ROUTE 99. LIMOUX. — - ALET
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et le troisième pilier, à partir de la façade, on voit une porte cintrée entourée d'une riche archivolte , couverte d'ornements byzantins d'un travail très-précieux. Deux lions fort mutilés sont sculptés des deux côtés de l'archivolte.... Le mur septentrional parait avoir été entièrement refait; peut-être était-il adossé à d'autres bâtiments dépendant de l'abbaye.
a La seule tour qui se soit conservée jusqu'à présent, bien que très -lézardée, a deux étages; elle est carrée; de longues et minces colonnes à chapiteaux de feuillages pseudo-corinthiens garnissent chacun de ses angles. L'étage supérieur, plus moderne, présente deux fenêtres en ogive surmontées d'une corniche très-saillante.
« L'abside est la partie la plus riche et la plus curieuse de l'église.
A l'extérieur, elle est décorée de quatre grosses colonnes à feuillages imités de l'ordre corinthien, mais minces, étroits, contournés. Une corniche, très-ornée, soutient un toit plat, et fait des retours en saillie au-dessus des tailloirs des chapiteaux. Bien que le style de ses ornements soit tout à fait antique , il serait impossible de ranger cette corniche dans un ordre quelconque :
cependant la bizarrerie de l'ornementation n'empêche pas que l'effet général soit assez agréable.... Tous les détails, examinés à part, ont une physionomie antique ; mais l'ensemble date certainement d'une époque postérieure au x* siècle....
c Une partie de la muraille opposée à l'abside offre des restes de couleurs, et l'on y voit encore un ange les mains jointes, peint à fresque. Il est revêtu d'une longue robe jaune et bleue, pap-dessus laquelle
retombe une tunique couleur d'hya cinthe. Les cheveux sont coupés courts, et les ailes sont entourées d'une bordure de petites fleurs. »
Du ^ommet de la montagne appelée Pech de Brau, qui domine Alet, on jouit d'un vaste panorama ; on voit à l'E. le pic de Bugarach, près de Caudiès, et l'aride chaînon des Corbières, puis, en se tournant vers le S. , le Canigou et la chaîne des Pyrénées, à l'O. les montagnes de Bigorre et le Pic du Midi, enfin au N. la ville de Toulouse, la Montagne Noire et, dans un cercle plus rapproché, Castelnaudary, Carcassonne et Limoux,
Les eaux thermales d'Alet sont très-anciennement connues ; les Romains avaient, assure-t-on, construit des bains pour les utiliser, et élevé Alet au rang d'un chef-lieu (le district qu'ils nommaient Pagus electensis. Les sources sont au nombre de trois, dont deux, douées d'une certaine thermalité, alimentent les bains, les piscines, et fournissent environ 21 000 litres de liquide en 24 heures; la troisième, dite Eau rouge y est froide et ferrugineuse; on ne l'emploie qu'en boisson. Parfaitement transparentes et limpides, ces eaux sourdent au pied d'une énorme roche calcaire et se subdivisent en plusieurs filets, réunis dans des piscines.
L'établissement est situé au S.
d'Alet, à 400 met. de la rive dr. de l'Aude; une allée de sycomores y conduit à travers des jardins. Le propriétaire est M. Larade.
La composition des eaux d'Alet remises à l'Académie nous a présenté , dit un rapport de l'Académie de médecine, les résultats suivants établis pour lOOÛ grammes de liquide (un litre).
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉRS.
sooiiCB ORS B\iî»s, -28» cenligr.
Aci.ie carbonique indéterminé.
Bicarbonaie de chaux ... | qjj^ gp
— (le magnésie.. '
de chaux \
de soude >0608
. de mHj;nésie.. .. )
Chlorure de sodium îo052
Sel de potasse l
Phosphate soUible \
— insoluble |oo80
Acide silicique, alumine. ... /
Matière organique l oo^o
Indices de fer; perte S
Sulfates anhydres
itOURCe FERRLT.lNEtJSK, FROIDF.
Acide cart>onique sensible
Bicarbonate de chaux J 0225 Kr
— de magnésie. . . i
o \e . /derhaux \
S"'f*^' de soude )
anhydres [^^ magnésie... >0090
Chlorure de sodium \ 1
Sel de potasse
Sesquioxyde de fer oo'ik
(Carbonate ou phosphate ferreux)
Acide silicique, alumine. ... J
Manganèse, indices Inoso
Phosphate, très-sensible ... /
Matière oiganique 1
La composition des eaux thermales d'Alet permet donc de les classer parmi les eaux minérales salines thermales, à côté de celles d'tfssat, de Bourbonne- les- Bains, de Saint- Amand , de Bagnères de Bigorre , etc.
L'analyse médicale justifie d'une manière évidente la place qu'on leur a assignée; « elles ont, en effet, avec ces eaux, plus d'un point de comparaison, dit M. le docteur Fournier, le médecin inspecteur :
laxatives à un degré plus ou moins fort, elles stimulent légèrement le tube digestif et activent les sécré-
tions des sucs gastrique et intestinal ; elles ont en outre une action puissante sur les viscères abdominaux, principalement sur les organes génito-urinaires; les fonctions de ces organes sont activées et régularisées sous leur influence, mais par degrés, sans secousse, et de façon qu'après quelques jours seulement on s'aperçoit de l'heureux efff't qu'on a obtenu; enfin, le système lymphatique acquiert, lui aussi, une activité plus grande, et concourt, par son action, à donner à ces eaux la propriété de résoudre les tumeurs, les engorgements viscéraux et glandulaires qui ont résisté à toute espèce de médication. »
Au sortir d'Alet, on remonte la vallée de l'Aude en suivant toutes les sinuosités du fleuve, qui coule à dr. dans un lit encaissé. Un laisse à g. la route de Rennes-les-Bains, puis on traverse le Sais en deçà de
6 kil. (41 kil.) Gouiza, chef-lieu de canton de 930 hab. , situé au confluent du Sais et de l'Aude. On y remarque un ancien château I converti en filature. Un beau pont de pierre fait communiquer le v.
avec la rive g. de l'Aude.
De Coaisa à Bennes -les-Balns.
' 8 kil. Uoute de po.^te De Toulouse à Rennes-les-Bains , correspondance directe tous les jours.
Au sortir de Couiza, on remonte
la vallée du Sais en en suivant le
j versant septentrional. Vers le 6* kil.
1 la route se bifurque; l'un des deux
! bras, suivant la direction de l'E.,
remonte un petit vallon vers le v.
de Monthoumet, tandis que l'autre,
se recourbant vers le S. en même
temps que la yallée du Sais, ira*