DE PERPIGNAN A FIGUERAS PAR LE PERTHUS ET LA JUNQUERA
38 kil. jusqu'à la Junquera. 3 h. De la Junquera à Figueras. Route de poste.
22 kil. De Perpignan au Boulou
Au sortir du Boulou, la route d'Espagne laisse à dr. celle d'Amélie-les-Bains (V. R. 108), descend de 15 met. pour atteindre le bord du Tech , franchit cette rivière près des moulins de la Barque , sur un pont situé à 68 met. d'altitude, et, gravissant une petite côte , vient se réunira la route d'Argelez et de Collioure(V.R.112).Bientôtaprès(2kil.
du Boulou) . elle traverse à 90 met.
de hauteur un petit ravin connu dans le pays sous le nom de Carhassal ou de Correch de San Marty.
Ce ravin, qui remonte à l'E. vers le pic Estelle, haut de 317 met., sépare le territoire du Boulou de celui de Saint -Martin de Fenouillay hameau situé au S. O.
Plusieurs filets d'eau alcalino-ferrugineuse, qui sourdent des deux côtés du ravin, appartiennent à l'une
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ou à l'autre commune , selon leur situation. Quelciues - unes de ces sources sont utilisées dans un petit établissement construit tout près de la route, sur le versant méridional du ravin , auniessous d'un bois de chênes verts.
Après avoir dépassé le Correch de SanMartv, la route se rapproche du ruisseau'de Rome, dont elle remonte la vallée, laisse à dr. sur le bord de ce ruisseau l'église de Saint- Martin de Fenouilla . puis, changeant de direction en même temps que la vallée, se dirige au S. E. A 131 met. de hauteur, près du moulm d'en Fourcanade, elle se réunit à la route de Céret (V. R. 108). Laissant alors à dr., de l'autre côté du ruisseau, VÉchise Basse, antiques fortifications consistant en quelques tours Uées par des pans de murs, on franchit deux petits ravins, et l'on i>asse à côté d'un vieux mur nommé VÉcluse delMitg (Écluse du Milieu), avant d'atteindre, à 230 met. (6 kil du Boulou, •)« kil. de Perpignan), les derniers débris de l'Ecluse Haute, qui font face aux ruines appelées Château des Maure».
Ces restes antiques, désignés dans les anciens titres sous les noms de Clus.r et de Clausurjp Spaniar (Portes d'Espagne), sont principalement mentionnés dans l'histoire de la révolte de Paul contre Wamba , roi visigoth d'Espagne. C'est de là que, en 673, le rebelle écrivait à son roi qu'il voulait se mesurer avec lui ; mais, quand Wamba s'approcha à la tête d'une armée, il n'osa pas tenir son défi, et s'enfuit jusi{u'à Nîmes, où il fut fait prisonnier.
Quand on a dépassé le château des Maures . on monte par une côte assez rapide jusqu'à 290 met. de hauteur . puis . après avoir traversé
le ruisseau de Rome , sur le pont (lu Perthus, lais.sant à g. le vieux pont . on entre au
:Uil. (3lkil.)Ferthu.,v. de975 hab. , ainsi nommé parce qu'il est situé sur la frontière entre deux talus qui forment comme un perf«u pour pénétrer de France en Espagne. Sa hauteur au-dessus de la mer est de 290 met. Avant d'arriver à ce V.. on a vu depuis longtemps le fort de Bellegarde qui le domine à 10.. au sommet d'une colline en pain de sucre haute (le 420 met. C'est là que smvant toute probabilité se trouvaient autrefois les trophées de Pompée, consistant en une tour carrée, dont les inscriptions célébraient les victoires de Pompée sur Sertorius et la conquête de 87 6 villes d'Espagne.
Jules César, après avoir vaincu dans la péninsule ibérique les heutenants de l^ompée, voulut à son tour élever au môme endroit un monument de son triomphe; mais, par une feinte modestie, il se contenta d'y faire bAtir un énorme autel de pierre.
Les rois d'Aragon convertirent la tour de Pompée en une forteresse.
Les Espagnols s'en emparèrent ^n 1674; mais dès l'année suivante elle était reprise par les Français sou»
les ordres du maréchal de Scliomberg. Louis XIV, après la paix de Nimègue, en 1679, en fit faire une place réguUère. composée de cinq bastions, en partie UiUée dans le roc. avec une belle place d'Armes.
En 1793, le fort de Bellegarde fut pris par les Espagnols, après un siège de quarante jours, et repris, en 1794, par le général Dugommier; 1100 prisonniers, 70 canons et 40 milliers de poudre furent le résultat de celte journée.