ROUTE SI. DE SAINT-GIRONS A CONFLENS ET A USTOU
frontières. Sa mère, Bertheou Bertrade au long pied, l'accompagnait, et laissa en souvenir de son passage l'empreinte de son pied sur un rocher des environs.
Pendant le moyen Age, la communauté de Seix résista énergiquement aux empiétements des seigneurs. Elle tenait à rester ville royale, c'est-à-dire dépendante du roi seul, préférant avec raison un maître lointain à des despotes immédiats. EUe avait le droit de garder tous ses citoyens sous les armes pour défendre « le pauvre pays contre attaques tle loups et autres bètes féroces et itou contre les Espanhols, » et pouvait se dispenser de payer toutes contributions de guerre.
Les habitants de Seix plaidèrent souvent contre les seigneurs du Couserans, et plus d'une fois ils gagnèrent leur procès. Le châtelain de Lacourt exigeait que tous les manants saluassent de loin les murailles de son château, mais les fiers montagnards avaient l'habitude de s'acquitter de ce salut h. la mode de Masaniello , en se baissant et en relevant les basques de leur habit.
De là, des luttes à main armée et des plaidoiries devant le parlement.
En 1793, la dispute fut définitivement vidée par la destruction du château de Lacourt, qui appartenait alors aux Chambord-Polignac.
Cette famille possédait à Oust un autre chAteau, dont il reste encore près du pont une tour délabrée.
Seix exploite des carrières de marbre. Aux environs se trouvent des mines de cuivre, de plomb, d'argent et de zinc, dont l'exploitation est suspendue. Autrefois les sables du Salât ])assaient pour aurifères, et des lavages assez productifs existaient entre Seix et Saint- Sern in.
Depuis 1815, l'industrie des orpailleurs a entièrement cessé.
Sur la montagne qui domine Seix du côté de l'E. , s'élève au-dessus des bois le château fort de Mirabal (Bellevue) ou Mirabat (Regarde en bas) , dont l'enceinte et le donjon , l'un des plus hauts de la contrée, sont construits en marbre blanc.
On voit au pied des murs une ouverture (le forme un peu cintrée , regardée, d'après la tradition, comme l'entrée «l'une galerie souterraine qui se prolongerait dans le roc jusqu'au château de la Garde (V. plus loin) , à près dune lieue de distance.
On y descend par une pente douce en limaçon ; mais on ne tarde pas à trouver le passage obstrué. Autour du château, les paysans, en cuhivant la terre, recueillent çà et là des débris d'armes. Non loin du donjon, existent encore des ruines plus anciennes, débris d'une tour à signaux dont les feux se voyaient jusqu'à Saint- Lizier.
De Seix à Castillon.
J. Par .%loK.
k h. Sentier de muleis.
On entre, au sortir de Seix, dans le vallon qui s'ouvre à l'O., puis on remonte dans la direction du N. 0. le petit ruisseau du Chaud, descendu des hauteurs qui dominent Sentenac (1507 hab.). Après avoir dépassé ce v. , on s'élève à travers des pâturages parsemés de granges jusqu'au PortiHon, et laissant à g. le petit pic de la Quère, haut de 1136 met., on descend à
Alos, V. de 987 hab., situé à
604 met. sur les bords d'un ruisseau
qui coule au N. E. pour se jeter dans
le Salât un peu en amont de lacourt.
i Le château moderne dominant Alos
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
du côté de ro. est bâti dans une position très-pittoresque. Le commerce de la vallée consiste surtout en fromages réputés pour les meilleurs des Pyrénées.
D'Alos, un chemin, facile à trouver, monte au col de Hnue'ge 1^1256 mot.), qu'on voit s'ouvrir au N. 0..
au-dessous du Tue (VAugaret , et d'où l'on redescend par un ravin très-peuplé au hameau de Luzenac, »itué sur la rive g. du Le2, à 1 kil. %n amont de Moulis (V. R. 80).
Bm P«r le ool de lai Core.
Au sortir de Seix , on entre aussi dans la vallée qui s'ouvre à l'O. , comme si l'on voulait alkr à Alos; mais , après avoir laissé à g. l'embouchure du Chaud, on remonte la rive g. du Froid, qui parcourt la vallée uniforme de VEsbinthe. Le versant méridional de cette vallée, aux pentes escarpées, est couvert de taillis, tandis que le versant septentrional, à la base duquel on passe, porte de riches cultures jusqu'aux bois qui en couronnent la cime. A plus d'une heure de Seix , le val d'Esbinthe tourne au S. et remonte au Tue (ÏEychelle (2307 met.) , qui forme une des premières assises du Mont-Vallier ; mais il faut continuer à s'élever dans la direction de l'O., et, laissant à g. le bois de VAuhe, gravir le Port delaCore (1409 met.), beau plateau de verdure situé entre les deux versants. De ce point, on jouit d'une vue magnifique à l'E. sur le Tue de Monbéas et la montagne des Trois- Seigneurs, et au S. sur les énormes assises du Roc de Bélame, au pied du Mont-Vallier. Du côté du N. 0., la vue, moins grandiose, est plus agréable, et le regard sere- ])osesur les champs, les bois et les villages du fertile Castillonnais. A
une petite distance à l'O. , sous la forêt de hêtres de Cadus, se montre'le petit lac de Betmale.
En montant sur le cap de fioutrech (1872 met.), dont on voit auN. le sommet arrondi s'élever au-dessus du col, et qu'il est très- facile de gravir à cheval, on peut embrasser d'un coup d'œil le Couserans tout entier, avec ses montagnes, ses vallées et ses villes. De cet humble sommet, on jouit sans fatigue d'une des plus magnifiques vues des Pyrénées.
Une longue descente à travers des ravins et des pâturages conduit au v.
collectif de Betmale {iG'ê'l hab.), dont les nombreux hameaux occupent uu espace de près de G kil. de longueur. Beaucoup de Betmalais portent encore leur ancien costume , qui les fait ressembler aux paysans de la Morée. Les Betmalaises sont renommées pour leur beauté et pour le bon goût de leur costume ; elles se distinguent en cela de lours voisines de la vallée de Biros, qui passent, à tort sans doute, pour être fort laides et fort disgracieuses.
Le chemin de la vallée est trèsbon, et circule entre les champs, les vignobles et les arbres fruitiers; les maisons deviennent de plus en plus nombreuses à mesure qu'on descend, et, de tous les côtés, on voit les toits d'ardoises reluire à travers le feuillage. Au v.
de Bordes, situé sur le Lez à l'extrémité de la vallée de Betmale, on rejoint enfin la route de Seintein à Castillon (V. R. 74).
Ascension du Hoot-Vallier.
Li' Mont-Tallier, qui ressemble à une immense pyramide tronquée au sommet, est tellement abrupt du côté de la France, qu'à le voir