DE FOIX A AX
Kl kil. Ronte de poste. Trois services par jour , sans compter la diligence de Toulouse. De Toulouse à Ax, 17 fr., 15 fr. et 12 fr. 50 c.
7 kil. de Foix à l'embranchement de la route de Perpignan (V. R. 90).
Après avoir laissé à g. l'embranchement de la route de Perpignan, on continue à longer la rive dr. de l'Ariége par une belle route , sur certains points taillée dans le roc. On découvre de beaux points de vue.
En face, on voit les pics grisâtres ou neigeux de la grande chaîne apparaître au-dessus des divers plans de montagnes qui se dressent à l'horizon ; à g. , .s'élève une montagne cultivée de la base au sommet; ;\ dr., au fond <le la vallée, de grands arbres laissent à peine entrevoir l'Ariége , profondément encaissée dans son lit de rochers. Sur la rive oppo.sée, à mi-côte, apparaît Jlf on toulieUj V. de 832 hab. , pi es duquel on exploite de la terre à porcelaine assez estimée. En .se retournant, on voit encore la ville de Foix au pied de son rocher.
On passe au-dessus d'une fabrique d'acier, située sur le bord même de l'Ariége, au milieu des arbres, puis on traverse le ham. de
3kil.(10kil.) Garrabet, et on laisse àdr. , sur la rive opposée de l'Ariége, le v. d'Amplain (170 hab.).
Au delà de 1 kil. (12 kil.) Mercus, v. de
813 hab., on franchit un petit torrent, et bientôt on commence à remarquer sur la dr. , de l'autre côté de la vallée, la singulière montagne de .Soitdowrs ou Sedoure (1067 met.) .
qui , vue de ce côté , semble un grand cône tronqué par le sommet. Derrière se cache Arignac, v. de 800 hab. , près duquel on exploite deu\ importantes carrières de plâtre; et par delà, on voit de belles prairies monter à l'O. vers le col de Massât.
A l'embouchure du torrent de Cazanave, et au pied môme de Soudours, qui s'élève à 10., on traverse
2 kil. (14 kil.) Boîipas, v. de 253 hab. , puis on laisse à dr. les vallons qui remontent vers Bédeillac et les prairies de Saurat ; enfin on aperçoit du môme côté le confluent du Gourbit et de l'Ariége, avant d'atteindre
2 kil. (16 kil.)Tara»con(V. R. 86).
On sort de Tarascon par la route
de Vicdessos, qu'on suit ju.squ'au pont de Sabart, qui traverse 1*0 riége. Lai.ssant alors à dr. la gorge étroite d'où sort l'Oriége, on entre dans la vallée supérieure de l'Ariége, dont on remonte la rive g.
entre des montagnes arides et jaunâtres. En se retournant, on voit encore derrière Tarascon la singulière montagne de Soudours. Sur la rivedr., on aperçoit bientôt, .sous une montagne rocheuse, criblée de cavités, entre de beaux groupes d'arbres , l'établissement de
3 kil. (19 kil.) Ussat (Hôtels Cassagne, de la RenaissancBy Rouan, des Voyageurs) , séparé de la route par l'Ariége et situé à . 300 met. env. au-dessus de la mer.
Les eaux d'Ussat sont connues depuis plusieurs siècles. Le fils d'un seigneur voisin s'étant guéri d'une
blessure grave dans une mare que les paysans lui avaient recommandée, son père reconnaissant fit construire au-dessus de cette mare des espèces de caveaux , où les malades allaient se baigner. Plus tard, les bains devinrent la propriété de l'hospice de Pamiers, à la charge par lui d'y entretenir 16 malades pauvres. On parle aujourd'hui de les affermer ou de les vendre, mais rien n'est encore décidé.
VétablissemeiU thermal, auquel on arrive en allant jusqu'au pied du rocher, à l'extrémité occidentale du jardin, est un édifice de con.struction nouvelle; il se compose dun corps de logis renfermant 38 cabinets k baignoires, précédé d'un jiéristyle d'ordre dorique, et flanqué de deux pavillons, dont l'un est réservé aux douches et l'autre aux piscines. Dans une saison régulière, on pourrait y donner 40 000 bains environ; dans Tannée 1856. on y a tlonné à 1500 malades un total de plus de 32 000 bains. Le prix des liains varie .selon les heures : une heure favorable se paye 1 fr. , y compris 10 c. pour le baigneur; une heure moins favorable, 80 c. ; un bain pour un domestique, 60 c.
En face de l'établissement est la maison de M. F. Vergé, médecin inspecteur des eaux.
LES EAl'X.
Eau thermale , saline.
Connue depuis longtemps.
Émergence : D'anciennes alluvioas recouvrant le \ned des rochers qui bordent à droite la vallée.
Une source ou plutôt un lac souterrain alimentait l'ancien établissement. M. François e.st parvenu à capter dans l'intérieur de la montagne les yraies sources, dont le pro-
duit est maintenant préservé de tout mélange soit avec les eaux de l'Ariége, soit avec d'autres sources froides. Séparées du lit de l'Ariége par une banquette de terrain perméable , les eaux thermales filtraient à travers cette banquette, et se perdaient dans la rivière lorsque , le niveau de celle-ci baissant, la pression de ses eaux ne s'opposait plus aux infiltrations de la nappe minérale. Un canal latéral à l'Ariége a été creusé et rempli par l'eau de cette rivière, de manière à obtenir un barrage liquide à pression hydrostatique constante. Grâce à ces travaux , la déperdition des eaux minérales a cessé.
De'bit en 24 h. : 820 met. cubes d'eau minérale sont retenus par des barrages convenables dans l'intérieur de la montagne, et .520 met.
cubes, soit 5200 hectol., sont à la disposition de l'établissement pour l'usage quotidien, qui ne s'élève pas encore à ce chiffre.
Température : Elle s'abaisse à mesure que l'on s'éloigne du griffon . de manière que , marquant 36»,20 à la baignoire n° 1, elle n'est plus que de 31". 55 à la baignoire n» 38 ; ce qui permet de donner aux malades, suivant les indications, des bains de température graduée , sans altérer la pureté de l'eau minérale.
Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, sans odeur, saveur amère très-faible, onctueuse à la
peau.
Effets physiologiques : Eau adoucis.sante et sédative quand on l'emploie aune température modérée, excitante à la plus haute température , surtout chez les personnes impre.ssionnables ; elle agit principalement sur le svstème nerveux.
L'eau dTssat ne se transporte
pas.
Classification chimique : Eau carbonatée à base de chaux , avec forte proportion de sulfate terreux.
M. Chevallier, cité par l'Annuaire des eaux de la France, indique l'existence de l'arsenic dans le dépôt ferrugineux de cette eau. M. Filhol n'en a pas pu trouver.
ITINÉRAIKE DES PYRÉNÉES.
ylnaf y^e (Filhol, 18S5).
Carbonate de ihaux
» de soude
m de magnésie ....
» de fer
Sulfate de magnésie
» de soude
M de potasse
» de cbaux
Chlorure de magnésium
Matière organique et perte. . .
Acide carbonique 16,57
Azote 20,38
Oxygène ti05
Eau 1 lit.
gr 0,6D95
traces
traces
O.O'iTl
Bibliographie : Dieulafoy, notice sur l'étoblispement des bains d'Ussat. Toulouse, 18*18. — F. Vergé, nouvelle notice sur les eaux d'Ussat. Foix, 1858; in-8. — Filhol, analyse chimique des eaux minérales d'Ussat. Pamiers, i856 ; in-8.
Sauf le jardin et les allées ombreuses qui conduisent de l'établissement aux bords de l'Ariége, il n'y a pas à Ussat de promenades prol)rement dites. Vers le soir, les baigneurs se dirigent de préférence sur la grande route et sur les chemins vicinaux, qui conduisent aux v.
iVUssat (205 hab.), situé à 1 kil. au N. dans un vallon rocheux, et d'Ornolac, bâti au N. E., k l'entrée d'un autre vallon.
Les grottes Lomlrive (mot qui, d'après M. Boucoiran , dérive du nom de l'ancienne divinité gauloise Ilhumher) sont situées vis-à-vis de l'établissement, sur la rive g. de l'Ariége. Après avoir franchi le pont de pierre qui relie la route h l'établissement thermal, on y monte en M) min. L'une d'elles est très-vaste, et il faut, dit-on, une heure entière pour en atteindre l'extrémité, oit l'on trouve un lac très-profond; certaines salles ne peuvent être visitées qu'à l'aide d'échelles. On y a découvert des ossements humains confondus dans une couche de limon avec des débris d'ours et d'autres animaux, et recouverts d'une couche calcaire. Plusieurs de ces débris sont conservés à la bibliothèque de Foix, et notamment un cr^ne appuyé sur les doigts d'une main.
Ces grottes communiquent probablement avec celles de Niaux, situées de l'autre côté de la montagne
Au sortir d" Ussat, la route continue à longer la rive g. de l'Ariége et, laissant à g. le ham. (ÏOmolac, vient traverser
3 kil. {11 kil.) liouan, v. de 170 hab.. assez agréablement situé à rentrée d'un vallon cultivé, qui remonte au S. vers le Roc de Gestiès. Aux efivirons, on voit dans les rochers, et à l'entrée de plusieurs grottes, des restes d'antiques fortitirations, connues des habitants sous le nom de las gleizos (les éghses). Elles datent, dit-on, des guerres des Sarrasins.
Ici le paysage perd son caractère aride et désolé. La route passe entre des allées de peupliers, des bosquets de saules et des prairies; sur la rive dr. de l'Ariége , continue à s'étendre une longue crête rocheuse ;