‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 268 sur 382 · ROUTE 70. LUCHON. — CASCADE DES DEMOISELLES · texte numérisé non relu

ROUTE 70. LUCHON. — CASCADE DES DEMOISELLES

en assez grand nombre, on ouvrait l'écluse, et tout le bois, se précipitant avec fracas du haut de la cascade, descendait avec le torrent. En remontant le ruisseau qui se jette dans le lac Vert, on atteint en quelques minutes le lac Bleu y triste bassin, dominé au N. et à l'E. par les glaces et parle Tue de Maupas, haut de 3110 met.

Si l'on ne veut pas traverser en ligne droite les rochers qui s'élèvent àl'E.^on redescendle ruisseau du lac Vert jusqu'à son confluent avec un autre ruisseau, venu du S. E., dont on remonte ensuite la rive dr. On passe à côté de deux chutes d'eau qui se réunissent pour former la cascade de Solage , et quittant le ravin qui se redresse au S. jusqu'aux glaciers de Graouès, tout parsemés de petits lacs glacés, on gravit à g. le sommet de l'arôte qui sépare la vallée du lac Vert de celle de Bounéou, puis on redescend , par une multitude de zigzags tracés au milieu des pâturages, au fond du val de Bounéou; on traverse la belle forêt qui tapisse ses pentes, et, 1 h. 1/2 après avoir quitté le lac Vert, on entre dans la vallée du Lys, tout près de la cascade Barrié (Voy. pag. 462).

Cascades des Demoiselles et da Parisien.

10 kil. Cheval et guide, k fr. chacun.

Après avoir dépassé le pont de Ravi (5 kii.,voir page 461) , on remonte la rive dr. de la Pique, en laissant à l'O. la gorge noire qui forme l'entrée de la vallée du Lys.

Peu après, le chemin se bifurque, et, au lieu de continuer à suivre la route d'Espagne qui domine le torrent à une assez grande hauteur , il faut obliquer à dr. et se diriger

vers un pont à demi caché sous le feuillage des aunes. On traverse ce pont pour suivre un sentier facile qui conduit à travers la forêt jusqu'à la belle pelouse de Jouéou, où un tas de pierres amoncelées à g. et un petit arbre planté sur des ruines indiquent la place d'un hospice fondé par les Templiers, lorsque le port de la Glère était encore fréquenté.

Traversant cette pelouse , on laisse à dr. le chemin qui conduit au port de la Glère, et, montant à dr., on atteint en 3r» min. (7 kil.) la Cascade des Demoisellet, formée par 1 le torrent qui descend du col de la Glère (Voy. ci-dessous).

Pour aller de la Cascade des Demoiselles à celle du Parisien, il faut redescendre jusqu'au chemin qu'on a quitté et continuer à remonter la rive g. de la Pique, dans une belle forêt appelée le bois de Saint-Just; on traverse (25 min.) une clairière formée par les avalanches et par une ardoisière encore exploitée; puis, rentrant dans la forêt, on monte en \h min. à la Cascade du Parisien (10 kil.), qui tombe par étages réguliers comme une chute artificielle.

De la cascade du Parisien, on peut monter en 15 ou 20 m. à l'Hospice par une belle forêt de hêtres. On traverse le torrent sur quelques troncs d'arbres; puis ou gravit un sentier escarpé, et, avant d'arriver à l'Hospice , on franchit le Gave du port de Venasque.

Port de la Glere.

k h. 30 min. de man he. De Bagnères de Luchon à la pelouse de Jouéou, i h. 30 min.; de la pelouse de Jouéou au port, 3 »i.; '» fi-- par course de guide jusqu'à l'entrée du port; k fr. en sus par cheval.

1 h. 30 m. de Luchon à la pelouse de Jouéou (V. pag. 464). Là, le sentier se bifurque : le bras de g.

traverse le ruisseau près de la cascade des Demoiselles; celui de dr.

se dirige au S., et, laissant le ruisseau sur la g. , remonte vers les pâturages situés à la base du col.

Du col de la Glère , situé à 2323 met. de hauteur, entre le pic deSacroux à l'O., et le pic de la Glère à l'E. , on jouit d'une belle vue sur la vallée de l'Kssera; il suffit de tourner un peu à g. pour découvrir presque en entier le bassin de Venasque , la ville avec son petit fort , les villages de Cerlé , de Saun et de Grist, dominés à l'E. par les contreforts de la Maladetta.

C'est au col de la Glère que viendrait s'ouvrir le tunnel du chemin de fer projeté entre l'Espagne et la France, par MM. Banaïuie et Lézat (V. R. 71). « En attendant cette voie, on trace en ce moment (juillet 1858), nous apprend VÉcho des Vallées, une route entre Luchon et ce col. Elle a été ouverte à travers des difficultés .sans nombre et des dangers tels qu'il fallait attacher les ouvriers aux rochers au milieu desquels ils avaient à frayer un passage. Un chalet va être construit <lans la montagne pour servir de repos aux piétons, auxquels la voie nouvelle est dès à présent accessible. Elle ne sera livrée que plus tard aux cavalcades. »

Hospioe.

10 kil. 4 h., aller et retour. Cheval et guide, k fr. chacun; voiture, 20 fr. Un guide est tout à fait inutile.

Après avoir laissé à dr. le sentier qui se dirige vers la cascade des Demoiselles, la route de Luchon à

l'Hospice continue à dominer dans une belle forêt la rive de la Pique à ime assez grande élévation; bientôt on traverse un torrent qui descend des hauteurs du Cnuradille.

De ce point on jouit d'une vue agréable sur les bois et les prairies du val de la Glère. On passe ensuite au - dessous du cône boisé de Campsaure (1733 met.) ; on franchit plusieurs petits torrents, puis on s'élève, par une pente plus douce, toujours ombragée, jusqu'à l'Hospice, auberge située sur un petit plateau nu et triste, à 1360 met. audessus de la mer, et dominée à dr.

par les escarpements du pic de la Pique (2393 met.), qu'une arête hérissée de pointes relie au S. à la pyramide de la Ifine (2767 met.).

.V. B. La route de voilures cesse à l'Hospice.

Port de Venasque et retour par le port de la Ficade.

l6 kil. jusqu'au Port de Venasque; 2 kil. de plus jusqu'au port de la Picade '> 17 kil. du port de la Picade à Luchon. Aller, 5 h. 30 m.; retour, k h. 30 m. Cheval et guide, 5 fr. chacun.

Au delà du petit plateau de l'Hospice (10 kil.), la vallée se divise en deux bras : l'un , encore boisé à son entrée , remonte à l'E. par des pentes comparativement faciles, pour former le rai de la Frèche, tandis que l'autre , s'ouvrant à la base occidentale du pic de la Pique, se redresse brusquement, aride et nu, entre deux parois escarpées de rochers.

C'est ce dernier qu'il faut suivre pour monter au port de Venasque, contourner ensuite au S. E. le pic de la Mine, revenir par le port de la Picade, le pas de l'Esc^ilette et

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le val de la Frèche à l'Hospice .

après avoir décrit une circonférence autour de l'arête du pic de la Pique et du pic de la Mine.

On traverse d'abord le Gave de la Pique ; puis, gravissant une belle pente gazonnée, sur la/pielle une fouie de sentiers suivent une même direction, on franchit le torrent, dont on continue ensuite à remonter, sur des gazons, la rive g. On atteint ainsi

2 kil. 1/2 (12 kil. 1/2) le Culet, où la roche perpendiculaire laisse glisser par une fente plusieurs cascades qui disparaissent plus bas sous des masses de neige. Les avalanches qui au printemps descendent de ce rocher ont souvent fait de» victimes. On voit aussi à g. le trou dit des Chaudronniers , dans lequel périrent engloutis plusieurs voyageurs qui exerçaient cette profession.

Après avoir traversé plusieurs fois le torrent, on tourne à g. j)0ur gravir un éboulement de roches escarpées qu'on appelle le rail du Culet, et au sommet duquel on entre dans le vallon sauvage de l'Homme, situé aux deux tiers de la montée du port, fi 14 400 met.

environ de Bagnères. Une grosse pierre posée perpendiculairement sur le sol, et soutenue à sa base par d'autres blocs, est le monument qui a donné son nom à ce petit espace couvert d'herbes vivaces et de rhododendrons.

Une montée plus facile conduit en.suite jusqu'au pie<l même de la pyramide supérieure du pic de la UiTïBf et on laisse à dr. quatre ou cinq petits lacs (jui se déversent l'un dans l'autre par-dessus d'étroites digues de rocliers. Parvenu au-dessus du lac le plus élevé, qui est en

même temps le plus grand , on voit tout à coup une fente s'ouvrir à g.

à travers l'énorme paroi de la montagne : c'est le Port de Venasque; on le gravit par un sentier taillé en zigzag, qui d'en bas ressemble à. un gigantesque escalier, et, à 18(HJmèt.

de la pierre de l'Homme, on atteint le point culminant du passage , situé à 2 h. IS min. à pied de l'Hospice, et à 2417 met. de hauteur absolue.

De là, on voit se dresser au S. , en face de soi, la Maladetta (Voy. la gravure-carte qui nous dispense de toute description).

M. Taine décrit ainsi la route de l'Hospice du port de Venasque:

a Ce puits semble l'aire du corbeau ; il faut des ailes pour échapper à l'inimitié de toutes ces pointes hérissées, et de tant de gouffres béants qui attirent le passant pour le briser.

t Bientôt le chemin semble arrêté; mur après mur, les rocs serrés obstruent toute issue; on avance pourtant , en zigzag, parmi les blocs roulés, sur un escaher croulant; Le vent s'y engouffre et hurle. Nul signe de vie, nulle herbe; partout la nudité horrible et le froid de l'hiver. Des roches trapues se penchent en surplombant sur le précipice; d'autres avancent leur tète à la rencontre; entre elles, le regard plonge dans des gouffres noirs dont on n'a|)erçoit pas le fond. Les violentes saillies de toutes parts s'avan* cent et montent, perçant l'air; làbas, au fond, elles s'élancent en étages, escaladant les unes par-dessus les autres, amoncelées, hérissant sur le ciel leur haie de piques.

Tout d'un coup, dans ce terrible bataillon, une fente s'ouvre; la Maliuletta lève d'un élan son grand spectre : des forêts de pins brisés

Innf rairy d»'s iNTraoes pai' .\1). JU.\>".VE

WONTAGNE DE LA MALADETTA ET VALLEE DE VÉNASpUE.(E.p*^ixe)VUE PRISE ENTRE LES PORTS DE LA PICADE ET DE VÉNASQUE.

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Î.K min- DE VKNASnUE

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tuinatiil aut-Mir de son |iie(l; une ceiiilure de rocs noirs bosselle sa poitrine aride, et les glaciers lui r it une couronne. «

I.i Mala<ietta, entièrement cou- \'Mte de glace et de neige excepté Mir son versant occidental qui plontr*' çiir Venasque, est isolée, des ,ir .\ côtés, par un large vide, du n >tt de la haute chaîne. Ses vastes tltiics, où çà et là {|uelques roches noires font saillie au-dessus des glarieis, se couronnent d'une longue (fête qui se relève à TE. pour former le pic central de la Maladetta, et le pic oriental de f^ethou, plus superbe encore : autour de lui tout s'abaisse, et le pic d'Ksbarrans, à ' î:., semble n'être qu'un renflement !' la base.

Du i»ort de Venasque. on peut gravir le pic de Sauiegarde , qui s'élève à l'O. , à 370 met. plus haut. L'ascension n'en est pas difficile, et ne demande pas plus de 1 h. Du sommet, on a sur la Maladetta la même vue que du port; mais on peut wir en outre Venasque au S. , et Bagnères de Ludion au N.

Après avoir franchi le port de Venasciue, on descend sur le versant espagnol . et l'on contourne à g. les flancs de la Pefm Hlanca, (Roche blanche), ainsi nommée à cause de la couleur de ses escarpements brûlés par le soleil. On passe auprès d'une petite» fontaine où, quand on s'y arrête, on est souvent espionné et rançonné par les douaniers espagnols (il vaut mieux aller déjeuner à la fontaine des Aranais , on y jouit d'ailleurs d'une plus belle vue) , puis on s'élève par des pentes insensibles justju'au port de U Picade (2424 met.), qu'on voit se dresser en face du côté de l'K. , à 2 kil. environ d« port de Venasque.

De ce col qui sépare l.t aillée d'Aran de celle de \. nasiuc "ii contemple la Maladctia 'Unî-^ îciite sa magnificence, et r(M! i!:->t!ii.u:ue parfaitement à sa base orunialo !e val fermé où viennent s'en^^ouiïrer les eaux du Joueou.

Du col de la Picade, un sentier appelé Passage des Aranais desc- ni à l'E. vers le Goueil de Joueou et Arti()%ie de Lin, dans la vallée d'Aran. 2 h. 'M) min. de descente (V.

A])rès une courte descente sur le versant oriental , on se dirige à g.

vers le Pa^ d'Encalette (24.')4 met.), qui s'ouvre sur une crête aux formes arroiuiies, et, à 1000 met. au plus du port de la Picade, on rentre sur le versant français , pour redescendre à THospice (H kil. de l'Escalette) , à travers les pâturages du val de la Frèche.

àieetnlM ée l'toUotde.

I7 kil. ifl. Allor, h h., leloiir, 3 h. Cheval et fîiii-1<', chacun, 5 fr. Cout-sc trèsfacile <H rfconirnandée. Un guide n'est pas absoluuieiiL nécessaire.

Au delà de l'Hospice (10 kil.), on suit d'alwrd le chemin qui remonte à travers leslwi» la vallée de la Frèche où Ton s'élève en 30 min. audessus des derniers arbres, et on atteint en .') min. une source jircs de laquelle on peut déjeuner. 10 min.

jdus loin , on quitte le sentier qui coniluit en 2 h. par le Pas e l'Kscalette au port de la Picade (Voy. ci-dessus), et, se dirigeant à g. ou k l'E. où monte par des pentes ga donneuses sur les j)âtHrages dePouylané, où l'on trouve (30m.) la cabane de Pouylané, occupée par des bergers espagnols d'Aran. De là on aperçoit pour la première fois le |)ic de TEntécade. Bientôt après . on

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passe pi es ilu petit lac des Garces (Grues) , puis on atteint (10 min.) un premier cold'où l'on découvre la vallée d'Artigue de Lin , le pic de Fourcanade, le pic de Poumero , et la Maladetta; et (20 min.) un .second col qui offre ' sur la vallée d'Aran une vue presque aussi belle que celle dont on jouit du .sommet.

Enfin, en 10 min. d'une montée roide , on s'élève jusqu'au point culminant de rSntéoade, haut de 2220 met. De ce belvédère , on découvre un magnifique panorama.

Au S. , la Maladetta apparaît dans toute sa splendeur au-dessus du port de la Picade ; à l'O. , on voit jusqu'au Vignemale et au Pic du Midi de Bigorre , la vallée de Barousse qui se révèle entre les masses de l'Antenac et du Monné; au N., le regard se perd sur les plaines de la France; à 1 E., on a le val d'Aran sous les pieds, et la vallée du Barrados remontant jusqu'au port d'Orle.

On peut redescendre par le plan de Campsaure. Il faut prendre, au delà de la cabane de Pouylané, le sentier qui se dirige à dr. , et , sur un épais gazon couvert de troul)eaux, une pente douce conduit au plan de la Cabane , situé près des premières eaux qui descendent dans la vallée de l'Artigon. Ensuite on laisse à dr. le sentier qui mène au .sommet du Couradilles, à g. la belle forêt qui s'étend jusqu'à l'Hospice, et on passe à la cabane de Barguères. Puis, descendant par une pente rapide et pierreuse, à l'ombre de frênes et de hêtres qui bordent de jolies prairies , on rejoint la route de l'Hospice , vis-à-vis de l'entrée de la vallée du Lys. Dans cette dernière partie du trajet on passe près de la cascade de Courreges, qui tombe de 30 met. au mi-

lieu de débris d'arbres et de rochers.

Ascension da Cooradilles.

12 kil. i/2 de Luchoo. Aller, 3 h. 30, retour, 2 h. 30. Cheval et guide, 5 fr. chacun.

On remonte par le val de l'Artigon jusqu'au delà des cabanes de Barguères, situées à 10 kil. (2 h. à 2 h. 15 min.) de Luchon (Voy. la course précédente) , et oii s'élève par des pentes faciles , en 1 h. 15 min. .jusqu'au sommet du Couradillesy ou plan de la Serre haut de 1985 met. La vue est à peu près la même que celle de TEntécade :

cei)endant on voit de plus la ville de Luchon et les beaux glaciers qui couronnent l'amphithéâtre de la vallée du Lys.

De Luchon à Bosost par le Portillon.

13 kil. 1/2. Aller, 3 h. 30 à 4 h., retour, id. Cheval et guide, k fr. chacun. Chaise à porteurs (4 hommes), 25 fr.

On passe à Saint-Mamet (Voy.

page 445), et, laissant à dr. l'usine abandonnée vis-à-vis de la tour de Castelvieil, on remonte le vallon de Burbe, qui s'ouvre à g. à travers des pâturages dominés par de petits promontoires boisés. Après avoir passé près de la gracieuse cascade de Pich de Vergés ou SidoMi>, on arrive bientôt sur une espèce de terrasse où le vallon s'élargit pour former de magnifiques pâturages. Plus haut , le sentier , devenant un peu plus rapide, monte en zigzags à travers une belle forêt de hêtres, dont les racines servent de marches. Quelques minute^ après, on atteint le col dit PortilloD| qui , situé à 9 kil. 1/2 ou 2 h. 15 m.

de Luchon, et à 1308 met. de hauteur, forme les limites de la France

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