ROUTE 111. DE PERPIGNAN A FIGUF.HAS
Dans un des bastions de l'enceinte supérieure de la forteresse on voit un puits de 64 met. de profondeur , creusé dans le roc et recouvert par des casemates à l'épreuve de la bombe. Al'O. du fort, s'ouvre le coi de Panissas. plus £ré<iuenté que celui de Perthus pendant le moyen âge, mais aujourd'lmi rendu impraticable par le génie militaire, dans rintérèt de la défense de la frontière. Au S. «lu fort, et à lOD met. plus bas. se montre un petit fortin, au delà duquel commence le territoire espagnol. C'est là que les médecins Hailly. Pariset et François firent leur quarantaii e . en 1821 . à leur retour de Barcelone où ils étaient allés étudie: et comUltre la fièvre jaune, et i II ils laissèrent leur quatrième corii|tagnon, le jeune Mazet, au noi:il»re des victimes.
A 6 kil. à TE. du Perthus. à l'origine de la vallée de Home, au pied du pic de Llobregat, s'élève l'église de Saint Martin d'Albéra, très petit monument que M. Taylor cite comme un modèle en miniature des églises romanes.
Après avoir dépassé les deux bor nés en marbre qui marquent les frontières de la France et de VKipague, on descend, sur le versant méridional de la chaîne, dans la vallée du Llobregat, à travers un pays désolé, parsemé de rochers et planté çà et 1?» de chônes-liége au feuillage sombre. A l'E., on voit séiever sur la lignes de frontière le sommet du pic de Llobregat '(924 met.), dominé lui-môme par lepic des Trou- Termes (1 129 met.) , situé plus auîN. (V. R. 112). Bientôt on arrive, en suivant la rive g. du Uobregat, à
7 kil. (38 kil.\ in Jnnquern . pre-
mier V. espagnol situé dans un vallon marécageux et rempli de roseaux : de là son nom. Les Romains l'appelaient Campus Jun-
cnrius.
Continuant à longer la rive g. du Llobregat , qui coule dans la direction <lu N. auS., on passe 5 côté du pont de Cammany et de la Montagne tioire, où fut hvrée, en 1794, une bataille sanglante, dans laquelle périrent les généraux en chef des deux armées . Dugomniier et La Union, et qui se termina par la déroute des Espagnols.
On traverse le Llobregat . puis, ati pont «le Mollins, la Muga, pour atteindre
3 h. de la Junquera, Pigucra»
(Hôtel Dessaya , fonda del Corner cio) , l'ancienne FtVarî5, ville aux rues étroites . contenant une population de 83.i2hab., et située sur le penchant d'une coUme aplatie,, au-des.sus d'une plaine marécageuse et malsaine, arrosée au N.
par la Muga, à l'E. par le Uobregat. au S. par le Manol. Du côté de l'O. seulement, s'élèvent quelques hauteurs couronnées de pins, derniers contre-forts des Albères; de tous les autres côtés, la ville est entourée de rizières et de champs d'oliviers. .
Comme toutes les places frontières, Figueras a souvent été pme et reprise. La citadelle, appelée San Fernando, parce qu'elle fpt construite sous le règne de Ferdinand VI. peu de temps avant la Révolution française . a été copstruite au-dessus de la ville dans le roc vif, en forme de pentagone régulier, et contient de magnifiques arsenaux et d'autres moyensde défensç, qui devaient la rendre imprepabl^.
Elle pourrait rerevoir 20 000 hom-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ROUTE m. DE FIGUERAS A ROSAS.
mes (le garnison et ;»00 chevanx, etacoûté *28 millions 1/2 de réaiix :
c'est la plus forte de l'Espagne. A peine terminée cependant, en 1794, elle se rendit aux troupes républicaines de la France, commandées par le général Pérignon; mais, lors de la paix, elle fut restituée aux Espagnols. En 1808, le général Duchesne parvint à y introduire 200 hommes, sous un faux prétexte, et s'en empara facilement. Trois ans plus tard, le 10 avril 1811, le doc teur en théologie Rovira , aidé de quelques paysans, s'y ghssa pendant l'absence de l'insouciant gouverneur, et en chassa la petite garnison française. Aussitôt après, le général Baraguey d'Hiliers, i\ la tête de 4000 hommes, savançavers Figueras pour la reconquérir, et, par une brillante charge «le cavalerie, mit en déroute 10 000 Espagnols accourus à la défense de la place menacée. La garnison de la citadelle, abandonnée à elle-même, et entourée par 13 OOO Français, que commandait le maréchal Macdonald, se défendit héroïquement pendant cinq mois, et ne capitula qu'après avoir épuisé toutes ses provisions. Toutes ces capitulations successives firent faire aux Espagnols la remarque suivante : « Que la citadelle leur appartenait en temps de paix, mais (qu'elle appartenait aux Français en temps de guerre. »
Du haut du fort, on jouit d'une vue magnifique : au N., sur les Albères aux tlancs plantés de chênesliége ; à l'O. , sur des collines parsemées de bouquets d'oliviers; vn face, vers l'E., sur la plaine fertile traversée par de nombreux cours d'eau; et, enfin, sur le golfe de Rosas déployant son vaste demicercle de sable, depuis le delta
marécageux du F^uria. jusfju'à la Punta del Falco.
De Kigueras à Arenys del Mar. noiue de diligences, i5 h. O'Arenys del Mar à barcelone. Chemin de ter, 38 kil.
Voir, pour la descripiion de celte rouie, 'r/l«n«ra«re descriptif et historique de l'Espagne , par M. G. de Lavigne, Pari's, Hacheite et Cie.
Projet de chemin do fer entre Perpignan et Barcelone par Bellegarde.
Au sortir de Perpignan , le tracé suit à peu près la môme direction que la grande route, remonte la vallée du Tech dans la direction de Céret, revient ;\ TE. vers le ravin de Rome, attacjue les rochers du col de Panissas, à 50 ou 60 met. k ro. du fort de Bellegarde, et, traversant l'arête frontière par un tunnel d'environ 2000 met., descend sur le versant espagnol en côtoyant à peu près la route , dont la pente est peu considérable. Au delà de Figueras, il traverse les , rivières Manol, Alga, Fliivia, Ter, passe à(iirona, et, remontant par la vallée de la Bonaula , passe le petit col de la Camallera, pour redescendre, par la vallée de la Tordera, à la petite ville d'Hostalrich, d'où partiront deux voies conduisant à Barcelone -.l'une, par l'intérieur, celle de GranoUers; l'autre, le long de la plage , par Arenys del Mar et MaUro.
De Flgneras à RoMi.
a h. 1/2. Chemin de mulets.
A l'extrémité de la plaine fertile de Figueras, on traverse le Manol, vis-à-vis du v. de Villasocra, puis on longe la rive dr. de la Muga, (jue l'on franchit pour atteindre le petit V. de pêcheurs connu sous le
nom de Castellon de Ampurias.
C'est tout ce qui reste de l'antique Emporium, ville si commerçante que son nom sert à (jualifier maintenant tous les grands marchés du monde. Fondée, en l'an 550 avant notre ère, par les Grecs Phocéens de Marseille, elle devint bientôt l'entrepôt le plus important de l'Europe et de l'Asie, et c(»mpta, dit-on, jusqu'à 100 000 hab. A la chute de l'empire, les invasions des Goths et des Alains la ruinèrent ; puis elle fut assiégée et prise par les Maures; enfin, plus tard, les Normands vinrent à leur tour continuer l'œuvre de destruction, et la mer, en se retirant peu à peu , et en laissant des plages malsaines où fut jadis un port , compléta la ruine de l'antique Emporium.
Au delà de Castellon de Ampurias , on traverse un grand nombre de canaux d'eau salée, puis, laissant à g. un marais connu sous le nom à'Estanque de Castellon, on se dirige vers le bord de la mer, qui forme le vaste golfe semi-circulaire de Rosas. La ville de Rosas, composée dune longue rue de maisons blanches et peuplée de HOOO hab. , est située à l'extrémité septentrionale du golfe, entre des plages de sable à l'O. , et un promontoire rocheux qui s'avance vers le S. jusqu'à la Punta del Bon Estret. Comme toutes les villes de cette côte, elle s*' glorifie d'une grande antiquité, et fut fondée autrefois par les Grecs sous le nom de Rhotles; maintenant c'est un petit port sans importance, ruiné par les guerres de l'Empire. Elle est dominée par deux forteresses :
à ro., la citadelle; àl'E., sur un rocher escarpé, le fort de la Trimdad.
De Kusas à Port-Vendres, 7 h. (V. R.
ii'i). De Uosasà la Ironli^re, k h. De U frontière à Port-Vendres, 12 kil.