ROUTE 58. DE BARÉGES A BAGNÈRES DE BIGORRE
puis, franchissant le Couret (ruisseau) d'Oncet, on gravit par de faciles zigzags les vastes pelouses que dominent, au N . , le pic du Tourmalet, et, au S., les crêtes ruinées du pic d'Espade (2.300 met.). Bientôt on atteint (2 h. 30 m. de Baréges), le Col du Tourmalet, qui s'ouvre à 2177 met. au-dessus du niveau de la mer.
La vue que l'on découvre de ce point est bornée et insignifiante, les escarpements du Tourmalet cachant le Pic du Midi. La partie de la vallée du Bastan qu'on domine est nue et aride, et c'est à peine si parfois de légères vapeurs indiquent la position du bassin de Luz. Du côté de l'E. s'étend une sorte de plateau désolé, où, parmi la neige, les débris et de maigres gazons, de nombreux filets d'eau donnent naissance à l'un des Adours ; les fonds de Gripp se cachent derrière des saillies portant quelques bouquets de sapins.
Au delà du pas de VEscalette, on atteint (,^0 m.) le petit ba.ssin de Tramesaigues, ent<»uré de sapins.
Les cabanes du hameau éparses çà et là au milieu des pâturages ne font habitées que pendant l'été, alors (jue les troupeaux reviennent des plaines où ils ont passé l'hiver.
De Tramesaïgues, on jouit dune vue magnifique sur le Pic du Midi qui dresse ses hardis escarpements du côté de ro. , au-dessus du ravin de l'Arize (V. R. r»6).
Après avoir traversé ce petit torrent qui va se jeter à dr. dans l'Adour, on descend rapidement au milieu des forêts qui couvrent le versant N. de la vallée. L'Adour, dont on longe la rive g., forme ici les chutes d'Artigues, qui doivent leur renommée au voisinage
de Bagnères ; l'une d'elles cependant mérite vraiment un regard. Au bas d'une pente herbeuse garnie de "enévriers et de rhododendrons, on peut s'avancer sur de vieux troncs tombés dans le lit du torrent. Une faible lumière, pénétrant à travers la voûte obscure des sapins qui confondent leurs cimes auKlessus de la cascade, permet à peine de voir l'eau qui se brise avec fracas sur les rochers. Près de là, dans le vallon de Jéret,où coule une branche de l'Adour descendue du pic de Bastanet, se trouvent d'autres cascades.
Non loin des chutes d'Artigues, sur le bord du lit élargi où l'Adour commence à se calmer, jaillit la source minérale du Bagnet , que l'on croit avoir des propriétés analogues à celles de Baréges.
Bientôt après (45 m.), on arrive au petit hamean de Gripp {Hôtel des voyageurs, chez Cazères), situé à 1060 met. au-dessus de la mer.
Une belle route de voitures mène (le (iripp à (2 h. 45 m.) Bagnères de Bigorre (V. R. 60).
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