ROUTE 70. LUCHON. — SAINT-BÉAT
Tune du x* siècle , l'autre du xii».
I^nef. longue d'environ 21 met., et très-étroite, se termine en abside cui-de-four et forme trois travées séparées par des colonnes à moitié engagées et sans pilastres. Les chapiteaux offrent très-peu de sculptures.
Le château qui domine Saint- Béat sur la rive dr. de la Garonne, et auquel on monte par un escalier taillé en zigzag dans le rocher, n'a jamais été une forteresse importante comme celles de Lourdes et de Mauvezin. On entre d'abord dans une enceinte quadrilatérale, longue de 35 met. sur 18 met. de large.
et entourée d'une très-faible muraille couronnée de petits créneaux.
Après avoir pénétré dans une seconde enceinte , on arrive au corps de logis principal , aujourd'hui tout à fait ruiné, devant lequel s'élève le donjon carré bâti sur le roc.
Onnepeut s'introduire dans ce donjon, comme dans le Montaû/el (V.
R. M)), que par une seule ouverture pratiquée à 6 met. du sol. Ce château fut construit dans le cours du xii'^ siècle pour protéger le prieuré dont on voit les ruines au-dessous.
11 ne reste plus rien des murailles de la ville, qui se nommait autrefois la clef de France à cause de sa position importante à l'entrée du val d'Aran. Des ancienoes maisons, on ne voit plus qu'une façade de six met., dont la porte, décorée de deux sirènes , montre encore le millésime IS.S.i.
I>es carrières du beau marbre blanc statuaire de Saint-Béat sont situées à une très-petite disUnce de la ville, sur les flancs de la colline qui la domine da côté de l'O., au-dessus de la route de Marignac.
U y a eacore d'autres carrières de
marbre moins importantes dans les environs.
De Saint-Béat au val d'Aran (V.
De Saint-Béat à Luchon par Bosost (V. R. 73 et page 4G8).
De Bngnères de Luchon à Baynères de Bigoire; A. par Lannemezan;^. par Labarthe et Saint-Bertrand; C. par le col de Peyresourde; D. par le col de Pierretille fV. R, 62); — à Tarbes (V. R. 63); — à Toulouse (V. R, 69 ;— à la Maladeiu (V. R. 71); - à Venasque(V. II. 72^; — au Val d'Aran (V. R. 73); — à Castillon (V. R. 7*).
ASCENSION DE LA MALADETTA (dO PIC DE NETHOU).
Aller et retoui- par la môme ronte.
Su kil. Une i/2 journée, une nuUei un jour. Coiuse pénible, mais nullement dangereuse avec un bon guide et quand on ne conimel pas d'imprudences. Elle a etc faite en i857, par Mme S. d'Angoulème et une jeune fille de Paris, âgeeâe 16 ans.
Celte course n'ét&at pas tarifée, on [>eul donc obtenir des guides à de meilleures couditions que celles qui vont être indiquées.
2 guides à 15 fr. par jour, pendant
2 jours 60 fr.
3 chevaux à 5 fr. par jour 30
Nouiriture pour les chevaux i
Total 95 ou 100 fr.
En outre il faut emporter du vin, des cordes pour l'ascension, des provisions de bouche, etc.
On suit la route de Venasque jusqu'à la fontaine de Pena-Blanca (16 kil. 1/2 , 4 h. 30 m. ; V. page 467), d'où Von se dirige vers le plan des Etangs, petite plaine marécageuse pa '•semée de llaques d'eau, qui s'étend sous les escarpements boisés
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
du Paderne i'I^bl met.), l'une des montagnes du groupe des Monts Maudits. Une petite cabane, située à 1798 met. de hauteur, se montre au milieu des pâturages à l'extrémité orientale (lu plan îles Ëtangs , (2600 met. du i>ort de Venasque; près de 19 kil. de Luchon).
En suivant la gorge dans la direction du S. E., on arrive en 40 min.
à la cabane du plan des Aigoualuts^ à une petite distance du Trou du Toro. Ce gouffre s'ouvre dans le rocher calcaire, au pied même de la Maladetta, à 2024 met. d'altitude. De trois côtés, ses parois sont perpendiculaires et fort élevées. Du côté du S. E. , par où s'introduit l'eau d'un torrent assez abondant, une pente douce permet de descendre au fond et de l'examiner à son aise. Le fond se compose de gravier tin etde fragments rocheux de peu de grosseur, à travers les(iuels l'eau s'infiltre et disparaît avec rapidité. Jamais le gouffre ne déborde, même pendant les grandes fontes des neiges ilu printemps ou après les orages de l'été. Quelques pins pittoresquement jetés sur les rochers étendent leurs rameaux touffus au-dessus de la cavité et y entretiennent une demiobscurité mystérieuse.
Que devient leau engloutie dans ce gouffre? L'opinion commune des habiunts du pays, en ceci parfaitement d'accord avec la science, veut qu'elle traverse par des canaux souterrains toute l'arête de montagnes qui s'élève du côté du N. et vienne rei)araltre sur l'autre versant de la chaîne, dans le Goueil de Joueou.
à 4 kil. de distance. En effet, le volume d'eiiu qui sort à Artigue de Lin est sensiblement le même que celui que reçoit le gouffre du Toro ; En outre, il croit et décroît en même
temps et dans les mêmes proportions. Ainsi, on voit souvent grossir subitement la source d'Artigue de Lin, quoique le temps soit très-beau sur le versant septentrional des Pyrénées, et l'on conclut de ce signe qu'un orage a éclaté sur la Maladetta. sans que jamais ce présage ait été trompeur. Enfin , les hauteurs qui entourent le vallon d'Artigue (le Lin se dépouillent entièrement de neige pendant l'été.
Mors l'eau f|u'elles reçoivent des pluies ne serait plus suffisante pour alimenter une source aussi considérable, Uindis que les glaces de la Maladetui ne cessent jamais d'entretenir, en fondant, de nombreux torrents. Dernièrement on a fait une expérience positive : on a jeté dans le gouffre une quantité considérable de sciure de bois, ([ue des observateurs apostés ont bientôt vue ressortir par le Goueil de Joueou. Si
juelque écroulement souterrain letenait les eaux du trou de Turc, elles déborderaient jiar-dessus le rebord à peine marqué du plan des Aigoualuts, et s'écouleraient par le plan des Ktangs dans l'Essera-, au lieu de descendre vers la Garonne, elles couleraient vers l'Êbre.
Pour monter de la cabane du plan des Étangs i\ la Hencluse . il ne faut que 30 min.
l kil. (20 kil.) U\ Renoluse (Enclos) est un autre gouffre qui s'ouvre au milieu d'une vaste grotte dans laquelle s'installeraient sans peine 200 personnes. C'est dans cet abîme que se perdent les eaux de l'Essera, descendues des glaciers de la Maladetta, pour aller reparaître un peu en deçà de l'Hospice de Vena.sque, de même (lue les eaux du Nethou se perdent dans le trou de Toro pour sortir au Goueil de