‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 295 sur 382 · ASCENSION DU MONTCALM · texte numérisé non relu

ASCENSION DU MONTCALM

(D'après M. de Chuuseuque.)

Le Montcalm est Tune des plus hautes montagnes de cette partie de la chaîne des Pyrénées ijui se trouve comprise entre le groupe de Montlouis et celui du Mont-Vallier. 11 a une hauteur absolue de 3079 met. au-dessus du niveau de la mer.

M. de Chausenque, qui a fait l'ascension du Montcalm en 1829, et à qui j'emprunte les renseignements suivants, décrit ainsi l'aspect général de cette partie de la chaîne et de celles auxquelles elle se rattache :

• Des hauteurs de Toulouse , on peut prendre, dit-il, un premier aperçu de ces montagnes, comme de toute la chaîne de l'E. Auprès du Canigou , qui paraît au bout de l'horizon par-dessus les masses obscures de Paillers, le groupe de Montlouis est distinct , séparé de l'Andorre par un abaissement qui répond au col de Puymorin. La crête reprend son élévation pour s'exhausser encore au point oii les contre-forts qui séparent les bassins du Salât et de l'Ariége, d'une part.

de la Sègre et de la Noguera, de l'autre, viennent s'appuyer à elle.

On y voit une longue arête monter de l'E. à la tête arrondie du Montcalm, que la neige ne quitte jamais, et qu'une légère dépression sépare d'une crête dentelée qui est la Pique d'Estats, sensiblement plus haute. La pointe aiguë de Bassiès est la troisième saillie de ce groupe culminant. Viennent ensuite , sur une assez longue étendue , d'autres cimes qui ne sont guère moins élevées : celles d'Aulus. où des pics d'un dessin hardi, Caumale, Puntussan, Mède, couronnent de grandes nappes de neige, et celles d'Ustou, où le Colat s'étend comme une longue digue dominée par les festons de Flamigelle, Montabone et Bonrepaux. Au port de Salau, la crête s'abaisse jusqu'au Mont- Val»

lier , qui détache .sa belle masse sillonnée de neige, et les pyramides de Mauberme et de Crabère , s'abaissant par degrés, terminent vers la Garonne la haute chaîne orientale.

« De la forge qui est entre Vicdessos et Auzat , le Montcalm , ajoute M. de Chausenque, se laisse voir un moment, majestueux et superbe, au haut de la vallée principale , enfoncé sous de belles masses. Ses larges épaules drapées de neige supportent le plateau sans tache, reconnu de Toulouse, qui couvre aussi la Pique d'Estats, h côté de la pointe de Pigeol, noire, élancée, et en apparence à son ni' veau. L'entrelacement des pentes fait deviner la route , jusqu'au vallon de Pla-Subra, dont est sillonnée la montagne. »

M. de Chausenque partit de Vicdessos le soir à 4 h., pour aller coucher aux granges d'Amperrot.

a Au delà d'Auzat, la gorge prend un

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

grand caractère. A la forge d'Auzat, cachée sous de grands arbres, et près du pont voisin, le torrent qui a mis à nu le granit, se précipite au milieu de jolis accidents.

Un autre rideau cache, à g., l'étroit débouché de la gorge d'Arbelles, qui, plus haut, s'évasant sous la Pique d'Andron, renferme de bonnes prairies, et conduit en 6 ou 7 h. à un passage de la haute chaîne nommée le port du Rat. Les monts de Bassiès et de Can<ils se sont rapprochés; leurs ûpres pentes, où se montrent tour à tour le granit et le terrain de transition, se hérissent de rochers et d'arbres, et le chemin, inégal, ombragé, s'avance comme au fond d'une vaste tranchée, tantôt au bord de TAriége qui gronde, et tantôt taillé \ la base de Canals.

« A2 li.de Vicdessos. au pont de Marc, la vallée se divise. Au fond de la gorge de Bouet apparaissent quelques cimes brillantes voisines de son port; à l'O., un ressaut boisé monte au val de VArtigue, d'où le torrent se précipite inaperçu; mais, à son débouché, ses belles eaux, les roches vertes de stéatite qu'il a rougies, l'épais feuillage où filtre la lumière, et ce pont obscur qui figure une grotte, produisent de charmants effets. Quelques maisons se cachent au-dessus du pont , dont une est un cabaret , ce qui ne me surprit pas. quand j'eus vu les nombreuses habitations qui sont plus haut. Dans ce vallon supérieur, tous les aspects sont uniformes : d'une part, de longues pentes en culture, où des granges en groupes épars sont abritées du vent du N. par les crêtes de Bassiès. ce qui les rend habitables même l'hiver; de 1 autre, des plans redressés

de taillis et de pâtures, ;\ la base même du Montcalm , et au fond, des masses nues, d'apparence schisteuse qui cachent le port de Tal)ascan v.

Après avoir franchi le torrent, M. de Chau.senque monta, au travers de champs de seigle et d'orge d'une forte végétation, aux granges d'Amperrot. Il oublie de dire à quelle distance sont ces granges du pont de Marc. Ce fut là qu'il passa la nuit, et ce fut de là q\i'il partit, le lendemain avant le jour, pour faire l'ascension du Montcalm.

Des granges d'Amperrot, on descend d'abord, à travers des cultures, au torrent, que l'on traverse.

A peine a-t-on mis le pied sur l;i rive dr. que l'ascension commence.

2 h. suffisent pour monter, par un vallon latéral, aux Orris de PigroL où la pente s'adoucit un peu. 1 h.

plus loin, on atteint la plus haute combe de ce vallon, la pelouse de Pla-Subra, cernée d'escarpements schisteux. Dès lors, la montée devient plus rude : on gravit des rochers en ruine et des neiges escarpées, a Nous parvînmes ainsi, dit M. de Chausenque, à un large dos où le manteau général s'interroml pait çà et là pour laisser percer quel- I ques saillies du roc. Le champ de ' la vue s'était étendu. Rentrant I bientôt sur la neige, nous atteignî mes le haut de la crête voisine, d'où nous apparut, au revers, une vaste et profonde combe dont le lac avait disparu sous les livrées de l'hiver. C'est la partie supérieure du Riou-Fred, et les âpres cimes du port de Bouet étaient devant nous, avec la Piijue d'Andron. qui, en deçà de la haute chaîne, plonge dans le vallon de Signer.»

Cette rrf'to schisteuse, comme

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