DE CARCASSONNE A PERPIGNAN PAR PONT-DE-CHARLA
121 kil. Route de poste. Diligence tou» les jours. De Curcassontie à Pont-de- Charla, 50 kil. pour 5 et «i fr.
Au sortir de Carcassonne , on traverse un petit affluent de l'Aude, puis, laissant à dr. une route départementale qui conduit à Cailhau . on remonte la rive g. de l'Aude, en suivant les nombreuses sinuosités de la vallée. On passe à Preixan . et à Rouffiac d'Aude , puis à
18 kil. Cépie, v. de 477 hab., au delà duquel on laisse à g. , sur la rive opposée de l'Aude, le v. de Pieusse (440 hab.). On rejoint la route de Castelnaudary avant d'atteindre
7 kil. (25 kil.)I.imoax (Hôtel du lion d'Or tenu par Bernard; Cafés du Commerce . de l'Europe) . cheflieu d'arr. du dép. de l'Aude, V.de 6835 hab. , agréablement située au milieu d'un vallon fertile sur la rive g. de l'Aude, et entourée de coteaux plantés de vignes qui produisent une blanquette réputée.
Ses rues sont en général bien percées et bordées d'assez belles maisons; plusieurs ponts réunissent le»
deux rives du fleuve.
11 est fait mention de Limoux pour la première fois en 854. Cependant, quelques auteurs assurent qu'elle existait du temps de Jules César et qu'elle était défendue par un château appelé Rheda. En 1209, après la prise de Carcassonne, Limoux se soumit à Simon de Montfort; mais plus tard elle se révolta, et, en 1226, lors du concile tenu à Narbonne, elle fut excommuniée au
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
son des clochas et à l'extinction des cierges, puis détruite par les troupes du roi de France. En 1574 , elle se déclara en faveur des huguenots, et résista longtemps au maréchal de Mirepoix qui la battit en brèche avec 16 pièces d'artillerie. Au troisième assaut, les catholiques emportèrent la place et la saccagèrent.
Limoux est la patrie de Fabre d'Églantine.
L'église paroissiale , assez vaste et bien ornée, n'offre pas d'intérêt archéologique.
Vasile des aliénés est commun aux départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
Les fabriques de draps, les filatures de laines, les tanneries et les teintureries de Limoux, jouissent d'une réputation méritée.
A peu de distance de la ville , sur une petite éminence qui domine l'Aude , les pèlerins vont visiter une chapelle connue sous le nom de Notre-Dame de Marseille. A mi- Côte, jaillit une fontaine d'où coule goutte à goutte une eau qui passe pour avoir des propriétés miraculeuses. La fête de la Vierge noire se célèbre le 8 septembre et se prolonge pendant trois semaines. Un grand nombre de fidèles montent à genoux le coteau que couronne la chapelle.
Au delà de Limoux, la route franchit le ruisseau Corneilla et continue à remonter vers le S. la vallée de l'Aude, en en suivant tous les détours. Elle passe enfin sur la rive dr. pour atteindre
• lOkiL (35kil.) Alet {Alectum, Àletha), gros bourg de 1336 hab., situé entre de hautes collines boisées, au fond d'un vallon fertile et renommé pour ses excellents fruits.
Il doit son origine k une abbaye de
l'ordre de saint Benoît, fondée vers 813. Erigé en évêché en 1341, il acquit peu à peu une grande importance. Pendant les guerres de religion, il fut successivement pris et repris par les protestants et par les catholiques. En 1585, lorsque la province commençait à se pacifier, le duc de Montmorency donna ordre aux habitants d'Alet de recevoir leurs compatriotes protestants. Ils y consentirent; mais, peu de temps après, ils se jetèrent sur les religionnaires sans défense et les massacrèrent tous pendant la nuit.
L'ancienne abbaye n'est plus qu'un amas de décombres ; cependant l'abside de l'église avec ses deux tours, dont une rasée à la hauteur du premier étage, ses trois piliers, ses murs collatéraux et une partie du transsept gauche, restent encore debout.
Élevé peut-être sur les ruines d'une construction antique, cet édifice fui consacré en 873, et presque reconstruit en 1018 : c'est, d'après M. Taylor, le monument de la France du moyen âge qui , après le baptistère de Poitiers, avait le mieux conservé dans ses détails la physionomie des temples de l'antiquité; aussi plusieurs archéologues ont-ils voulu y voir un sanctuaire de Diane. « Avec les fragments qui restent, il n'est pas difficile, dit M. Mérimée, de retrouver le plan original. C'était une basilique à trois nefs, terminée par une abside à cinq pans, avec des transsepts très-peu saillants, et deux tours placées latéralement vers le milieu de la nef.
« La façade , presque dépourvue d'ornements, a deux portes bouchées , correspondant à la nef principale , et encadrées par deux contreforts carrés très-saillants. Sur la face méridionale, entre le deuxième