‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 303 sur 382 · ROUTE 87. FOIX · texte numérisé non relu

ROUTE 87. FOIX

« Des événements d'un plus haut intérêt jiour Foix et pour le pays s'accomplirent quelque temps après. Un autre Roger, successeur des deux comtes que nous venons de nommer, s'unit à la maison de Béarn, alliance féconde qui devait engager les États de ce pays à reconnaître la maison de Foix pour sa souveraine, après la mort de Gaston de Moncade. Ce fut à peu près h la même époque, en 1272, que la ville de Foix échappa à un danger dans lequel il semblait qu'elle dût succomber. Des différends s'étaient élevés entre Roger et Philippe le Hardi, son suzerain. Philippe, irrité de trouver quelque résistance dans un vassal, se jeta brusquement sur le comté de Foix et a.ssiégea la ville. L'attaque fut vivement poussée, mais la résistance ne fut pas moins ferme et moins énergique. Le roi, dont tous les efforts étaient impuissants, malgré la nombreuse armée qu'il commandait, résolut d'abattre l'énorme rocher sur lequel est assis fièrement le château. Une pareille entreprise était assez difficile, à une époque où la poudre n'était pas encore inventée. Les travaux commencèrent cej)endant, et furent suivis avec tant de vigueur, que bientôt , d'énormes quartiers de pierre se détachant de la masse, le rocher allait crouler. Il fallait se résigner à périr ou à se soumettre : le comte prit ce dernier parti. Il obtint sa grâce, et sa ville fut sauvée.

a La tradition et l'histoire ne nous disent rien de Foix dans les gouvernements qui suivent. Ladjonction du Béarn ôtait natuiellenienl à cette ville une grande parlie de son importance : presque tous les comtes séjournèrent à F'au.

a Les guerres religieuses qui ensanglantèrent tout le Midi désolèrent aussi le pays de Foix, et principalement la ville. Les scènes douloureuses qui avaientsignalé l'époque des Albigeois se renouvelèrent avec un caractère encore plus grave.

Paillés gouvernait alors à Foix pour Antoine de Bourbon, qui avait réuni dans ses mains les domaines de Foix et de Béarn avec la Navarre. Ceux de la religion, comme on disait dans ce temps-là, furent impitoyablement poursuivis. L'Ariége roula un grand nombre de cadavres; des femmes enceintes y furent même précipitées. Quand le calme fut revenu, les habitants furent déchargés des impôts qu'ils payaient. C'était un baume que la mai.son de Navarre jetait sur leurs cicatrices. Foix passa encore par quelques crises, tristes résultats des dissentiments religieux; mais elles ne laissèrent pas de traces aussi sanglantes.

a L'avènement d'Henri lYau trône amena bientôt la réunion de toutes les provinces du petit royaume de Béarn à la couronne de France.

Foii subit la destinée du comté dont elle était la capitale, et qui avait brillé d'un si grand éclat au moyen âge. Fondue dans l'unité de la monarchie, elle ne fut plus que le siège de l'un de ses principaux gouvernements militaires. Le comté perdit son existence politique, et la Révolution le remplaça par un département qui emprunta son nom à la rivière dont les eaux baignent l'ancienne cité des Roger et des Raymond '. »

Le rocher de Foix se dresse à l'extrémité 0. de la ville, à 58 met.

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