ROUTE 108. AMÉLIE-LES-BAINS
tirés tout à la fois par les travaux des mines de fer et par le voisinage des eaux thermales; aussi, le village est-il resté divisé en deux groupes distincts : l'un, près du Tech, autour des forges ; l'autre plus haut , dans la vallée du Mondony, autour des établissements de bains. Les habitants du haut villageont, dit-on, les dents noircies par les exhalaisons sulfureuses du sol, tandis que les habitants des maisons situées plus bas conservent leurs dents parfaitement manches.
L'édifice thermal, beaucoup plus ancien que le village, date certainement des Romains. « La seule partie bien conservée qui existe encore de nos jours, consiste, dit M. Henry, dans la salle où se trouvait le laracrum, vaste parallélogramme orienté E. et 0. , de 20"* ,40 de longueur sur 12 met. de largeur et 11", 20 de hauteur sous la clef de la voûte, qui est en i)lein-cintre.
Le long des murs latéraux s'ouvraient , de chaque côté, deux niches de 2", 80 d'ouverture, 3'",o0 de hauteur et 0",95 de profondeur au centre , séparées entre elles par un enfoncement carré de même hauteur et même profondeur que les niches, mais plus larj^e de 10 cent.
Une niche beaucouj) plus considérable remplissait presque tout le mur du fond; celle-ci avait 7"", 10 d'ouverture, 6 met. de hauteur et 1 met. de profondeur au centre.
Ces niches latérales étaient peutêtre pour des baigneurs particuliers, comme on le voit dans les thermes antiques, et dans celle du fond devaient être des banquettes pour la commodité des baigneurs qui voulaient se reposer ou déposer leurs vêtements. Le lavacrum, qui s'étendait au centre de cette
salle , presque entièrement converti depuis en cabinets particuliers, avait 16 met. de longueur et 8", 43 de largeur; .sa profondeur, qui était de 2 met., prouve qu'il servait en même temps de piscine^ c'est-à-dire qu'on pouvait s'y livrer à l'exercice de la natation*» moyen de gymnastique bien précieux au milieu d'une eau thermale dont l'action devait être rendue encore plus puissante et plus efficace pai le déploiement musculaire qu'exige cet exercice. Cinq marches régnant le long des quatre faces de cette piscine conduisaient jusqu'au fond, en même temps qu'elles offraient aux baigneurs des sièges qui leur permettaient d'immerger leur corps jusqu'à la hauteur qu'ils désiraient.
Le fond de ce bassin était pavé en petites briques de 0"',0fi8 de longueur sur 0™, 40 de largeur et O^jOlS d'épaisseur, posées de champ, obliquement, en manière de grains d'épis : opus spicutum. A côté, se trouvait une grande salle servant de sudatorium , et qui , par la chute de la voûte, est transformée aujourd'hui en une cour intérieure de l'établissement thermal. D'airtres constructions antiques se voient partout aux environs, et dans ce nombre il faut compter les murs de léglise même, qui, s'élevant à côté de l'établissement , a dû originairement en faire partie. Des médailles impériales ont été fournies en abondance par le sol de ces environs.
Un aqueduc creusé en partie dans le roc, sur la pente de la montagne, amenait à l'établissement romain les eaux du ruisseau Mondony, où se voit encore le mur de barrage qui tenait le cours de ces eaux au niveau du canal : c'est à ce barrage qu'on donne . fort bizarrement ,
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ITINERAIRE DES TYTKfMF.S.
dans le pays, le nom de mur d'Àn-
nibal. »
En 786. Charlemagne fit don des bains d'Arles au couvent des Bénédictins d'Arles, et des édits subséquents de Charles le Chauve, en 869, et de Louis II. en 878, confirmèrent 'cette donation. Pendant la Révolution , les Thermes devinrent la propriété de la petite commune d'Arles -les -Bain s, qui les conserva jusqu'en 1813, époque à laquelle ils furent vendus à un particulier, M. Hermabessière. Ce nouveau propriétaire transforma graduellement les antiques piscines en un établissement thermal un peu plus confortable. Depuis, un étiblissement rival, connu sous le nom de Thermes Pujadc, a été construit plus en amont que les Thermes Hermabessière , au pied des escarpements rocheux de la Serrât den Mnle . .\ 11k met. audessus du niveau de la mer. Au premier coup d'rpil, cet établissement seml)le n'être formé que d'un seul corps de logis de cinq étages d'élévation ; mais il se compose en réalité de deux édifices distincts :
l'inférieur, bâti parallèlement à la rivière, constitue les thermes proprements dits ; le supérieur est la maison d'habitation destinée au logement des baigneurs.
La maison des Thermes Pujade a deux étages, non compris le rez-dechaussée qui renferme une vaste galerie, le long de laquelle s'ouvrent treize cabinets de bains , éclairés par autant de croisées prenant jour sur le Mondony. Au premier étage '^e trouvent neuf cabinets , ayant chacun sa l^nignoire en marbre . un salon d'attente et une chambre, donnant sur une terrasse. An deuxième étage, on oompte sept
chambres , un salon , une chambre sulfuraire et un cabinet de bains.
En outre , l'établissement renferme des chutes d'eau de 8 à 9 met. de hauteur; de grands réservoirs voûtés creusés dans le roc:
douze douches de 2 à 6 met. d'élévation , qu'on peut graduer en température , en volume , en pression , et une piscine gymnastique due à l'ingénieur François, pouvant contenir soixante personnes , et où l'on admet successivement trois séries de malades. Cette piscine, à courant continu et à trop-plein facultatif oflre 4 met. de longueur sur 7 de large, le fond présentant un plan mobile de 1"',40 d'inclinaison, avec une profondeur effective de U",80. L'eau minérale, dont la température native est de 63» cent., est refroidie par serpentinage, l'appareil qu'elle traverse plongeant dans l'eau froide d'un ruisseau détourné, opération pour laquelle on a utilisé l'ancien mur d'Annibal.
Un escalier, parfaitement éclairé et bien clos, relie la maison des thermes à la maison d'habitation.
Ainsi les malades peuvent se rendre aux galeries des bains et aux cabinets de vapeur et rentrer dans leurs appartements sans s'exposer à l'air extérieur.
La maison d'habitation se compo.se d'une grande salle à manger, d'nn salon, d'une pharmacie et de deux étages contenant trente chambres; les appartements du premier étage conduisent de plain-pied à deux terrasses garnies de balustrades. On y trouve en outre trois cuisines communes à la disposition des personnes qui, par économie ou par d'autres motifs , désirent vivre séparément et jiréparer ellesmêmes leurs aliments. Deux tables