ROUTE 100. DE CARCASSONNE A MONTLOUIS
CasteUu, et au S. par les pentes boisées du Carcanières.
En sortant de Bousquet, on s'élève vers un petit col qui se montre au S. 0.,et, ce faite franchi, on ilescend dans un joli vallon ouvert dans la même direction. Après avoir traversé de belles prairies situées sur la rive dr, du ruisseau, on atteint
3 kil. (83 kil.) Escouloubre, grand V. de 851 hab., au delà duquel le chemin franchit le ruisseau, qui, à 4 kil. plus au N., va se jeter dans l'Aude, entre la montagne du Bac de Gesse àdr. et la montagne Dagason à g. On gravit alors une arête de rochers escarpés pour redescendre, dans la gorge sauvage de l'Aude, à
2 kil. (85 kil.) l'établissement des £aux thermales d*E»couloubre.
Les sources, qui jaillissent sur la rive dr. de l'Aude, sont au nombre de deux. Le Bain fort est situé au niveau de la rivière; sa température est de 50 degrés centigrades, et le jet d'eau est assez abondant pour que l'on puisse, à volonté, en diriger un filet dans l'autre source, appelée le Bain doux, dont on élève ainsi à volonté la température, qui ne serait, autrement, que de 35 degrés centigrades. A 3 kil. plus bas que ces deux sources, à 600 met. à TE. du château d'Usson (V. R. 96), jaillit une autre source thermale appelée fontaine de la Garrigue ou las Caoudès : sa température est de 32 degrés centigrades. Le ruisseau qu'elle forme est si rapide , et son origine est si rapprochée de l'Aude, que ses eaux semblent y arriver d'un seul jet.
En traversant, vis-à-vis du Bain fort, l'Aude, qui forme sur ce point la limite des départements de l'Aude
et de l'Ariége, on passe à côté il'autres sources thermales sulfureuses, de 56 degrés centigrades, dont l'une, qui jaillit du milieu de la montagne, donne un jet de la gros- .seur de la cuisse. Le ruisseau qu'elle forme avant de se jeter dans l'Aude conserve jusqu'à son embouchure une chaleur assez forte pour que les animaux craignent de le franchir. Des sources, on moi^te, par un chemin en zigzag, à
2 kil. (87kiL) Carcanières, v.
de 265 hab., situé à 116 met. à l'O.
de la belle montagne de même nom , sur le sommet de l'arête qui sépare la vallée de l'Aude du vallon de Quérigut. Une route de voitures le relie à
2 kil. (89 kil.) Quérigut (V.
Au sortir de la capitale du Don^zan, la route suit le versant oriental du ravin et s'élève au S. E., par une succession de courbes allongées, vers l'arête de montagnes qui forme la limite des dép. de l'Ariége et des Pyrénées-Orientales. Quand on a atteint le col (1600 met.), où se montrent quelques débris d'antiques forêts, on domine au S. la riante vallée du Capsir, avec ses jolis villages épars çà et là et dominés par leurs églises romanes. A dr. s'élèvent, dans un magnifique désordre , les pics , rarement visités , de Puy de Prigue (2810 met.), la Palm (2474 met.), Carlitte (2921 met.), le Roc blanc (2543 met.), où l'Ariége, la Sègre, la Têt et l'Aude prennent leur source; en face, s'étendent les vastes forêts qui recouvrent
les pentes du groupe de Montlouis;
à g. , se dressent les montagnes .qu'il faut traverser pour aller visiter
les étangs de Nohédas (V. R. 103).
On descend du col par de nom-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
l»reiix zigzags, et, aprC^s avoir laissé à g., à 1458 met. sur un monticule, 7 kil. (96 kil.) Puyvalador (Montagne-sentinelle) , autrefois place fortifiée, du temps des rois d'Aragon, aujourd'hui village insignifiant de 481 hab., on atteint le fond d'un vallon arrosé par un ruisseau abondant. A ro., ce vallon se divise en deux embranchements, dont l'un remonte à dr. vers le liameau de Rieutort, et l'autre à g. vers le village de Fontrabiouse (383 hab.), ainsi nommé à cause d'une fontaine qui, près de là, jaillit du sol en si grande abondance, qu'elle fait marcher deux moulins.
Aussitôt après avoir traversé le ruisseau de Fontrabiouse, on franchit celui de Galba, qui , descendu des vastes espaces neigeux compris entre le Puy de Prigue au S. et le Roc-Blanc au N.. traverse des pâturages désolés, alimente quelques usines près des hameaux de Galba et d'Espesoule, puis, à g. de la route, s'unit au Fontrabiouse, et va, à 1 kil. plus loin, se jeter dans le torrent de l'Aude.
Au delà du pont du Galba, la route, recommençant à monter, contourne la base orientale d'un promontoire assez élevé, franchit un long plateau et descend dans le vallon de la Balcerre à (1481 met.)
5 kil. (101 kil.) Formiguères , V. de 804 hab., ancienne capitale du Capsir, où mourut, en 1324, ^ le roi Sanche, qui en faisait son séjour de plaisance pendant les ardeurs de l'été.
L'église de ce village passe pour la plus ancienne du Capsir. Suivant la tradition, elle fut fondée en 873.
D'après M. Taylor, elle forme un parallélogramme de 18 met. de longueur sur près de 7 met. de largeur,
terminé par une absi<le de o met. de rayon. Elle est bâtie en pierres de granit disposées par assises régulières. L'archivolte de la porte d'entrée se compose de deux arceaux à plein-cintije et en retraite. Les deux côtés de la nef ont près de 7 met.
d'élévation : une corniche légère les sépare de la voûte, qui est ogivale. Tout le reste de l'église est du style roman.
Il fait très-froid à Formiguères.
comme dans tous les autres villages du Capsir. Les habitants ne quittent jamais leurs vêtements de gros drap, et, même au milieu du mois d'août, les veillées sont assez froides pour qu'on allume du feu dans les maisons. On a l'habitude de s'éclairer avec des copeaux résineux de bois de pin. Durant huit mois de l'année, une bonne partie des habitants émigrent de cette région glacée, et descendent dans la plaine pour s'occuper de la vente de leurs produits. A Perpignan, la vente du lait est presque monopolisée par des hommes et des femmes du Capsir.
En remontant le vallmide la Balcerre, on atteint, en 1 h. 1/2, l'étang du môme nom, situé à 1764 met., dans un vallon solitaire, à la base E. de la Côle dd Palm (2474 met.).
Pour aller visiter les étangs de Carnpourel. dominés au S. par les rochers et les neiges du Puy de Prigue, il faut également suivre le vallondelaBalcerrejusqu'à2kil.l/2 de Formiguères , puis pénétrer à dr. dans un vallon latéral, et contourner la base septentrionale de la Côte del Palm. (Aller et retour, 4 à 6 h.)
De FDmuguèrcB à OIette(V. R. i06).
Ausortirde Formiguères, la route
ROUTE 100. FORMIGUÈRES. — LK CAPSIR. ^91
de Montlouis traverse la Balcerre, i gravit la hauteur qui s'élève en face, puis se dirige en droite ligne vers le S. , en restant sur le sommet d'un plateau que recouvraient autrefois de vastes forêts. Elle laisse à g. , à 1 kil. de distance sur la rive g. de l'Aude , le v. de Matnmala (472 hab.); puis à dr., à plus de 2 kil., le V. des Angles (728 hab.):
et descend dans la vallée qui, se recourbant vers l'O. , remonte à Vétang d'Aude, situé à 1 kil. de la rive g. de la Têt.
Après avoir traversé le petit ruisseau de l'Aude, on remonte au S.
vers la ligne de partage des eaux entre les deux bassins de l'Aude et de la Têt, que dominent à g. de hautes montagnes boisées. On traverse la magnifique forêt de sapins de Mate, puis on laisse à dr. un petit lac, et l'on descend par un vallon nu à
10 kil. (111 kil.) llagoTia, v. de 482 hab. , situé sur le rebord d'un plateau au pied duquel coule un affluent lie la Têt. En face , de l'autre côté de la rivière , apparaît la citadelle de Montlouis ; à g. , s'élève la montagne de Caudiès ; à dr., une énorme fissure qui s'ouvre entre des rochers nus et désolés indique la vallée supérieure de la Tôt. Dans les environs de Uagona, on exploite des carrières de granit.
Au delà de ce v., la route continue à longer pendant quelque temps le rebord du plateau, en descend, traverse la Têt , et remonte pour entrer, par la porte de l'O., à
2 kil. (113 kil. ) Montlouit (Hôtels : Jambon, dans la ville; Vaillant, à la Cabanasse, au-dessous de la citadelle), V. forte, située sur un rocher escarpé à 1513 met. de hauteur. Sa population
n'est que de 318 hab. ( 746 avec le reste de la commune) ; mais sa position au pied du col de la Perche , qui commande l'entrée de l'Espagne, et l'étendue de ses fortifications, en font une place de guerre importante. Elle est de fondation récente , les premiers travaux datant de 1681. Après le traité des Pyrénées, Vauban fut chargé d'en choisir l'emplacement, et de donner également les plans de la citadelle.
C'est la ville de garnison la plus élevée et la plus froidede France; la température y est très-basse en hiver, et les plus fortes chaleurs de l'été n'y font monter le thermomètre qu'à 16* cent. , rarement à 18*.
Briançon est moins haut de 207 met.
En vain, dès son origine, un décret a-til accordé des avantages à ceux qui viendraient s'y établir : les rigueurs du climat et l'aridité des" rochers qui l'entourent ont toujours nui à son développement. On n'y compte que huit rues, mais toutes régulières, bien percées et tirées au cordeau. La place principale renferme le tombeau du général Dagobert, sur lequel on a élevé une pyramide de pierre. Une vaste esplanade sépare la citadelle de la ville, dont l'enceinte, forcément irrégulière à cause de la nature du sol, consiste en trois bastions et en deux grandes lignes de communication. Tous ces ouvrages sont entourés d'un fossé, excepté du côté où le rocher est inaccessible. La citadelle, située sur la partie occidentale du rocher que couronnait jadis la vieille four de Castellosa, est à peu près régulière; elle se compose de quatre bastions. Plusieurs milliers d'hommes trouveraient à s'y loger. Au milieu, on a creusé un puits d'une grande profondeur.
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
Montlouis communique avec la rive g. de la Tét par trois ponts, celui de la route de Formiguères (Voy, plus haut), celui de la route de Perpignan (R. 106), et un autre moins important situé en aval des deux premiers. Entre Montlouis et son faubourg de la Cabanasse situé au S. E. jaillit, au pied du rocher, la fontaine ferrugineuse du Four de la Brique. « Les eaux , dit M. Anglada, en sont fréquemment utilisées, et méritent de l'être. »
Au S. de la Cabanasse s'élève une belle montagne nommée Cambrasdosa (2750 met.).
Bm De CATcaskoaae à Moatlowla par Belfori et Rodome.
129 kii. Route de voitures de Carcasgoune à Espezei, 78 kil. Kouie de chars d'Espezel àKûuze, 23 kil. Route de voitures de Rouze à Mooilouis, par Quérigut, 28 kil.
50 kil. De Carcassonne à Fontde-Charla (V. R. 99).
3 kil. De Pont-de-Charla à Quillan
25 kil. D^ Quillan à Espezei
23 kil. D'Espezel à Rouze, Cette partie de la route, aujourd'hui dégradée, a été tracée par Vauban ; elle a servi à transporter les canons à la citadelle de Montlouis ; on y voit encore des ponts en pierre construits à cette époque.
Après avoir quitté la route départementale de Quillan à Belcaire, près du v. d'Espezel, on descend au S. par un chemin tortueux dans l'étroite vallée du Rebenti. On suit pendant quelque temps la rive g. de ce cours d'eau, puis, laissant à dr.
3 kil. (81 kil.) Belfort, v. de 135 hab. , on pénètre dans un aride vallon qu'on voit s'ouvrir du côté
du S. Avantd'eu atteindre l'extrémitf'' supérieure, il faut tourner à dr. h traverser le petit hameau de Meunés pour gagner
6 kil. (87 kil.) Rodome, v. de 578 hab., situé .sur un plateau désolé qui sépare les deux vallées de l'Aude et du Rebenti , et qu'on traverse. Çà et là s'élèvent des mamelons rocheux. On laisse à g. le v. de Fontanès (218 hab.); puis on contourne un promontoire qui domine la vallée de l'Aude du côté de l'O. , en face des prairies d'Escouloubre (Voy. A). Près des ruines d'un vieux château, il faut prendre à 10. et suivre le versant septentrional d'un profond ravin dont le ruisseau forme la limite des départements de l'Aude et de l'Ariége, et qui contient dans sa partie supérieure
9 kil. (9G kil.) Campagna, v. de 354 hab. Là, le chemin, décrivant une forte courbe, traverse le ruisseau, suit le versant méridional du ravin, contourne une colline qui s'élève au-dessus du confluent de la Sonne et de l'Aude, et atteint
5 kil. (101 kil.) Rouze (4G8hab.), premier v. du déparlement de l'Ariége (V. R. 96).
4 kil. (ia'> kil.) De Rouze à Quérjgut(V. R. 96).
24 kil. (129 kil.) De Quérigut à Montlouis (V. A).