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L'ÉTABLISSEMENT

Les eaux de Capvern paraissent avoir été connues des Romains sous

le nom d'iqua? Convenarum, bien qu'on ne trouve aux environs aucune trace d'antiquités romaines; on y chercherait aussi vainement des souvenirs historiques d'une époque plus rapprochée de nous.

C*est seulement dans ces derniers temps, et plus particulièrement depuis 1840, que ces eaux ont attiré d'autres malades que ceux de la contrée voisine. Leur vogue s'accroît maintenant d'année en année.

Les eaux de Capvern appartiennent à la commune , qui a fait construire, en 1817, un établissement pour leur exploitation. Cet édifice, bâti sur la rive dr. d'un petit ruisseau, appelé lo Ciurgé, forme un carré long, traversé de l'E. à l'O.

par un corridor spacieux. En face de la grande porte d'entrée située au midi, est un beau bassin de marbre, alimenté par un conduit dérivé de la grande source.

LES EAUX

Eau thermale, saline, ferrugineuse.

Deux sources : S. Houn caûde (fontaine chaude), S. Rouridé (fontaine bouillonnante).

Débit en 24 h, : 2500 bectol.

(Houn caiide).

Densité : 100.^0.

Température : 24», S7

Cnrartères particuliers : Eaulimpide, inodore: saveur fade prenant un peu ,1 la gorge, dégageant un mélange d'azote, d'oxygène et d'acide carlx)nique.

Établissement peu considérable :

Quelques baignoires et une doucbe.

Service médical : Un médecin

inspecteur.

Emploi : Boisson, bains, douchos.

Climat doux : Saison du lô juin au l" octobre.

Effets physiologiques : Eau agissant comme celle de Bagnères de Bigorre, diurétique et utile, dit-on, comme anticalculeuse.

Classification chimique: Eau sulfatée à base calcaire, ferrugineuse.

Analyse (Latour et Rozière 1838.)

Eau 1 lit. Houn Caiide.

Carbonate de chaux o,220

» de magnésie 0,0l2

i> de fer 0,02^

Sulfate de soude o,072

») de chaux 1.096

»> de magnésie 0,'i6(»

Chlorure de sodium (»,o't'»

» de calcium u,ui6

» de magnésium. ... 0,03'i

Ac. silicique 0,U28

Mal. organiq 0,076

lit.

Ac. carbonique. 0,'i9

Oxyg^ne o,i8

Azote 0.28

— l'Escaledieu, Mauvezin (Voy. cidessus); — Tournay (V. R. 63); — Bagnères de Luchon (V. B- TO).

On remontera avec plaisir la vallée de YArros, rivière qui prend sa source dans les bois de la Pène- Arrouye, non loin de la Pêne de iHiéris (V. R. 60). Dans la partie supérieure de son cours , elle forme , au milieu d'une enceinte de rochers aux couleurs étranges, une belle nappe d'eau connue sous le nom de la (i0«r|7MC0u Gouffre. Le sentier qui va de la Gourgue à la source principale, appelée Gomcj/ ou l'Œil, n'est praticable que pour les piétons.

De Capvern une route se dirige au S. E. vers Labarthe. (Voy. B).

Bibliographie : i. P. Tailhade, des eaux de Capvern ou Capbern.... Tarbes, isite ; in-8. — Latour, de Trie, traité de l'eau médicinale et thermale de Capbern.... 1838. — S. L., Mmpleaper(;u des deux sources thermales de Capvern , la Houn Caiide et la Rouridé. Pau, i850; in-16.

Près de la source de Capvern est une jolie promenade où se rassemblent les buveurs; au S. et à l'O., la vue est bornée par un bois taillis; des autres côtés, on découvre de beaux champs de céréales.

T^s environs abondent en paysages agrestes dominés au S. par la masse imposante des Pyrénées.

De Capvern on peut facilement faire des excursions h : Bagnères de Bigorre et ses environs (V. H. 60);

En sortant de Capvern , on entre dans la région la plus désolée des landes, où, de tous les côtés, de grandes collines couvertes de bruyères rouges s'étendent jusqu'à l'horizon. Au fond d'une petite vallée aussi aride que les hauteurs environnantes , on rejoint (3 kil.) la route directe de Tarbes à Bagnères de Luchon, que l'on voyait depuis quelque temps serpenter au N. 0. sur (les croupes arides.

h9 kil. De la réunion des deux routes à Luchon (V. R. 63 et 69).

B. Par EAb«rtlie r-t K«lnt>Bertraiid 4e CommliMces.

77 kil. Boute de voitures desservie par des diligences.

19 kil. De Bigorre à Capvern.

(Voy. ci-dessus A).

Au delà de Capvern , la route se dirige en droite ligne vers le S. E.

à travers les landes, et sur la partie du plateau qui forme le point de partage des eaux de l'Adour et de la Garonne. Après un trajet d'environ 6 kil., on atteint enfin l'extrémité

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

de ce plateau, et on descend dans la vallée de la Neste au point où cette rivière, cessant de couler du S. au N. , prend la direction de l'E.

7 kil. (26 kil.) Labarthe de Neste ou Laharthe-Mour , chef-lieu de canton de 810 h., resta longtemps en la possession des Sarrasins. On y croisela route de la vallée d'Aure (V.

R. 63), et on passe sur la rive dr.

de la Neste, qu'on longe désormais au milieu de campagnes fertiles et peuplées.

On laisse à dr., sur la hauteur, Montoussé, v. de 694 hab., puis on traverse :

4 kil. (30 kil.) Bizous, v. de 358 hab., situé au confluent du ruisseau de la Lavade et de la Neste.

Après avoir ensuite franchi la Lavade et laissé à dr. sur son aride colline Tusaguet (ISO hab.), on atteint

4 kil. (34 kil.) Nestier, chef-lieu

de canton de 563 hab. On traverse

ensuite le Merdan pour remonter à

2 kil. (36 kil.) Montaigut i 419 h.) ,

d'où l'on redescend à

2 kil. (38 kil.) Avertignan ij (>0\i.).

Après avoir franchi le Nistos, rivière assez considérable descendue des vallons boisés du S., on contourne le promontoire qui domine le confluent de la Neste et de la Garonne, et l'on se dirige au S. sur 4 kil. (42 kil.) Jaunac, formant avec Tibiran une commune de 618 hab. Laissant alors à dr. le chemin qui mène par Tibiran aux grottes de Gargas (V. R. 70) , on traverse un petit ruisseau , et on entre bientôt dans le beau bassin de Valcabrère, à la base septentrionale de la hauteur que couronne

2 kil. (44 kil.) Saint- Bertrand de Comminges (V. R. 70).

33 kil. (77 kil.) De Saint-Bertrand àLuchon (V. R. 69 et 70).

f. Par /krr9<mmà et 1« c«l ém

70 kil. Roule de voilures assez mauvaise en plnsieurs endroits, mais desservie par des diligences pendant U belle saison.

36 kil. de Bagnères à Arreau par la Hourquette d'Aspin (V. R. 60).

Au sortir d'Arreau, on entre dans la vallée de la ^este de Louron par un étroit défilé que dominent à dr.

ei à g. des escarpements rocheux, et on la remonte en longeant la rive g. du torrent. En se retournant, on remarque les nombreux lacets de la route de Bagnères de Bigorre, qui descend de la Hourquette d'Aspin. On laisse d'abord k g sur une colline cultivée , le ham. de' Cazam-Debat (136 h.), puis on

traverse

5 kil. (41 kil.) Bordèrex, cheflieu de la vallée, v. de 472 h. Audessus des mai-sons, s'élèvent encore les murailles ruinées d'un vieux manoir où le dernier comte d'Armagnac, Jean V, vint chercher un asile, lorsque, après la célébration publique de son mariage avec sa sœur Isabelle, il fut excommunié parla cour de Rome. En 1740, un grand incendie brûla la toiture de cet édifice et presque tout le village.

Au delà de Bordères, la vallée du Louron s'élargit, et l'on découvre un magnifique bassin qui s'étend dans la direction du S., parsemé de villages et dominé par de hautes et belles montagnes. Dans le lointain, on voit le confluent des deux gorges de la Pez et de Clurbide ou Clarabide {Clara Vista , vue éblouissante) , dominées par les deux pics de même nom. On traverse successive

I ment :

l 3 kil. (44 kil.) Arejan (193 h.):

1 kiL (45 kil.) Vielle - louron

1 kd. (4G kil.) Pouchcrgues

Uil.'(47 kil.).l(/m<>//?(l% l»)- De*rautre côté de la Neste. on voit au pied des montagnes .4 n^ran- Camors (79 h.); rrécUet-Cazeaux (176 h.) et Estarvielle (92 h.), ainsi que plusieurs hameaux qui n'ont pas le titre de communes.

Vis-à-vis de l'embouchure du ruisseau de Baijet , qui descend des montagnes de l'E. , la route tourne à g., passe entre Armenteule (84 h.) au N. et Génos (239 hab.) au S., V. important par ses carrières d'ardoises , traverse la Neste de Louron , puis le Bavet , et commence à monter le long de la rive dr. <lu Bayet.

A mesure qu'on s'élève , on découvre de mieux en mieux tout le fond de la vallée : parmi les montagnes «jui la dominent, le Pic du Midi de Génos attire surtout les regards; un peu plus à l'O., on remarque le pic d'Azet, et, entre ces deux pics.

se dressent deux autres cimes plus lointaines, celles de VEstiouère et de Batoa.

[ Le chemin qui mène aux ports de Clarbide et de la Pez se détache de la route un peu avant Génos, traverse ce v. et continue à longer la rive g. de la Neste. Après avoir franchi un petit torrent qui descend à dr. de la montagne de Serre- Fouillac, on laisse à p. les v.

iïAranvielle et de Loudeuvielle

haut, on traverse le torrent pour en longer la rive dr. jusqu'au pied du Pic du Midi de Génos (2391 met.), dont la masse énorme semble fermer la vallée, jonchée de blocs roulés par les torrents. Ici le sentier se bifurque; il faut remonter la gorge du S. 0. , si Ion veut aller au port de la Pez , ou celle du S.

E. , si l'on .se dirige vers le port de Clarbide.

Le sentier qui conduit au port de la Pe% (2466 met.) est praticable aux chevaux , mais il offre quelques dangers à cause des ouragans de neige qui s'y forment parfois au cœur de l'été; en hiver, il est impossible de le suivre. En effet, les cabanes de bergers les plus élevées se trouvent à plus d'une lieue au-dessous, et encore ne peuventelles être habitées que de la fin de juin au 25 août. Vers la fin du dernier siècle, on essaya de percer un tunnel ou plutôt un couloir par lequel on pourrait faire glisser sur le versant français les sapins (lui tapissent le versant espagnol de la montagne; mais la galerie ne fut creusée que sur une longueur de 60 met. environ, et depuis, les neiges et les éboulements l'ont complètement fermée.

En 1839, on proposa d'ouvrir une route entre l'Espagne et la France au moyen d'un tunnel de 2442 met.

(le longueur, à 2100 met. au-dessus de la mer. Cette voie devait descendre vers Saragosse par le val de la Cinquetta et la vallée de Gistain.

De Génos au col de la Pez, on

(391 h.), et on passe, au delà des compte 4 h. 30m. à 5 h. de marche.

Granges de (ambajou, devant un monastère en ruines (des Templiers) situé sur la rive dr. de la Neste, tout près du confluent de VAube, et appelé Artigalongue. Un peu plus

Le sentier de Clarbide, qui suit la base orientale du Pic du Midi de Génos, est très-peu fréquenté, si ce n'est par les contrebandiers. Il remonte d'abord la rive g. de la Neste

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de Ciarbide, puis, après avoir laissé à g. les torrents qui descendent des lacs de Caillaouas , de Pouchergues et de Cours blancs, et le sentier qui monte au port de Bénasqué (2629 met.), J^e détourne au S. 0. pour s'élever c\ travers les neiges et les rochers dans la direction du port. Près du sommet, il faut passer sur une étroite corniche à une très-grande hauteur au-dessus du précipice. On a nommé ce pas « où le fils n'attend pas son père i> le Pas du Chat , tant il faut d'agilité pour le franchir.

Du port de Clarbide (6 h. de Génos), haut de 2619 met. aussi, on descend dans la vallée de Gistain.

Au delà de Génos la montée devient très-rapide et le chemin trèsétroit, surtout près de

2 kil. (49 kil) LoudcnieUe (:J9 1 h.), où la diligence touche presque à la fois les deux côtés de la rue; en outre, les courbes sont beaucoup trop courtes. Cependant, ou décrit de nombreux zigzags (jui ottrent des points de vue de plus en plus beaux sur la vallée du Louron , les gorges de la Pez et de Clarbide, les montagnes (jui les forment et (jui grandissent à mesure qu'on s'élève. Près d'une usine où l'on exploite du minerai de manganèse , ce magnifique tableau disparait. La route, inclinant à g. , entre dans une gorge étroite couverte d'abord de pâturages , puis en partie d'une forêt de sapins au delà de laquelle ou aperçoit pour la première fois le col de Peyresourde, qui s'ouvre (7 kil. de Loudervieile) à 1Ô45 met.

de hauteur entre deux pentes gazonnées. De ce point, la vue est assez bornée et triste. On n'aper-

çoit plus en se retournant que les divers plans des montagnes de la vallée que l'on vient de quitter. En face se dresse une ligne de sommets grisâtres. A ses pieds on découvre l'extrémité supérieure de la vallée de VÀrhoust , qui s'étend à l'E. dans la direction de Bagnères de Luchon , et où la route descend par des pentes gazonnées.

On laisse sur la g. les v. entourés de belles prairies de Port et de Luchon, Jurrieilles, Ponbeau, et Cathervieille, avant d'atteindre, au delà de la chapelle Saint-Martin,

5 kil. (61 kil.) Carin, v. de 264 hab. , près ducjuel on remarque une curieuse moraine (V. R. 70).

Sur la dr. ap{)araissent les glaciers et les montagnes de la vallée d'Oo.

(V. pour la description détaillée de la route de Garin à Bagnères de Luchon la R. 70.)

2 kil. (63 kil.) Cazaux, v. de 291 hab.

1 kil. (64 kil.) Castillon (241 hab.).

1 kil. (65 kil.) Saint -Àventin, (410 hab.).

2 kil. (67 kil.) T rébons, v. de 79 hab., au delà duquel la route coupe un angle du Go, par deux ponts qui se suivent presque bout à bout, vis-à-vis de l'embouchure de VOueil, et s'engage dans un étroit défilé où le torrent mugit au fond d'une coupure verticale ombragée des deux côtés par un bois épais, et dominée au N. par les terrasses de Cazaril, au S. par les hauteurs boisées de Couron.

3 kil. (70 kit.), Bagnères de Iiuchon (V. R. 70).

V, Otr. timguér^m do Bi^orre n Ba« ^méreH de Luclivm P*** le col de l>lerr«fitie.

I 67 kil. Roule de voitures de BagnèreB

de feigorre à Arreau. Chemin praticalde à cheval d'Arreuu à Bagnères de Luchon.

36 kil. de Bagnères de Bigorie à Arreau (V. R. 60).

En quittant Arreau, il faut suivre le sentier que l'on voit se diriger à l'E. vers la gorge d'où sort le ruisseau de Lastie.

2 kil. (38 kil.) Jezcau, v. de 331 hab. , au delà duquel on longe l'une ou l'autre rive du torrent , que l'on traverse cinq fois jusqu'au col.

Quelques maisons sont encore i»arsemées sur les terrasses et sur les pentes, mais, au-dessus de

4 kil. (42 kil.) Bareilles , qm avec plusieurs autres hameaux forme une commune de 540 hab. , la vallée cesse d'être habitée. Changeant de direction, elle s'étend au S. E. entre les pentes alternativement boisées et couvertes de pâturages que domine au S. le pic de Coume Lasscrre. Laissiint à dr. le lac de Bordère d'où descend le torrent , on monte dans la direction de l'E. au (7 kil.) col de Pierrefitte, ouvert sur le liane méridional duMonné, à 1806 met. de hauteur. De ce point qui forme la ligne de partage des eaux de la vallée du Lastie à l'O.

^ de celle de l'Oueil à l'E. , on voit à ses pieds le lac de Bordère et une partie de la vallée d'Aure. Pour jouir dune vue plus étendue, on monte ordinairement au sommet du Monné, que l'on peut gravir facilement en 30 minutes sans descendre de cheval. (V. R. 70.)

Le premier village qu'on atteint au pied d'une pente aride, à 3 kil.

du col (52 kil.), est Bourg dOucil (241 hab.), autrefois chef-lieu de la vallée, bien déchu aujourd'hui de son ancienne prospérité dont témoignent encore quelques maisons

à trois étages; l'auberge est un ancien château, offrant quelques basreliefs assez curieux. On remarque sur la porte de l'église une pierre portant le millésime de 1138 et chargée de lettres romanes indéchitf râbles.

Au delà de Bourg d'Oueil , on continue à descendre en longeant la rive g. de VOueil, au-dessous d'une belle forêt de sapins qui recouvre les pentes des montagnes situées sur l'autre versant de la vallée. On traverse successivement

2 kiL (54 kil.) les deux v. de Cirés et de Caubous, ([ni ont ensemble une population de 126 hab. ; puis

2 kil. (56 kil.) May règne, v. de 170 hab. , le plus riche de la vallée, au delà duquel on franchit le torrent pour atteindre

3 kil. (.09 kil.) Maxjlin. qui forme avec Saint-Paul, situé sur la rive opposée, un v. de 285 hab. Enfin on passe aux ham. de 1 kil. (60 kil.) licnquc dessus et de 1 kiL (61 kil.) Benque dessous, avant de rejoindre la grande route du col de Peyrresourde à Luchon. (Voy. plus haut.) De Benque dessous à Luchon, on compte encore 6 kil.

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