MONUMENTS PUBLICS
La Catliédrale de Toulouse , fondée on ne sait à quelle époque, et consacrée à saint Etienne, se compose aujourd'hui de plusieurs parties, non-seulement distinctes, mais ne se reliant pas même entre elles. Au-dessus de la galerie percée à jour qui surmonte le portail, se développe une immense rosace dont le milieu ne se trouve pas sur la même ligne que la pointe de l'ogive du portail. A g. , s'élève un clocher terminé en 1531, masse énorme et disgracieuse qui contenait autrefois la grande cloche Cardailhac, transformée, pendant la Révolution , en monnaie de billon. La nef est très-grande, mais beaucoup trop large pour sa hauteur; un gros pilier la sépare du chœur j autre église bâtie derrière la première et sur un axe différent. Le chœur est vraiment beau, malgré son lourd jubé; tout autour sont disposées dix-sept chapelles, dont les décorations modernes dépassent tout ce que le mauvais
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ITINÉRAIKE DBS PYRÉNÉES.
ROUTE ^k. TOULOUSE. — LES ÉGLISES.
gaût d« l'Empiiô et d» U ResUulïtion a produit de plus hideux.
La plus belle égUse de Toul,ouse est l'église romane de Sa,int-Satumin, vulgairement Saint-Sernin, ainsi nommée d'un martyr chrétien qui fut attaché par les pjed» à un taureau sauvage. Bien qu'eUe paraisse construite d'un seul iU trois époques différentes, dit M *VioUet-le-Duc, ont contribué b.
,on érection. Les parties les plus anciennes, qui sont le chœur et î^ transsepts, ue peuvent pas remonter au delà du xu- siècle. Au ny siècle, on continua la façade.
mii est demeurée inachevée jus qu'à nos jours, puis on éleva les deux derniers étages de la tour centrale et la Hèche qui la surn^onte. Dans le xvi' siècle, on terliùna la galerie de U nef. A 1 extérieur , la partie la plus intéressante deSt-Sernin est l'abside, flanquée de sescinq chapelles. U chapelle du
milieu est éclairée par cinqfenôtres ; les autres n'en ont que trois. Dans nntervaUe qui sépare les chapeUes, s'ouvre une fenêtre surmontée par un large oculus. A dr. et à g.
en avant de l'abside , s'étendent les deux parties du transsept, flanquées chacune de deux chapelles construites sur le même plan. L abside elle-même forme comme un soubassement au-dessus duquel s élôve le chevet de lédifice, percé de Kracieuses fenêtres. Toutes ces constructions semblent s'appuyer mutuellement, pour servir de base à la tour qui s'élève au point de jonction des bras de la croix. De cet ensemble résulte, comme la dit M. Mérimée, une disposition pyramidale des plus heureuses, qui frappe de loin le spectateur.
On peut entrer dans l'égUse» so^
par la porie da la façade située à l'occident, spit par U por^® ^u S.
(la porte Miégeville), située eu face de \9f rue du Four, et précédée d un charmant portail isolé, malheureusement mutilé, que Nicolas Bachelier construisit dans le style de la Renaissance ; soit par la porte des Comtes, qui s'ouvre à l'extrémité du transsept droit, en face de la rue Bellegarde. A droite et à gauche de la grande nef, haute de 21 met..
' s'étendent deux nefs latérales, dont les deux premières ont plus de \) met., et les deux autres plus de 7 ipèt. de hauteur. Les cinq nefs sont nues et n'ont pas de chapeUes.
L'axe de l'édifice a quatre déviations, peu apparentes à l'oeil, et que des mesures prises avec le plus grand soin ont pu seules faire découvrir; sa longueur totale est de ' 109 met. Chaque transsept a '22 met 0^ de longueur à partir du centre du clocher, sur 8 met- «<»
de largeur. L'une des chapelles du transsept du midi (dr.) renferme un Christ byzantin très-remanjuable Dans le transsept duN. s'ouvre la chapelle où le cadavre <lu maréchal de Montmorency fut deposé après son exécution, en 1632.
Le chœur n'offre rien de bien ni rieux : on y remarque seulement la dernière stalle haute à gauche , représentant un porc assis dans une chaire-, on lit à côté: Calnn le Porc, P t (prêchant).
Le pourtour de l'abside , nommé
par le peuple le tour des corps
saints, est l'objet d'une vénération
particuUère , à cause des rehques
1 qu'il contient. A g., devant la cha-
peUe de Saint-Georges , est suspemlu
un ex-voto solennel, consacré à l a-
pôtre de Toulouse et aux reliques
des saints de la basilique, pour de-
mander à Dieu la cessation d^ la peste qui décima U ville eu l.J20. U consiste en une représentation en bpis et en relief de la basilique de Saint-Serniu , entourée de son mur d'enceinte, défendue par ses tours ot son artillerie, l^ flèche élancée de l'église domine l'enceinte et l'édifice, où conduisent huit portes protégées pSir des créneaux. Ou remarque, à peu de distance de la basilique, l'ancien dojîjon de la ville qui faisait partie du Capitole, fUnqué de sei» «quatre tourelles , démolies de nos jours, qu'on suimonta plus tard d'une Renommée eu bronze, ouvrage attribué aux iièves de BacheUer , et qui se voit ai\jourd'hui sur la colomie 4ç 1^^ place Dupuy.
Vis-à-vis de la chapelle du Sainttsprit, en dehors et à la hauteur des balustres du baldaquin , les amateurs remarqueront une belle Sainte- Famille attribuée au Corrége, et très-mal placée, qui ornait autrefçiis la galerie du comte Dubarry.
N'oublions pas de mentionner enfin, ayant de descendre dans les cry^^tes, les curieux bas - reliefs incrustés dons le mur du sanctuaire, et qui, selon les auteurs de la monographie de saint Saturnin, ont peutêtre appartenu au cycle çarlovinçien.
Les cryptes de Saint-Sernin contenaient autrefois un tçès-grand nombre de reliques : apôtres, confesseurs, docteurs, vierges, etc.; mais en 1794 toutes les châsses d'or çt d'argent qui renfermaient les corps saints furent enlevées; cependant les reliques furent conservées intactes, grâce à la présence d'esprit et à la ermeté du P. Hubert, curé constitutionnel de S^nt-Sern^iî^ Privées de le,urs ^nçiçnnçs ri-
chesses, mutilées d'î^iord, puis recouvertes d'une couche de plâtre et de chaux , les cryptes restèrent jusqu'à ces dernières «apnées dans le plus triste état d'abandon et de ruine. Elles viennent d'être restaurées, sous la direction de M. du Mège. Le sacristain chargé de les montrer aux étrangers signale surtout à l'attention des visiteurs la châsse qui contient le chef de saint Thomas d'Aquin , et qui a été transférée solennellement le 18 juillet 1852 de la chapelle du Saint-Esprit dans les cryptes, déjà en partie restaurées. Deux grandes tables de marbre blanc incrustées dans les murs des deux escaliers portent deux longues inscriptions qui énumèrent, à la suite d'un précis historique , e toutes les reliques que la Religion conserve à Saint-Sernin, et constatent que ceux qui visitent les sept princi|»aux autels de cette église abbatiale obtiennent des indulgences pareilles à celles que l'on acquiert devant les sept autels de l'église de Saint-Pierre de Rome. « M. de Caumont {Btdletin wionumental, t. XVIIl, p. 489) signale, dans les reliques conservées à la sacristie, deux magnifiques chopes.
Tune du xiii" siècle, d'une richesse extraordinaire, et l'autre plus ancienne.
La hauteur totale du clocher, prise du dallage de l'église et sans y comprendre le pyramidion, la boule et la croix, est de 63'",72. De la galerie , on découvre un immense panorama sur Toulouse, les plaines et les collines du Languedoc, et toute la chaîne des Pyrénées.
L'église des Jacobins est transformée, depuis la Révolution, en caserne d'artillerie. Elle se compose d^ln seul vaisseau, divisé en deux
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ITINÉBAIRE DES PYRÉNÉES.
nefs par une rangée de longues colonnes. Des chapelles rayonnent autour de l'abside unique. Sur le nanc N. de l'église, en avant des travées rayonnantes , s'élève un grand et beau clocher, ayant une base épaisse et ne communiquant avec la nef que par une arcade ; ce clocher a été bâti, en 1294, sur le plan octogonal, de la base au faîte ; toute sa construction est de briques , sauf les bandeaux, les gargouilles, les chapiteaux et les pinacles, qui sont en pierre, et les colonnettes de la balustrade supérieure, qui sont en marbre. Le rez-de-chaussée seul
est voûté. , . . »
En 1561 , le canon des calvinistes renversa la flèche qui surmontait la tour. Afin de garantir leur clocher, les moines lui donnèrent alors pour couronnement un ange qui portait une relique de saint Thomas dAquin, renfermée dans une boite d'argent.
L'église des Cordelier» sert de magasin à fourrage»-, elle se compose d'une grande nef ogivale flanquée de dix-huit chapelles.
La Daurade (dorée), située sur le quai du même nom, a été bâtie en 1764 d'après le plan de l'architecte Hardi. L'église qu'elle a remplacée était construite , dit-on , sur les ruines d'un temple d'Apollon. Le chœur de l'édifice actuel est orné de sept tableaux par M. Roques père. Dans la chapelle à g., on remarque la statue de Notre-Dame la Noire, qu'on portait en procession dans les temps de calamités.
Le monument du poète GodoUn se trouve dans une chapelle de dr., en entrant par le quai. D'après une tradition contestée , Clémence Isaure aurait été ensevelie dans la %nême église.
La Dalhade {dealhata, blanche) fut bâtie au milieu du xV siècle sur l'emplacement d'une église fort ancienne. L'intérieur se compose d'une seule nef extrêmement hardie. On y voit deux statues de Nicolas Bachelier. Le portail sculpté par le même artiste est une des plus charmantes choses dont la Renaissance ait enrichi la ville de Toulouse. La tour de la Dalbade mérite aussi d'attirer l'attention.
L'église du Taur ou du Taureau , ainsi nommée parce que le taureau qui traînait le corps de saint Saturnin s'arrêta dans cet endroit, semble dater de la fin du xiii* siècle.
A l'Arsenal, l'antique église de Saint-Pierre des Cuisines contient un beau tombeau byzantin.
La chapelle de VInquisition, où se voit encore une cellule occupée jadis par saint Dominique, appartient actuellement aux Jésuites, qui y ont établi leur noviciat.
Le Capitole ou l'hôtel de ville de Toulouse, forme l'un des côtés de la place qui porte son nom , dérivé de caput Tolus (tête de Toulouse) ou de capitulum (chapitre). C'est un grand édifice d'une architecture médiocre, construit par Cammas dans le style ionique, de 1750 à 1760. Huit colonnes de marbre incarnat supportent un fronton triangulaire dont le tympan a été consacré depuis un siècle à tous les souverains qui ont régné sur la France.
Au fond de la première cour où Montmorency eut la tête tranchée, en 1632, se trouve une belle porte construite par Bachelier; au delà de cette porte, un grand escalier, qui s'ouvre sur la g. , monte à la salle des Pas-Perdus, où sont exposés quatre Ubleaux rappelant des épisodes de l'histoire de Toulouse.