‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 302 sur 382 · ROUTE 87. DE SAINT-GIRONS A FOIX · texte numérisé non relu

ROUTE 87. DE SAINT-GIRONS A FOIX

bitations, ses vastes prairies, ses bouquets d'arbres, .ses belles montagnes ; à dr. , sur un vallon boisé et fertile. Du côté du N., une longue crête grise sans caractère borne

l'horizon.

On n'a plus qu'à descendre. On laisse à g. le hameau de Boulou; et

à dr.

7 kil. (38 kil.) Saint Martin de Caralp (552 hab.). Déjà l'on aperçoit au S. E. , à une distance d'environ 10 kil. , les ruines de Montgaillard (V. R. 91), et bientôt, à un détour de la route, on découvre la ville de Foix elle-même , dominée par son vieux château. Enfin, après avoir dépassé le village de

3 kil. (41 kil.) Cos (155 hab.), on descend dans la vallée du Larget ou Arget, ainsi nommé parce qu'il roule des paillettes de mica semblables à de l'argent.

La partie supérieure de cette vallée est connue sous le nom de la Barguillère. Elle renferme plusieurs villages très-rapprochés , qui sont, en allant de l'E. à l'O. , Saint-Pierre (429 hab.); Brassac (1340 hab.); Bemic (261 hab.); Serres (1458 hab.);

le Base (1049 hab.), et au S., dans le vallon latéral de la Fargue , Ganac (1307 hab.). On y trouve des forges et des martinets, célèbres dans tous les départements voisins pour la fabrication des faux, des limes et des clous.

Après avoir suivi le versant N. de la vallée du Larget pendant quelque temps, on traverse, sur un beau jMDnt viaduc de Sarches, le ruisseau qui lui donne son nom , et on entre à

3 kil. (44 kil.) Poix (Hôtels : Lacoste, Rousse), l'ancien Fuxium, actuellement le chef-lieu du département de l'Ariége, V. de 52.57 hab.

(3600 hab. de population agglomérée), située à374 met. d'altitude sur la rive g. de l'Ariége, au confluent du vallon du Larget, et dominée par les ruines pittoresques de son château. « Je doute , dit M. de Chausenque, qu'il y ait dans tout le royaume de plus humble chef-lieu de préfecture : vieilles maisons mal bâties ; rues étroites et tortueuses; point de places; site inégal et enfoncé entre de tristes hauteurs; rien n'y manque pour en faire un lieu d'exil. L'enceinte de montagnes ne s'ouvre un peu que du côté du S. •

On ne sait pas à quelle époque remonte l'origine de Foix, et ceux qui en attribuent la fondation à des Phocéens de Marseille n'ont d'autre preuve à l'appui de leur opinion qu'une vaine étymologie (Phocéens, Foix). La plus ancienne monnaie trouvée sur l'emplacement de la ville actuelle date de l'époque des Mérovingiens, et ce fut dans le v^' siècle seulement qu'on dédia en ce lieu une basilique à saint Na-

zaire.

« Quoi qu'il en soit, dit M. Pascal Duprat, l'existence de Foix, comme ville, ne peut être placée au delà du xi* siècle. Roger, cornte de Carcassonne, étant mort l'an 1090, son héritage politique fut divisé entre ses fils, et Bernard obtint, avec le Couserans, la forêt de Bolbonne (près de Mazères) et la seigneurie de Foix. U fixa son séjour dans cette ville avec sa mère, et bientôt après il y célébra son mariage avec la fille du vicomte de Béziers. Le pays de Foix fut alors érigé en comté par le comte «le Toulouse , ce qui indique suffisamment pour Foix un lien de féodalité avec Toulouse et ses chefs. „

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

« Le iecond successeur de Ber- | nard, Roger II, qui remplaça, en 1111, son père Roger !•', dut contribuer au développement de la ville de Foix , où son mariage avec une belle Provençale attira , dit-on, un concours prwligieux. On y venait de tous côtés pour saluer « ce thrésor de vertu et de beauté. » Mais ce trésor échappa bientôt à Roger, et son Second mariage avec une de 8es sujettes, Eximène, fut moins favorable à la ville de Foix. Les habitants du pays trouvèrent que le comte avait flétri l'honneur de sa maison; ils se révoltèrent, et le château de Foix faillit être surpri.s.

Roger cependant parvint à comprimer cette révolte.

« Sous Bernard le Gros, ou Roger III, en 1144, Foix reçut des développements assez considérables.

Le nouveau comte , d'après l'expression d'Olhagaray, a. travailla lonpc t«mps à fortifier ses villes, sçao chant que les forteresses, quoyque o petites, sont de très-grand usage, « tant pour abréger une guerre que a pour enfler et élever le cœur des a combattants , et notamment quand « les ingénieux les tracent en lieux a propres. » Il fit garnir le chAteau de toutes sortes de munitions; il jeta sur l'Ariége un pont k deux arches, qui facilita les communications et devint un ornement pour la ville. Ayant épousé, Tan 11 5(), la flUe du comte de Barcelone, qui fut richement dotée, il la conduisit à Foix, où il en eut un fils l'année suivante, le célèbre Raymond, l'adversaire de Simon de Montfort. »

Pendant la guerre des Albigeois, le comté de Foix ne fut pas épargné. Simon de Montfort parut sur son terçitoire et y porta partout le

fer et le feu. Il attaqua même îe château; mais les habitants, armés de pierres seulement, mirent les Français en fuite, après leur avoir tué beaucoup de monde. Simon eut beau jurer qu'il ferait « fondre comme graisse le rocher de Foix et griller le maître, » il s'abstint (le revenir.

« Après la mort de Raymond , sous Roger Bernard, dit le Grand, le lien féodal qui rattachait Foix à Toulouse fut rompu. Le comte de Toulouse affranchit sf)n vassal de l'hommage qui lui était dû, pour l'engager à se détacher du parti des Albigeois. Il est vrai que cette suzeraineté fut remplacée par une autre d'un caractère plus sérieux.

En 1229, Roger Bernard assembla ses Ktats pour leur communiquer la détermination qu'il avait prisede se placer sous la main du roi de France avec ses terres et ses châteaux. «Bon Dieu! quelle faute!

« s'écrie h ce sujet un vieil histoa rien. L'on dira que la maille est • bonne qui sauve le denier, qu'il a faut perdre quelque peu pour c-on- X server un Estât; mais c'est perdre « tout, perdant la liberté. C'est vi- « vre en valet, en facjuin et en serf; « et celui qui combat pour la li- « berté ne manque ny de cœur, ny « de mains. » Le comte se repentit de l'hommage qu'il avait prêté, mais il n'était plus temps.

« Rien d'imj^ortant ne se passa à Foix sous les deux comtes suivants, Hoger dit Rotfer et Roger Bernard, si ce n'est que le dernier, après avoir accompagné Louis IX, son suzerain, dans la malheureuse ei- I)édition de Tunis, rentra tristement dans sa ville, ramenant les débris de la troupe qu'il avait conduite en Afrique.

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