‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 296 sur 382 · HOUFE 84. ASCENSION DU MONTCALM · texte numérisé non relu

HOUFE 84. ASCENSION DU MONTCALM

tou> les rochers (|ui dépassent les neiges, est un des contre -forts du Montcalm qui s'élève à sa droite; elle est si difficile à remonter que, pour gagner la cime peu éloignée, il faut de.scendre au fond de la combe et en gravir le versant opposé.

M. de Chausenque essaya, malgré r.ivis de ses guides, qui refusèrent de le suivre, de tourner cette combe en passiiut au-dessus des crêtes où les neiges, quoique fort inclinées, ne lui paraissaient pas présenter de grands obstacles. Il se fatigua beaucoup, arriva en même temps que ses compagnons, et reconnut une fois de plus que, dans les hautes montagnes , on gagne rarement à s'éloigner de la seule voie connue.

Cette dernière crête escaladée, il n'y a plus ju.s(ju'au sommet qu'une montée sans difficultés, sur une rampe de neige ou de débris. Huit heures a]>rès son départ des granges d'Amperrot, M. de Chausenque atteignit enfin le point culminant du Montcalm. Il ilécrit ainsi la vue (ju'il y découvrit :

a Ainsi perché sur la plus haute masse de la chaîne occidentale, mes regards se promenaient sur les mille sommets qui la composent, depuis les monts sourcilleux de la Garonne jusqu'au Canigou. C'étaient les perspectives des régions hyperborées :

le Spitzberg ou la Nouvelle-Zemble étendus devant moi. Quelques fonds de vallée visibles dans la direction de Foix ou de la Seu d'Lrgel, décolorés par Téloigneraent, .se perdaient dans ce dédale immense de rochers, de pics, de neiges. Ce qui frappe toujours dans une telle vue de l'ensemble des hautes sommités, ainsi que l'a dit de Saussure, c'est l'espèce de désordre qui règne dans

leur disposition. Lorsque des plaines de l'Ariége, ou même de la Pique de Tabe, on observe les Pyrénées, il semble que tous ces colosses soient rangés sur la même ligne; mais, vus ainsi à vol d'oiseau, ils sont comme distribués en grandes masses, en groupes distincts les uns des autres, ou du moins ne paraissent liés qu'accidentellement et siins aucune régularité.

a Au S. . l'horizon de la Catalogne était couvert, à perte de vue, de hautes cimes qui, Itizarrement assemblées et entrecoupées de gorges profondes, présentaient, sans autres teintes que celles des neiges et des rochers, un grand et sévère tableau,... Du côté de l'U., au delà de la crête où le granit est plus rapproché, celle qui, longeant le val de l'Artigue, va s'appuyer à la Pique de Bassiès, sont groupés et confondus les monts d'Aulus et d'Ustou, où l'œil qui les a déjà observés de divers points, peut seul les reconnaître : Caumale. dont les prodigieux escarpements menacent le val de (jarbet ; Puntussan , qui domine les grandes neiges et les ports de Guillou; la tête conique du Montrouy, qui voit autour de lui les plus beaux sites d'Aulus; la Pique de Mède, planant sur un lac solitaire et des ruines; le long et massif rempart du Colat jusqu'à Montabone, tour de cette vaste forteresse ; Fiamigelle, cime espagnole, et Bonrepaux, qui voit à ses pieds la brèche de Martrat, principal port d'Ustou. Plus loin, vers Salau et Aula, parait un intervalle où des niasses rabaissées sont confondues jusqu'au Mont-Vallier, comme pour faire ressortir ses escarpements et son double sommet; derrière lui, se cachent les montagnes de Lu-

ITINÉRAIRE DES PYRENEES

chon ; à sa dr. , dans réloigiiement, sont visibles quelques cimes ueigées des Hautes- Pyrénées, même l'humble tète du Pic du Midi, grâce à son isolement; et, à g., au delà d'un vaste champ de montiignes du Cardos et du Paillas, s'élève le groupe sui)erbe d'où la Garonne tire ses eaux, commandé paT le point culminant de toute la chaîne, la Maladetta, reconnaissable à ses glaciers non moins qu'à sa prééminence. Vers le N., les hau teurs s'abaissent promptement : les basses montagnes de l'Ariége et toutes les Gorbières avaient disparu sous les nuages; la Pique de Tabe n'était qu'une lie au bord d'une mer sans limites; mais aux croupes obscures de Paillers commence cette suite d'autres monts qui vont montrer à la mer orientale les fieras Pyrénées. On y voit le cône du Roc Blanc , sommet du Laurenti, dominant la brèche d'Orlu, la Maldone, le pic de Lanoux, le pic Pédrous, et d'autres hés en apparence avec le beau chaînon du Puigmal, qui, parti de la crête, au Cambrasdase, va porter dans la Cerdagne des formes toujours alpestres. Par delà un de ces cols, je reconnus la tête du Canigou , et en deçà toutes les cimes de la crête, depuis le col de Puymorin jusqu'au Montcalm, qui, dominées maintenant et projetées l'une sur l'autre, n'avaient plus cette majesté, ce dessin hardi dont j'avais été si frappé de la Pique de Tabe Vu S. , je fus surpris

de la hauteur constante des montagnes, en voyant du enté de la France leur prorapt abaissement. A une assez grande distance, s'y font remarquer deux cimes de l'Andorre qui étaient bien peu au-dessous de mon niveau, la Punla de Meda-

curba et le pic de la Massane sur la limite de Cardos.

a Toutes ces montagnes ne sont partout que crêtes démolies, affreux escarpements et gorges repoussantes, dont on ne peut sonder les profondeurs ; c'est une scène de bouleversement et de ruines, et souvent, dès que l'admiration que Ion éprouve invinciblement devant des vues si nouvelles a cédé la place au calme de l'observation, l'immobilité générale, le silence de mort qui y règne et tant de neiges éparses au milieu de masses sombres, n'en sont plus à la longue qu'une décoration fnnèbre, qu'une étendue de monotonie et de deuil.

• L'énorme promontoiie que couronne le Montcalm , projette au loin ses noirs escari>enients sur les neiges et les monts dn S. 0....

Mais le Montcalm est dominé de 68 met. par la Pique d'Ealats, dont le sépare un petit col, et (jui se trouve ainsi le plus hautjioint de la chaîne ariégeoise. 4.') min. suffisent pour atteindre cette saillie, qui n'est qu'une crête festonnée. Au pied occidental de la Pique s'ouvre le port très -élevé d'Estats , à l'extrémité d'un affluent du val de l'Artigue, où les bestiaux passent l'été pour aller sur les herbages de (.ardos. »

4 h. suffirent à M. de Chausenque j)Our descendre du point culminant du Montcalm à Vicdessos.

DE VICDESSOS A TARASCON.

15 kii. Iiuuie de voitureb. Oronibub inus loi» jours, mais quel vninibus!

Au delà des maisons de Vicdessos on passe sur la rive g. du torrent, où des rideaux de «aules et de frênes, qui ombragent la route, cachent

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