies.

Au delà de Sassis et de Sazos (V.

R. 46) , près de l'embouchure du torrent qui descend du lac d'Ardiden, le sentier vient aboutir à la route de Luz à Pierrefitte (V. R. 47). On suit la route pendant 2 kil. justju'au pont de la Hiladère , puis on monte à g.

à la base du pic de Viscos, si l'on veut aller à Viscos, v. de 147 hab. , situé à fi kil. de Saint-Sauveur.

La promenade la plus fréquentée par les baigneurs de Saint-Sauveur est la route de Luz (V. page 293).

Au delà de la chapelle du village, un sentier qui traverse de petits ruisseaux, dont les petites chutes sont aussi agréables à voir qu'à écouter , conduit dans les montagnes et jusqu'au pont de Sia ; il n'est praticable qu'à pied et assez difficile. Du haut de l'ermitage de Saint- Pierre (V. Luz) , on jouit aussi d'une vue magnifique.

La route de Gavarnie, le pas de lÊchelle , le pont de Sia, Pragfnères, Gèdre. etc., sont décrits dans la route 49.

EAl'X DE VISCOS.

A 2 kil. de Luz, sur le penchant du pic de Sardey , à 1 kil. à peuprès du V. de Viscos (V. page 289), jaillit une source minérale qui nécessite une mention particulière.

Eau froide, sulfureuse.

Connue de tout temps des gens (hi pays.

Émergence : D'un .schiste calcaire.

Une source.

Ik'liit en 24 h. : Peu abondant.

Température : 11".

Caractères particuliers : Eau limpide, odeur sulfhydrique , contenant beaucoup de barégine, dans laquelle l'analyse mo|itre l'existence du bitume.

Emploi : En bains ou lotions sur les jtlaies; son usage est fort peu répandu.

Situation : 1()0 met. au-dessus du village de Visos.

Effets physiologiques : Cette eau passe pour détersive et cicatrisante ; elle a sans doute d autres propriétés qui ne lui sont pas communes, comme celles-là, avec toutes les eaux minérales ou non.

Classification chimi(iue : Kau sulfurée à base de soude ?

L'auteur de l'analyse suivante pense qu'elle aurait besoin d'être vérifiée par un nouveau travail.

Analyse (Bérard, de Monipclliçr.)

Eau lO kil.

gr.

Carbonate de chaux i ,'2'»7

>) de magnésie 0,25G

» de soude et chlorure de sodium., qu&ntmin.

Sulfate de chaux OMO

w de magnéBÏe 0,050

Chlorure de ialcium o,i80

Substance nrgan. barégine bilumin 0,3'»0

Gaz sulfhydrique combiné probablement avec la soude quant, indét.

Ac carbonique libre. .. quant, pi. forte. Bibliographie : Filhol, eaux minérales

des Pyrénées.

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PANORAMA DU PIC DE BERGONZ VUE GÉNÉRALE DE LA LIGNE DE FAITE DES VALLÉES DE GAVARNIE. DE LUZ ET DE BARÉGES

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