‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 348 sur 382 · ROUTE 108. AMÉLIE-LES-BAINS · texte numérisé non relu

ROUTE 108. AMÉLIE-LES-BAINS

d'hôte sont servies tous les jours pour les baigneurs, qui ne sont point obligés d'y assister; tous ceux auxquels un régime particulier à été prescrit ont la faculté de se faire servir séparément et dans leurs chambres. On trouve aussi dans ce corps de logis un billard et un salon de lecture. Enfin le médecin , M. Pujade , est logé dans l'établissement môme.

a La station où coulent nos sources étant la plus basse et la plus méridionale de toutes les stations thermales des Pyrénées, il en résulte, dit M. le docteur Pujade dans son prospectus, que la température y est beaucoup plus douce , ce qui permet aux baigneurs, nonseulement de prolonger leur séjour à nos bains plus qu'à l'ordinaire, mais encore d'y venir faire usage des eaux au cœur de l'hiver.

a l 'air qu'on y respire est pur et sain, étant sans cesse renouvelé et rafraîchi par une brise légère qu'entretient, durant l'été, le cours rapide des eaux du Mondony.

« Des jardins en amphithéâtre, plantés d'arbres et d'arbustes agréablement distribués pour les promenades et l'ombrage; des terrasses et des parterres qu'embaument les roses, les lavamles et les romarins; des vergers et des vignes garnis d'arbres fruitiers de toute espèce, entourent les nouvelles constructions et forment autant de belvéders d'où l'amateur peut examiner en détail les beautés pittoresques de cette localité pyrénéenne.

« En effet, il voit k ses pieds le litencai.ssé et sinueux du Mondony, dans lequel roulent, en mugissant, les belles eaux de ce gave redoutable. Supérieurement , etM'entréede la gorge de Mnntalbn , on voit ces

mêmes eaux franchissant l'indestructible muraille d'Annibal, et se l)récipitant en cascade, d'une hauteur de plus de 10 met. : de chaque côté s'élèvent des rochers taillés à pic et inabordables ; de hautes montagnes aux crêtes abruptes et déchirées, formant des précipices ou singlas, des anfractuosités , des déchirures, des moraines, ou clapissps, et enfin, l'antre, la gorge sombre et profonde que nous venons de

signaler.

a Un étroit sentier conduit à la grande cascade et au centre de ce sauvage et ténébreux détroit. C'est de ce point rapproché que le voyageur qui. au premier abord, nV vait vu qu'un vaste rocher dénudé et parsemé de saillies en surplomb, peut distinguer des paliers, lieux de repos, 'des cavités, des encaissements remplis déterre et couverts de jolis arbres et arbustes méridionaux , tels que le laurier, l'arbousier, le grand houx, le pistachier sauvage , le micocoulier, le laurier-thym, le grenadier, etc., etc.

a D'autres chemins, bordés d'arbrisseaux pyrénéens, traversent, en serpentant , nos jardins et parterres , et vont aboutir à la promenade communale, ainsi qu'au chemin qu'a fait construire le comte de Castellane pour l'agrément et la commodité des baigneurs, qui ont l'a- I vanlage de parcourir, sans trop se fatiguer, les flancs verdoyants et accidentés des montagnes voisines, et darriver aux deux points culminants, dits la Serrât den Merle et h Serrât de las Fourques, desquels points l'œil embrasse à la fois une partie de la vallée d'Arles, si riante et si pittoresque, les sites variés (jui entourent les bains, et les hautes et gigantesques cimes du Cani-

gou. Enfin, dans cette excursion salutaire, le baigneur rencontre successivement un pavillon, une pyramide en granit , la fontaine de la Madona et un jardin récemment mis en culture par une compagnie de grenadiers du 67' régiment de ligne , en garnison à Fort-les-Bains, Dans ce jardin se trouve un siège circulaire qui commande une vue délicieuse sur les coteaux boisés «lu voisinage et invite à se reposer quelques instants.

m. Les nouveaux bâtiments des bains ont aussi leurs heureuses perspectives : de la terrasse supérieure et du 2* étage de la maison d'habitation, on a déjà la vue du vallon et celle des collines tai)issées de vignobles et d'oliviers qui l'avoisinent; dans le lointain, le village de Palalda se montre en amphithéâtre, au milieu de ses jardins potagers; au N. , et sur un chatnon cultivé, se présente le fort dominant une portion de la belle vallée du Tech, ainsi que la route qui longe la rive dr. de cette rivière ; enfin, on distingue plus loin et dans la môme ligne le hameau de Montbolo , couronnant une belle montagne boisée et renfermant dans son sein des mines de fer et de plomb. »

Sur la rive dr. du Mondony, à peu de distance des Thermes Pujade , s'élève l'éUblUtement militaire f nouvellement construit, et relié à la rive g. par un beau pont précédé dun viaduc. Les eaux qui l'alimentent franchissent une distance de 376 met., en rachetant une hauteur verticale de 27 met. , sans éprouver maintenant d'altération , et ne perdent plus une seule de leurs propriétés pendant leur trajet du griffon aux bains. Cet établisse-

ment possc«le une piscine pour les soldats, à 40 places, avec 6 baignoires et douches annexées. 8 grandes d(iuches et des douches ascendantes; une piscine pour les officiers, h 30 places, avec 8 baignoires, 4 grandes douches jumelles, une douche à forte pression avec douche écossaise ; enfin , une série de douches mobiles, annexées aux baignoires, et extrêmement variées.

Ce sont les Thermes militaires de France qui peuvent recevoir la |)lus grande quantité de malades.

LES EAUX

Eau thermale, sulfureuse.

Connue dès l'époque romaine.

Émergence : De rochers feldspathiques.

Douze sources principales, dont les plus importantes sont : le Gro.s- Escaldadou (appartenant à l'État); S. des bains Hermabessière , S.

Arago (S. Villasèque d'Anglada) , S. Amélie ou S. Noguère, S. Manjolet, S. Anglada.

Débit en 24 h. : Gros-Escaldadou , environ 10000 hectol. ; S. Arago, Anglada, Amélie réunies, environ 2400 hectol.

Température : au griffon, Gros- Escaldadou 61 M , S. Arago 61*,f), S. Hermabessière 61», S. Amélie 48»,7, S. Manjulet, à la buvette 43'».

Caractères particuliers : Généralement claire et limpide au griffon, déposant beaucoup de glairine diversement colorée suivant les sources.

Service médical : Un médecin-inspecteur.

Emploi : Boisson, deux à cinq verres, pure ou coupée avec du lait, etc. ; douches de toutes sortes, piscines, salles d'aspiration.

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