‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 230 sur 382 · HÔTELS ET MAISONS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

HÔTELS ET MAISONS PARTICULIÈRES

L'hôtel d*Asfezat se trouve situé au carrefour que forment les rues du Pont-Neuf, des Marchands, de la Bourse, de l'Écharpe et des Paradoux. A l'extérieur, rien n'attire d'abord les regards des passants; toutefois, si la porte a perdu les tourelles et les clochetons qui la couronnaient, elle a conservé un beau fronton; elle est, en outre.

surmontée de festons et de guirlandes. Mais, dès qu'on l'a franchie, on a sous les yeux l'un des plus beaux monuments du xvi^ siècle, indignement mutilé, dégradé, souillé, sali. La cour est carrée; les deux corps de bâtiment adjacents à l'angle opposé au portail présentent trois sortes de colonnes superposées : ionique orné au rez - de - chaussée , toscan au premier étage et corinthien au deuxième étage. A leur point de jonction s'élève en demi-saillie la tour de l'Escalier, terminée par une flèche et un clocheton, et décorée dans le même style. La baie de la porte est ornée de colonnes torses qui servent d'appui à un cartouche sur lequel on lit le millésime 1555, les battants à compartiments sont consolidés par des clous à tête fleuronnées. Si l'on doit en croire la tradition, cet hôtel aurait été construit d'après les dessins du Primatice.

La rue de la Dalbade contient plusieurs hôtels de la Renaissance dignes d'une visite. Le premier est la Maison de pierre , édifice lourd , massif, disgracieux , mais puissant et original, qui date du commencement du xviie siècle. On a employé dans sa construction les débris d'un temple somptueux, consacré probablement à Pallas. Le portail extérieur, formé de deux portes plein-cintre séparées l'une de l'autre par une élégante colonne, est encadré de chaque côté par deux colonnes accouplées dont les chapiteaux, se terminant en socle, attendent encore leurs statues. Huit massives colonnes cannelées à demi engagées dans la muraille, décorées de bas-reliefs à mi-hauteur et séparées par des fenêtres élégantes, complètent la façade. L'intérieur.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

plus orné et mieux fini , n'a ni la même lourdeur ni la même originalité.

Au n° 22 de la môme rue, un

peu au delà de l'hôtel Saint-Jean , les regards sont attirés par un por- Uil de petites dimensions , dans le style italien de la Renaissance; c'est l'entrée de l'hôtel Catelan, actuellement VhMel FeUins , cou struit, dit-on, par Bachelier. Ce portail est un arc à plein-cintre , flanqué de quatre colonnes cormthiennes cannelées; ces colonnes, eii}?agées dans le mur, soutiennent un entablement et une frise à bossages en marbre de couleur , et forment de chaque côté une sorte d avant-corps, au-dessus duquel s ouvre une fenêtre cintrée, ornée, dans son pourtour, d'un bandeau ou cadre qui est décoré avec toute la recherche de l'époque. A dr. et h g. sont deux magnifiques Termes.

L'intérieur de l'hôtel renferme une très -belle cheminée appelée cheminée d'Hercule, et attribuée à .lean Goujon. Un cartouche élégant porte cette inscription : Hercules

(fûllicus.

L'hôtel I.a»borde« ou Fteyres a été également construit par Bachelier et peut être considéré comme son chef-d'œuvre. La cour est ornée d'admirables sculptures : chaque croisée est accolée de deux statues (jui semblent vivre sur leurs socles de pierre; on remarque surtout une vieille femme qui passe pour une des choses les plus belles que la sculpture ait jamais produites.

L'hôtel Bernuy (lycée) est un édifice un peu plus ancien; tout y révèle le style sobre encore du xv siècle. La cour était très-belle, mais les ti-avaux entrepris en \mi l'ont entièrement mutilée.

MUSÉBS. — C0LLECtJ0:<S.

Le Musée de Toulouse, sinon le plus riche musée des départements, du moins l'un des plus \-aries et des plus intéressants, occupe l'ancien couvent des religieux de l'ordi-e de saint Augustin , dont les remarquables restes méritent à eux seuls une visite. 11 se compose .le trois collections principales : le musée des Antiques, celui des tableaux et des plâtres, et celui d'histoire naturelle.

Le Musée des Antiques na été fondé qu'en 1817; il doit sa création à M. Alexandre Du Mège, qm en est aujourd'hui l'inspecteur; la collection se compose de 9000 objets précieux, rangés en ordre dans deux cloîtres entourant deux jolis jardins. Parmi les antiquités les plus curieuses, on remarque: les autels votifs dédiés aux divinités locales des Pyrénées , qui forment la suite la plus nombreuse qu'on connaisse peut-être dans cette branche de la Mvthologie (V. R. 70); la série, sans rivale en France , des quarante têtes impériales en marbre qu'ont mises k jour les fouilles de Cullagorris (Martres, V. R. 68); l Ariane à deux couleurs ; la charmante tête de Vénus, etc.

Dans les galeries de l'étage supérieur sont disposés de nombreux vases peints, des séries de bustes, figurines, statuettes, armes, styles, scarabées, papyrus et peintures, etc.

C'est là aussi que l'Académie des sciences de Toulouse a déposé son beau inédaillier, riche de près de

.oOOO pièces.

La salle des plâtres occupe l emplacement de l'ancienne chapelle de Notre-Dame de la Pitié, belle construction à deux nefs, qui contient aujourd'hui une coUeclion ë«

ROUTE 64. TÔtttOUSfe. — COLLECTIONS. 4^3

figures moulées sur l'antique. Un escalier , d'une construction hardie , monte de la salle des plâtres au musée des tableaux. La salle principale, l'ancienne église des Augustins, est vaste et suffisamment éclairée; mais l'humidité qui y règne a endommagé les tableaux , qui viennent d'être en partie restaurés ( 1 858) . Le musée de Toulouse a été fondé en 1792; l'ouverture en eut lieu le 10 fructidor an m; il contient environ 500 tableaux.

Parmi les toiles originales des écoles italiennes, on remarque : un Canaletto (6); un Michel-Ange Gara vage (7) ; deux Guerchin (24 , 23) ; deux Guido Reni (27, 28); un Pérugin (42); un Raphaël douteux, qui semble plutôt devoir être attribué à Jules Romain (48); un Salvator Rosa (63) ; un Vanni (73); etc.

L'école espagnole est représentée par un beau tableau de Murillo (39) .

Les écoles flamande , allemande et hollandaise, ofîrent deux paysages de Breughel (112, 113); trois Philippe de Champaigne (119); un Crayer (126); trois VanDyck (127, 128, 129); un Janssens (135); un Jordaens (136); un Karel Dujardin (142); un Vander Meulen(150); un Miéris (151); un Rubens (160); un Ruysdael douteux (163) ; deux Wouwermans (171, 172), etc.

Dans la collection de l'école française on remarque des tableaux de Brascassat (220) : Coignet (225) ; Couture (226); Eugène Delacroix (232); (Vérard (252); Gérôme (253); Giroux (254); Gros (255, 256, 257, 258); Isabey (266); Jouvenet (267, 268); Largillière (281, 282, 283); Mignard (299); Monnoyer (364, 306); Poussin (315, 316); Rigaud (32tt); Rivalz, artiste de Toulouse (329); Roques (347); Schopin (»53) ;

Valentin i(S75); Glaizé (sans ii*); Bédouin (sans n»), etc.

La bibliothèque publique , rue du Lycée, n» 1, est ouverte tous les jours , excepté le lundi , depuis 10 ii. du matin jusqu'à 3 h. du soir. D'Après M. Pont, elle renferme aujourd'hui plus de soixante mille volumes et sept cents manuscrits, et présente dans toutes les branches de la bibliographie de précieuses collections et de très-bons ouvrages. Les éditions du xv* siècle et du commencement du rvi«, les volumes rares , sont en grand nombre, et beaucoup de ces livres, indéi»endamment de leur mérite intrinsèque, tirent plus de valeur encore des savants illustres auxquels ils ont appartenu, et des notes autographes ou des signatures qu'ils contiennent.

En outre, la bibliothèque de Samt- P:tienne comprend environ sept mille volumes, qui tôt ou tard feront partie de la bibliothèque publique.

ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION PCBLIQIE.

La plus ancienne et la plus célèbre des sociétés littéraires et savantes de Toulouse est V Académie des Jeux Floraux : elle date de plus de cinq siècles, et commença dans un des faubourgs par « la très-gaie compagnie des sept troubadours de Toulouse et mainteneurs dugay savoir. Le premier poète couronné par la compagnie fut maître Arnaud Vidal de Castelnaudary. L'institution vit s'étendre peu à peu sa célébrité, et, vers la fin du xV siècle, une dame noble, Clémence Isaure, fille probablement de la maison de Laudun, acheva de consolider l'œuvre des mainteneurs, en lui consacrant plusieurs grands et notables revenus. » Le nombre des académi-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

ciens est de 40, le préfet de la Haute-Garonne et le maire de Toulouse soni académiciens-nés , et distribuent tous les ans six fleurs en prix de poésie : l'Amarante, la Violette, le Souci, la Primevère, le Lis et l'Églantine. En 1856, 467 poètes ont soumis leurs vers au jugement de l'Académie.

VUniversitéa été fondée en 1229; c'est la plus importante de France après celle de Paris; elle comprend une faculté de droit, une faculté des sciences, une faculté des lettres, une école de médecine et de pharmacie; cette dernière a reçu, en 1855, 205 élèves.

Toulouse possède en outre l'une des trois écoles vétérinaires de France : cette école est située à g.

de la gare (en venant de Bordeaux) , de l'autre côté du canal , au pied de la colline que domine l'obicriatoj/T,

construit en 1839 d'après les plans de M. Vitry , et dirigé par le célèbre physicien et astronome, M. Petit.

Vécole des heaux-arts et des sciences industrielles était fréquentée en 1855 par 579 élèves.

Toulouse n'a qu'un seul jardin public , son jardin det Plante» , qui s'ouvre sur l'allée Saint-Michel, à l'extrémité méridionale de la ville.

Ce jardin, établi et enrichi par le célèbre botaniste Picot de Lapeyrouse, occupe, dans l'ancien enclos des Carmes déchaussés, une assez vaste superficie de terrain ; il renferme une intéressante collection des plantes des Pyrénées, mais il est mal dessiné, mal entretenu et tout à fait indigne, comme jardin public , d'une ville aussi peuplée et aussi riche que Toulouse. Il est ouvert au public les dimanches, jeudis et jours de fête , de midi à la nuit, et les autres jours, de trois

heures à la nuit; les jours de pluie, il reste fermé. Un portail, orné de huit colonnes de marbre, en désigne l'entrée.

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