‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 218 sur 382 · ROUTE 60. LA VALLÉE DE CAMPAN · texte numérisé non relu

ROUTE 60. LA VALLÉE DE CAMPAN

Toyajj'curs timides reduutent un l>eu, on arrive dans un pâturage dominé de tous côtés par des forêts et des rochers. On découvre de là un spectacle magnifique sur le bassin d'Asté, sur la montagne boisée que l'on vient de franchir; au couchant, les montagnes qui avoisinent la vallée de Lesponne. »

Après avoir passé ensuite près d'une fontaine, il faut traverser la forêt du Hahoura, dans laquelle se trouve, à dr. du sentier, le fameux gouffre ou puits du Hahoura, qui a longtemps été réputé comme insondable, jusqu'à ce que M. Oéruzet eut l'idée d'y descendre; sans beaucoup de difficulté, il atteignit le fond : où il trouva de la neige.

La Pêne de l'Hiéris, au pied de laquelle on arrive , après avoir dépassé quelques cabanes, est une masse énorme de calcaire, taillée presque à pic sur une hauteur de 40 met. environ. Les guides, avant (l'en faire l'ascension, s'amusent à faire résonner l'écho remarcpiable qui peut, disent-ils, répéter jusqu'à treize syllabes, a De loin elle parait unique; de près elle offre deux saillies séparées par une sorte de sillon ou de ravin. Cette masse de rochers est continuée en arrière par une pelouse ornée de fleurs rares et brillantes. Deux routes s'offrent ])our monter au sommet : l'une est longue et peu pénible; l'autre, appelée le Pas du Chat , est plus courte, mais plus fatigante , car il faut continuellement marcher sur des pierres roulantes. Pour suivre la première route, on prend à g. et on gagne en biais une pelouse souvent explorée par le célèbre Tournefort, qui s'élève doucement vers la cime; en montant de ce côté, on liasse près (\viiniHs d'AiiiSf nommé

aussi puits de^ Corneilles , à cause du grand nombre de ces oiseaux qui y font leurs nids. C'est un autre gouffre aussi peu insondable que celui du Haboura.

a La vue de l'Hiéris sur les plaines est à peu près la môme que celle du Pic du Midi, moins cependant cette immensité sul)lime d'une terre aperçue comme <lu haut du ciel , » dit M. de Chausenque. On voit par un beau jour toutes les campagnes qui s'étendent avec leurs villes , leurs fleuves et leurs champs , depuis Lourdes à l'O. jusqu'à Montréjeau à l'E.

La hauteur de la Pêne de l'Hiéris est de 1598 met.

On redescend ordinairement par les cabanes d'Ordincède , ham. d'été, situé exactement au S. de la Pêne, à 134Ô met. d'altitude, sur le rebord du plateau qui domine à l'E.

la vallée de Campan. Le sentier descend d'abord presque au fond de l'espèce d'entonnoir qui existe au S. de la Pêne; puis, longeant les montagnes boisées de dr. , il conduit en trois quarts d'heure à des prairies où , prenant à dr. , l'on perd de vue la Pêne de l'Hiéris. Ces prairies occupent le sommet du contre - fort dont l'Hiéris est le point culminant , et bientôt on plane sur les vallons de la Séoube, de Gripp et sur la vallée de Campan , ,que l'on a, ainsi que le bourg de Sainte-Marie, sous ses pieds.

La Pêne de l'Hiéris est dominée au S. 0. par une montagne dont le sommet porte le nom de Plate- Arrouye, probablement à cause du beau tapis rouge qu'y forment les fleurs du glaïeul. Cette sommité offre à la fois à l'observateur et la magnifique vue dont on jouit do l'Hiéris iur la plaine de Labartlie

et le cours de la Neste, et celle non moins admirable que présentent, vues d'Ordincède, les vallées de Campan, de Gripp et de la Séoube. Des cabanes d'Ordincède, on revient à Bagnêres par la vallée de Campan (Voy. ci -dessous).

De Bagnères à Qripp.

16 kil. Route de voitures.

Au sortir de Bagnères, on se dirige au S. sur la rive g. del'Adour.

en longeant les collines basses que couronnent les allées Maintenon. A g., s'étend un bassin remarquable par sa fertilité et dominé au levant parles Palomières (Voy. page 3.').'»).

A 1 kil. on laisse à g. le pont qui , traversant l'Adour ombragé de beaux peupliers, conduit à Cerdr, v. de 83*2 h. A *2 kil. plus loin on voit à dr., au pied de la montagne, le couvent de capucins de Médous (Voy. page 3.')()), dont on achève la restauration , et, bientôt après avoir dépassé le v. iVAsIc (1062 h.), qui s'élève sur la rive opposée de V\dour, on atteint

2 kil. (:» kil.) ïinudcan, v. de 976 h., situé entre deux vallées, celle de Serris au N.. et celle de Lesponne au S. , qui toutes les deux viennent ici déboucher dans l'Adour. 11 a vu naître le chirurgien Larrev. Sa tour féodale est une maison de plaisance.

A partir de Baudéan, le pays change entièrement d'aspect; le côté droit de la vallée, jusque-là insignifiant, commence à se couvrir de pâturages, et à offrir ces longues pentes vertes qui font le charme de la vallée de Campan, tandis qu'à g. se dresse, pour ne l»lus cesser, cette aride muraille

calcaire (]ui s'étend jusqu'à Sainlc- Marie.

Après avoir franchi l'Adour de Baudéan, on laisse à dr. , sur une butte de gazon, et au pied de la montagne d'Artigue d\4 rre , la charmante habitation de Saint-Paul.

dite aussi Prieuré de Saint-Paul.

fondée par l'abbé Torné, ancien prédicateur de Louis XV, et évoque constitutionnel de Bourges. Bientôt après on arrive à

Ikii. (6 kil.) Campan, chef-lieu de canton de l'arr. de Bagnères contenant une population de 381 5 h. , et décoré à son entrée d'une fontaine publique, qui n'a d'autre mérite que de fournir une eau fraîche.

Il tire son nom d'une ancienne peuplade, les Campani, dont l'existence est constatée par des monuments. Les Aquitains y avaient élevé le sacellum d'une de leurs ])lus puissantes divinités, AgJieion^ qu'ils adoraient en même temps que les montagnes ; on y a également découvert un autel , consacré au même dieu, qu'on peut voir maintenant au musée de Toulouse.

L'église de Campan a été bâtie en 1.567 , 10 ans après celle de Bagnères, et sa porte a été évidemment construite sur le même modèle. Le porche conduit sous un fragment (le cloître ou plutôt de galerie, formé d'une grossière toiture, reposant sur quelques piliers octogonaux. Ces piliers, d'un seul fût de marbre, appartiennent au XVI" siècle.

C'est à Campan que cesse la culture du maïs; plus haut, la plaine commence à devenir trop élevée.

Au delà, commence la vallée trop renommée à laquelle le bourg a donné son nom.

Près de Campan s'ouvre, de l'au-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

ire côté de TAdour, une grotte qui n'est qu'une cavité sans intérêt et qu'on devra se garder de visiter.

En quittant Campan, on continue à longer la rive g. de l'Adour, et, après avoir laissé à dr. plusieurs petits vallons, parmi lesquels celui duRimoulaou l'Elysée Fanuy (Voy.

page 366), on arrive au point où la vallée se bifurque; l'un de ses bras, arrosé par l'Adour de Gripp, se dirige au S. 0. vers le Tourmalet , et l'autre, traversé par l'Adour de Séoube, remonte vers le S. E. Au confluent de ces deux vallées et dé ces deux rivières, se trouve

6 kil. [Vl kil.) Sainte-Mftrie, petit b. qui fait partie de la commune de Carapan. Ou entre alors dans la vallée de Gripp , en longeant toujours la rive g. de l'Adour. et, l kil. après avoir quitté Sainte-Marie, on passe près de quehiues granges nommées Capadour, o\\ Vaucher, moine de l'ordre de Cîteaux, fonda en 113U une petite abbaye dont il veste encore quelcpics débris , et qui , 6 ans plus tard , à cause de sa position trop reculée dan<^ les montagnes, fut transférée à T Escaledieu sur l'Arros (V. H. 61). Saint Bertrand , évoque de Comminges . y résilia, et fut canonisé pour desniiracles'que les moines de Gapaduur témoignèrent lui avoir vu faire.

Ici la vallée est charmante. Le chemin circule au milieu des prairies , çà et là interrompues par quelque champ de lin ou de blé, et séparées par des bouquets d'arbres.

Des maisons sont éparses au milieu de la verdure, blanchies pour la plupart , couvertes d'ardoises et ornées de galeries qui leur donnent un air d'aisance. A g. , se déroule le bas-fond de la vallée, fertili.sé par les eaux de l'Adour, et con-

trastant par la teinte si verdoyante tle ses gras pâturages avec Taridité monotone de la pelouse noire et courte, semée de quelques sapins, (jui revêt le versant oriental. Le cours du torrent , dont le fracas augmente à mesure que l'on avance, est marqué par deux lignes siimeuses d'aunes et de bouleaux.

4 kil. (16 kil.) Auberge de Gripp (V. R. a8).

De Bagnères au Pic da Midi.

Achevai, 6 h.; à pied, 8 h. (À)ur^c d'un guide, eu 2 j'->urs, » fr. ; en i jour, 3 fr. CV. U. 56).

De Bagnères à Baréges par le Toarmalet.

32 kil. A cheval, 7 h ; à pied, 8 ii9 li. (V. R. 58.)

De Bagnères à l'auberge de Paillole, a la Marbrière de Campan et a la Hourquette d'Aspin.

r.ouie de voilures, 18 kil. jusqu'à Paillole. A cheval, 2 h. i/i; à pied, 3 h. l/i. Ui kil. i/i jusqu'à laUourqueilcdAspiii.

La vallée de la Séoube ou de Paillole est le prolongement orien tal de la vallée de Canqtan: elle commence au pied du contre -fort fiui sépare la vallée d'Aurc de celle de l'Adour, et que domine le pic d'Arbizon.

Le chemin qui y conduit est la continuation de la grande route qui, venant de Bagnères, traverse Sainte-Marie du N. au S. Une fois l'église dépassée, on descend rapidement jusqu'au niveau de l'Adour de Gripp, que l'on franchit sur un pont; là, tournant à g., on sait les bords sinueux de la Séoube, donl les eaux rongent le pied des roches (jui font suite à celles d'Ordincède.

Le côté droit de la vallée est formé

ROUTE 60. PAILLOLE. — LA HOURQUETTE D*ASPIN. 363

par le versant oriental du vaste chaînon détaché des hauteurs qui rehent l'Arbizon au pic d'Espade, et se prolongeant jusqu'au continent de l'Adour de Gripj)et de la Séoube.

A trois cents pas environ au delà du pont de l'Adour, s'ouvre un sentier qui gravit au S. les hauteurs du coteau de Sarrat de Morlis, d'où l'on jouit d'une fort belle vue sur le confluent des deux vallées de Gripp et de Paillole.

En face du torrent de Laurence , qui descend des pentes orientales (le la vallée pour se réunir à la Séoube, à 2 kil. environ de Sainte- Marie, un autre sentier indiqué par une croix de bois monte également à dr. sur le coteau de Sarrat de Bon : à 400 met. jdus loin, au delà du pont du ruisseau de Rioudille, un troisième chemin s'élève .sur la crête du Sarrat de Pradille. De ces deux points, situés à une hauteur moyenne de 1200 met. au-dessus du niveau de la mer, sur l'arête de partage entre les deux versants, on domine également Gripp et PaiUole , et du côté du N. le regard s'étend sur tout le cours de l'Adour dans la vallée de Campan. De là on peut descendre à volonté sur Paillole ou sur Gripi).

On arrive enfin, après 1 h. 1/2 de marche, à Tauberge de Paillole (bonne) , située , à 1 1 10 met. de hauteur, dans un petit bassin borné à l'E. i)ar les immenses forêts de sapins des montagnes d'Arros. et ouvert au S. dans les vastes pâturages des prés Saint-Jean, formant une vaste arène de j)elouses, parfaitement nivelée et quentoure une ceinture de forêts au-dessus desquelles apparaissent les cimes aiguès et les hauts ravins de l'Arbizon. Cette plaine porta atissi le

nom de Camp-Bataillé , parce qu'elle fut, suivant la tradition, le champ de bataille où, en l'an 27, le heutenant d'Auguste, Messala, battit les Bigorrais.

La vallée se termine à PE. par une gorge étroite, où, sur la rive dr. de l'Adour, est située la fameuse carrière de Campan , si longtemps abandonnée, et remise en exploitation d'abord par M. Costallat, et ensuite par M. Aimé Géruzet.

Une douzaine de cabanes, groupées au jiied de la carrière et habitées l)ar des pasteurs, des bûcherons et des carriers . forment le petit hameau d^Espiadet.

Du temps de Louis XIV, les blocs de marbre étaient conduits par un chemin pavé jusqu'à Sarrancolin, situé à l'E. dans la vallée d'Aure, où ou les embarquait ensuite sur la Neste. Le marbre Campan, d'un vert nuancé de rouge et de blanc, est susceptible de prendre un beau poli, mais il ne doit être employé qu'à l'intérieur, caries feuillets argileux (jui y abondent se détériorent jiromptement à l'air, ainsi qu'on le voit aux colonnes du péristyle du Grand-Trianon,

Deux voies de communication importantes sont ouvertes entre le fond de la vallée de Séoube et la vallée d'Aure. La plus fréquentée, et la seule qui soit praticable aux voitures , traverse le col ou Hourquette d'Aspin (7 kil. 1/2 de Paillole).

On laisse à dr. la ferme-auberge de Paillole, et, après avoir traversé le torrent, on suit les montagnes de g. jusqu'à Espiadet. Là on rencontre à dr. les premières rampes de la route , ouverte à travers des forêts de sapins jusqu'à 30 min. du col (1497 met.), d'où l'on découvre une vue magnifique sur les montagnes des

ITINÉRATRE DES PYRÉNÉES.

vallées d'Aure , de La Pez et de Claibide. (Ou doit monter sur la montagne de g. ; le panorama est corn plet.) Pour descendre à (12 kil. 1/2 de la Hourquette, 36 kil. de Bagnères) Arreau{y. R. 61), ou décrit, pendant 1 h. 1/2 à 2 h., d'innombrables zigzags.

La Hourquette d'Arreau (lôV'T met.), située plus à l'O. et plus rapprochée du pic d'Arbizon . offre .

quand on veut aller à Arreau, une voie plus courte, mais, en revanclie, des pentes beaucoup plus roides.

Pour y monter, on quitte la routo qui conduit à Espiadet; et, passant devant la ferme de Paillole.

on se dirige, en suivant le cours de la branche principale de la Séoube .

presque directement au S., c'est-àdire vers le pic d'Arbizon; puis on tourne presque subitement à IK. dansla direction de la ville d'Arreau.

Un troisième coL hi Ilourquello dp Beyrède (1424 met.) , conduit d'E^piadet à Sarrancolin : c'est un passage suivi par les montagnards seulement.

Be Bagnères au pic d'Arbizon.

7 à 8 h. De l'auberge de Paillole, il faut k h. pour monter à la cime. Course du guide, 5 fr.

On suit d'abord le chemin ilc la Hourquette d'Arreau , puis on monte à dr. sur la crête formant la ligne de partage des eaux entre la vallée d'Aure et le val de Paillole. Le pic d'Arbizon est une des cimes de cette longue arête de montagnes qui, partant du cirque de Troumouse et se dirigeant au N. E. vers les plateaux arides de Lannemezan , .sépare les deux bassins de l'Adour et de la Garonne. De son point culminant, élevé de 2838 met. aunles-

sus du niveau de la mer, on jouit d'un admirable panorama sur les montagnes de la vallée de Campan et de la vallée d'Aure.

Be Bagnères au vallon de Serti».

1 h. kb min. à pied.

A l'entrée de Baudéan , du côté de Bagnères, débouche, en traversant la grande route sous un pont .

le petit ruisseau de Serris. Pour parcourir le vallon qu'il a creusé, on doit en suivre la rive dr. sur une crête, nommée CoA-re-dMrrou, d'où l'on découvre de charmants paysages. On voit en l'ace de soi les pâturages de SerriA-d'Aoua/i et de Serrù- Darré, dominés au N. par les hauts talus de la montagne de Pla-de- }[oncaut; et à l'O., vers l'extrémité supérieure , ceux de Bayen- Dehat et de Gnutp-Beyou.

En côtoyant toujours le sommet de la crête d'Arrou, bientôt recouverte par le bois de la Pêne, on parvient aux landes et pâturages \l'Esquiou (Voy. page 356). De là.

on peut redescendre à Bagnères par les Allées Dramatiques.

Be Bagnères à la vallée de Lesponne et au lac Bleu.

A cheval, k li.; à pied, 5 à 6 h. On peut aller en voiture jusqu'au hameau de l.esponnc.

De Bagnères à l'entrée de la valhe de Lesponne, ko m.; de l'eniréc de la vallée au fond, i h. kS m.; du fond de la vallée au lac, 2 h. 30 m. Total, k h. 55 m.

Du lac Bleu à la Hourquette d'Obquaou, 50 m. ; de la HourqueUe au lac Vert , 50 m.; du lac Vert à la Cascade, 20 m.; de la Cascade au fond de la rallée de Lesponne à Bizourlère, i h. 20 m.; de Bizourtère à Bagnères, 2 h. 25 m. Total, 5 h. kb va.

Profondément creusée entre les contre-forts du Pic du Midi et ceux

ROUTE 60. L'ARBIZON. — LESPONNE.

du Mont-Aigu, la vallée de Iie»-

ponne s'étend, de l'K. à l'O., en serpentant au pied de mamelons couverts de sapins et de hêtres. Elle débouche dans la vallée de Campan , entre le village de Baudéan et l'ancien prieuré de Saint - Paul.

D'abord étroite , étranglée , elle s'élargit insensiblement, et, à mesure qu'on s'avance sur la route sinueuse qui la traverse, on découvre de belles prairies , de gracieuses habitations et de charmants jardins.

Le versant septentrional formé par une muraille de rochers, la Coste-d'Àrrou , ([ui sépare cette val lée du vallon de Serris, est recouvert de quelques bouquets de bois.

Deux sentiers praticables aux chevaux permettent au voyageur (jui veut gravir cette arête rocheuse de jouir à la fois de la vue des deux vallons.

Le versant méridional est occupé par les étages gazonnés et couverts de fougères d'^rriyue-/>arrc, auxquels succède la forêt de Mouryueil; puis s'ouvre la gorge creusée par le ruisseau de Binaros , remontant jusqu'au Col d'Aouet, qui sépare le val de Binaros de celui dWrize, par lequel on monte au Pic du Midi.

A une faible distance en deçà de Lesponne, la Coste-d'Arrou incline à dr. , et l'on découvre l'étroite entrée du petit vallon de lardezen, qui s'étend jusqu'au plateau d'Esquiou. A peine a-t-on traversé le ruisseau qui en descend qu'on franchit le ruisseau de la Claire, dont la vallée remonte jusqu'à la Peyre.

a La vallée diminue considérablement de largeur au delà du hameau de Lesponne ; la culture ne se présente plus que par lambeaux sur les bords de l'Adour , et les deux versants commencent à ne plus

offrir, vers le bas, que des talus parsemés d'ajoncs et de bruyères; vers le haut, que des forêts de sapins. »

Plus loin s'ouvre aussi sur la dr.

une petite gorge, au fond de laquelle on voit le Mont-Aigu de la base au sommet. Le ruisseau qui la creuse forme , à une petite distance de la route, une jolie cascade connue sous le nom de cascade d'/lspi ou de la Truite. Un sentier, à peu près praticable pour les [chevaux, et qui remonte à la dr. de la cascade, conduit au pied du Mont-Aigu.

a On arrive , une demi - heure après, au fond de la vallée terminée par la masse bien découpée des montagnes de Bizourtère. Sur la g. , un peu avant le bois de hêtres dont est recouvert le ressaut qui défend l'entrée du vallon où se cache le lac Bleu , s'ouvre la gorge d'Ardalos, par laquelle on aperçoit la masse presque entière du Pic du Midi, qui paraît très-rapproché , mais dont on n'atteint cependant la base qu'après trois heures de marche. » C'est au fond de cette gorge jue se trouve le lac Déou ou Pey-

ralade, situé à 1952 met.

Au delà de Bizourtère s'ouvrent les deux vallons d'où découlent les eaux qui alimentent l'Adour de Baudéan. Celui de dr. , véritable continuation de la vallée principale , s'enfonce entre les montagnes de Bizourtère et les hauteurs boisées de Maouri, qui, de ce côté, servent dappui et de degrés au Mont-Aigu :

il conduit aux cabanes du Pontde-Ver et de Combielle, et dans les pâturages du lac Vert (Voy. plus bas), au fond desquels on aperçoit le col ou la Hourquette de Baran .

communiquant ;tvec la vallée tle

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

Saint- Orens, près de Pierrefitle (V. R. 42). On compte environ 11 h.

(le Bagnères à Argelez.

Le vallon de g. , beaucoup plus souvent visité par les voyageurs, remonte au lac Bleu. On traverse l'Adour sur un pont, si Ton est à pied; à gué, si l'on désire rester à cheval, et on longe la rive dr. du torrent à travers un délicieux bosquet de htHres parsemé de touffes de rhododendrons. Deux cascades, hautes d'environ 15à20 met., attirent les regards au milieu des bois : l'inférieure divisée en deux filets, la supérieure en trois. Ensuite, on continue à remonter la rive dr. du torrent. Quand, sorti du bois, on entre dans les pâturages, on ne tarde pas à atteindre les cahanes d'Aya. On n'a plus alors qu'à suivre indifféremment Tune ou l'autre rive, puis à escalader l'escarpement qui contient le lac du côté du N. et qui s'appelle le Fax du Bouc, et l'on voit le lac Bleu ou Lhéou s'étendre à ses pieds (V. R. r)6, page 338). On descend par le Pas de VOurs au déversoir, près duquel se trouve une maison nouvellement construite pour les ouvriers occupés du percement du tunnel qui vi- * dera à volonté les eaux du lac.

Si l'on ne veut pas revenir par le même chemin, on peut faire le tour du lac Bleu et gagner la Hourquette d'Osquaou, qui le domine du côté de l'O. Un petit ravin, très-rapide et tapissé de gazon, descend du sommet de ce col vers le lae Vert , pièce d'eau beaucoup plus jtetite que le Lhéou. En aval du lac Vert, la gorge escarpée incline presque subitement vers le N. , puis vers l'E. , laisse à g. la Hourquette de Baran , et vient se réunir à la vallée principale de l'A-

dour, au pied des escarpements de Bizourtère. A 1 kil. au-dessous du lac Vert, le torrent qui en sort forme une jolie cascade de 25 h 30 met. de hauteur.

Elysée Fanny ou Rimoala.

10 kil. jusqu'au débouché de la valK-e. i h. do l'entrée au fond du vallon.

Après avoir traversé le torrent de Rimoula,onquittolagranderoutede la vallée de Campan, pour remonter la rive dr, du torrent par un chemin facile, qui se dirige au S. à travers les prairies parsemées de cabanes. Quand on veut jouir d'une belle vue, il est bon de tourner à g. et de prendre un sentier qui, s' élevant en zig/ag sur le penchant de la montagne, conduit par delà les dernières granges au pâturage de P<> deis Goutils. De ce point, on découvre devant soi les nombreuses habitations du Peyras (lOfiR met.), échelonnées en étages sur les hauteurs de la rive g. et protégées contre les vents et les neiges par d'impénétrables forêts de hêtres; dans la vallée s'étend le hameau de Rimoula. Au S. , on voit le vallon se terminer aux escarpements de Ballongue . et le Pic du Midi se dresser au-dessus de ces crêtes inférieures.

Le même pâturage, changeant de nom à mesure qu'on s'avance, s'appelle successivement Snuhiras, Pla d'Erns Laqnns, Sanutadero ei Goutih. Ici la vallée se divise en deux branches : l'une suit la direction principale; l'autre tourne à dr. vers le S. 0. La première se termine aux rochers escarpés de Pena Pich (Pisse-Pierre), remarquables par les sources considérables qui glissent le long des parois; en fianchissant ces murailles de

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