DE SAINT-GIRONS A AULUS
33 kil. Route de voitures. Omnibus tou8 les jours pendant la saison.
14 kiL de Saint-Girons à Soueix (V. R. 81).
Au 15* kil. la route passe sur la rive dr. de Salât, et traverse une plaine fertile formée par le confluent de cette rivière et du (iarbet. On découvre de tous côtés de beaux paysages : à dr. , la pyramide du Mont-Vallier domine une chaîne grisâtre; à g., le pic d'Ercé se dresse au-dessus de riants coteaux, tandis qu'en face la haute tour de Mi rabat (V. K. 81) dresse, au sommet de la
montagne , ses murailles de marbre blanc.
1 kil. (16 kil.) Vie, aujourd'hui petit V. de 296 hab., était autrefois une ville importante, ainsi que le témoigne le nom de Bourg-sous-Vic donné à Saint-Girons. C'est dans le cimetière de Vie qu'on inhumait les morts de Massât, ville située à 5 ou 6 liçues dans la vallée de l'Arac. Dans les environs du village, on voit çà et là des tas de pierres provenant de la ruine des anciennes maisons. L'église passe pour la plus ancienne du pays, et ses deux petites absides datent certainement de l'époque romane. Elle a la forme d'une feuille de trèfle. Un chien de pierre a été sculpté au bas de l'un de ses piliers. Le plancher qui sert de voûte, moins ancien que les nmrs, est disposé par petits carrés où sont peintes une multitude de tètes aux couleurs encore trèsvives.
1 kil. (17 kil.) Oust, chef-lieu de canton, situé sur la rive g. du Garbet et contenant une population totale de 1573 hab., était autrefois la simple villa romaine d'Augusta (Aoust) ; mais peu à peu elle acquit une plus grande importance que la ville de Vie, dont elle dépendait. On y entre par un pont de pierre à côté duquel s'élèvent une tour ronde et des murailles en ruines. L'église est surmontée d'un clocher neuf de style roman ; sur la colline voisine on remarque une petite chapelle nouvellement bâtie.
Au delà d'Oust, on continue à remonter la vallée en longeant la rive dr. du Garbet, dont les eaux, admirables de couleur et de limpidité, coulent dans un lit de marbre blanc. Les hauteurs qui bordent des deux côtés la jolie vallée du Garbet,
ITINERAIRE DES PYRéNEES.
sont un peu basses et arrondies comme celles du pays basque; de distance en distance , on voit des restes de forêts, entre autres, à g.
de la route, ceux d'une forêt de noyers sauvages; de nombreuses maisons isolées se montrent au railieu de toutes les prairies, sous tous les bouquets d'arbres, au bord de tous les ruisseaux. La plupart n'ont point de cheminées, et la fumée sort par la porte et les fenêtres; aussi l'intérieur en est-il curieux à visiter. Un pared état de choses, causé plutôt par la superstition que par la misère , nuit beaucoup à la santé des enfants; les habitants de la vallée prétendent que la fumée conserve le bois.
8 kil. (25 kil.) Brcé {auberge chez Maury), chef-Ueu de canton dont les hameaux contiennent ensemble une population de 3114 hab. Selon toute probabilité, le nom de ce village provient du grand nombre d'incendies (arsons) qui ont dévoré les forêts des hauteurs avoisinantes.
L'église, consacrée à saint Pierre, sans être aussi ancienne que celle de Vie, date cependant de l'époque romane; une autre église, très-peu intéressante d'ailleurs, est de construction moderne. Autrefois, un si grand nombre d'oratoires étaient parsemés sur tous les sentiers, que la vallée avait reçu le nom de Terre-Sainte. Les habitants ont conservé en grande partie leurs anciennes coutumes : ainsi les hommes se servent encore de la fronde.
La coiffure des femmes consiste en un mouchoir blanc, formant en arrière un triangle dont la pointe pend librement sur la nuque , tandis qu'il se replie en bandeau sur le front; ces figures géométriques du mouchoir donnent aux femmes une
certaine ressemblance vague avec des statues égyptiennes. L'agriculture et l'industrie ne peuvent fournir assez de travail pour occuper tous les habitants d'Ercé ; un grand nombre émigrent; les uns vont exercer à Toulouse le métier de portefaix; d'autres se rendent à Urgel et dans la C.erdagne française, pour y faucher dans la saison des foins.
Dans les environs d'Ercé se trouve une carrière de marbre blanc concédée en 1830 à M. Géruzet.
.\près avoir franchi un ruisseau (dont le vallon parsemé de cabanes remonte, au S. E. , vers le col d'Éret (1651 met.), qui conduit à Vicdessos), puis gravi la petite côte des Escales, on entre dans la partie supérieure de la vallée du Garbet. De hautes montagnes commencent à apparaître; au S. et à l'E., quelques crêtes neigeuses se montrent au-dessus des pâturages et des rochers.
A G kil. environ d'Ercé, on voit à g. , sur le bord de la route, une source , appelée des Neuf- Ponts, jaillir par plusieurs ouvertures de la base d'une montagne. On dit qu'elle provient de l'étang de VHers, situé à 5 kiL de là dans la direction de l'E. A la suite des grandes pluies et à la fonte des neiges, la source des Neuf- Ponts grossit considérablement et roule avec un grand bruit à travers les rochers. Bientôt après avoir dépassé le ruisseau qu'elle forme, on laisse à dr. l'établissement thermal, et on atteint
8 kil. (33 kil.) Auluf (Hôtels de Paris, de France, Souquet; trèspeu confortables), v. de 898 hab., dont le nom {Aou lous^ ad lucem) indique la position. Il est situé à 776 met. au-dessus de la mer, sur la rive dr. du Garbet, à l'extrémité U plus orientale et la plus élevée du