‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 320 sur 382 · ROUTE 93. LA SEU D'URGEL · texte numérisé non relu

ROUTE 93. LA SEU D'URGEL

L'intendant engagea le comte à aller présider la junte pour vaincre par son autorité la résistance que ce corps pourrait lui opposer. Le général refusa longtemps; enfin, le 26 octobre 1839, il finit par accéder , et , sortant de Berga à l'entrée de la nuit, accompagné de son escorte ordinaire, il se dirigea vers Avia. Il était de très-belle humeur, et, durant tout le trajet, il ne cessa pas de parler et de plaisanter,

a A son entrée dans la salle des séances, le comte fut reçu par les membres présents avec les plus grandes démonstrations de respect et de soumission, et on le supplia d'avoir la bonté d'attendre quelques instants pour donner le temps de faire appeler les membres qui manquaient. En même temps, le chanoine Torrebadella et le curé Ferrer sortirent, non pour avertir les absenta, comme le pensait le comte, mais pour faire arrêter les chefs de l'escorte , et renvoyer les gendarmes loin de la salle de la junte, dans deux maisons de campagne isolées l*une de l'autre. Peu après, le curé Ferrer rentra.

a. Aussitôt le comte ouvrit la séance et commença à parler ; mais Ferrer, se levant le pistolet au poing, l'interrompit d'une voix terrible , lui signifiant qu'il avait cessé, par ordre du roi, d'être commandant-général de la Catalogne, et qu'il devait livrer son épée et son bâton de commandement. Le comte, surpris, répondit cependant avec beaucoup d'énergie qu'il honorait la volonté de son souverain, et que , dès qu'on lui aurait montré des ordres écrits, il résignerait le commandement, mais qu'il ne céderait point à la violence. A ces paroles, qu'il prononça en mettant la main

sur la garde de son épée, on ouvm les rideaux de l'alcôve qui se trouvait derrière lui ; deux hommes armés en sortirent précipitamment et appuyèrent les canons de leurs pistolets sur sa poitrine. Le comte ne montra pas de faiblesse à cette vue, il protesta de nouveau contre ce guetapens. Alors le curé Ferrer, tenant à la main gauche un pistolet armé , s'approcha de lui et lui asséna un coup de poing si violent, qu'il l'étendit i>ar terre sans connaissance.

« Le superbe comte d'Espagne resta quelque temps par terre sans reprendre ses sens. Lorsqu'il revint à lui, il se mit sur son séant, et d'une voix plaintive , il demanda un verre d'eau, qu'on lui refusa....

Tournant ses yeux abattus vers sou ancien ami , l'avocat célèbre de Barcelone, don Ignace Andreu y Sani, membre de cette terrible junte, il lui demanda conseil ; mais San/, lui tourna le dos en répondant : « 11 est ce trop tard. »

a Entre dix et onze heures de la nuit, les conjurés firent monter le comte sur une mule, et l'on se mit en route dans la direction de la Seu d'Urgel. Pendant cinq nuits, on le fit ainsi voyager de maison de campagne en maison de campagne, en lui promettant toujours qu'on le relâcherait à la frontière de France.

Dans la nuit du 30, le comte, désespérant d'être relâché , éclata en une rage amère et lança les plus violentes injures contre ses gardiens.

Ceux-ci, furieux, s'élancèrent sur lui , le poussèrent dans une chambre , et voulurent l'attacher avec des cordes. Le comte avait soixante-sept ans accomplis. Ni cet âge avancé, ni ce qu'il souffrait depuis quelques jours, n'avait abattu ses forces physiques. Loin d'être épuisée», elles

étaient au contraire augmentées à tel point par le désespoir , que Ferrer et six de ses plus robustes comphces eurent beaucoup de peine à le soumettre ; enfin il succomba , et on l'attacha des pieds et des mains à un vieux fauteuil. Il passa dans cette terrible situation toute la nuit du 30 et toute la journée du 31, vomissant toujours des injures contre ses bourreaux, qui se vengèrent amplement en lui crachant à la figure et en exerçant sur lui toutes sortes de violences. Vers les dix heures du soir, l'horrible cortège se remit en mouvement. On détacha le comte, qui fut replacé sur sa mule, et on lui assura avec des rires moqueurs et des cris de joie que l'heure de le conduire à la frontière de son pays était arrivée.

a Le cortège prit la direction de la Sègre. En arrivant au pont de la Espia . près &Organia , à 3 lieues en aval d'Urgel , le comte fut entouré d'une nouvelle bande d'assassins, parmi lesquels il reconnut son aide de camp, Mariano de Drieu. En le reconnaissant, il s'écria : « Mariano ! » Ce fut sa dernière parole. Orleu répondit en lui «léchargeant sur la poitrine son pistolet à lx)ut portant, et, à ce signal, Ros de Eroles, Pons et les autres le criblèrent de coups de poignards.

a Les assassins s'étaient pourvus de cordes; on ceignit le corps en lui liant sur la poitrine une énorme pierre, et on le jeta encore palpitant dans le fond du torrent de la Sègre.... Mais, soit que la corde se fût rompue en frottant dans la rivière contre quelque rocher saillant, soit que la pierre se fût détachée en tombant ou qu'elle eût été dégagée par rimj)étuosité du courant, il est certain que le cadavre

remonta sur l'eau et fut porté la même nuit à une lieue plus loin , jusqu'à un îlot de sable formé par la Sègre près de Coll de Nargo. Les habitants du pays le trouvèrent le matin du jour suivant. Ils le recueillirent et lui donnèrent en secret la sépulture, supposant bien, d'après sa tête blanche et ses blessures, que c'était le corps du comte d'Espagne. Telle fut la fin de cet homme qui avait fait si longtemps trembler la Catalogne entière....

a Quelques jours après. Ferrer faisait insérer dans le Restaurateur catalan qu'il avait laissé le comte sur le territoire étranger, en toute sûreté. »

D'Urgel à Puycerda , 40 kil. 8 h. de marche "(V. R. 9«i); — à Barcelone (3^ 1. 1/2 espagnoles) et à Gerona (26 1. espagnoles). Voy. Vltinéraire de l'Espagne, par M. A. G. de Lavigne; — àBonaigue (i3 l. espagnoles), par Esierri (il 1.) tV. R. 73).

d'AX a PUYCERDA ET A BOURG - MADAME.

38 kil. (10 h. de marche). Route de voitures jusqu'à Mérens. 8 kil. Route de mulets, de Mérens à Puycerda.

j4. D'Ax ik Pnycerd».

17 kil. D'AX à l'Hospitalet ( V.

En sortant de l'Hospitalet, on passe sur la rive g. du torrent et l'on remonte vers le S. O. un vallon gazonné. A 15 min. environ, on laisse à dr. le sentier qui s'élève au port de Saldeu et au val d'Andorre (V. R. 93), et, traversant de nouveau le torrent près d'un poste de douaniers, sur le pont appelé Pont Cerda. on gravit h g. . par des

ITINÉRAIRE DKS PYRÉNÉES.

ROUTE 94. d'aX a PUYCERDA.

lacets faciles, les pentes arides qui mènent au col de Puymorin. Les

montagnes offrent de tous côtés un aspect triste et nu. On s'élève à travers de maigres pâturages parsemés çà et là de blocs de granit, en dominant la vallée désolée de l'Ariége , de l'autre côté de laquelle se dressent les sommités grises et rocheuses d'Andorre. Du reste, il est impossible de s'égarer; de nombreuses pierres levées, semblables à des rangées d'hommes, indiquent le sentier, large et bien tracé, qui serait sans beaucoup de frais transformé en une route carrossiible.

Après avoir franchi (45 min.) un premier col gazonné, dominé à g.

par un pic aigu et à dr. par une montagne aplatie au sommet, on traverse une espèce de plateau où s'allonge une longue file de pierres levées, et, à une distance d'environ 1 h. 15 min. de l'Hospitalet, on atteint enfin (15 min.) le vrai col situé à 1918 mit. de hauteur audessus de la mer , entre le pic de Fonfrède (2554 met.) au S. , et le pic Sabarthe (2549 met.) au N. , et formant les limites du département de l'Ariége et des Pyrénées - Orientales.

A cent pas du chemin se trouve h g. un corps de garde ou poste de douaniers. Des pâturages du sommet, on voit une vallée grise s'ouvrir à l'E., et vers le S. apparaît dans le lointain une montagne rocheuse sur laquelle croissent à grand'peine quelques sapins.

On descend par des pentes herbeuses dans la vallée de la Sègre , où quelques champs de seigle et de pommes de terre se montrent bientôt. Parvenu près du ruisseau que forment les eaux du col , le sentier se bifurque: l'embranchement de g. se dirige k TE. vers le ham. de Porté.

situé, au milieu de belles prairies, au confiuent de deux vallons verts; l'embranchement de dr. franchit le torrent , qui est encore bien faible :

c'est le sentier direct. Vis-à-vis de Porté (25 min. du col), on laisse à g. les ruines d'un château appelé Tour de Cerdagne. De ce point, on jouit d'une belle vue sur le grand vallon de Fùndvive , qui s'ouvre derrière Porté et remonte vers les hautes montagnes de Lanoui (2857 met.) et de PédroHS (2838 met.). Sur le versant méridional de ce vallon croissent quelques sapins; le torrent qui en descend y forme de nombreuses cascades, et .s'épanouit en lacs derrière les ressauts de rochers qui traversent son cours.

Après avoir rejoint le sentier de Porté, on pa.sse de nouveau sur la rive g. de la Sègre, et, laissant à g. une belle montagne grise où se voient encore çà et là quelques arbres, on atteint (1 h. de descente roide depuis le col)

9kil. (26 kil.) Porta, ham. entouré de prairies situé à 1509 met.

On s'enfonce alors dans une gorge sauvage, d'un grand et beau caractère, admirable de forme et de couleur, parsemée de pierres et de rochers, comme le Chaos de Gavarnie (V. R. 49), et portant encore les traces des glaciers qui la remplis.saient jadis. Au débouché de cette gorge, on entre dans un ])etit vallon où se montrent des champs cultivés et quelques bouquets d'arl)res; à g. on est toujours dominé par la haute montagne grise et nue, que l'on côtoie depuis Porta ; à dr. de rares sapins apparais.sent sur les pentes dfes montagnes. La Sègre de Carol , déjà large , roule ses belles eaux pures dans le fond de ce bassin I dont on atteint l'extrémité en

10 min. On voit alors s'ouvrir devant soi une véritable vallée dominée au S. E. par les montagnes de la Cerdagne. Sur un rocher de granit s'élèvent (1 kil.) deux tours carrées réunies par des débris de murailles : ce sont les tours de Carol, reste d'un manoir féodal, encore officiellement le chef- lieu du district, bien qu'inhabitable. Suivant la tradition, ce château fut construit par les Maures, puis conquis sur eux par Charlemagne, qui , en souvenir de cette victoire, donna son nom aux tours comme à toute la vallée (V. R. 93). De ces ruines on aperçoit au loin Puycerda sur un promontoire à l'entrée de la plaine ; mais la vue est encore plus belle quand on se retourne vers le col de Puymorin.

Au delà de Carol, on traverse à 1363 met. le ham. de

4 kil. (31 kil.) Courbaxsil, situé au milieu de prairies (}ui disparaissent çà et là sous des amas de pierres roulées. Près de là, une source sulfureuse, connue sous le nom de Quez. jaillit dans un pré à dix pas de la rive g. de la rivière.

Elle sort du granit à 1 met. environ au-dessous du sol, et coule dans un petit bassin , où les habitants de la vallée viennent puiser de l'eau qu'ils utilisent en boisson , surtout contre les maladies de la peau. La température do la source (de IH* à 17H:.) est la moins-élevée des sources des Pyrénées-Orientales.

Au sortir de Courbassil, on suit une voie rocailleuse, frayée sur le versant oriental de la vallée, le long d'un canal d'irrigation qui va jusqu'à Puycerda, puis on traverse le hameau de Rioutès avant d'arriver à 2 kil. (33 kil.) la Tour de Carol,

lK)urg comprenant avec les hameaux voisins une population totale d'environ 1500 hab.

De Carol aux Bains d'Escaldas. 8 kil.

Au delà de ce bourg, la vallée s'élargit; on franchit le canal, ombragé de saules; puis, s'éloignant un peu de la Sègre de Carol, on ne tarde pas à apercevoir à TE. la haute cime du Canigou, et au S. E.

la masse escarpée du Puigmal. Bientôt on laisse à g. le chemin qui conduit à Bourg-Madame (V. cidessous B), et, franchissant les limites de la France et de l'Espagne, on atteint

5 kil. (38 kil.) Puycerda, ancienne capitale de la Cerdagne, V.

de' 1900 hab. , située à 1242 met. sur une colline qui domine la Cerdagne, entre la Sègre de Carol et la Sègre de Llivia, à 20 min. de Bourg- Madame. Aucune route de voitures ne la relie ni à la France ni à l'Espagne. Les chemins qui y con- «luisent sont en si mauvais état qu'on risque à chaque pas de s'y donner une entorse. Des espèces de fortifications, moitié en pierres sèches, moitié en terre et à demi ruinées , l'entourent ; mais rien n'égale la malpropreté des rues et des maisons ; on ne sait littéralement où mettre le pied. Une me ilont quelques habitations sont garnies de balcons conduit à une place bordée de maisons à arcades, parmi lesquelles se trouve Vhostal. On y remarque surtout une maison de style mauresque.

Véglise, dédiée à sainte Marie, a une porte ogivale, dont les chapiteaux sont ornés de têtes sculptées; elle se compose de trois nefs où la lumière ne pénètre jamais.

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et, comme la plupart des églises espagnoles , contient une grande quantité de lourds ornements dorés ; on y voit aussi un tableau représentant l'Enfer , où le peintre a entassé sans aucun scrupule des reines, des évêques et des papes. L'ancienne abbaye est en ruines. Du liaut des remparts on découvre une belle vue sur la vallée trop nue de la Cerdagne. « Ici, dit II. Boucoiran, c'est l'entrée de la vallée de Carol et le port de Fuymorin, qui dessine sou écliancrure dans le ciel; puis le pic de Lanoux; lÀ-bas, Llivia, Cal- (legas; plus haut, c'est Montlouis et le col de la Perche ; les croupes brumeuses du Canigou, et, en face, le Puigmal avec ses belles vallées et les nombreux villages à ses pieds, qui se cachent à demi sous une abondante verdure. »

De Puycerda à Urgel.

^0 kil. 7 à 8 b. de marche. Route de mulets .

Le chemin de Puycerda à Urgel traverse dans toute sa longueur la fertile vallée de la Cerdagne, limitée au N. par le val d'Andorre et la France, au S. par un chaînon de montagnes, dernières ramification du massif de Costabona. Cette vallée resta longtemps indépendante après l'invasion des Maures, puis, en l'an 11%, devint une province de lAragon, et fut enfin absorbée dans la grande monarchie espagnole ; une petite partie , qu'en détacha la paix des Pyrénées, en 1609, a été cédée à la France, bien que la limite ainsi établie entre les deux États ne pût être justifiée par la géographie.

Au sortir de Puycerda, on descend vers la Sègre de Carol, que l'on traverse pour longer le versant

septentrional de la vallée, appelé ici Garganta (gorge) à cause «le l'escarpement des montagnes qui la dominent. On franchit plusieurs torrents descendus des champs de neige de Mène et de Framiquel , et après 3 h. de marche ou arrive au l>etit \.d'Isobal, situé au débouché d un vallon latéral. Au delà d'isobal , ou continue à longer la rive dr. de la Sègre pendant une heure environ, puis, après avoir franchi divers cours d'eau , on ne tarde pas à atteindre

Bélier (Belle- vue), v. de 650 hab.

environ, bâti sur une roche escarpée au-dessus de la rive g. de la Sègre.

Son vieux château ruiné, la tour carrée de son égUse et ses murailles en partie éboulées lui donnent tout à fait l'apparence d'une ville féodale.

Des sentiers en zigzag gravissent les flancs du rocher qu'il couronne; au-dessous, s'étendent des champs cultivés que traversent des chemins ombreux; et par derrière s'élèvent des montagnes aux formes arrondies, couvertes de pâturages jusque près du sommet, où se montrent encore quelques restes d'une antique forêt; à g. du côté de la France, se dressent les hauts pics de la chaîne. Belver jouit d'une vue magnifique , ainsi que son nom l'indique.

Au delà de Belver, ou franchit de nouveau la Sègre , puis on traverse les petits villages d\Aristot et d'Estimari avant d'arriver à Urgel (V. K. 93).

De Puycerda à Rivas.

6 h. i/'z'de marclie. Sentier de nionlagues.

De Puycerda à Vilar, par la vallée de la Sègre de Carol, et par le vallon (le la Molina, 1 h. — De Vilar au col «le Tosa, 2 h. — Du

col de Tosa à San Cristobal de Tora, 1/2 h. — De San Cristobal de Tosa à Planes , par la vallée du Rigart, 1 h. — De Planes à Rivas par la même vallée, 2 h. — De Rivas à Ripoll. 3 h. Chemin de fer projeté (V. H. 109).

De Puycerda À Bourg-Hadame.

20 min. Chemin de mulets. .V. R- 107.

d'eau, est entouré de belles prairies. On traverse les deux ruisseaux pour descendre la rive g. de celui que leurs eaux réunies ont formé. A 2 kil. on croise le chemin mixte de Llivia, qu'un misérable pont de bois met en communication avec la rive dr. , et 1 kil. au delà de ce pont, on atteint 40 kil. Bourg-Madame (V. R. 107).

33 kil. La Tour de Carol (Voy. cidessus A).

Feu de temps après avoir dépassé la Tour de Carol , on laisse à dr. le chemin qui conduit à Puycerda (Voy. ci-dessus A), et on gagne

2 kil. (35 kil.) Enveigh, v. de 324 hab., entouré de blocs erratiques qui démontrent peut-être autant que les nombreuses pierres polies de la vallée de Carol l'existence d'anciens glaciers. L'église, insignifiante d'ailleurs, a conservé quelques débris d'une abside romane.

Au delà d'Enveigh, le chemin s'élève sur la hauteur dans la direction de l'K., puis incline au N. E. pour descendre à Ur. On embrasse d'un seul regard toute la vallée de la Cerdagne, si peuplée et si fertile en blé, mais où les arbres et les prairie» sont malheureusement trop rares. Au printemps, quand toute sa surface est verte, elle doit offrir un magnifique coup d'oeil. Les montagnes qui la dominent à TE. manquent aussi de couleur. On voit très -bien Llivia, Sallagossa, les Escaldas, le col de la Perche, et le sommet du Canigou. Au S. , une petite chapelle se montre sur la montagne.

2 kil. (37 kil.) Ur, v. de 301 hab., situé à la jonction de deux petits cours

d'ax a QUILLAN.

kl kil. D'Ax k Belcaire, i6 kil.; route de mulets. De Belcaire àQuilUn, Si kil.; it)uie de voiture».

Au sortir d'Ax, on prend, derrière les bains du Couloubret, un sentier rocailleux (jui traverse quelques terrains d'un schiste rougeâtre , çà et là couverts de bois , pour monter à 1 kil. 1/2 Ignaux, v. de 210 hab. , situé sur un plateau herbeux. De là on s'élève , en suivant le cours d'un petit ruisseau , jusqu'au petit col de Sioula, et bientôt on redescend sur le sentier plus fréquenté qui mène en droite ligne de Luzenac et d'Unac (V.R.91) à Quillan, par le col de la Blarmade (1360 met.), point de partage des eaux entre les deux rivières de l'Ariége et du Lhers.

De ce col, on voit à l'O. un vallon boisé descendre \enCaussou, v.de k\h hab. , et Luzenac ; vers le N. E. , on ne domine que des pâturages uniformes ; au N. 0. , le pic de Salnt- Barthélemy se cache derrière la montagne de Caussou.

En descendant dans le vallon qui s'ouvre à l'E. , on traverse bientôt le cours d'eau qui l'arrose ; on laisse à g. sur le versant opposé, au milieu de belles prairies, Pradet, v. de 540 hab. , près duquel sont les ruines d'un vaste cMtean appelé de

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la reine Marguerite, et dont l'enceinte renferme les maisons de plus de vingt familles de paysans.

« Prades est célèbre dans l'Ariége par ses excellentes lentilles, dit M. Berges. Le vin du Roussillon y acquiert en peu de temps le goût du vin vieux; il s'y dépouille, ou, comme disent les habitants , s'y rancit promptement, ce qui est di\ sans doute au froid sec de la montagne. »

On gravit à dr. une pente escarpée pour atteindre

8 kil. 1/2 (10 kil.) Montaillou, v.

de318hab. , situé sur un promontoire au-dessus du confluent de deux torrents; puis on descend dans le ravin qui, s'ouvrantdu côté de l'E. , forme la limite des départements de l'Ariége et de l'Aude ; et remontant aussitôt sur le versant opposé , on laisse à g. sur une terrasse le V. de Camurac (473 hab.), pour s'élever par un petit col à l'extrémité d'un plateau montagneux , appelé plaine de Sault , et qui s'étend sur une longueur de près de 10 kil.

entre la forêt de Belesta (V. R. 90) au N. , et la vallée du Rebenti au S.

6kil. (16kil.)B«?catrp(10l3hab.), chef-lieu de canton de l'arrondissement de Limoux, est bâti en amphithéâtre sur une colline. C'est là que commence la route de voitures.

Après avoir laissé à dr. Roquefeil, y. de t038 hab. , situé derrière un mamelon, puis Espexel (833 hab.), un peu plus éloigné de la route au S. , on décrit une courbe vers le N., pour ne pas descendre dans la vallée escarpée du Rebenti. Longeant alors le bord du plateau , on reprend bientôt la direction de l'E. , et on laisse à g. Belris (771 hab.), bâti en amphithéâtre sur une col-

line, d'où l'on jouit, ainsi que l'indique le nom du v., d'une vue admiral>le sur la chaîne des Pyrénées (jui se dresse au S. Près du hameau de Quirnnud, dominé par un petit pic sur le flanc duquel on aperçoit une ruine, la route se dirige de nouveau au N. , puis au N. E. . et, après de nombreuses sinuosités, se recourbe brusquement à l'E. pour descendre par une pente roide dans le vallon où se trouve

17 kil. (33 kil.) Coudons, v. de 314 hab. De là on rejoint par de nombreux zigzags la grande route de Foix à Perpignan , qu'on longe pendant 2 kil. environ dans la direction de l'E. à ro. , avant de l'emprunter pour atteindre

14 kil. (47 kil.)9uiUan (V.R. 90).

A partir de Coudons, on peut abréger considérablement, en prenant à dr. et en descendant un sentier escarpé qui mène directement à Ginoles, situé dans la plaine. De ce V. un chemin facile suit les bords d'un ruisseau jusqu'à la ville de Quillan.

d'AX A QUÉRIGUT.

23 kil. Route de mulets.

En sortant d'Ax , on pénètre immédiatement dans la vallée de l'Ode, dont on remonte le versant méridional, où se succèdent des habitations , des cultures et des pâtis abandonnés au libre parcours. A 2 kil. env. on trouve une forge catalane située sur le bord du torrent, au-dessous du v. d'Ascou (837 hab.) qui domine un escarpement de la rive dr. Les hauteurs voisines sont percées de trous ressemblant à d'anciennes excavations. « Le peii-

ROUTE 96. d'aX a QUÉRIGUT.

pie, dit M. de Chausenque, croit y voir de l'or, ainsi que dans le sable des ruisseaux où brillent des paillettes de mica jaunes provenant des schistes micacés qui forment la base du sol. »

Au delà de la forge d'Ascou , on longe la rive g. de l'Ode jusqu'au débouché d'un ruisseau dont on voit le vallon fertile et parsemé de granges remonter au N. vers le col de la Marmade ; on passe alors sur la rive dr. un peu en amont du confluent, puis, traversant un autre ruisseau venu du N. K. . on continue à remonter la vallée principale, qui bientôt elle -môme se recourbe au N. E. et se resserre de manière à former une gorge étroite où lés vents s'engagent avec une grande violence. On L^ravit alors sans difficulté le col de Paillerf( 197 2 met.), qui verse ses eaux à TO. dans l'Atlantique, à l'E. dans la Méditerranée. Il s'ouvre en efl'et sur l'arête qui se prolonge au N. jusqu'aux Pierres de Saurouse, point culminant du canal du Midi.

Le col de Paillers est un vaste plateau herbeux, dominé au S. par les crêtes hérissées du Laiirenti et d'Oriu, et bordé au N. de petits monticules schisteux ; mais, que l'on escalade l'une de ces éminences, on découvrira tout à coup sur la plaine une vue magnifique à peu près semblable à celle dont on jouit du sommet du Saint-Barlhélemy :

on aperçoit en efl'et au N. 0. les plaines accidentées de Belesta et de Quillan, et tout le haut Languedoc jusqu'à la Montagne Noire; à l'E.

le vallon de la Sonne qui descend jusqu'au lit encaissé de l'Aude, dominé à g. par la sombre masse du Carcanéro tout noir de sapins ; au S., le riant vallon du Capsir. où

parai-ssent Puyvalador et, plus près, sur un sol jaunâtre et infertile, Quérigut et Carcanières.

Un descend à l'E. par un chemin en zigzag dans le vallon de la Sonne qui naît au revers du col, et, restant toujours sur le versant septentrional, on atteint en 1 h. 1/2

18 kil. (20 kil.) Mijanès, v. de .'j29 hab. , dominé par une montagne où s'ouvrent trois cavités creusées jadis pour y chercher de l'or. «Dans l'une d'elles, appelée la Bascouillade, dit M. Berges, on lit sur la pierre des noms qui y ont été gravés sous le millésime de 1300.

La seconde, qui porte le nom de Balbone, contient aussi des inscriptions fort anciennes , et on y remarque encore des arbres qui y avaient été placés pour faciliter la descente. Enfin la troisième est connue sous le nom de Jasse del Bosc. »

1 kil. (21 kil.) Bouze, v. de 468 hab. situé à 973 met. Sur la rive opposée de la Sonne, apparaît, comme au fond d'un précipice, le rhdteau d'Usson avec ses hautes tours et ses murailles croulantes, ancien manoir des seigneurs du Donézan. Ce château fut détruit eu 1792; ses ruines sont situées sur un promontoire dominant les profonds défilés de la Sonne et de l'Aude, qui viennent s'unir à sa base. Non loin de là se voient encore les ruines dun autre châteaii où les Sarrasins s'étaient réfugiés.

On montre aussi dans les environs plusieurs grottes profondes.

Au sortir de Rouze, on tourne à angle droit vers le S. et, traversant la Sonne, on remonte un vallon qui court parallèlement à celui de l'Aude dans la direction du S. au N.

Après avoir franchi un ruisseau des-

ITINÉRAIRE DES 'PYRÉNÉES

cendu des hauteurs du S. 0., on traverse

2 kil. (23 kil.) Le Fia, v. de 269 hab., puis on laisse à g. sur la hauteur Carcanières, v. de 2t>5 hab., où l'on trouve deux sources thermales sulfureuses (V.

R. 102), et, dépassant les ruines du monastère de Saint Félix, on j^rravit une forte rampe pour monter à

2 kil. (2') kil.) Quériçut, ancien Cheracentum, chef lieu de canton de l'arrondissement de Foix (Ariége), bourg de 700 hab., situé entre lieux crêtas de granit, dont l'une î^>orte une petite église et les restes d'un vieux château.

D'après M. Berges, a cette com-

mune a bien déchu, car on prétend qu'elle était devenue trèsflorissante après la révocation de l'édit de Nantes, parce que beaucoup de prote.stants persécutés y étaient venus chercher un refuge et y avaient apporté avec eux l'aisance et l'industrie. »

Ouérigut est la patrie du fameux Roquelaure, dont les facéties et la laideur égayèrent souvent la cour de Louis XIV. a Ce n'était pas certes, dit M. Berges, le spectacle d'une riante nature qui lui avait inspiré une gaieté si communicative.»

De Quérigut à Quillan et ù Montlouis (R. 100}; — àMoliig(R. 103}.

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