ROUTE 108. DE PERPIGNAN A AMÉLIE-LES-BATNS —CÉRET
foule éperdue, quand soudain i>araît La Union. Il avait été retardé par la crue non encore écoulée des torrents, et, au bruit de lattaque qu'il avait pu entendre, il était revenu sur ses pas. La partie n'était plus égale: aussi, se lancer sur le pont et le dégager, puis refouler les assaillants sur les hauteurs, fut l'affaire d'un moment.
« L'élan des Espagnols fut tel (ju'en quelques heures trois redoutes défendues par nos soldats, puis Saint-Ferréol lui-même, furent emportés. Nous laissions surplace huit pièces de canon, une cinquantaine de morts, plusieurs centaines de blessés, et un grand nombre de prisonniers. Cette journée fut pour les Es[)agnols une des plus brillantes de la campagne. »
Après avoir descendu une côte peu élevée, on atteint, un peu en aval de l'embouchure du ruisseau Ruycerda, le
8 kil. (30 kil.) Pont df Céret, qui relie les deux rives du Tech, assez large en cet endroit. « C'est, dit M. Mérimée, une construction hardie et gracieuse. Une arche de 4.^ met. d'ouverture traverse un ravin profond; on dirait de loin im ruban jeté au-dessus d'un précipice.
La voûte est extrêmement mince à la clef, mais des garde-fous élevés (c'est une réparation moderne) ne permettent pas d'abord de le remarquer, et nuisent à l'effet général.
Ce pont, fort étroit comme presque tous les ponts très-anciens , ne donne passage qu'à une .seule voiture; encore ne faut-il s'y en^^ager qu'avec précaution. L'arche s'appuie sur deux massifs de maçonnerie dans le haut desquels on a pratiqué des ouvertures cintrées assez étroites, qui n'ont sans doute d'autre but
que d'alléger ces massifs; car le torrent ne s'élève jamais jusqu'à elles. Il est à regretter que des remblais n'aient pas caché ces massifs avancés, qui ôtent au pont de Céret un peu de sa grâce et de sa légèreté. »
La distance de la clef de voûte au niveau des eaux ordinaires est de 29 mot. Comme tout monument dont la date est inconnue, ce pont a exercé la sagacité des antiquaires :
les uns. avec M. Jaubert de Pas.sa.
prétendent qu'il fut bâti par les Visigoths; les autres en retardent la construction jusqu'à l'époque des rois de Majorque : quant au peuple, il tranche la difficulté en affirmant que le diable l'a jeté en une seule nuit sur le Tech. Réparé en 13-33 ou 13'4l, par les maçons de la commune de Baixas, il fut consolidé pour la seconde fois en 1739. Jadis, une chapelle fortifiée s'élevait à l'une de ses extrémités.
Au delà du pont de Céret, la route se bifurque. Le bras de g. se dirige au S. sur
1 kil. (31 kil.) Céret, Ceredisium du temps de Charlemagne, cheflieu d'arrondissement des Pyrénées- Orientales, V. de 3488 hab., située à mi-côte sur le versant septentrional de la chaîne nue des Albères, dominée au S. par le Mnnt-Bouleric (103.5 met.) et le pic de Foun-Frède (1061 met.), à ro. desquels s'étend le Bosc de Ja Bile.
En l'année 1660. les commissaires de France et d'Espagne s'assemblèrent à Céret pour la délimitation des frontières, aux termes de l'article qui fixait pour limites a les monts Pyrénées qui avaient anciennement divisé les Gaules des Espagnes. » Le savant Marca, commissaire de la France . établit . par les témoignages
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
de l'antiquité, quelles avaient été les anciennes limites : les commissaires espagnols, craignant l'érudition de Marca, firent plusieurs difficultés, refusèrent de siéger avec lui , et obtinrent la nomination d'un nouveau commissaire moins savant.
Les 29 et 30 avril 1794, le pont et les gorges voisines de Céret furent enlevés par un détachement de l'armée des Pyrénées-Orientales, sous les ordres du général Dugommier.
10000 Espagnols furent repoussés par 3000 Français.
Céret est encore entourée en partie de hautes murailles flanquées de tours. Une belle promenade bien ombragée a remplacé les anciens fossés. Les rues sont généralement étroites et mal percées. L'église, de construction moderne, n'offre aucun intérêt. Dans un faubourg, on remarque au milieu d'une place une assez belle fontaine en marbre blanc.
De Céret aa Ferthas.
13 kil. Route de voilures.
Au sortir de Céret, on se dirige à l'E. , on traverse le ruisseau la Nogarède, puis on incline au N. K.
pour contourner les dernières ramifications des Albères. Après avoir atteint le point culminant de la route (135 met.), on redescend vers le S. E., à
h kil. Maureillas,\. de 1047 hab., situé sur la rive dr. du ruisseau du même nom. Au delà, il ne reste plus qu'à franchir une étroite arête de collines, et à traverser le Rome pour atteindre
3 kil. (8 kil.) la route d'Espagne, au-dessous de l'Écluse-Basse (V.
R.lll).
5 kil. de rÉcluse au Perthiis (V R. 111).
Au delà du pont de Céret, la route d'Arles remonte la rive dr. du Tech.
En fai.sant un petit détour à dr. , on peut visiter en amont du ])ont actuel ((uelques vestiges d'un ancien pont romain. Les ruines d'une église, située à peu de distance, font supposer qu'il existait autrefois sur ce })oint un centre de population assez considérable. Bientôt on traverse le ruisseau de Baillene, puis on laisse à dr. une vallée qui remonte au N. 0. vers les hauteurs de Belpnig , et l'on arrive en face de l'antique et pittoresque v. de Pa/afda (7K3 hab.), qui, situé sur la rive g. du Tech, est réuni à la rive dr. par un vietix pont. Des fouilles entreprises près de Palalda ont fait découvrir un grand nombre de médailles celtibériennes. On y exploite des carrières de marbre gris et rouge.
Après avoir dépassé Palalda, la route, suivant les sinuosités du Tech, fait un brusque détour vers le S., puis un autre vers l'O. , et, gagnant la base de la colline escarpée qui porte le Fort-les-Ba j'ns, traverse le ruisseau du Mondony, un peu en aval de
8 kil (38 kil.) , Amélie -lei-Bains (Logements aux établissements thermaux et dans les maisons voisines), V. de ,'>74 hab. , connu autrefois sous le nom de Arles-les-Bains, Buinssur-Tech, Bains d'Arles, situé sur la rive g. du Mondony, à 200 met.
de hauteur moyenne au-dessus du niveau de la mer et dominé par la colline du Fort-les-Bains. Son origine n'est pas fort ancienne; en effet, c'est seulement dans le xiv siè cle que des maisons commencèrent à .s'v bâtir. Ses habitants furent at.