LAN 1593, KUT
ai;abada lap pintvka, euan
OBniES )AN nFRNFJL E lAN BOE.
(L'an 1592, fut achevée la peinture; étaient ouvriers Jean Berneil et Jean Boe).
Au delà de Bourisp, dans la même vallée, se trouvent les v. «le Saininn (316 h.), Kstensan (146 h.).
Knx (9-2 h.) et Azet (.')0.'> h.). Près
ROUTE 61. I.A VALLÉE d'aURE ET SES PORTS. 371
de ce dernier v. , situé à 1172 met.
d'altitude, la gorge se divise en deux embranchements qui décrivent un cercle presque parfait autour du pic d*Aset (2667 met.) j.
Au sortir de Vielle, on peut suivre indifféremment la rive g. ou la rive dr. La première route, moins frér|uentée, traverse Vignec (34.5 h.).
Cadeîlhan (167 h.), Tranrherre et passe sur la rive dr. vis-à-vis de Tramesa^guefi. La seconde franchit la rivière à Vielle même pour se diriger, au S., sur le pic de Tramesaïgues, qui semble fermer la vallée, à travers de belles prairies bien arrosées et bordées d'aunes et de peupliers.
Après avoir laissé, à g., sur la hauteur, la vieille ruine appelée fnstel d'Arnaou , ancien manoir d'un prince aragonais, on atteint
2 kil. (11 kil.) Saint-Lary, v. de 227 hab. , qui possédait une église romane que des réparations considérables ont complètement dénaturée; il n'en reste plus qu'une crypte à six arcades plein-cintre.
Une petite chapelle gothique du xiv* siècle, située sur la face méridionale, est, comme le reste de l'église, enfoncée de 1 met. dans un sol graduellement exhaussé par les alluvions de la Neste.
En 1834, Saint-Lary fut presque entièrement détruit par une terrible inondation dont on peut encore voir quelques traces.
a Dans ce désastre, raconte M. de Chausenque, il sepas.sa un fait singulier. Une forêt située à 2 heures de Saint-Lary, sur un versant de la gorge supérieure, fut lentement détachée du flanc de la montagne, et glissa tout entière le long des
pentes, jusqu'à ce que son bord inférieur fut plongé dans le lit de la Neste. Peu à peu les racines des sapins furent dépouillées par l'eau du torrent de la terre qui les retenait, et les troncs furent l'un après l'autre entraînés à la dérive. Ainsi la forêt continua à descendre, et dans l'espace d'un mois disparut jusqu'au dernier .sapin. Pendant tout cet espace de temps, la Neste et la Garonne elle-même restèrent noircies par l'humus qu'elles entraînaient. »
D'importants travaux d'endiguement récemment terminés ont pour but de mettre Saint-Lary à l'abri d'un nouveau désastre.
Au sortir de Saint-Lary, la vallée n'est plus qu'une gorge étroite, et la route cesse d'être praticable pour les voitures. A mesure que le sentier .s'élève au-dessus du torrent .
on découvre des points de vue de plus en plus beaux sur le bassin qu'on vient de traverser ; sur la dr.
se montre au loin le pic d'Arbizon , et le pic de Terrenère domine le village de Trancherre. Au fond apparaissent, au-dessus de Tramesaïgues , le pic de Plan et Cubon à sa g. Après avoir dépassé (20 min. de Saint-Lary) la petite fontaine de Caneille,àoT\tVe2iU est justement renommée, et un iToste de douaniers . on monte par une gorge aride, où l'on cesse de voir la Neste d'Aure, à (10 min.) un petit col d'où l'on redescend en 10 min. par une pente assez roide (en laissant à g. un chemin qui conduit à Riouuiavou) à l'entrée pittoresque de la vallée de Rioumayou, que domine, sur la rive g. du torrent, le château fort à demi ruiné de
3 kil. (13 kil.) Tramefsaiguex, V. de 128 hab. . situé à 969 met.
d'altitude.
ITINERAIRE DES PYRENEES
ROUTE 61. LA VALLÉE D'aURE ET SES PORTS. 373
Excursion à Plan par le col de Flan.
% h, de Tramesaigues à l'Hospice de Rioumayou ; 2 h. de l'Hospice au col de Plan ; ^ h. du col au v. de Plan. Chemin de mulets.
On suit d'abord le cliemin pratiqué sur la rive g. du torrent, en longeant la base orientale du pic de Tramesaigues (2548 met.), revêtue de l)elles forêts de hêtres et de bouleaux.
Après 2 heures de marche dans un étroit défilé dominé à l'O. par le pic d'Àret (2940 met.), et à l'E. par le pic de Fitte-longue (2930 met.), on passe sur la rive dr.- mais, bientôt après , un pont de bois ramène de nouveau sur la rive g. Une demi-heure plus loin, on sort du défilé, et on entre dans le petit bassin de Frécancou ( 1388 met. ) , formé par le confluent de la vallée principale avec la gorge de Péguerre, qui descend des hauteurs situées à TE. En sortant de ce bassin, on trouve un nouveau défilé plus étroit que le précédent, et d'un aspect encore plus sauvage. On le remonte par un sentier assez facile, qui domine la rive g. du torrent, et l'on arrive, après trois quarts d'heure de marche, à un petit bassin demi-circulaire, qui porte le nom d'Oule ou de Cirque, comme ceux de Gavarnie et de Troumouse. Ici les flancs des montagnes , jusqu'à leurs sommités , sont recouverts d'arbres et de végétation. Le fond du cirque est une vaste prairie, au centre de laquelle, à 1560 met. de hauteur au-dessus de la mer, est situé l'Hospice ou auberge du BLioumayou. Cette maison appartient conjointement aux villages de Saint-Lary et de
Sailhan, qui la font exploiter par un fermier.
Au delà de l'Hospice, le sentier conduit d'abord au fond d'un vallon fortement incliné, qui s'élève droit au S. jusqu'au sommet de la montagne. C'est dans cette direction que s'ouvre le col d'Ordisset , à une hauteur de 2800 met. Vers le commencement du .siècle, il avait été décidé que le tunnel international de la route d'Auch à Balbastro passerait par cette voie. Le port de Plan , bien que plus éloigné de l'Hospice et plus élevé , est le seul qui soit fréquenté, à cause de son voisinage des lieux habités de la vallée de Gistain.
Au pied du col dOrdisset, il faut donc se détourner à g. , franchir le ruisseau de Thos, source du Rioumayou, et s'élever par un chemin très-rapide jusqu'à un petit enfoncement que remplit de neiges la chute des avalanches. Tout près de là. on voit avec surprise les débris d'une maison qu'on y construisit autrefois pour l'exploitation des forêts. Plus haut, on chemine longtemps à travers un dédale de croupes et de plateaux .superposés, et, quand on croit enfin être arrivé sur la ligne de partage, il faut encore gravir le sommet même de la montagne, qu'on appelle improprement le Port. Une croix sur un bloc de marbre y sépare la limite des deux Etats, à 2457 met. de hauteur.
De ce point, on voit à ses pieds les premiers villages espagnols Plan et Campo, et dans les brumes du lointain , le regard peut encore distinguer les plaines de l'Èbre. A l'E. , les pics de la Maladetta apparaissent comme un entassement confus de roches énormes, de neiges et de glaces; à l'O., le Mont-
Perdu se déploie dans toute sa l)eauté au-dessus de la vallée de la Cinca. Du côté du N. , on n'aperçoit que des montagnes indistinctes et un petit point bleu qui n'est autre que la plaine française.
Du col jusqu'au village de Plan, la descente est extrêmement rapide.
A quelque distance, à l'O., se trouve un autre col très-peu fréquenté, le port de Cavarrère, haut de 2530 met.
A 5 min. de Tramesaigues, on passe sous une porte en pierres appelée de la Garet, et construite lors de la guerre de Succession, pour défendre la basse vallée contre les Miquelets espagnols; au delà, la gorge est tellement étroite . que le torrent se précipite à travers d'énormes rochers qui forment comme un pont naturel : c'est ce qu'on appelle le Ruadet (le Pas-Rude), tt Là tout est décombres et blocs entassés ; toute culture devient impossible. ï> La fontaine d'eau sulfureuse de la Garet, qui jaillit au milieu de ce chaos, serait sans doute plus fréquentée, si elle n'était pas située dans cette gorge désolée, près de la misérable hutte où quelques malades viennent chercher la guérison de leurs douleurs. On jouit d'une jolie vue sur l'église de Get ou Êyet, qui se dresse au fond de la vallée sur une terrasse de la rive g.
Prestiue en face dÊget, on traverse le torrent de la Sasse, descendu à g. des montagnes de la frontière, puis on passe par le pont de pierre de la Hosse sur la rive g.
de la Neste , où le chemin qui remonte la vallée devient plus facile.
— Sur la dr. , le pic de Compey roude attire les regards.
Après avoir dépassé, à 1 kil. du pont de la Hosse, la petite chapelle de Mejuhat, on arrive en face d'une nouvelle gorge, celle de Moudang, qui s'ouvre à g. et que domine le pic de ce nom ; cette gorge se divise plus haut en deux branches, dont l'une mène à Rioumayou, et Vautre au col de Bielsa ; on arrive au point de bifurcation par un étroit sentier que forment des échelles mises bout à bout.
Au delà de la gorge de Moudang, la vallée de la Neste d'Aure se rétrécit, et des forêts de sapins couvrent ses pentes abruptes.
Ou traverse une partie du hameau de Castets, puis on franchit sur un pont de pierre le torrent qui descend, à travers de petites prairies, de la vallée de Couplan, par laquelle on peut se rendre à Baréges (V. R. 57). Le pic de Badet, presque toujours couvert de neige, se montre au fond de la vallée d'Aure, où la culture a remplacé les sapins, partout où elle était possible. La Neste coule au fond d'une gorge profonde. Le chemin reste sur la rive g. , malgré les éboulements fréquents qu'il est obligé de traverser et qui souvent le détruisent entièrement après de fortes pluies ou à la fonte des neiges. Les pentes des montagnes sont tellement roides dans la partie supérieure de cette vallée, que, de distance en distance, de vastes terrains, manquant de base, glissent dans le lit du torrent qui les emporte. Enfin, à 20 mm. de la vallée de Couplan, on atteint
9 kil. (23 kil.) Aragnouet (on loge chez le maire), chef-lieu de la haute vallée, v. de 520 h., situé à 1210 met. de hauteur au-dessus de la mer, et ainsi nommé des émigrés
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
aragonais qui le fondèrent dans le moyen âge.
D'Aragnouet à Héaspar le col des Aiguillons, T èi 8h. (V. R. 53); — à Gèdre par le col de Cambielle, T h. (V. R. 53); — au lac Duredoni, S h. Pour aller au lac Cap-Lungue ou au lac Dobert, i h. de plU8(V. R. 57).
D'Aragnoaet à Bielsa.
6 h. de marche.
En sortant du v. , on suit la rive g. du torrent jusqu'au delà de son confluent avec leSaux, dont il Huit ensuite remonter, dans la direction du S., la gorge dominée par le pic de Cubon. A l'entrée de cette gorge , dans une vaste prairie , s'élève la maison de Chaubère, i\u\ sert d'hospice aux voyageurs. Klle appartenait autrefois aux remjjliers, dont on voit encore le monogramme sur les ruines d'une chapelle voisine.
Le chemin suit d'abord la rive g.
du torrent qui se précipite en cascade à travers les rochers, puis, aprcs avoir atteint quelques cabanes, se divise en deux brandies, dont Tune à g. remonte vers le col de la Hourqnette , et Tautre à dr.
s'élève au col de Bielta, situé ii •2465 met. de hauteur entre deux pics à peine plus élevés, celui de Marioules à l'O. (2566 met.), et celui de Bataillens à Vt. ('2594 ml-i. ). Le col de Bielsa est très-fréquenté pendant l'hiver, parce qu'il est moins élevé que les autres cols de cette chaîne et plus rapproché d'Aragnouet.
Du col de Bielsa, il faut descendre pendant li h. avant tl'it- Jeindre le v. de même nom.
De Bielsa k Fanlo, 8 à 9 h.: — îi Ve- Dasque, 12 h.
j1. Par E.ann*aae*«n et MoMtreJoan,
8i kil. Messageries RibeiteB, départ lous les jours. Decun, courrier d» Lannemezan. Voiluret; à volunté. Dt.'parU de chez Leptortes, maison Lafforgue, et de clicz Poey, maison Ortalis. Prix des places, de 10 à 15 fr.
Après avoir traversé le faubourg appelé Pont-de-Pierre , on s'élève en serpentant sur le sommet du plateau (Irsolé qui s'étend entre la vallée de lAdour et celle de l'Arros. On laisse
4 kil. MerilheUy v. do 483 hab. ; puis on monte et on descend les longues côtes de ce plateau infertile, à l'extrémité duquel on voit s'ouvrir à (Ir. la charmante vallée du Luz, ])lantée de châtaigniers uiaguiflques.
[Ici la route se bifurque, et l'embranchement de g., qui niT-ne de Bagnères à Tournny, continue h suivre la direction du N. E. à travers le plateau. Le premier village qu'on rencontre, Cieutat (1392 hab.), est à 9 kil. de Bagnères. La chapelle . située à l'E. , est de construction romane. On voit dans la muraille une ouverture fermée par une forte grille de fer qui n'était autre chose qu'un (juichet n Cagnts; un petit bénitier placé intérieurement, assez près de la grille pour qu'on puis.se prendre de l'eau h travers les barreaux, démontre évidemment la destination de cette ouverture.
Au del?i de Cieutat, la route suit le sommet d'une chaîne de collines incultes, et ne rencontre plus
aucun village avant d'atteindre le versant qui domine la plaine de l'Arros, où elle descend par une pente rapide à Tournay , V. située ?i 20kil.env. de Bagnères (V.R. 63)].
Quand on a laissé k g. la route de Tournay et dominé pendant quelque temîps la vallée du Luz, la route de Montrejeau descentl dans cette vallée par \ine pente habilement ménagée à travers des bois, au confluent même des deux rivières, le Luz et l'Arros, où se trouve situé 8 kil. (12 kil.) l'Escaledieu. Relais de poste.
L'antique abbaye de l'Escaledieu, maintenant en ruines, fut fondée en 1140 par les religieux de Oapadour (V. R. 60, vallée de Gripp), et, grâce aux munificences des comtes de Bigorre, devint bientôt aussi célèbre que puissante. Saint Bertrand de Comminges y pa.ssa une partie de sa vie, et les miracles sans nombre qu'il y opéra augmentèrent encore la prospérité du couvent.
En 1158, un autre saint. Raymond, natif de Saint-Gaudens, fut envoyé en Espagne par l'abbé de l'Escaledieu. Le roi Sanche III était alors en guerre avec les Maures, qui menaçaient en force la ville de Calatrava! Sancho offrit de donner cette ville .'l celui qui se chargerait de la défendre : mais les plus braves chevaliers de Castille n'osèrent pas accepter cette offre périlleuse, et la ville allait tomber au pouvoir des Maures, quand le jeune abbé Raymond s'y jeta, la défendit vaillamment à la tête de ses religieux, et força les Musulmans h la retraite. En récompense de ce fait d'armes, le roi de
Castille et le pape accordèrent à saint Raymond le droit de fonder l'ordre militaire de Calatrava, qui du reste fut toujours vassal de l'abbaye-mère de l'Escaledieu.
Ce monastère continua d'être un véritable château fort. Autour de tous les autres couvents des Pyrénées se formèrent des villes et des villages ; mais, bien qu'il étendît ses propriétés au loin, l'Escaledieu resta isolé au milieu des forêts qui l'entouraient : nul hameau ne prit son nom.
Pendant les xiir et xiv* siècles surtout, le couvent vit ses richesses s'augmenter chaque année : ce que les barons ne lui léguaient pas, il l'achetait, hommes et terres.
Aussi la misère des paysans croissaitelle en proportion de l'opulence des moines. Encore aujourd'hui, les villages des Baronnies, situés dans les environs du couvent, témoignent, par leur état misérable, des congé-.
ijnences que l'oppression féodale n eues pour eux.
En 1518, l'abbaye fut envahie par la bande du huguenot Fonta- 1 aille, a Alors survinrent, dit la chronique, une quantité de laquais et de gendarmes (jui tinrent garnison, l'espace d'un an au moins, allant et revenant, poulaillant sur tout le pays et faisant tout plein de désarrois. » Ils chargaient leurs arquebuses avec les papiers du couvent, et cassaient les vitres pour faire des balles avec le plomb qu'ils retiraient des châssis.
En 1567 , un autre chef do bande, huguenot et contrebandier, le capitaine Jean Guilleni, « sachant la maison bien étoffée, > vint s'en emparer et en fit une forteresse redoutable; il mit aussi le siège devant le château de Mauvezin, mais
ROUTE. 62. l'eSCALEDIEU. — MAUVEZIN.
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
il fut repoussé et finalement pendu.
Pendant l'intervalle, ses troupes avaient brûlé l'abbaye. Puis Montgommery vint à son tour occuper les ruines.
Le XVII" siècle amena aussi ses troubles. Les moines se révoltèrent en 1675; on fut obligé d'envoyer des troupes pour les réduire; ils s'empressèrent de s'enfuir, « mais aussi ne laissèrent goutte de vin dans la cave. « Depuis lors jusqu'à la révolution française, le monastère n'eut aucun événement important à enregistrer dans ses annales.
L'église, qui existe encore, n'a rien de remarquable; la tour octogonale de son clocher, sa voûte élancée divisée en travées, sa double rangée de chapelles, n'ofiTrent aucun intérêt archéologique. Elle ne remonte pas au delà du xvii" siècle.
Il reste à peine quelques débris de l'ancienne église détruite par Guillem; on les a utilisés pour la construction de l'église actuelle.
Le tombeau d'une certaine comtesse Pétronille, célèbre pour avoir eu cinq maris, a été brisé en 1793.
Le monastère, vaste bâtiment sans style, enfermé dans une enceinte de murs flanqués de pavillons aux quatre angles, ne peut remonter au delà du xv* siècle. Le cloître a été en partie démoli par le propriétaire, M. de Neyrac. (Voy. l'o puscule de M. Bascle de Lagrèze.)
Au-dessus de l'Escaledieu s'élève une haute colline, que la route gravit par des rampes en zigzag pour atteindre
3 kil. (15 kil.) Blauveziny v. de 561 hab. , à 5 min. duquel, sur le point culminant de la colline, se dresse la vieille ruine du château appelé de Makoisin dans les char tes françaises , et Castrum de Malo
ricino en latin. L'histoire de toutes les guerres et de tous les massacres du Bigorreest intimement liée avec celle de Mauvezin. Le château , qui date probablement du xii' siècle, porta , durant le moyen âge , le titre de château comtal, comme ceux dp Lourdes et d'Orthez. Pendant la domination des Anglais en (iascogne, il fut pris et repris, et les pillards des deux nations ravagèrent tour à tour les campagnes voisines. Eu 1374, le duc d'Anjou vint l'assiéger avec 8000 hommes.
a Le capitaine, dit Froissard, était pour lors un écuyer gascon, qui s'appelait Raimounet de L'Espée.
appert homme d'armes durement.
Tous les matins, y avait aux barrières du chastel e.scarmouches et faits d'armes , et appertises grandes , et beaux lancis de lances, et poussis, et faites courses et envahies des compagnons qui désiraient avancer.
a Environ six semaines dura le siège devant le château de Mau voisin. Et vous dis que ceux de Mauvoisin se fussent assez tenus, car le chastel n'est pas tenable, si ce n'est par long siège. Mais il leur avint que on leur tollit d'une part l'eau d'un puits qui sied au dehors du chastel, et les citernes qu'ils avaient là dedans séchèrent, car oncques goutte d'eau du ciel durant six semaines n'y chéy, tant fit chaud et sec. Et ceux de l'ost avaient bien leur aise de la belle rivière de Lèse, qui leur coulait claire et roide, et dont ils étaient servis, eux et leurs chevaux.
a Quand les compagnons de la garnison de Mauvoisin se trouvèrent en ce parti, si se commencèrent à esbahir; car ils ne pouvaient longuement durer; des vinsavaient-
ils assez, mais la douce eau leur manquait. Si eurent conseil ensemble entre eux, que ils traiteraient devers le duc, ainsi qu'ils firent, et impétra Raimounet de L'Espée, leur capitaine, un sauf- conduit pour venir en l'ost parler au duc.
Il l'ot assez légèrement, et vint parler au duc et dit : « Monseiu gneur, si vous nous voulez faire « bonne compagnie à mes compaa gnons et à moi, je vous rendrai a le chastel de Mauvoisin. — Quelle o compagnie, répondit le duc, voua lez-vous que je vous fasse? Partf tez-vous-en, et allez votre chea min chacun en son pays, sans « vous bouter en fort qui nous soit «contraire. Car, si vous vous y M boutez et je vous tienne, je vous « délivrerai à Jausselin ( le boura reau) , qui vous fera vos barbes « sans rasouer. — Monseigneur, dit oc Raimounet, si il en est ainsi que tt nous nous partions et retraions u en nos lieux, il nous en faut tt porter ce qui est nôtre , car nous a l'avous gagné par armes en peine et grand aventure. » Le duc pensa un petit, puis répondit et dit : « Je « veuil bien que vous emportiez « que porter en pouvez devant vous a en malles et en sommiers, et a non autrement; car si tenez nuls a prisonniers, ils nous seront renu dus. — Je le veuil bien, » dit Raimounet.
« Ainsi se porta leur traité; et se départirent tous ceux qui dedans étaient, et rendirent le chastel au duc d'Anjou , et emportèrent ce que devant eux porter en purent; et s'en alla chacun en son lieu, ou autre part, querre son mieux. »
Ces bonnes gens, qui voulaient garder le fruit de leur travail, avaient passé leur temps « à rançonner les
marchands » de Catalogne, aussi bien que de France, « et à guerroyer et harrier ceux de Bagnères et de Bigorre. »
En 1584, le château de Mauvezin fut occupé par le capitaine huguenot de Sus , qui dirigea de là ses deux terribles expéditions contre Saint-Bertrand de Comminges (V.
R. 70). Depuis cette époque, il est tombé en ruine et n'est plus habité maintenant, s'il faut en croire les gens du pays, que par des revenants.
Les quatre côtés du château, égaux entre eux , mesurent chacun environ 26 met. Des contre-forts à base carrée flanquent les quatre angles de l'enceinte et se répètent sur le milieu de chacun des côtés, à l'exception de la façade principale, qui regarde l'Orient. Sur ce point, le contre-fort est remplacé par une tour carrée, dont la saillie est tout entière à l'extérieur. Les barons ne pouvaient pénétrer dans cette tour qu'à l'aide d'une très-haute échelle et devaient se glisser dans une étroite ouverture au sommet, comme des orfraies dans leur trou.
Cette forteresse était entourée d'un large fossé dont il serait difficile de juger la profondeur primitive, à cause des nombreux éboulements qui y ont eu lieu. Une grande porte, unique, s'ouvre à l'intérieur, sur le côté méridional de la tour, au milieu des lierres. D'après M. Bascle de Lagrèze, on n'y lit pas l'inscription : Phœbus me fe, que presque tous les antiquaires prétendent y avoir vue.
Placé sur le point le plus élevé du plateau de Lannemezan, le château de Mauvezin commandait le pays de toutes parts. Il est, dans les Pyrénées , peu de points de vue qui s'étendent aussi loin. D'un côté,
ITINÉRAIHE DES PYRÉNÉES.
ROUTE 62. CAPVERN.
le regard n'est arrêté que par la chaîne des montagnes; de l'autre, il embrasse la vaste et belle plaine de Tarbes.
Au sortir du v. de Mauvezin, la route descend d'abord une côte assez escarpée, et, s'enfonçant de plus en plus dans la région des Landes, atteint
4 kil. (19 kil.) Capvern, V. de 863 hab. , bâti sur une colline, d'où l'on découvre une vaste étendue de montagnes et de plaines. Sa position et la fraîcheur de sa végétation, contrastant avec la stérilité des landes voisines, lui ont fait donner le nom qu'il porte {Sommet-Vert).
L'établissement thermal de ce nom est situé à un peu plus de 1 kil. au N. <lu village , au fond d'un ravin . sur les flancs duquel s'étagent les maisons destinées aux baigneurs,
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAVX.
HÔTELS : De France ; des Pyrénées; de la Paix. N(»urrilure et logement, 5 fr. par jour. Table d'hote, 3 fr. 50 à 4 fr. par
jour.
Maisons meublées ; Daugaix ; Duver- Rcr ;Fourcade ; Lacaze; Queheillat; Saint Paul-, Trauette, eic. etc.
Cafés : Ozun ; Tramesaiguea.
Médecin inspecteur : M. Tailhade.
Sous- INSPECTEUR : M. HiCEud.
AUTRES MÉDECINS : MM. Laglcizc , |,oustau ; Pedel^idou : Abadie ; Tajan .
pharmaciens: M. Larroque.
Loueurs de chevaux : Daugaix; Queheillat.
Voitures : Des voitures particuli^res font le service du village à réiablisseruenl des bains. La rouie de Tarbes à Capvern est desservie par un service régulier de diligences. Prix des places; 3fr.