ROUTE 102. DE PERPIGNAN A MOLITG
aspecl. il est couvert de sculptures du xi« siècle ; des guirlandes de fleurs, des loups, des ours, des dragons, un lion levant une patte et tenant de l'autre un livre; un bœuf tenant une sorte de feuille sur laquelle on lit : lve.has. etc. »
De Prades à Molilg (R. io2) ; - au Vernel (R. 10'»;; -à .Montlouis(R. io6).
DE PERPIGNAN A MOLITG.
5t» kil. Route de voilures, services» publics.
42 kil. De Perpignan à Prades (V. R. 101).
Au sortir de Prades, on se dirige au N. 0. vers la Têt, que l'on traverse, et dont on longe la rive g.
pendant 2 kil. environ. Puis, la route tournant brus(îuement à g. , on franchit le ruisseau la Castellane, en amont de son confluent avec la Tôt.
3 kil. (45 kil.) CatUar, v. de 688 hab., au delà duquel on n'a plus qu'à longer la rive g. de la Castellane, (|ue dominent de belles pentes couvertes de vignes et d'oliviers. On dépasse l'établissement thermal, et, sur le plateau qui s'élève à dr. , au-dessus de la vallée, on voit
5 kil. (.')0 kil.) MoHtg, v. de .'»80 hab. , situé à 631 met. , à mi-côte d'une montagne bien arrosée et couverte de jardins et de prairies.
ATO., au pied des rochers, coule la petite rivière de la Castellane.
L'ancien château du village, appartenant à la famille de Llupia, a été restauré, et, pendant la saison des bains, les malades et les étrangers y trouvent une table d'hôte trèsbien servie.
Les sources thermales de Molilg ,
au nombre de 10, jaillissent toutes d'une masse granitique, près de l'embouchure du petit torrent de Riel dans la Castellane.
a Avant 1754, un petit bassin carré, encore existant, servait de bassin commun à ceux qui utilisaient les eaux de Molitg. En 1786, le marquis de Llupia, seigneur de Molitg et propriétaire des eaux minérales, fit une petite construction avec six baignoires, desservies par la source qui a conservé son nom.
Depuis lors, l'emploi de ces eaux a graduellement augmenté, et on a utilisé d'autres sources, qui, après avoir eu des propriétaires distincts, appartiennent maintenant à un seul , M. Massia. »
Plus de 400 malades visitent chaque année les bains de Molitg.
Un médecin- inspecteur réside dans le village.
LES EAUX
Eau thermale sulfureuse.
Connue depuis le xviii* siècle.
Émergence : Du terrain primitif.
Onze sources . réparties entre les établissements Llupia et Massia, et désignées en général par des numéros ou d'après leur emploi en bains, douches, etc.
Delyit en 24 h. : S. n" 1 , Llupia, 734 hectol. (Bonis).
Température : De 38* S. n" 1 , Llupia, à 21»,8 S. Riel (Bonis).
Caractères particuliers : Eau limpide, devenant louche au contact de l'air prolongé (n' \), très-onctueuse au toucher, dégageant des bulles de gaz (azote, oxygène, acide carbonique) , odeur sulfureuse légère , saveur sulfo-alcaline , dépose de la glairine.
Veux établissements convenable
ITINÉRAIRE DES PYRENEES
ment aménagés pour buvettes, bains, (louches.
Servie* médical : Un raédecin-inspecteur.
Emploi : Boisson, pure ou coupée avec du lait; bains, douches, houes et conferves en topiques.
Effets physiologiques : Action spécifique sur la peau et sur les muqueuses, excitation assez vive.
Ne se transporte pas.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de soufre.
Analyse (Rouis.)
S. Mastia.
Eau 1 lit.
Sulfure de sodium o,Oi<i!2
Carlionatc de soude 0,00<t8
Soude.. 0,04iO
Silice 0,0^70
Su I Pu te de soude o,oi50
Chlorure de sodium OjCiW
Chaux \
Magnésie . [ o,0030
Sulfate de chaux /
Matière azotée. . 0,02io
Hibliografthie : Bouis , eaux minérales sulfureuses de Moliig Perpi-
goan, ig(ii : in-8. — Filhol , eaux minérales des Pyrénées. Paris, 1853; in- 12 — Annuaire des eaux de la France, 2* partie, 1853.
Sur la montagne aride située en face de Molitg , de l'autre côté de la Castellane, se dressent les ruines du château de Paracols, qui d'après une légende d'origine phénicienne, aurait été fondé sur un espace de terrain circonscrit par la peau d'un bœuf coupée en lanières. C'est là que naquit, dans le xii* siècle, le troubadour Bérenger de Paracols.
On peut aussi visiter, aux environs (le Molitg, les ruines de ISotre-Dame de Corbiac (V. R. 103).
DE MOLITG A QUERIGUT.
-/. Par Hosset.
!> h. de nuivlie. .Sentier de montagnes. Guide indispensable. Les détails ciincernani celte loute sont pui.scs en rnajeurt' partie dans l'ouvrage de M. de Cliausenque.
.Vu (ieh\ de Molitg. on remonte le monotone vallon de la Castellane. en suivant la rive g. du torrent, et bientôt on dépasse la région des vignes, pour entrer dans une zone moins méridionale, où le thym . la lavande , la santoline et beaucoup d'autres plantes aromatiques, tapissent les collines pierreuses. On passe près des ruines du monastère de Notre-Dame de Corbiac et du château de Pierre de Corbiac, troubadour distingué du xiir siècle ; puis on atteint
4 kil. Mosset, b. de 1257 hab., situé sur la rive g. de la Castellane, à l'entrée d'un vallon qui remonte vers le N. C'est ici l'extrême frontière septentrionale du patois catalan ; sur le versant opposé des montagnes qui dominent Mosset, les paysans parlent la vieille langue limou.sine ou romane à peu près dans sa pureté primitive.
Aux environs de Mo.sset , on exploite des carrières de marbre.
Au-dessus de Mosset, le vallon remonte à l'O. , et on en suit les contours sur le versant septentrional, entre les montagnes nues du Hoc de Lescales, qui la dominent du côté du N., et la grande forêt de Selvanera (Forêt Noire), qui recouvre les pentes du pic d'Orbania, du côté du S. Après avoir traversé plusieurs torrents, on passe sous une butte qui porte la tour ruinée
ROUTE 103. DE MOLITG A QUÉRIGUT.
de Mascaria; puis, en remontant par un .sentier rempli de pierres écroulées, on arrive sous un second monticule où s'élèvent quelques pans de murs de l'ancien couvent de
8 kil. (12 kil.) Monastij. Lh, on laisse à g. le vallon principal, et, prenant à dr. un vallon latéral tout parsemé de blocs, on monte par une pente rapide et fatigante jusqu'au col de la Marguerite ou de Djaou, qui sépare le département des Pyrénées-Orientales de celui de l'Aude. « A l'E. , on voit la gorge nue de la Castellane, avec ses hauteurs arides, où les nombreuses saillies de granit apparaissent sur la cime des buttes comme autant de ruines crénelées, descendre vers le bourg de Mosset, dont on distingue encore parfaitement les maisons; à 1*0. , au contraire, se montre la charmante combe de Laparut, où des eaux vives se cachent sous les .sapins pour reparaître dans les clairières et se perdre de non veau sous l'ombrage. »
On descend dans cette combe, dont les eaux réunies se dirigent au N., et vont, sous le nom de Guette, faire mouvoir les importantes usines de Roquefort (V. H. 100), puis, remontant à l'O. par un magnificpie l)oisde sapins, on gravit une terrasse herbeuse appelée Fia de la Galline, d'où, en se retournant, on jouit d'une vue magnifique sur les plaines du Roussillon. Au dessous, a le fond de Laparut apparaît dans toute sa grâce charmante, et, par delà le col de la Marguerite qu on vient de traverser, le regard s'étend jusqu'à la Méditerranée. Au dessus de la vallée de la Têt, qui s élargit et va se perdre dans la plaine, se montrent les premiers chaînons des Pyrénées, dominés parla triple cime
du Canigou; à côté de son immense promontoire se blottit l'humble chatnon des Albères, qui va mourir sur les rivages de Port-Vendres. »
En s'éloignant de la terrasse de laGalline, on contourne les flancs septentrionaux de la montagne de Carcanières,et, sans suivre de direction fixe ni de sentier tracé , on atteint facilement une autre terrasse appelée Pla de la Madré (plateau de la Mère). Le panorama est différent; ce ne sont plus les plaines brûlées du Roussillon dominées par le blanc Canigou : on découvre des vallons noirs de sapins, qui descendent au N. vers l'Agly, le chaos des Corbières, toutes sillonnées de vallées courtes, sinueuses et profondément encaissées, et plus loin, les vertes plaines du Languedoc.
Les régions qu'il faut traverser au delà du Pla de la Madré consistent en grands pâturages parsemés de monticules, et dominés, tantôt par des bois de sapins, tantôt par des pentes neigeuses; sans guide, il serait facile de s'égarer et de descendre dans le vallon d'Escouloubre, qu'on voit s'ouvrirau N. 0. (V. R. 100). Arrivé en vue de ce vallon , il faut continuer à contourner les flancs du Carcanières, jusqu'à ce qu'on domine enfin la vallée de r.\ude qui se dirige du S. au N. entre des parois de montagnes escarpées. Rien d'aride et de désolé comme la gorge de ce torrent ; vers son origine seulement , le bassin vert de Formiguères et de Puyvalador attire et repose un peu le regard. Plus haut apparaissent les noires montagnes des Angles , où la route de Montlouis se perd sous les sapins pour passer sur le versant de la Têt.
On descend des pentes rapides tellement couvertes de genêts que
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
Je sol disparaît parfois sous un voile d'or; puis, traversant une forêt de hêtres, on arrive sur les bords de l'Aude qu'on franchit sur un frôle pont de bois, appelé pont du Marchand, et formant la limite des départements de l'Aude et de l'Ariége.
« Ce site est un des plus sauvages que l'on puisse imaginer; on ne voit que des eaux écumeuses grondant contre leurs rives , et des berges escarpées où les arbres implantent çà et là leurs racines sur les aspérités des rochers. » Le pont franchi, on n'a plus qu'à monter par un sentier rapide sur le versant occidental de la vallée , et à traverser un petit plateau pour redescendre dans le vallon de (^léri^t (V. R. 96).
B» P*r les étMngm de IVohéd«K.
10 h. Sentier de montagnes.
Plusieurs sentiers difficiles conduisent de Molitg aux étangs de Nohédas. Le meilleur est celui qui , partant du château de Paracols, traverse un petit ruisselet coulant au S. du château, gravit les hauteurs calcaires dont la crête, jadis boisée , sépare la vallée de la Castellane de celle de l'Orbania, et, après avoir contourné un pic situé sur le sommet de la côte, descend à Conat ( 388 hab. ) , situé au confluent des deux vallons. L'église de ce village , du style roman , est encore parfaitement conservée ; on y remarque surtout les élégants chapiteaux du portail,
A une faible distance des habitations, sur la rive dr. du ruisseau, coule un filet d'eau minérale ferrugineuse , désigné dans le pays sous le nom deFon d'Aram (Fontaine de cuivre).
Laissant à dr. une deuxième source minérale sur le flanc d'une montagne que domine la petite chapelle de Sainte-Marguerite, et le vallon qui remonte au N. 0. vers Orbornia , v. de 436 hab. , où jaillissent deux autres sources de même nature, on suit le vallon de l'E. , qui s'élève vers Xohédas (326 hab.). On longe d'abord le versant méridional, puis, passant sur le versant opposé, on traverse plusieurs groupes épars de maisons qui composent la commune. Au delà d'un moulin situé sur le torrent, on commence à entrer dans les solitudes des montagnes , et l'on ne voit plus que des granges isolées au milieu des pâturages. On laisse à dr. un vallon qui remonte au N., puis, à gauche, un autre vallon au-dessus duquel apparaît un col que prennent les montagnards pour descendre à Olette (V.R. 106) parle vaUon d'Évol; et, suivant toujours le ruisseau principal, on arrive enfin, après une marche de 4 à 5 h. depuis Molitg, aux Oourg* ou Gouffres de Bfohédas. Le premier n'esl qu'un petit étang où s'accumule le trop-plein des lacs supérieurs , situés presque mmédiatement au-dessus.
L'un, connu sous le nom d'Eitalat (Ktoilé), situé à 2110 met., a la forme d'un parallélogramme; l'autre, plus élevé, est presque rond et a reçu , à cause de sa belle couleur, le nom d'étang Bleu. En franchissant le petit col de l'arête, qui s'élève au S. de ces étangs, un atteint bientôt le bord du goury Noir, le plus grand et le plus remarquable de tous (2081 met.). Jl se trouve situé dans un vaste entonnoir, ouvert seulement du côté de l'E. pour laisser un libre pasnage aux eaux, et reçoit une