‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 31 sur 382 · kil. Onzain, v. de 2178 hab · texte numérisé non relu

kil. Onzain, v. de 2178 hab

Le chàlean de Chaumont, le Mont Chaud ou le Mont-Cknuvr, occupe le sommet d'une colline egcari)ée et facile à défendre. H doit pai- conséquent être fort ancien. On fait remonter son origine au X" siècle, lia été souvent reconstruit et remanié. Le comte d'Araniont et .sa veuve, qui a épousé M. le vicomte Walsh , l'ont restauré avec un goût parfait dans le style du xvi' siècle. On y découvre une des plus belles vues de la Loire, et l'intérieur e.st curieux à visiter.

Le village de rpi/rps dépa.ssé, on sort du département de Loir-et- Cher pour entrer dans celui d'Indreet-Loire.

'207 kil. Z.imeray, v. de 1 161 hab.

Au delà du château de la Roche (à g.), le château d'Amboise domine les arbres qui bordent la Loire et les maisons bâties à sa base.

213 kil. Amboiie, chef-lieu de cant. du départ. d'Itidre-et-Loire , V.

de 4433 hab., est située sur la rive g. de la Loire, au pied d'un rocher

derrière lequel la petite rivière de l'Amasse vient se jeter dans la Loire. Pour y aller de la station du chemin de fer, il faut traverser un

■ faubourg et deux bras de la Loire, .sé|)arés par une ile habitée qu'on

' appelle l'Ile Saint-Jean. Lu dernière arche du second pont est un pont

' suspendu. En face se dresse le chà-

' teau.

I Aprèsavoirappartenu d'abord aux comtes (lAnjou, j)uis aux comtes de IJerri, ce château fut confisqué, en 14;{4, et réuni à la couronne par Charles VII; agrandi et embelli par Charles VIII, «pii y naquit et (jui y mourut, puis par Louis XII, qui préféra toujours Blois; habité souvent par François I", qui y passât une j)artie de .sa jeunesse; abandonné par la cour aprrs le sanglant dénoûment de la conjuration d'Amboise; transformé en prison d'F:tat; cédé par Louis XV au duc de Choiseul ; racheté à la mort du duc et donné au duc de Penthièvre; confisipié par la Révolution; octroyé sous rKni|»ire, par Napoléon, à son ancien collègue au consulat, Roger Ducos, qui, pour ne pas l'entretenir, en fit jeter bas une partie et mutila indignement ce (|ui restait; rendu, après la Restauration, au duc d'Orléans, héritier du duc de Penthièvre; restauré sous le règne de Louis-Philippe, et habité pendant cinq ans par Abd-el-Kader, prisonnier.

•219 kil. .VoK»/, V. de 1*200 hab.

222 kil. VernoH, v. de 18.')0 hab.

225 kil. Voitrrny, v. de 229.S hab.

Ses vins blancs sont justemeFif renommés. Au dessus de ses nombreuses maisons de campagne s'élève le château de Mnntcontnur , restauré depuis (|uel(|ues années.

I^ roule de terre, qui ne traversait

la Loire ({ue sur le pont de Tours, restait le long de la rive droite du fleuve, où l'on trouve Rocliecorbon, Marmoutier, Sainte-Radegonde et Saint Symi)horien. Le chemin de fer franchit la Loire sur le beau pmt de Mnutlouis, comixtsé de douze arches ayant chacune 24 met.

80 cent. , long de 383 met. et haut de 25 met. au-dessus des basses

eaux.

226 kil. Montlouii, v. de 2166 hab., se trouve situé sur la rive g. de la Loire , à la g. du chemin de fer et sur les pentes d'un coteau calcaire dans lequel sont creusées de nombreuses habitations. Son église domine ses vignobles et ses vergers. Du haut des rochers de Montlouis, on découvre un beau et vaste panorama. On voit d'un côté le Cher, de l'autre la Loire et la Cisse.

Montlouis dépassé, le chemin de fer se dirige, à travers une plaine fertile parsemée de villages, sur la ville de Tours, qui se montre a dr.

On aperçoit à dr. la lanterne de Rochecorbon, à g., le château de fange entouré de bois. On traverse la partie du Canal du Berri qui réunit la Loire au Cher. Ce bras, long de 2432 met. , comprend deux écluses de 5 met. , 20 cent, de largeur, qui rachètent une pente de 31 cent., formant la différence de niveau entre les deux rivières qu'il met en communication. Au delà du canal, on remarque, à g., un petit château construit par le général Charron , ex-gouverneur général de l'Algérie, et bientôt après on entre dans la gare de Tours, gare plus belle (lue commode, car les convois ne peuvent |)as la traverser, et il faut les retourner quand ils y arrivent pour les en faire repartir

n'importe dans quelle direction, ce qui occasionne une assez grande perte de temps et de travail.

La grande halle couverte en fer a IIU met. de longueur sur 33 met.

60 cent, de largeur. Les terrains acquis pour le service de cette gare, où viennent aboutir les chemins de

Paris à Tours, de Tours à Bordeaux, de Tours à Nantes et de Tours au Mans, ont une sui»erficio totale de quinze hectares. Il serait à désirer, pour la célérité, la facilité et la sécurité du service, qu'on fît à Tours ce qu'(m a fait à Orléans, c'est-à-dire un raccordement direct qui éviterait aux trains de Paris à Nantes et à Bordeaux, ou vice versa, les embarras et les lenteurs de ce ({u'on appelle un rebroussement.

236 kil. Tours, le chef-lieu du déparlement d'Indre-et-Loire, se trouve située sur la rive g. de la Loire , entre la Loire et le Cher, à h9 met.

au-dessus du niveau de la mer; mais la gare du chemin de fer a été établie vers son extrémité sud, à 1000 met. de la Loire. Elle est le siège d'un archevêché dont les évêchés suffragants sont : le Mans, Angers, Nantes, Rennes, Laval, Quimper , Vannes et Saint-Brieuc : le cheflieu d'une division militaire et de Tun des cinq commandements supérieurs créés par le décret du 2:> janvier 1858 et confiés à des maréchaux de France. Sa population actuelle se m(mte à 38 065 hab.

Après avoir laissé, à g. , au sortir de la gare, la voie ferrée qui conduit à Paris, et, à dr., celle qui mène à Nantes, on franchit le Cher sur un beau pont de 6 arches dont chacune a 20 met. d'ouverture. Au-dessous de ce pont, on aperçoit celui de la roule de terre

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

de Tours à Bordeaux, et l)ientôt, au delà «l'un ruisseau, on croise cette route sur le beau riaduc de Grammont, ainsi nommé <le l'ancien château d'été des archevêques deTours, qui était situé à f;.. et dont on peut voir encore quelques déhris.

De ce viaduc et de la rampe courl)e qui le suit, on découvre une l)elle vue sur les bassins du Cher et de la Loire, qui coulent parallèlement h 2 ou 3 kil. (le distance, sur la ville de Tours et sur les coteaux de Sainl-Symphorien, de Saint-Cyr, de Fondettes, «le Rochecorbon et de Vouvray, qui forment l'horizon.

Il faut se hâter de jouir de cet agréable paysage; car, pour i)asser (le la vallée du Cher dans celle de l'Indre, le chemin de fer a dû se creuser de profondes tranchées.

Mais on ne tarde pas à se rapprocher de la vallée de l'Indre, et déjà les remblais remplacent les tranchées. Sur la g. apparaît un petit château féodal (|ui semble bAti d'hier; c'est le château de Candr, construit en 1508 par François Briçonnet, maire de Tours. Sa porte d'entrée est ornée de riches aral)esques. De vastes .souterrains voiUés s'étendent sous les constructions, restaurées par M. Drake del Castillo'.

Du côté opposé se montre le château la Roche, élevé tout récemment sur d'anciennes constructions, et appartenant à l'un de nos plus riches financiers, M. Delà ville Leroux.

A peine a-t-on eu le temps de regarder les deux châteaux de Candé et de la Roche, que l'on traverse la vallée de l'Indre sur un magnifique viaduc. Ce viaduc — un des plus beaux ouvrages d'art de la ligne entière — se compose de 59 arches qui ont chacune 9 met.

80 cent, d'ouverture. Sa longueur

totale est de 751 met., y compris les culées, de 20 met. chacune. Les rails sont placés à 21 met. 30 cent, au-dessus de l'étiage, pour les trois arches qui servent plus particulièrement à rindre. et à différentes hauteurs du sol dans la partie qui repo.se sur la terre ferme : aucune de ces hauteurs n'est inférieure à 17 met. 10 cent. Ce remarquable MiuUic a coûté 2 078 701 fr., et il a été construit en deux ans.

250kil.Montf, v.deSOOhab. , est situé sur la rive g. de l'Indre, audessous du viaduc. De la station on aperçoit à g. , en remontant la vallée de l'Indre, les tours du château de Montbazon (Mans linzoni), cheflieu de cant(.n, V. de 1098 hab., située sur la rive g. de llndre.

259 kil. ViUppndne, v. de 850 h.

270 kil. Sainte-Maure, V. de 2678 hab., est située sur la route de terre, à la g. du chemin de fer, dans la joUe vallée de la Manse,' jtlus profonde que celle de l'Indre'.

Le beau riaduc à l'aide duquel on traverse cette vallée a 303 met. de longueur totale, y comi)risles culées (272 met. (iO cent, entre les naissances); il se compose de 15 arches à plein-cintre, ayant 15 mètres d'ouverture et 31 met. de hauteur sous clef de voûte, c'est-à-dire, à peu de chose |)rès, l'élévation delà grande nef de la cathédrale de Tours. Les rails sont placés à 34 met. au-de.ssus du .sol. Comme celui de llndre, le viaduc de la Manse a été bâti en deux ans, et on estime à 1 213 713 fr. le prix de .sa construction. Sur le plateau qui sépare la vallée de l'Indredecellede la Manse, le chemin s'est élevé de 67 met. 47 cent, au-dessus du niveau de la gare de Tours.

A la dr. de ce viaduc on aperçoit.

sur la pente du coteau, une masse de con.structions pittoresques. C'est \g château de Brou, jadis flanqué de neuf tours, longtemps abandonné, et possédé actuellement par la famille de Foucauld. La tradition locale en attribue la fondation au maréchal Boucicaut, le contemporain et le compagnon de Jehan de Saintré.

Après avoir traversé la Manse à la station de Sainte-Maure, le chemin de fer remonte, à une certaine distance, la vallée de la Vienne, dont on aj)erçoit sur la dr. les coteaux boisés. On traverse, à Portde-Piles, sur un viaduc de trois arches, haut de 10 met. et long de 180 met., la Creuse, qui un peu au dessous va se jeter dans la Vienne, et qui forme en cet endroit les limites des départements d'Indre-et- Loire et de la Vienne. La route de terre pa.sse à g. du viaduc sur un jmnt «le pierre.

282 kil. Port-de-Piles, v. de 250 hab.

280 kil. Les Ormes, v. de 1715 hab., situé sur la rive dr. de la Vienne et communicjuant avec la rive g. par un pont suspendu, possède un château dont le parc jouit d'une réputation méritée. Ce château, qui appartient à la famille Voyer d'Argen.son, a été en partie détruit.

290 kil. Dauf)c, chef-lieu de canton , de 898 hab.

297 kil. Ingrandes, v.de 900 hab.

304 kil. Cbûtellerault, chef-lieu d'arrondissement du département de la Vienne, V. de 14 084 hab..

est située sur la rive dr. de la Vienne, l'n pont en pierre, flantiué de tourelles et bâti ]>ar Sully, la met en communication avec son faubourg de Châteaunruf, situé sur

la rive g. C'est à partir de ce pont, ou plutôt à partir du déversoir de la manufacture d'armes, que la Vienne, qui nourrit d'excellentes carpes vantées par La Fontaine, commence à devenir navigable. Vue du chemin de fer, la ville n'offre pas un aspect agréalde, et l'on comprend que Rabelais ait pu dire :

« OiiJind le diable offrit au fils de Dieu tous les royaumes de la terre, il se réserva, comme son domaine, Châtellerault. Domfront, etc.

La principale curiosité de Châtellerault est la manufacture d'armes, créée après la paix de 1815 pour remplacer celles de Charleville et de Mézières, qui, étant trop près de -la frontière, pouvaient être détruites au début d'une guerre d'invasion ; elle fabriquerait au besoin 20 000 armes à feu et 3500 sabres ou I baïonnettes par an. Les produits des fabriques de coutellerie de Châtellerault sont estimés.

Au delà de Châtellerault, le chemin de fer, décrivant une grande courbe, vient traverser l'.Vuzon et la Vienne pour se diriger sur Poitiers par la vallée du Clain, rivière qui prend sa source à Hiesse, près «le Confolens, dans le département de la Charente. A l'angle que forme l'embouchure du Clain et de la Vienne est le village de Cenon, où selon Dufour, l'hi.storien du Poitou , Charles Martel défit les Sarrasins. Sur la dr. s'étend la fnrét de Châtellerault, forêt de 1500 hect.," dont un tiers seulement appartient à l'Etat.

312 kil. Les Barres, h. Près de la rive dr. du Clain on aperçoit sur un monticule le hameau de Moussais-la-Bataille , où, selon quelques écrivains, se livra, en 732, la bataille dans laquelle le sort du monde

se joua entre les Fraiiks et les Arabes, entre Charles Martel et Abder-Rhaman.

318 kil. La Tricherie, ham. de '250 liab.

321 kil. Vissais, v. de VIOO liai».

32Ô kil. Clnn , lia m.

3l'9. kil. Chasseneuil . v. de 1*20<) liab. Au delà de cette station, la dernière avant Poitiers, la vallée du Clain devient plus étroite et plus pittoresque. On franciiit l'Auzance. Sur la dr. s'élèvent de petits rochers aux formes bizarres. On traverse deux fois le Clain au pied du coteau de Rocliereuil. Bientôt Poitiers apparaît à p., étage en anifjhitliétltre sur une colline au pied de laquelle la Boivre se jette dans le Clain. Avant de s'arrêter dans la gare on aperçoit successivement la tour de l'ancien ch;\teau, le pont de Hochereuil, l'église de Montierneuf, l'hôpital général, le grand séminaire et la gendarmerie.

Au delà se montre la Visitation, actuellement une prison, la grande maison, pensionnat religieux, et l'église S.iint-Hilaire.

337 kil. Poitiers y l'ancienne capitale du Poitou, aujourd'hui le chef-lieu du département de la Vienne, est située au confluent du Clain et de la Boivre, qui l'entourent de trois côtés, sur une colline dont elle couvre les pentes escarpées et le j)lateau arrondi . élevé de j)lus de 40 met. au-dessus des deux rivières. Sa population actuelle est de 30 873 hab.

En quittant la gare de Poitiers, on laisse à g. , au-<lessous de Saint- Hilaire, les anciennes murailles de la ville, et on quitte la vallée de la Boivre pour rentrer par un tunnel dans la vallée du Clain. Ce tunnel a 300 met. de longueur. Il passe

sous la roule de terre. Quand on eu sort, on découvre une jolie vue sur la partie de la ville (jue l'on aperçoit des terrasses du parc de Biossac. On franchit le Clain, sur l'autre rive ilu(|nol on ne tarde pas à repasser. Cette rivière serpente dans de jolies prairies, ou baigne la base de petites collines rocheuses, cultivées autant (jue le permet la nature du sol. Elle coule, tantôt h la dr. , tantôt h la g. du chemin de 1er, (pii la traverse ((uatre fois entre Poitiers et Ligugé. Cette partie du trajet a nécessité de nombreux travaux d'art : il a fallu non-seulement construire des ponts, mais creuser des collines, ouvrir des tranchées dans le roc «lur, ou soutenir les terres par «les consti uctions en maçonnerie. Près du v. de Snint-Rennit «ju'on aperçoit à g., à l'entrée d'un joli vallon boisé, on laisse à dr. l'embrancheinent de la R(tchelle et Hochefort par Niort.

344 kil. Uguoé, v. <le 650 hah.

Au ilelà de Ligugé on traverse une tranchée creusée dans des rochers grisâtres. i)uis. après avoir revu sur la g. la vallée <lu Clain, où l'on remanpie un château moderne, on s'enfonce dans le tunnel des Brache'es^ qui a 4*29 met. de longueur.

'Xid kil. Vivnnne, chef-lieu de canton de 2736 hab., est situé à l'emhouchure de la Yonne dans le Clain, que le chemin de fer y traverse. Il a vu naître la célèhre marquise de Rambouillet, cpii était une demoiselle de Vivonne.

Avant de s'éloigner du Clain, et de traverser un de ses affluents appelé la Dive, on laisse à g. le V. de Vonlon, près duquel, en 507, les Franks, commandés par Clovis, livrèrent aux Visigoths, sous les ordres de leur roi Aiaric II,

une bataille décisive qui eut d'immenses résultats pour l'avenir de la monarchie française.

Au delà de Voulon , on traverse la Dive, puis la Bouleure, dont on remonte la vallée.

371 kil Couché-Vérac, chef-lieu de canton de 1887 hab.

Le chemin de fer, laissant sur sa dr. la route de terre et la Bouleure, affluent du Clain, monte sur le plateau qui sépare le bassin de la Vienne de celui de la Charente. Il se creuse pour y arriver des tranchées profondes. Ce plateau n'a de remarquable que sa fertilité. Il est couvert d'arbres à fruits, surtout de marronniers et de noyers. La vigne y est déjà cultivée en ;beiceau. Le climat devient plus méridional.

388 kil. Civray , chef-Ueu d'arrondissement de 2227 hab. , situé à 3 kil. de la station.

A 3 ou 4 kil. de Civray, on sort du département de la Vienne pour entrer dans celui de la Charente.

403 kil. B.uffec, chef-lieu d'arrondissement de 3109 hab., dont les pâtés de trufl'es et de perdrix continuent à mériter leur vieille réputation. Ces pâtés s'exportent dans le monde entier, mais ce n'est pas là la seule branche de commerce ou d'industrie de cette petite ville, qui vend aussi beaucoup de céréales, de truffes, de marrons.

Le tunnel des Plans, que l'on traverse entre Ruffec et Moussac, a .500 met. de longueur.

412 kil. Moussac, ham.

421 kil. Luxe, v. de 900 hab.

Lorsqu'on a franchi, à Luxé, sur

un pont de 4 arches, ayant chacune

Il met. d'ouverture, la Charente, dont la vallée n'est , en cet endroit

de son cours, qu'une sorte de

plaine, on s'éloigne de cette rivière , qui va faire de longs détours à l'ouest avant de se rapprocher d'Angoulème.

436 kil. Vars, b. de 2000 hab., à partir duquel la contrée que l'on traverse prend un aspect plus agréable. On aperçoit sur la dr. les coteaux au pied desquels coule la Charente. De charmants paysages se déroulent incessamment aux regards, (juand le convoi sort des tranchées au fond desquelles il est trop souvent enfermé. On aperçoit de loin Angoulème. Le chemin de fer décrit une forte courbe et traverse la Touvre sur un pont de 6 arches avant d'atteindre

45(» kil. Angoulème [buffet à la gare, étabbedansl'ancienne Ecole de marine), chef-lieu du département de la Charente, V. de 22 811 hab. , située sur un plateau ou promontoire, haut de 22 met., que baignent de trois côtés deux cours d'eau qui se réunissent à sa base, la Charente et l'Anguienne ; elle est entourée de remparts et de jardins qui permettent d'en faire le tour, et qui ofl'rent au promeneur les points de vue les plus agréables et les plus variés sur les vallées, les plaines, les vignobles, les prairies, les manufactures de ses délicieux environs.

Au sortir de la gare d'AngoU' lême, on traverse dans un tunnel, long de 740 met., la montagne sur laquelle la ville est bâtie ; puis ou franchit successivement les ruisseaux VAnguienne , les Eaux-Claires et la Charrau . avant de s'arrêter à la Couronne , dans la vallée de la Boëme.

457 kil. La Couronne , b. de 2550 hab. Diverses usines y occupent un grand nombre d'ouvriers. Il ne

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reste plus que de belles ruines de l'église de son ancienne abbaye d'Aupustins. Fondée, en 1122, par un évèque d'Anpoulème, nommé Lambert, cette église fut commencée en 1171 ; elle était regardée comme l'une des plus belles églises de l'Aquitaine.

En allant de la Couronne à Moutiers, on voit sur la dr. la petite vallée de la Boëme. Le chemin de fer a dû se creuser plusieurs tranchées longues et profondes.

464 kil. Moutiers,\. de 16;J9hab.

La Boëme y reçoit une source qui, à peine sortie d'un rocher , fait tourner les roues d'une importante papeterie. Ce rocher porte le château de la Roche- Landry , bâti au IX' siècle, démoli en partie vers la fin du xiVe siècle et dans les dernières années du xv .siècle, réparé au xvir siècle , et reconstruit, en 185') , par un bancpiier d'Angoulême.

C'est dans les environs de Moutiers que se trouve le viaduc des C oui eaubi ères. Ce viaduc, long de .303 met., y compris les culées, forme une courbe de 2000 met. de rayon. Il se compose de 12 arches ayant chacune 10 met. d'ouverture.

Les rails sont à 13 met. au-des.sus du sol. On continue h s'élever sur le plateau aride, sauvage et faiblement accidenté, qui sépare le bassin de la Charente de celui de la Dordogne. Le chemin de fer a «lu s'y creuser de nombreu.ses tranchées, pour la plupart taillées dans le roc.

La plus importante de ces tranchées, celle des Housselières, a 28 met. de profondeur.

471 kil. C/iarma«f , v. de 824 hab.

Après avoir traversé de profondes tranchées, on s'enfonce dans le tunnel de Livcrnant , qui a

1471 met. de longueur, et qui est suivi d'autres tranchées. A peu de distance de ce tunnel, on franchit le ruisseau de Chavenat .sur un bel arjueduc en fniite qui a pour base des piles de maçonnerie. On entre alors dans la vallée de la Tude, affluent de la Dronne qui se jette dansl'Isle, une des rivières tributaires de la Dordogne. La Tude coule h la dr. du chemin de fer.

481 kit. Montmoreau, chef -lieu de canton de 67.'» hab. , n'a conservé de .son ancien château que des bâtiments sans caractère servant ;\ la gendarmerie, et une belle plate-forme d'où l'on découvre une vue étendue.

r>(M) kil. Chalais , chef-lieu de canton de 793 liait., possède quelques débris d'un ancien château, recon.struit, à diverses reprises, depuis le xiV' .siècle.

En quittant la station de Chalais, on suit d'abord la rive g. de la Tude; jtuis, quand on franchit cette rivière, on sort du département «le la Ciiarente pour entrer dans celui de la Charente-Inférieure. La Tude se jette .^ peu de distance dans la Dionne.

On côtoie la rive dr.de la Dronne, qui coule à la g. du chemin de fer.

Le pays que l'on traverse a peu à peu changé d'aspect. C'est une belle vallée-|)laine enfermée dans de petits coteaux et re.ssemblant à un immen.se verger. Lii culture y est très-variée. Partout où le regard peut s'étendre , on aperçoit des vignes, des champs de céréales, des prés, des arbres fruitiers. De distance en distance, une courte tranchée dérobe la vue de cette belle et fertile plaine. On franchit la Dronne sur un pont de cinq arches, ayant chacune 11 met. d'ou-

verture , avant de s'arrêter à la Roche-Chalais.

.514 kil. lia Rorhe-Chalais, b.

de 1379 hab., situé â 3 kil. de sa station, dans le dé|)artement de la Dordogne. A peu de distance, on traverse une extrémité de ce déjtartement, puis on entre dans celui de la Gironde.

531 kil. Coutras, chef-lieu de canton de 3.')32 hab., est situé à la jonction de la Dronne et de l'isle.

C'est de sa station que part à g.

rembranchement de Périgueux.

Au-dessous des Moulins et du chdteau de Laubardemont , l'isle, qui se jette dans la Dordogne à Libourne, à 31 kil. au-de.s.sous de Coutras, commence à devenir navigable naturellement.

.')40 kil. Saint- I)enis-de-Pille ^ b.

de 2932 hab.

La vallée-plaine del'Isle, que l'on continue à de.scendre, se montre de plus en plus fertile. On découvre â l'horizon le tertre de Fronsac, longtemps avant de sarrèter dans la belle gare couverte de Libourne.

548 kil. Xiibourney chef- lieu d'arrondi.s.sement de la Gironde , V. de 13 290 bal)., est située au confluent de l'isle et de la Dordogne , sur la rive dr. de la Dordogne.

Le port peut recevoir des navires de 300 tonneaux. Il a malheureusement perdu l'animation qu'il avait autrefois. Il ne reçoit plus aujourd'hui que des gabares de Bordeaux et des caboteurs de la Bretagne, et il possède environ 65 bateaux de 2500 tonneaux.

Un pont suspendu a été jeté sur l'I.sle, un peu au-dessous <lc sa jonction avec la Dordogne. Le pont de pierre, construit sur la Dordogne par M. Deschamps, a 200 met. de

longueur sur 12 met. de largeur. On en posa la première pierre le 24 août 1820, et quatre ans après, jour pour jour, il était ouvert au public.

En quittant la belle gare de Libourne, on aperçoit sur la dr. la ville dominée par ses ca.sernes, et bientôt on franchit la Dordogne audessus du pont de pierre que traverse la route de terre. Le pont du chemin de fer, composé de 9 arches, a 220 met. de longueur, y compris les culées. C'est surtout quand on l'a dépassé qu'on aperçoit bien sur la dr. le tertre de Fronsac, à la base duquel coule la Dordogne.

Des deux côtés s'étendent de jolies prairies entourées d'arbres. On a dû y construire un viaduc de 100 arches, long de 1180 met. C'est le viaduc d'Arveyres. A ces prairies succèdent des champs couverts de vignes.

553 kil. Aneyres, v. de 1400 hab.

Le chemin de fer traverse de petites tranchées, entre lesquelles on aperçoit, sur la dr. , la Dordogne. On voit (lu même côté le beau chdteau de Vayres , que des bouquets d'arbres dérobent bientôt aux regards.

557 kil. Vayres, b. de 2000 hab.

Le pont de Vayres, composé de 4 arciies , a une longueur totale de .■)0 met.

562 kil. Saint - Sulpicc , v. de 1076 hab.

.566 kil. Saint - Loubès , v. de 2515 hab. A la dr. du chemin de fer, on aperçoit le pont de Cubzacy qui traverse la Dordogne et sur le- «juel passe la route de terre. Ce pont, discuté de 1810 k 1835, fut adjugé , le 20 avril 1835 , pour 27 ans, 4 mois et 27 jours, avec une subvention de l'Etat de 1 million 500000 fr., à M. Quenot, ingénieur civil, qui passa un acte de com-

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mande en faveur de M. Fortuné de Vergés, ingénieur des ponts et chaussées. Inauguré le !•=' mai 1840, il avait coilté, en sus de la subvention. 1 4()(l(M)0 fr. ;\ la compagnie et 9(K) ()(»() fr. à l'Ktat pour les abords. En y comprenant les ouvrages qui en dépendent, il a une longueur totale de 1545 met.

La distance entre les axes des obélisques (jui supportent les chaînes de retenue est de 545 met. Cette longueur se divise en cimi travées égales de lOS^ met. chacune. Le tablier a 1*,S0 de largeur; au milieu de sa longueur, il est élevé de 28 met. au-dessus de l'étiage . et de 2h'^,h() vers les culées. Deux immenses viaducs, construits sur arcade.s en maçonnerie, viennent se raccorder, d'un côté, avec les culées du pont, de l'autre, avec des levées de terre qui se terminent à la route de Paris à Bordeaux. Celui de g. se compose de 28 arcades, celui de dr, de 29.

Le chemin de fer s'éloigne de la Dordogne pour traverser la plaine fertile à! Entre- Deux-Mers , qui sépare la Dordogne de la Caronne.

569 kil. La Grave d'AmharèSy v. de 2HHH hab. En s'en éloignant le chemin de fer décrit une forte courbe pour .se rapprocher de la Garonne. Il laisse à g. le Carbon blanc, beau village de 735 hab., entouré de vignobles célèbres. Mais les travaux d'art et les beautés de la nature commentent à se disputer les regards des touristes. A dr. , quand les tranchées le permettent, on aperçoit la Garonne, qui vase réunir à la Dordogne pour former la Gironde. Sur la g. se montrent de gracieux coteaux couverts de vignobles et de maisons de campagne.

Puis, à trois viaducs, le premier de

18 arches et de 190 met. , le second de 4 arches et de 70 met., le troisième de 7 arches et de IGOmèt. , succèdent trois tunnels de IHO, 190 et 90 mètres, très-rapprochés l'un de lautre.

578 kil. liormonty la dernière station , est un v. de 2760 hab. , très-agréablement situé au bord de la Dordogne et auprès d'un coteau couvert d'habitations, de vignes et de verdure. Ses industrieux habitants y construisent des na\ires.

On a, du reste, à peine le temps de l'apercevoir. On sort d'un tunnel quand on y arrive, on entre dans un tunnel de 4«)0 met. quand on le quitte. Ce quatrième tunnel est suivi d'un cinquième, long de 280 met. A la suite de ce dernier souterrain on découvre sur la dr.

une vue admirable. On embrasse d'un seul regard presque toute la courbe de 6000 met. que forme la Garonne, et le long de laquelle s'étendent le port et les quais de Bordeaux. De nombreux bâtiments à voile et h vapeur .sont à l'ancre ou naviguent sur ce vaste bassin, qui ressemble ;\ une petite mer. Le soir, quand la ville est éclairée, ce spectacle a quelque chose de magi- (jue. On traverse la plaine de Queyries. sur un viaduc de .'{ arches long de 40 met. La Garonne disparaît, mais les mâts de ses navires se dressent encore au-dessus des maisons ou des ateliers qui la dérol>ent à la vue. On s'arrête pour le service des billets , et quelques instants après on entre dans la l>elle (jare de liitrdeaux (583 kil. de Paris), bâtie par M. Pépin Lehalleur, sur la rive dr. de la Garonne, dans le faubourg de la Bastide, et qui deviendra inutile, lorsque les chemins de fer d'Orléans et du Midi

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