‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 299 sur 382 · DE SAINT-GIRONS A TARASCON · texte numérisé non relu

DE SAINT-GIRONS A TARASCON

.t. Par Fols.

(JOkil. (V. K. 87 et 93).

li. Par INaiiMat.

51 kil. P.oute de voiiiwes.

12 kil. De Saint-Girons au pont de Kercabanac (V. R. 81).

Après avoir franchi le Salât sur le pant de grès de Kercabanac, dune seule arche hardie , on remonte la rive g. de l'.Vrac . en suivant toutes les sinuosités d'une gorge étroite, où la rivière s'est fravé un lit à travers les rochers. Autrefois on ne trouvait pas une seule habitation au bord de r.\rac; tous les villages étaient situés sur les hauts promontoires qui dominentla gorge.

Depuis un certain nombre d'années, quelques maisonnettes se sont bâties au-dessous des escarpements.

On décrit une grande courbe vers le S. , puis on laisse à dr.

4 kil. (10 kil.) Castet , dont le vallon latéral contient le v. d'.l/ru, qui exploite des carrières de pierres à aiguiser les faux ; et à g. , sur la hauteur, Soulan, chef-lieu de canton, ayant avec ses hameaux 2472 hab. On décrit de nombreuses sinuosités , mais on reprend toujours la direction de l'E. On voit s'ouvrir à dr. et à g. plusieurs gorges latérales; la plus importante, celle du Bajcn , remonte au S. dans la direction de la montagne d'Ercé (V. R. 82). Au delà de

7 kil (23 kil.) fiiert, chef heu de canton de l'arr. de Saint-Girons, qui com])te avec tous ses hameaux une population de 2516 hab., on entre dans un grand bassin très-évasé, I tormé par des pentes douces et

gazonnées. .\ peine quelques roches nues apparaissent-elles sur les hauteurs; partout le regard charmé se repose sur une belle végétatiçn. A g., au haut d'une colline, se montrent les ruines du Castcl d'amour, ainsi nommé parce que les seigneurs avaient l'habitude d'y prélever certains droits infâmes sur les femmes et les filles de leurs serfs. Un jour, les paysans indignés l'assiégèrent et le démolirent de fond en comble; puis, se jetant sur les forets, ils les défrichèrent et s'en ap})roprièrent le sol.

La route s'écarte un peu de la rivière pour entrer ,'i

3 kil. (26 kil.) Massât, chef-lieu de canton de l'arr. de Saint-Girons, petite V. située à 650 met. de hauteur sur la rive g. de l'Arac, au débouché de tous les vallons supérieurs qui déversent leurs eaux dans cette rivière. La commune contient une population totale do 3862 hab. ; mais la population agglomérée ne se monte qu'à 1217 hab.

a C'est, dit M. Berges, la commune de l'Ariége qui produit les plus beaux hommes, et à ce sujet nous devons faire remarquer que l'eau et la pomme de terre avec le laitage sont presque leur unique nourriture. >• Le clocher de l'église est construit de la môme espèce de grès que le pont de Kercabanac et presque toutes les anciennes éghses du pays.

Massât possède quelques établissements industriels: une forge, des scieries, des mouhns. Sur la rive dr. de l'Arac, près du ham. de Lir- 6at , jaillissent quelques sources ferrugineuses appelées Balmes. Sur le Tue de Balmion , qui domine la V.

du côté du S. , on a découvert une mine de fer.

Les grottes à ossements de Mas-

sât, au nombre de deux, sont situées dans une montagne calcaire formant un promontoire au N. de ville. Elles ont leurs galeries principales dirigées parallèlement au sens de la longueur de la vallée, et leur sol, composé de sable et de cailloux roulés, atteste d'une manière irrécusable le passage et le séjour des eaux.

« L'une d'elles, dit M. Alfred Fontan, qui les a scientifiquement explorées le premier, est située au sommet de la montagne et précédée d'un vaste péristyle, dans lequel on pénètre par deux grandes ouvertures, faisant face l'une auN., l'autre au N. N. 0. Le sol de la première chambre, entièrement dépourvu, comme la voûte , de concrétions stalagmitiques, est uni, horizontal, et, à l'exception d'une partie située près de l'ouverture N. N. 0., où se trouvent amoncelés des débris informes de poterie mêlés à de la cendre et à du charbon , il est parsemé de petits cailloux roulés et ressemble à un lit de rivière abandonné. Ces dépôts se continuent ainsi dans les galeries, seulement en diminuant d'épaisseur à mesure qu'ils pénètrent plus avant , et ils disparaissent entièrement dans le fond.

tt Dans la i)remière tranchée que je fis pratiquer dans le sol, on découvrit une quantité considérable d'ossements de carnassiers, de ruminants et de rongeurs, parmi lesquels dominaient le grand ours des cavernes décrit par Cuvier, une espèce de hyène et un grand félin, le tout pêle-mêle et brisé; à travers tous ces débris apparaissaient du charbon , de la cendre , et quelques dents humaines, » que M. Isidore GeoflVoy-Saint-Hilaire a mises depuis sous les yeux de l'Académie

ITINÉRAIRE DES PYKéTîÉES.

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