‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 199 sur 382 · ROUTE 56. BARÉGES. - LA VALLÉE D ESCOUBOUS · texte numérisé non relu

ROUTE 56. BARÉGES. - LA VALLÉE D ESCOUBOUS

ment minée, qu'on nous permette cette expression, que les simples touristes ne regretteront pas de l'avoir visité. On ne saurait s'imaginer un paysage plus triste et plus sauvage : c'ent le chef-d'œuvre du genre. Qnant aux botanistes et aux géologues, ils feront dans cet affreux désert une ample moisson déchantillons curieux. D'ailleurs , en montant jusqu'au col d'Aure (l h.

30 m. environ), on découvre un des plus beaux points de vue des environs de Baréges.

a Ce lac , a dit M. Darcet dans son Discours sur Vêtat des Pyrénées, fut dans les temps passés entouré de rochers; aujourd'hui toute la partie <lu N. est à moitié détruite; il n'y reste plus (pi'un banc de granit qui est prescpie au niveau de l'eau. Ceux du levant et du couchant tendent à leur ruine. On trouve des quartiers immenses de ce même granit non roulé, que les éboulements ont portés jusque dans le lac et sur ses bords. Quelque jour môme ce lac rompra sa digue, et si elle s'abîme tout à coup, Baréges sera emporté. • En attendant qu'il soit entraîné, on ne devra pas manquer de gravir le petit monticule (lui sert de digue au lac d Lscoubous ; c'est le meilleur observatoire pour contempler : au N., la vallée d'Escoubous -.à TE., le vallon latéral à demi rempli des débris du pic Coubère; au S., le versant oriental du grand pic de Néouvieille , qu'une série de pics déchirés, et des terrains schisteux s'unissant au granit, relient aux pics d'Escoubous et de Lienz.

Au-dessus du lac d'Escoubous sont trois autres lacs plus petits, le Loquet, le lac de Trassens, où, sur une petite île croissent quelques

1 arbustes, et le loc Soir, situé à 12195 met. de hauteur et presque toujours entouré de neige. Une plus grande tristesse règne encore autour de ces nappes d'eau sans verdure. Le rhododendron et l'arbousier ne s'élèvent même pas jusciu'à ce dernier lac. Les seules plantes que M. de Chausenque y a I trouvées sont une petite camarine portant des baies noires insipides, et quelques lis. N. B. Pour trouver ces trois lacs supérieurs, on suivra autant que possible les cours d'eau qui en descendent.

Quand on veut monter au col d'Aure (ascension très-recommandée) , il faut contourner par la dr. le lac d'Escoubous, remonter le torrent qui descend du premier lac supérieur, longer ce lac par la g., T)uis de là se diriger à peu près en ligne dr. vers le fond du vallon , parallèlement à la crête qui sépare Escoubous de la vallée de la Glaire.

Le sentier est si peu tracé qu'on est souvent obligé de le chercher; près du dernier lac il devient plus distinct. D'ailleurs on voit le col d'où les pierres s'écartent et où la flore alpine, charme du botaniste, se révèle sur un gazon serré qu'émaillent de vives couleurs.

Le col d'Aure, situé à près de 2500 met. au-dessus du niveau de la mer, sépare la vallée d'Escoubous de la vallée de Couplan, une des principales vallées latérales de la vallée d'Aure.

On découvre en y arrivant un admirable point de vue. Derrière soi, on a toute la vallée d'Escoubous; àsag., les pics peu élevés qui forment le massif de l'Arbizon; à sa dr. les deux pics du NéouvieiUe et leurs immenses champs de neige; à ses pieds, au bas d'une pente rapide, I deux lacs séparés par un isthme de

ITIN^RAÎRE DES PYRÉNÉES

verdure , le lac Dobert et le lac Domar, de vastes forêts de sapins qui s'enfoncent dans les profondeurs de la vallée de Couplan , et au fond les cimes éloignées de la Pez et de Clarbide resplendissantes de glaciers.

Du col d'Aure on peut descendre en lh.au lac Dobert (V. R. 57), qui n'est qu'à 3 h . d' Aragnouet (V . A . 6 1 ) .

Si l'pn ne veut pas revenir k Baréges par le môme chemin , on peut passer de la vallée d'Escoubous dans celle de la Glaire, par l'une des nombreuses brèches que le temps a pratiquées dans la crête schisteuse qui les sépare. On allonge sa course de 1 h. 1/2 environ. Voir le paragraphe suivant pour la vallée de la Glaire.

|i^ v^^é§ 4e la Q^air» it lei laiS<

1 h. l/î' ou î h. jusqu'au lac de la Cîlairf». 1 h. i/2 de retour, 3 h. i>our visiter les autres lacs.

Le lac de la Glaire se trouvant situé au S. de Baréges, à l'extrémité supérieure de la vallée du Lienz, il suffit, pour aller le visiter, de suivre le torrent qui descend de cette vallée , en remontant la rive g. ; les sentiers sont à peine tracés, mais les pentes ne sont pas assez fortes pour rendre la marche difficile. A une certaine distance de l'entrée de la vallée, le torrent se resserre entre les rochers; la rive g. que l'on côtoie est encombrée des débris éboulés du pic d'Ayré; il faut alors traverser le Gave en sautant de rocher en rocher. Sur la rive dr. on retrouve un sentier facile; mais, après avoir dépassé une petite cabane, on est de nouveau obligé de franchir le torrent. Bientôt après on arrive au lac de la Glaire, le premier et le plus con-

sidérable des nombreux lacs du vallon. Ce lac n'est pas plus remarquable par lui-même que celui d'Escoubous , mais il se trouve situé dans une région encore plus affreuse et plus désolée. Les débris amoncelés sur ses bords forment un chaos plus effrayant que celui de

Gavarnie.

En remontant les petits torrents qui se jettent dans le lac de la Glaire, et en escaladant les entassements de blocs écroulés, au mi^ lieu desquels ils se frayent un passage, on atteindra bientôt les bords du lac supérieur. Plus haut, on découvrira les autres lacs par le même procédé, car toutes ces flaques d'eau occupent les enfoncements de gradins superposés : c'est un gigantesque escalier de lacs appuyé sur la base du Néouvieille, qui se dresse vers le S. B. , couvert de neiges éblouissantes.

On peut assez facilement franchir un petit col qui s'élève au S.

0. entre la base du Néouvieille et le Bugaret, et descendre dans la val- ^ lée de Pragnères. De là, il suffira de 1 h. 1/2 ou 2 h. de marche pour atteindre Pragnères , sur la route de Saint-Sauveur à Gavarnie (V. R. 49».

Pour revenir à Baréges , on peut s'élever à dr. sur les hauteurs qui séparent la vallée de Lienz de celle d'Escoubous, et revenir par cette dernière vallée. En ce cas, le retour demandera environ 3 h.

Le vallon de la Juste offre également une descente facile. En effet, ce vallon prend son origine tout près du lac de la Glaire . en sorte (jue le pic d'Ayré est parfaitement isolé de toutes les autres montagnes par trois vallées disposées en triangle :

au N., celle du Bastan ; au 6. E., celle du Lienz; au 8. Ô., eelle de

ROUTE 56. BARÉGES. — NÉOUVIEILLE.

la Juste. On peut compter 1 h. 1/2 de marche du lac de la Glaire jusqu'à Betpoey (V. R. hh) et 3/4 d1i.

de Betpoey à Baréges.

Aicenslon du Néouvieille (Neige- Vieille).

Il à 12 h. démarche. Celte course ne demande en roalité que du temps ; il n'y a |)oint de dangers à craindi-e, elles touiisies hardis i)euvenl au besoin se jiasser de guidos.

On peut monter au Néouvielle par le vallon du lac de la Glaire (7 h 8 h.) ou par celui d'Escoubous (6 à 7 h.). Il vaut mieux choisir le chemin du lac de la Glaire pour la montée, et celui du hc d'Escoubous pour la descente .

J. Pair le I«c do la Clnlre.

On se rend d'abord au lac de la Glaire (Voy. plus haut), puis on se «lirige à g. "vers une montagne grise , coupée à pic, et formant de ce côté le principal contre-fort du Néouvieillo. Après avoir remonté les étages de lacs superposés, on se trouve au pied môme de la haute muraille où commence la véritable ascension du Néouvieille. C'est là que les cavaliers doivent laisser leurs montures.

Il semble d'abord impossible d'escalader cette énorme paroi presque complètement verticale ; mais à g. , derrière un vaste éboulement, on découvre une brèche, qui offre un l»assage assez facile. Bientôt on arrive sur un gran<l champ de neige qui se déverse du côté du S. sur la haute vallée du Couplan, toute parsemée de lacs brillants entre les forêts de sapins. C'est au sommet de ce champ de neige que le chemin du lac «le la Glaire se réunit à celui (ju'on suit en venant de la vallée d'Escoubous. Depuis le lac de la

(ilatre on a déjà marché pendant

2 heures. De la brèche au haut du grand pic il faut 2 h. 1/2 ou

3 heures. On se trouve en effet au-dessous du grand contre-fort du Néouvieille , et on doit maintenant tourner à dr. pour en longer la base , à travers la neige , sous une saillie <lu rocher qui surplombe. En une demi-heure, on atteint l'immense pente de neige qu'il faut traverser avant d'aborder le grand pic; elle n'offre aucun danger, pas plus que l'arête de granit sur laquelle on s'élève enfin jusqu'au sommet.

H. Par la vallée d'E»coHl»oii».

On gagne d'abord le lac d'Escoubous , puis le col d'Aure (Voy.

plus haut); mais, dès qu'on est arrivé au sommet du col, on laisse à g. le sentier assez bien tracé qu'on a suivi jusqu'ici, et l'on se dirige à dr. à travers les rochers, en longeant aussi bien que possible la cime de la crête; 1 heure environ après avoir quitté le sentier, on arrive au sommet de la brèche qui vient du lac de la Glaire.

Du haut du Néouvieille , l'observateur peut contempler l'immense panorama de toutps les Hautes-Pyrénées. Au S. se dressent, parfaitement distincts , les tours, les cylindres, les amphithéâtres de la chaîne calcaire. Le Mont-Perdu les domine de sa masse colossale, et, dans les entraiUes du Marboré, on voit se creuser comme un gouffre Voule de Gavarnie; plus rapprochées, les cimes élevées du Pic Long et du pic de Cambielle se réunissent à Néouvieille par un vaste champ de neige. A l'O., s'étend toute la chaîne de Saint-Sauveur, dominée parles ■pics de Maie , de Laze et d'Ardiden ;

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à leur hase, le petit trianple de verdure de la vallée de Liiz brille comme une émeraude au milieu des rochers ; du côté du N. , les montagnes semblent i\ peine mériter le nom de collines, et le Pic du Midi luimême, cette montapne qui , vue de la plaine, paraît si fière, et qu'on a prise pendant longtemps pour la plus élevée de la chaîne , n'est plus qu'une cime modeste; toutefois, elle suffit encore pour cacher la vue de la plaine ; seulement , à côté du pic d'Arbizon , une vapeur bleuâtre comme une mer éloignée laisse deviner les campagnes de Saint -Gaudens.

M. de Chausenque a le premier gravi la cime du Néouvieille , réputée jadis inaccessible. Elle a 3092 met. au-dessus de la mer. Du grand pic. il est trè'S-facile d'atteindre le petit pic, situé à une petite distance vers l'O.

La descente demande 3 î\ 4 heures par la vallée d'Escoubous , et h h 6 heures par le lac de la Glaire. Pour descendre la grande pente, il faut se laisser glisser sur la neige ; en un quart d'heure on ariive ainsi vis-à-vis de la brèche. Cette descente expéditive n'offre aucun danger, car il n'y a. dans la neige, ni pierres, ni crevasses. Quand on a atteint le col d'Aure, on peut descendre dans la vallée de Couplan, qui débouche vers l'E. dans la vallée d'Aure, toiit près du V. d'Aragnouet*V. R. .')*.)

Ascension du Pic du Midi de Bigorre.

3 h. à cheval avec un guide, k h. eu chaire. A peu prî'S autant pour le retour. 1 rheval, 5 fr.; i guide, 5 fr.; <* porteurs, 32 fr. Un guide est parfaitement inutile.

On suit d'abord le chemin du Tonnnalet pendant 1 h. 30 min., puis on le quitte, près de quelques

cabanes, pour remonter au N., à travers des pAturages , le vallon .sauvage d'où descend le ruisseau qui sort du lac (VOncet, situé à 30 min.

du chemin du Tourmalet (2238 met.).

On fait le tour de ce lac sur la dr. , et l'on voit distinctement le chemin s'élever en zigzag sur les flancs du Pic. Un quart d'heure après, on arrive à la Uouri{ue des Cinq-Ours {2V2 met.), espèce de col, où aboutit le chemin qui vient de Bagnères, et où une auberge, détruite une ])remière fois par une avalanche, a été rebAtie depuis ([uelquos années'. De la Hourque des Cinq-Ours on monte en 1 h. i)ar un grand nombre de lacets , toujours praticable pour les chevaux , à l'étroite plateforme qui couronne le Pic du Midi, et que surmonte une pyramide de pierres sèches, à 2877 met. au-dessus du niveau de la mer. Là on découvre un des plus vastes et des plus beaux panoramas de la chaîne des Pyrénées (Voir le panorama), a Les basses montagnes de Hagnères, depuis le Mont-Aigu jusqu'à I la vallée d'Aure à l'E. , la vallée de Campan tout entière avec ses champs et ses bomjuets d'arbres, la ligne de bois blanchAtres où se montre la tête chauve du Lhiéris,

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