‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 36 sur 382 · TH · texte numérisé non relu

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ROUTE l. BORDEAUX,

Grandit r. — 210. Lesueur. Uranie. Celle {3'racieuBe petite toile, achetée par la ville en I85(t, est plulôi, dit le cauldgue, une nouvelle ooniposiiion qu'une réduction du tableau peint pour l'hôiel Lambeit <iui se trouve maintenant dans le rnusie du I.«tuvre.— 2*25. Lniherhury. Vaysa^e.

— 228 , 22y. Miits. Tortrails d'h ininie et de ffiurne. — 2119. iHyuavil. Portrait de l.uuis XIV. — 262 Moucheron. Paysage.

— 2«)6. ifurilln. Un philosophe. Ce tableau a été acheté parla ville en 1853. — 27». Palma le vieux. Sainte Famille avec saints. Ce beau tableau a été [)ayé «000 fr. — 283- Jacopo da Ponte, dit le Hassan. Sortie de l'Arche. — 302. Hemhnindt. Adoration des Bergers. — 303.

Le même. Tète de nègre. — iok. Le même, inténi ur. Ce tableau , acheté par la ville en i8')0, avait fait partie de la galerie de sir Robert Brown. Sa couleur et le monogramme dont il est signé ( K V R) font penser, dit le catalogue , (|u'il a été peint par Ucnibrandt conmie un pastiche d'Ostude ou de Brauwer. — 30U. He^tout.

Présentation de Jésus au temple ^1735 .

— 310. Hiht'ra. Assemblée de religieux.

— 3ii. Le même. Béunion de philosophes. Ces tableaux, d'une couleur reniai-quable, ont été longtemps attribués à I.uca Giordano. Les philosophes ont l'air de mendiants et d'ivrognes qui se disent entre eux : «< Qu alhuib-nous devenir ? nous n'avons plus rien à buire m à manger. « — 312. ftt'-rt (Sébastien) L'Amour jaloux de la Fidélité. — 318. [iifiusti (Mane), la tille de 'iintoiei, celle <iue .M. I.éon Cogniet a rejModuite dans son tableau n" 93. Portrait du sénateur André Ca|>ello. — 32'». Camille ïioqut]ilan. Valentine et l'.aoul {'-i' acte des Huguenots), —329. Hubeus. I.e Christ en croix. — 330. Le même. Martyre de saint Ceorges. — 331 . Le même. Maitvre de saint Just. Ce tableau, exé( ute par ilul»ens pour l'église des Annonciades à Anvers, resta dans celte église jusiju'à sa suppression.

Veii 111 à Brux»lles, le 17 juillet 1785, 1300 florins, il changea plusieurs fois de propriétaire, l/empireur Napoléon 111 racheta 16 000 fr. et le donna au musée de hoideaux en échange d'une tèie de femme de Carrier» Kosalba , qu'il avait manifeste le désir de posséder. — 332

Le même. Bacchus et Ariane. — SSii, 33.5, 336. /îut/.çrfacr Paysages.— 339. Sabbatino. Sainle Famille,— 3.56. Staevarts. Uéunion de famille. — 308. David Téniffs (le jeune). L'Évocation. — 369. Le même. Danse de villageois. — 375. fis- })old. Eliczer et llebecea. — 397. Van Dycic. Portrait en pied de Mario de Médicis. — 3o6, Le me»ip. Portrait d'un inconnu. Presque une miniature pour les dimensions. — fiil. Pérugm. La Vierge cl rKiifant .lésus. Saint Jérôme et saint Augustin. Ce beau tableau vient de Pérouse. — 'j20. Vasari. Sainte Famille. — 'i23. Titien. 1-a femme adultère. Ce remarqual)le tai>loau , atirihue à Paul Véronèse, provient du palais ducal de Modèiie. — ^126. Le même. Triomphe de Calatée. — '»28. Vertanghen. Nymjihe au bain. Attribué aussi à Boucher et à Lagi-encc, — 'i3o. Vinrent ( i7'j6-1816). La leçon de labourage. — 433. Waterloo.

Paysage.— 'i't2. H'ï//e. Pierre Alexandre). Tète de femme. — k^b- Zachtleive'i. Vue des bnrds du Hhin. — kkti, Zanchi. Le bon Samaritain.

I.e niiiséo <le Bordeaux n'est pas riche en sculptures, mais il possède une collection d'armes antiques, achetée par la ville en 1855.

Le liuste en marbre de Michel Montai-^iie est de Deseine (17.50-1824).

Le Génie «le la Sculpture, Giutto enfant, les hustes d'Homère. d'Auliertde Tournv , de Casimir Périer, du duc d'Orléans, du roi Louis- Pliilippe, etc., sont de Mntjgesi. La réduction en hronze de la statue en marbre de Milun de Crotone, par Pierre Puget, qui est au Louvre, a été donnée en i8.'17 par le gouvernement.

Le musée de Bordeaux proprement dit, lue Saint-Dominique, ne Comprend plus aujourd'hui que la bibliothèque, le cabinet d'aiitiqnes. l'observatoire et le cabinet «l'histoire naturelle.

L;i bibliothèque , fondée en 1708 par J. J. Bel, conseiller au parle-

ITINÉRAIKE DES PYRÉNÉES.

ment, et augmentée par les bibliothèques des couvents à l'époque de leur suppression . l'une des plus riches de France, excepté celles de Paris, se compose de 45000 ouvrages, formant plus de l'20O00 tomes, dont le catalogue imprimé comprend cinq volumes in- H, et encore n'est-il pas complet. Le livre le plus précieux de cette bibliothèque est un exemplaire des Essais y de Michel Montaigne, qui a été publié chez l'Angélier, ;\ Paris, en 1588, et que l'auteur a couvert de notes et de corrections. Cet exemplaire avait été donné par Mme de Montaigne aux Feuillants.

C'est celui dont s'est servi Mlle de Gournay, fille d'alliance de Montaigne, pour publier l'édition de 1595, et de nos jours il a été mis ,\ la disposition deM. Naigeon, qui l'a consulté avec fruit pour une publication qu'il a faite des Essais chez Firmin Didot; Paris, 180"2.

Le musée des Antiques , fondé par Jouannet, l'auteur delà Statistique de la Gironde , se compose des objets recueillis dans les diverses fouilles qui ont été opérées à Bordeaux ou dans le département.

Jouannet les a décrits en partie, mais il n'en existe aucun inventaire détaillé.

Quant au musée d'histoire naturelle, fondé en 1805 par une donation de M. Journu Aubert, comte de Tustal, il s'est constamment augmenté et enrichi. Malheureusement il manque de place, comme la galerie de tableaux. Il sera transféré dans les bâtiments que l'on construit au Jardin public, devenu le Jardin botanique.

Théâtres. — Le Grand Théâtre, le plus beau théâtre de la France, a été bâti de 1777 à 1780 par l'ar-

chitecte Louis : ila coûté 2 500000 fr- C'est un édifice isolé qui a 88 met.

de longueur sur 47 met. de largeur et 19 met. environ de hauteur. Il longe, d'un côté, les fossés du Chapeau-Rouge: de l'autre, la rue Esprit-des-Lois. Cette belle salle vient d'être entièrement restaurée telle qu'elle était lors de son inauguration. Sa restauration, dirigée par M. Burguet , architecte de la ville, a coûté COOOOO fr. C'est M. Despléchin, qui a été chargé de décorer la salle. — Le théâtre des Variétés, rebâti de 1793 h 1800, incendié le 3 décembre 1855, a été reconstruit depuis. — Le théâtre du Gymnase, de construction récente, est desservi par la troupe des Variétés.

Industrie et commerce. — Bordeaux est tout à la fois une ville industrielle et commerçante. On peut y visiter : des chantiers pour la construction des navires et d'importants établi.ssements industriels qui concourent à l'armement des navires, savoir : des forges de tôlerie et clouterie; des corderies, voileries et poulieries; des ateliers de menuiserie, sculpture et peinture. Ces divers établissements, qui occupent environ 3000 ouvriers, construisent et arment chaque année de 40 à 50 navires (MM. Arman, Cuibert, Moulinié, Cluzan , Chaigneau, Bichon, etc.): — des ateliers pour la construction des machines à vapeur (MM. Cousin et fils frères, rue Lafayette , L5 ; Charles Dietz, quai de Paludate, 10, 14; Maldant, rue de Lormont, 276), etc., etc.

Parmi les caves des négociants en vins de Bordeaux, celles de M. Guestier, pavé des Chartrons, 39 , de M. Cruse , façade de Bacalan , et celles de M. Johnston, route de

Pessac, méritent une mention spéciale.

Le commerce de Bordeaux , éprouvé par la maladie de la vigne et par le manque de récolte, se maintient toutefois depuis quelques années dans un état prospère.

En 1854. il était entré dans le port 1218 navires jaugeant 183776 tonneaux, et venant, soit des possessions françaises d'outre -mer. soit des pays étrangers. Il en était sorti 1146, jaugeant 191866 tonneaux.

En 1854, les importations se sont élevées «\ 86 743 720 kil. , et les exportations â 85 236513 kil.

Places. — Allées. — Promenades. — La plus grande de toutes les places de Bordeaux, la place des (Juinconces , est plutôt une promenade qu'une place proprement dite.

Elle forme du côté de la Garonne une partie du quai Louis XVIII. Sa profondeur , depuis les colonnes rostralos jusqu'à l'hémicycle, est de 390 met. ; la largeur de sa terrasse est de 170 met. De chaque côté s'étendent deux quinconces , qui ont 280 met. de long sur 80 met. de large. Aux deux extrémités de la terrasse, qui domine de l'",50 le quai sur lequel descendent trois escaliers, s'élèvent deux colonnes rostrales, hautes de 20 met., ornées de proues et d'ancres et surmontées chacune d'une statue par M. Manceau. Ces statues rejtrésentent le Commerce et fa Navigation. Des escaliers à vis, pratiqués dans l'intérieur de ces colonnes, ont permis de placer au sommet des becs de gaz munis de réflecteurs. Aux deux extrémités des Quinc(jnces, on a bâti récemment deux établissements de bains entourés de grilles.

A l'extrémité do la place <les Qijinconç§i s'ouvre viu hémicvclg

dont le plan a été tracé par le conseil des bâtiments civils. Le cours de Tourny, qui le partage en deux parties égales, conduit à la place de Tourny, où viennent aboutir les allées de Tourny, le .cours de Tourny et le cours du Jardin public. Les Allées de Tourny, qui mènent de la place de la Comédie à la place de Tourny, datent de 1744 à 1753.

Elles étaient autrefois plantées d'arbres qui ont été abattus en 1831. Le 20 avril 1858 on y a érigé une statue équestre de l'empereur Napoléon III, par M. Jean Debay. La statue érigéf , en 1825, à M. de Tourny sur la place de ce nom, a mérité un trop grand nombre de reproches.

Le Jardin public^ inauguré le 29 avril 1756, transformé pendant la Révolution en champ de Mars . a conservé son nom. On vient d'y transférer le jardin botanique et d'y construire de belles serres qui n'étaient pas achevées en 1858.

Les allées Damour , le cours dWlbret et les autres cours ou allées de Bordeaux, n'ont vraiment droit qu'à une simple mention.

Mais les quais des Chartrons et de Bacalan offriront une agréable promenade aux voyageurs qui aiment le mouvement, l'activité, les bruits du commerce et de l'industrie.

De Boideaux k Bayoïine (V. R. 2' ;— à Arcachon(R. 3); — à Morit-de-Marsaii, à Oi liiez et à Pau ( U . <» ); — à Pau, par Dax (K. 2 et 5); — à TarbcR,par Mont-do- Marsan CR. 38) ; — à Toulouse (R. ôk).

DE BORDEAUX A BAYQNNE.

198 kil. Chemin de fer; 3 conv. par joiw; irajet en 5 1». et 6 l'. 20 m, — ?!} fr. 20 <;., |6 fr. 65 f . cl »? 0'. ?9 Pt ^

ITINERAIRE DES PYRENEES

Omnibus spéciaux, 25 c par voyageur et 20 c. par colis (dans les bureaux et aux hôtels^, 40 c. et 30 c. (à domicile et à la gare d'Orléans.)

L*embarcadère (hiiffct) des chemins de ter du Midi (Bayonne, Toulouse, Cette), se trouve actuellement situé à l'extrémité méridionale de Bordeaux, à 3 kil. environ de la place de la Comédie, au delà des nouveaux marchés construits derrière l'hospice des Enfants- Trouvés. C'est un embarcadère provisoire en bois. On ne sait pas encore sur quel emplacement s'élèvera l'embarcadère définitif.

Quand on quitte l'embarcadère proprement dit, on traverse la gare des marchandises et les ateliers, qui occupent une vaste superficie de terrains. On laisse bientôt à g.

la ligne de Toulouse-Cette, et on entre dans une longue tranchée, au sortir de la(iuelle on se trouve sur une vaste plaine couverte de vignes ; puis la tranchée recommence. Il faut se lever dans son wagon, si l'on veut aiiercevoir, sur la dr. , les maisons du Haut-Brioni dont les vignobles, qui produisent un des principaux crus du Médoc, .sont les plus anciens du Bordelais. Ce domaine donne environ 120 tonneaux par an. En 1844, le tonneau se vendait IJOOO fr. Le vin du Haut- Brion , qui mûrit lentement, ne peut pas être mis en bouteilles avant bix ou sept ans.

A peine a-ton aperçu Haut-Brion , qffe l'on passe , sur un remblai élevé, à côté du viaduc construit pour l'ancien chemin de la Teste, et il l'extrémité duquel ce chemin, qui part de l'embarcadère de Ségur', vient se reUer à la voie nou-

I. T/ancienne fïare do S^çrnr ne sert plus (|ue pour ceiuiiies niuii liuiidi>es.

velle. Ce viaduc, long de y()0 met. .

se compose de 91 arches élevées de f) met. ; il franchit la petite vallée qui séi)are Haut-Brion (le Pessac.

6 kil. Pestac , chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bordeaux , compte 2:{35 hab.

Un peu au del;\ de Pessac. on laisse, sur la g. , les lignes du pape Clément . Bertrand de Goth , personne ne l'ignore, occuj)ait le siège archiépiscopal de Bordeaux quand il fut nonmié pape .sous le nom de Clément V. Ces vignes lui appartenaient; il les tenait de Gaillard de Goth, un de ses aïeux, et il les donna h Arnaud de Cantel(iu|). son succe.sseur. Elles restèrent ju.scpfen 1792 en la possession des archevêques du diocèse. Elles furent vendues alors comme propriété nationale.

5 kil. (11 kd.). Oazinet est un hameau dépendant de la commune de Pessac. On découvre, dans ses environs, des traces bien évidentes de l'ancienne voie romaine qui allait de Bordeaux à Bayonne, et que les habitants du pays appellent encore/a I.erade, la levée ou chau-ssée en saillie.

Cependant les pins ont remplacé la vigne : aux terres cultivées ont succédé des marécages. On est entré dans les landes, c'est-à-dire .sur de vastes plaines sablonneuses, couvertes ici de bruyères, de fougères, d'ajoncs et de larges flaques d'eau croupie, là de forôls de pins pres(]ue impénétrables; à demi peuplées par le peifj)le le moins intelligent et le plus .sauvage de France.

Le désert conmience : il a plus de t>() lieues de long. C»n ne retrouvera la fertilité, la vie, l'industrie et Taclivité iiumainos que sur les bords de r.\dour. Bien de plus monotone que ce j)aysage toujours semblable.

Quelquefois, sur la lande qui n'a de borne que l'horizon, on aperçoit la silhouette d'un pâtre monté sur ses échas.ses et appuyé sur une longue perche ; ces trois lignes grêles se dessinent dans l'air comme des fils d'araignée ; autour de ce singulier trépied, on entend retantir les voix lointaines et le bêlement plaintif des brebis couchées. Des chevaux libres, petits et maigres, lè\ent leur tête au milieu des herbes, ou bondissent effarouchéscjuand le convoi pas.se. Cependant celte prairie monotone , trop mouillée t'M hiver, trop desséchée en été, à cause de sa constitution géologique, otlïe parfois un aspect grandiose, et ce pays, pres(jue toujours si triste à voir, est intéressant à étudier'.

Les Xiandes de Gascogne occupent la vaste contrée qui s'étend au bud -ouest de la France, depuis la Garoniieju-squ'àTAdour, et depuis la Gélise jus<|u'au\ dunes de l'Océan.

C'est la partie occidentale de l'antique A(iuitaine, qui reçut, sous les Romains, le nom <le Novempopulanie. et plus tard, sous l'empire dos Franks, celui de Vasconie ou Gascogne. On les divise en (fiandes landes : ce sont les |)lus stériles ; en petites landes : à demi cultivées, elles forment la partie occidentale du plateau, entre la zone graveleuse de la vallée et les grandes landes; et en landes du Médite. Ces dernières se trouvent comprises entre la route de Bordeaux à la Teste, le bassin d'Arcachon , les dunes et le chemin jde Lesparre à Bordeaux.

Les landes proprement dites com- |)rennent une étendue de 635 .'i94 hectares, .sur lesquels les landes com-

1. Voir V Itinéraire de bordeaux a bayoune, par Adolphe Joaiine , 1 vol.

in-i». Taris, Hai.lieUe, 2 fr

munales représentent 408949 hectares , savoir : 275 0(X) hectares dans le département des Landes, et 133 049 hectares dans le département de la Gironde.

a Ceux qui rêvent la fertilité sur cette terre de sables, dont la base est une froide et imperméable argile, sont des aveugles d'csprif, écrivait récemment M. Ernst; la lande n'est bonne et productive que par le pin maritime, par le chêne et l'acacia dans ses moins mauvaises terres. C'est vouloir se ruiner que de s'entêter à y créer des cultures:

témoin les grandes Sociétés de la Teste, des landes d'Arcachon, etc. , qui y ont dévoré d'énormes capitaux. »

Heureusement la Providence , d'ordinaire si .sage dispensatrice de ses bienfaits, a réservé à cette contrée, déshéritée de tant d'avantages, un produit qui, ])0ur croître, ne demande ni travail coûteux, ni amendements et engrais, ni bâtiments, ni irrigations, ni de trop longues années d'attente; produit varié dans ses applications, plus que jamais demantlé et même nécessaire. Ce produit est le pin maritime, (pie l'on peut regarder à bon droit comme l'un des arbres les plus précieux de la famille des conifères. Il vient .sans les moindres frais de culture. Jetez sa graine à la volée sur le .sol, en préservant seulement les parties ensemencées du piétinement et de la dent des animaux pendant le temps des premières pousses, et vous n'avez plus à vous incpiiéter des résultats, même .sur les terrains les jdus ingrats pour tous les autres protluits : la nature fera le reste.

A la dixième année , on commence la première éclaircie, qui donne

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ITINÉRAIRE DES PYRENEES

déjà un bénéfice ; les autres suivent à d'assez courts intervalles ; car rien n'est plus hâtif et plus merveilleux que la croissance de cette précieuse essence, complète entre cinquante et soixante ans.

La récolte si importante de la résine se fait dès l'âge de vingt ans et se continue abondante jusqu'au plein développement de l'arbre , qui, abattu, donne encore le goudron, le brai, le charbon. Avec la résine on obtient l'essence de térébenthine et le noir de fumée. C'est pour obtenir la résine qu'on pratique sur les arbres des entailles appelées cares.

Le bois du pin maritime fournit l'échalas pour la vigne, les piquets pour les clôtures , les pilotis les plus durables que l'on connaisse pour les travaux hydrauliques, les poteaux télégraphiques, les traverses et longrines pour les voies ferrées, les solives et planches propres aux constructions, et enfin un bois de chautîage également bien employé pour les usages domestiques, la cuisson du pain, les machines à vapeur.

Un hectare de pins produit environ 2.') fr. par an.

Après le pin maritime vient naturellement, au second rang, le chêne-liéfie , autre production tout à fait convenable aux contrées méridionales aussi bien qu'à la nature siliceuse et légère du sol landais.

Cet arbre précieux est , il est vrai, plus long à croître que les arbres résineux ; car on ne commence guère la récolte du liège qu'entre la quarantième et la cinquantième année do l'âge des arbres, selon leur bonne venue et la nature plus ou moins favorable des terrains qui les portent; mai5, dès

lors, on enlève le Uégc tous les sept ou huit ans, et ce commode revenu , qui ne demande d'autres frais et (i'autres soucis que ceux de la récolte, dure deux siècles environ. Le chêne -liège donne aussi une récolte secondaire qui n'est pas à dédaigner: c'est le gland, nourriture excellente pour l'entretien et l'engraissement des porcs et des moutons.

Améliorer les Landes en les assainissant et en y développant surtout la sylviculture, tel est le but d'une loi votée dans la session de 1857 par le Corps législatif.

Jusqu'à ces dernières années, l'apathie, la misère, l'ignorance ou les préjugés des paysans, les spéculations mal entendues des propriétaires et des communes , ou leur manque absolu de ressources, la difficulté des communications, étaient les principaux obsJacles (|ui s'opposaient à l'amélioration des Landes. Grâce à la loi nouvelle, ces obstacles ont cessé d*exister. 11 peut donc être permis d'espérer qu'elle aura le résultat que le gouvernement semble en droit d'attendre.

L'ensemble des trîivaux de mise en cidture et d'assainissement «les Landes paraît devoir coûter '27 l.'iOOOO francs environ. Daprès les rapports des ingénieurs, ces prix comprennent les frais d'assaini.ssement du sol et ceux de garantie des .semis et plantations jusqu'à la troisième pousse.

Enfin, des routes, dites agricoles, relieront bientôt les principaux centres de population actuels ou futurs. Leur longueur sera de 5()0 kil.

La construction en a été confiée à la compagnie des chemins de fer du Midi, moyennant une sommç à forfait do 4 niillious.

7 kil. (18 kil.). Pierroton se comj)ose de l'espèce de chalet dans lequel est établie la station et d'une auberge située à peu de distance sur la route de terre.

,5 kil. (23 kil.). Mios est une commune du canton d'Audenge, située à la g. et fort loin de la .station qui porte son nom, au bord de la Leyre , sur un sol assez fertile, surtout en seigle et en maïs. Sa population se monte à 2384 hab.

Les huit <lixièmes de son territoire sont en landes.

4 kil. (27 kil.) Marcheprîme possède, comme Pierroton, une auberge construite sur la route de terre, à moitié chemin de la Teste.

C'était là que s'arrêtait autrefois la patache qui faisait en treize ou quatorze heures le service entre Bordeaux et la Teste. A dr. est le petit village du Teste-More.

6 kil. (33 kil.). Canaulay.

4 kil. (37 kil.). Facture possède une caserne de gendarmerie, une verrerie, un haut-fourneau à fonte de fer (on ne le voit pas), où se coulent des plaques de cheminée et d'au très marchandises communes. La stationde ce nom dessert non-seulement tous les villages situés sur la côte orientale du ba.s.sin d'Arcachon : Biganos, Audenge, Lanton, Andernos, Ares, Ignac, Leige; mais ceux de toute la vallée de la Leyre, à g.

du chemin de fer, ju.squ'à Belin.

Au delà de Facture, on traverse sur un pont de pierres un affluent de la Leyre , puis la Leyre ellemême. Cette rivière, (jue les Romains nommèrent Sigman, peutêtre à cause de .son cours sinueux, prend sa source à la Gavarre , près de Luxy (département des Lande.s) , et vient se jeter par deux bras dans le bassin d'Arcachon. La marée n'y

remonte qu'à 10000 met. de son embouchure. Elle est flottable en trains sur une longueur de 34 kil. , entre la limite du département des Landes et le pont du chemin de fer, et navigable de ce pont à la mer. Dans la partie inférieure de son cours, elle nourrit une immense quantité de ce fretin dont les pêcheurs de sardines composent leur appât, et les riverains emploient l'argile sur lequel elle coule à la fabrication des briques et des tuiles.

3 kil. (40 kil.). Xtamothe, station où le ciiemin de fer .se bifurque : l'embranchement de dr. conduit à la Teste-Arcachon ; l'autre bras, la ligne principale, changeant de direction , passe du sud-ouest au sud et s'étend en ligne droite , sur une longueur de près de .lO kil. , à travers les Landes. Tous les convois s'arrêtent à Lamothe, où les voyageurs qui vont à la Teste-Arcachon ou qui en reviennent , doivent changer de voiture. Aussi un buffet a-t-il été établi à cette station , construite au milieu de marais qui n'ont pas été encore complètement assainis. Le passage de ces marais était, dit-on, fort difficile autrefois.

De Lamothe à la Teste et à Arcaohon (V. U.3)

12 kil. (52 kil.). Caudos est un hameau de la commune de Mios; on le cherche vainement du regard sur la lande immense qui se prolonge jusqu'à l'horizon ; on n'aperçoit que deux ou trois maison.s.

11 kil. (63 kil.). Sallet n'est pas plus visible que Caudos. Le village dont cette station isolée porte le nom en est fort éloigné. Il se trouve situé sur la Leyre, entre Mios et Belin, à g. du chemin de fer et à plus de 10 kil. : c'est la commune

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la mieux cultivée et la plus salubre du canton de Saiut-Belin (Gironde).

On l'appelle le paradis des Landes.

Sa population se monte à 387H hab.

Elle possède de l)elles eaux, de fertiles prairies, d'abondants dépôts de falun, du minerai de fer, des calcaires grossiers , une vaste forêt de pins remarquablement exploitée ; une voie romaine la traversait.

A 10 kil. environ à l'ouest de la station de Salles, se trouve le v. de Sanyiiinet, situé sur le boni oriental de rétang de Cazau.

En quittant la station de Salles, on sort du département de la Gironde pour entrer dans le département des landes,

13 kil. (76 kil.). Ichouxest un v.

de 800 hab. environ, situé à la dr.

de la station, autt^iur de laquelle se sont déjà groupées quelques maisons. Sa bauteurau-dessus du niveau de la mer est de 57 met. Il dépend du canton de Parentis-en-Born (arrondissement <le Mont de-Marsiin).

Plusieurs forges ont été établies sur le bord de son ruisseau, la Moulasse.

Ou y coule et on y moule en fer des ustensiles de ménage. Parenti»en-Born, le chef-beu du canton, a une population de 2030 hab.

Il se trouve situé, à l'ouest et à 10 kil. environ du chemin de fer, près de Textrémité orientale d'un étang auquel il a donné son nom.

13 kil. (89 kil.) Iiabouheyre, v. de 450 hab. ( canton de Sabres) , a été une ville nommée Herbefeverie, où l'on entrait par plusieurs portes en pierre. La porte de l'est existe, dit-on, encore. L'évèché d'Acqs (ou Dax) y fut transféré en 900. Sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est de 73 met.

Deux fois l'an, en juin et septembre, il s'y tient une Ibii-e considé-

rable qui dure huit jours, et à laquelle se rencontrent près de .'lOOO personnes. Cette foire offre une particularité curieuse : c'est le marché aux vieux uniformes.

8 kil. (97 kil.). Sabres, le cheflieu d'un canton de larrondissement de Mont-de-Marsiin, (|ui donne son nom i\ cette station, en est éloigné d'environ 15 kil.; iï est situé, àg., sur la Leyre, au milieu de landes marécageuses, à 35 kil. île Mont «le- Marsan. Sa population se monte à 2'i?^4 hab. Son église passe pour avoir été bâtie par les Templiers.

Li station de Sabres est le point le plus élevé du chemin de fer do Hordeaux à Hayonne. La hauteur de la lande atteint, en effet, 85 met.

12 kil.

12 kil. (109 kil.). Morcens est un village «le 875 h., dépendant du canton d'Arju/anx et situé entre Arju- /.anx(àg.)ct laHarie (à dr.),à9nièt.

plus bas que la station de Sabres.

Un buflet a été établi à la station de Morcens, où s'arrêtent tous les trains, car c'est de \h que part rembranchement de Mont-de- Mar.san (V. R. 4). Les voyageurs qui vont h Mont -de -Marsan ou qui en arrivent doivent changer de voiture.

14 kil. (123 kil.). Rion, b. de 16(tO hab. , est situé à la dr. du chemin lie fer.

i^Om trouve h la station de Rion des voitures de correspondance qui conduisent à (14 kil. pour 2 fr.) Tartas, chef-lieu de canton tle l'arrondissement de Saint-Sever, V. de 3057 hab., située sur le penchant d'une colline auj»ieil (le hujuelle coule la Midouse, qui la (li\ise en basse et haute ville. Elle est généralement bien biUie, et dagréables promenades l'entourent.

Avant la conquête romaine, elle était habitée par la )>euplade des

Tara.sales. qui lui donna son nom; plus tard elle devint le siège d'une vicomte. Au xv siècle, elle fut une des places les plus fortes de la (iascogne. Kn 1642. par suite de léchange (le l'Albret contre la seigneurie de BouiUon, la vicomte de Tartas fut réunie à la couronne de France. Quelques années plus tard, la ville, qui po§;édait un château fort, ayant donné asile aux protestants, Louis XIII lit démolir ses fortifications; on ne laissa debout que deux tours qui ont été abattues en 1830. En 1814, les Français, battant en retraite devant les Anglais, coupèrent le pont de pierre, qui a été reconstruit depuis.]

An delà de Rion. on distingue |)lus nettement la chaîne des Pvrénées que l'on aperçoit quelquefois, quand le temps est clair, entre Morcens et Hion.

n kil. (134kil.).Z.a1uque, V. de 5(M) hab. environ, dépend du canton de Tartas. On sent que l'on touche à l'extrémité du désert : les cultures s(jnt plus rapprochées. Bientôt apparaît sur la g. un véritable village, avec des champs, des jardins, une église, une grande église.

Ce village, c'est Buglose. Un j)eu |)lus loin, on remarque du môme côté, près d'un vieux chêne, une chapelle inachevée. Cette cliapell(\ c'est celle de Saint-Vincent de Paul.

7 kd. (141 kd.). Buglose, v. dépendant de la commune de Saint - Vincent de Paul, qui s'appelait autrefois Pouy, mérite doublement d'attirer l'attention des Mtyageurs.

Il a vu naître saint Vincent de Paul . et il possède une image miraculeuse de la Vierge, (jue viennent prier cha- (jue année de nombreux i)èlerins, (jui s'arrêtent presque tous pour faire leurs dévotions devant le chêne de

saint Vincent de Paul. Au pied de cet arbre, s'abrita souvent, tout enfant, en gardant son troupeau, le saint qui a laissé le plus beau nom dont sMionore riiumanité. Le bouvier arrête de préférence ses bœufs sous son ombrage , quand il leur sert leur pâture. Ses fruits sont avidement recherchés, et ses branches, transformées en croix rustiques, viennent jusqu'à Paris orner le plus humble grenier du pauvre comme les plus splendides oratoires de l'aristocratie. La chapelle voisine s'élève sur l'emplacement qu'occupait la maison où est né saint Vincent de Paul.

Commencée il y a quelques années seulement, elle est restée inachevée; elle semblait même abandonnée au mois de mai 1857. On ne s'explique pas une pareille négligence.

Au delà de la staticm de Buglose, on descend dans la vallée de l'Adour, et, peu de temps après avoir croisé la route impériale de Bordeaux à Bayonne, on aperçoit successivement à g. l'Adour, et le nouveau pont de pierre qui relie la ville de Dax à son faubourg de Sablar, situé sur la rive gauche du fleuve.

7 kil. (148 kil.). Dax (des omnibus, correspondant avec tous les trains, transportent les voyageurs de la station dans la ville pour 25 cent. On trouve, en outre, à la station des voitures de correspondance condui-santà: Orthcz et Pnu (V. R.5); et, pendant la saison des eaux seulement, aux Enui-Honurs, hCanterets . h Hari'fics et à Snint-Snureur.

Hôtel Fifjam, dans la ville; Hôtel drVKnrope dans le faubourg de Sablar) , chef-beu d'arrondissement du département des Landes, est une ville de 6125 hab. , .située sur la rive g. de l'Adour, à 12 met.

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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

environ au-dessus du niveau de la mer '. La gare du chemin de fer, bâtie sur la rive dr. , en est éloignée de plus de 1200 met. Al'extré- !

mité de la grande rue du faubourg de Sablar, un beau pont en pierre de 5 arches a été ouvert, en 1857 , au-dessus du vieux pont de bois.

Entre les deux ponts, sur la rive gauche du fleuve, s'élève \ ancien château fort, entouré de fossés et flanqué de tours rondes et carrées.

Un pont-levis donne accès dans l'intérieur, qui sert actuellement de caserne. Ce château, qui a été souvent remanié , paraît avoir été reconstruit au xiv siècle. Bien que ses murailles extérieures soient évidemment romaines, il n'ofl're plus aucun intérêt au point de vue architectural; mais les remparts plantés d'arbres, qui s étendent autour de la ville en amont du pont de pierre , méritent la visite des archéologues.

En effet , les murailles de Dax , formées d'une masse épaisse de moellons noyés dans la chaux, sont de construction romaine; le parement se cumpose d'assises horizontales de briques, alternant avec des buées de petit appareil. Malheureusement le génie en a blanchi et englué à la chaux une partie , et on a commencé à les démolir. La ville ayant été déclassée, c'est-àdire ne se trouvant plus dans la catégorie des places fortes, le conseil municipal, à la tète du<iuelse irouvait cependant un membre du comité des arts et monuments, a voté leur destruction sousle prétexte d'eml>ellissemenls; on les a déjà jetées bas

i. De Sabres à Dax , le chemin de fer R (IcsceiKbi de 7"» nièires. I.a station de Woirens est à 76 mèii-es. celle de lUon h 71, celle de Laluque à us, celle de Buglose à 33.

aux extrémités des rues principales; et les portes qui, du reste, avaient été rebâties, mai.s qui existaient encore en 1856» sont tombées sous le marteau des démolisseurs.

Dès qu'on a traversé le pont de pierre, on voit s'élever à quelques pas devant soi une haute colonne de vapeur : c'est la fontaine chaude (jui jaillit, au milieu de la ville, dans un bassin de 40 à 50 met. de surface et de 82 cent, de j)rofondeur. Ce bassin est entouré d'un portique d'ordre toscan, fermé par (les grilles. Il se vide sans interruption au moyen de gros robinets ouverts entre les piédestaux, car il se remplit incessamment. Quand la vapeur n'est pas trop abondante à la surface, on distingue l'ouverture par la(]uelle l'eau thermale sort de terre, à la température de 56" Réaumur. Celte eau est limpide; sans avoir de saveur marquée, elle n'est pas agréable à boire; son odeur faible se perd à mesure que sa température s'abaisse. MM. Thore et Meyrac en ont fait l'analyse.

Elle a donné j)ar h Ire :

gr. mil.

Carbonate de niagncsie 0.027

Sulfate de sttude 0,15I

Sultaie de chaux 0,170

Chlorure de sodium 0,032

Chlorure de magncsium 0,095

L'eau de la fontaine chaude n'est employée maintenant qu'à des usages domesticiues. Quelques maisons de bains se sont cependant fondées alentour. Les sources adouriennes et celles des fosses ne sont pas non l)lus utilisées pour le traitement des malades. Le seul etablisseitwnt thermal de Dax est celui des Baignots, situé à 400 pas de la ville, à l'exlrémilé d'une belle allée d'or-

mes. Le corps de logis destiné aux malades renferme trente appartements commodes, mais simples.

Une galerie couverte règne sur loute la longueur du biUiment, et fait face à r.\dour. La source minérale jaillit dans un joU potager, où Ion trouve des bains, des douches et des boues thermales, depuis 25 jus- «ju'à 49" Réaumur.

Les eaux de Dax s'emploient surtout en bains, en douches et en lioues. On les prend toute l'année, mais principalement au printemps.

Klles sont recommandées et efficaces pour la guérison des rhumatismes chroniques, des paralysies, des vieilles plaies, des contractions «le nmscles, etc.

L'église cathédrale de Dax , consacrée à Notre-Dame, et bâtie au xni* siècle, s'écroula on 1G46. Lareconstruction, commencée en 1656, hPn fut terminée qu'en 1719. Il ne reste de l'église primitive que le portail de l'ouest, caché sous un porche ténébreux (belles sculptures) , le porche et la sacristie. L'église moderne n'oiïre pas d'intérêt.

Saint-Paul-lez-Dax, bourg de 3704 hab., situé à 2 kil. de Dax, sur la route de terre, possède une église du xV siècle, dont l'abside, ilu style ronian (xir siècle), mérite la visite des archéologues. Si l'entablement ne manquait i)as, ce serait un morceau achevé , a dit M. Pédegert. A l'intérieur, tout le fond , orné de onze arcades creuses formant le cousessus anti(iue, est couvert de peintures du xv*^ siècle qui, «lisposées sur trois zones, représentent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Quand les Romains conquirent la Gaule, Dax était la capitale des Tarbelli. César, (|ui s'en empara.

la désigne sous le nom d'Aqux (les eaux), dont on a fait plus tard Acq ou Dacq, puis Dax. Sous Auguste, elle s'appela Augusta ou Civitas Aquentium. Elle occupait le second rang parmi les villes de la Novempopidanie. Saint Vincent, son premier évèque, l'avait convertie au christianisme quand l'empire romain s'écroula. Ravagée par les Visigoths, délivrée par Clovis, occupée par les Vascons, reconquise par Charlemagne, entièrement détruite par les Normands et par les Sarrasins, Dax ne commença à pouvoir effacer les traces de tous ces désastres que sous la domination anglaise. Les rois d'Angleterre, substituant des sénéchaux à ses comtes, lui accordèrent d'importants privilèges, reconnus et confirmés, en 1295. par Philippe le Bel, qui la posséda pendant quelques années, maintenus et étendus, en 1312, par Edouard II, qui n'avait pas tardé à en reprendre possession. Si grandes étaient ses immunités, que le sénéchal recevait ses appointements sur les revenus du roi.

Déjà, pendant la guerre d'Edouard 111 contre Philippe VI, Dax avait été prise par le comte de Foix, puis rendue immédiatement aux Anglais. En 1441, un autre comte de Foix s'en empara après six semaines de siège. Elle fut encore prise et reprise plusieurs fois avant d'être définitivement réunie à la couronne de France. Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François I*"*^, confirmèrent successivement tous a les privilèges, franchises, libertés, statuts, lois, coutumes, établissements, ressorts, stils, observances et usances. »

Sous le règne de François !•', les Espagnols essayèrent de s'emparer

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

de Dax. Elle fit de tels préparatiTs de défense, qu'ils battirent bientôt en retraite. En 1571 , les protestants : tentèrent vainement de la surprendre. Depuis cette époque, son histoire se confond avec l'histoire générale du pays dont elle fait partie.

La Révolution y établit le siège d'une sous-préfecture. Son évôché, supprimé, a été, en 1801, rattaché à celui d'Aire. Mais un décret du gouvernement français, publié en 18o7 , a autorisé l'évoque d'Aire et ses successeurs à joindre à leur litre celui de l'évêché supprimé de Dax.

Dax a vu naître la célèbre danseuse Guimard, le mathématicien Borda, Roger Ducos, qui fut n»embre du Directoire, puis troisième consul, et Thore, le botaniste des Landes.

On fabrique à Dax des liqueurs fines et des faïences. Il s'y fait un commerce assez considérable des produits de la vallée de lAdour et des Landes (bois de construction, vins, grains, jambons de Rayonne, miel, etc.).

Les environs de Dax abondent en sources thermales. Il suffit de creuser le sol de 4 à 10 mètres pour en faire jaillir des jets d'eau chaude.

Parmi les sources naturelles qui sont employées au traitement de certaines maladies, nous citerons celles de Tercis et de Puuillon.

Tercis est un village de 690 hab., situé à 17 kil. de Dax, dans un joli vallon arrosé par le Luy. Il possède un établissement thermal très-fréquenté pendant la belle saison. Les eaux minérales sont tellement abondantes, que 18 minutes suffisent pour remplir les deux bassins destinés à les contenir. L'eau de Tercis est limpide, douce, très-onc-

tueuse au toucher; elle offre à sa surface une substance blanche . floconneuse, qui, séchée, répand en brûlant une odeur de soufre; sa saveur est légèrement salée et piquante ; son odeur est un peu hépatique; sa température est constamment de 41V2. Analysée par MM. Thore et Meyrac, elle a fourni par litre :

gr. mil.

Carbonate de magnésie 0,085

— de cJiaux 0,0^2

Sulfdte de chaux o,02i

Soufre 0,01 1

Chlorure de sodium 2,i2%

— de magnésium 0,223

Matière terreuse insoluble... 0,032

L'eau de Tercis se prend en bains et en douches. On l'a aussi utilisée pour des bains de boue.

Pouillon est un chef-lieu de canton de 3.')()5 hab. , arrondissement de Dax, situé, à 12 kil. de Dax, sur la route d'Orthez, dans un territoire fertile en châtaignes et en vins rouges. A 400 mètres de la métairie de Sallenave, sur le bord du ruisseau, on trouve une source minérale, qui jaillit dans un bassin, et qui dépose dans son trajet un limon ocreux. L'eau est abondante, claire, inodore, pétillante, d'une saveur salée et amère. Exposée à l'air, elle ne se trouble pas; sa température, qui ne varie point, est de 20». L'analyse en a été faite anciennement par Venel, Mitouard et Costel, et en dernier lieu par M. Meyrac, qui a obtenu les résultats suivants pour 1 litre d'eau :

gr. mil.

Carbonate de chaux 0,0b7

Sulfate de chaux o,%92

Chlorure de bodium 1,359

Chlorure de magnésium 0,0%9

L'eau de Pouillon .se prend à la dose de deux à trois verres dans la matinée ; prise en plus grande quantité, elle devient laxative. On la recommande dans les maladies chroniques de l'estomac, la jaunisse, les fièvres intermittentes, les rhumatismes chroniques, etc.

Au delà de Dax, le chemin de fer continue à descendre la vallée de TAdour.

lOkil. (l.'iH kil.). Rivière-Saas, village de 9(H) hab. , dépend du canton de Dax. Un pont suspendu le met en communication avec la rive g. de l'Adour. Sur la g., entre le chemin de fer et l'Adour, .s'étendent de vastes prairies ou landes marécageuses, souvent inondées, dans lesquelles des troupeaux de chevaux pais.sent en liberté. La traversée de ces marais a nécessité de longs et coûteux travaux.

h kil. (163 kil.). Saubuse est un joli village de 1000 hab. , situé en amphithéâtre sur la rive dr. de l'Adour. De la terrasse de son château on découvre une belle vue sur la vallée de l'Adour et sur la chaîne des Pvrénées.

Les eaux et les Iwues de Saubuse , connues sous le nom de bains de Joannin, sont situées à 2 kilom. de lAdour, sur la rive dr. et au milieu (l'une lande marécageuse, à quelques centaines de mètres d'un moulin appelé Joannin. Bien qu'il n'existe aucun établissement en cet endroit solitaire , les bains sont néanmoins fréquentés par les habitants des pays voisins. La source où l'on se baigne est un bourbier d'un mètre environ de profondeur; le reste est une vase très-onctueuse.

L'eau n'a ni mauvais goût, ni odeur désagréable.

L'analyse de l'eau de Saubuse, faite par MM. Thore et Meyrac, a donné les résultats suivants pour l litre d'eau :

gr. mil.

Sulfate de chaux o,0(i8

Chlorure de sodium 0,080

— de calcium 0,095

— de magnésium 0,0*17

Matière gélatineuse o,oio

On ne fait usage de ces eaux qu'à l'extérieur, dans les rhumatismes chroniques, les douleurs vagues, les engorgements articulaires.

Après avoir quitté la station de Saubuse , le chemin de fer s'éloigne de l'Adour pour se rapprocher du golfe de Gascogne, à travers une plaine cultivée.

4 kil. (167 kil.). Saint-Géours , village industriel et commerçant de l.'ïOOhab. , dépendant du canton de Soustous, et situé à la dr. du chemin de fer sur la route de terre, est l'entrepôt des produits résineux et métallurgiques du Marensin ; c'est ainsi qu'on nomme la partie des Landes qui avoisine le golfe de Gascogne (maris sinus). De sa station, on aperçoit à 2 kil. environ la tour carrée de son église. Plus le cliemin de fer s'éloigne de l'Adour, moins la contrée qu'il traverse est fertile et cultivée. Nous rentrons bientôt dans la lande. Mais elle est depuis longtemps couverte de pins, dont l'exploitation fait vivre les habitants.

6 kil. (173 kil.). Saint-Vmcent de Tyrossey chef-lieu de canton de 1083 hab. (arrondiss. de Dax), se trouve situé à la jonction des deux routes de Bordeaux à Rayonne , désignées sous les noms de routes

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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

(les grandes et des petites Landes.

Douze communes en dépendent : la plus remarquable (pour aller la visiter, il faut quitter le chemin de fer h la station suivante) est Cap-Breton , bourg de 900 hab. , dont l'histoire offre d'étranges péripéties.

A diverses reprises, l'embouchure de l'Adour a changé de place. Les habitants du pays assurent qu'il .se jetait autrefois dans la mer entre Biarritz et Bidart. au sud de l'embouchure actuelle; mais Texamen des lieux ne conlirme guère cette Iradition. En revanche, il est positif qu'à diverses époques le fleuve a fait irruption vers le nord. En 1309 ', entre autres, la même tempête qui, sur les côtes de Normandie, détruisit la flotte d'Edouard III, combla le lit de l'Adour. Bayonne et les campagnes voisines furent inontlées; moissons, bestiaux, marchandi.ses, les eaux détruisirent tout; enfin elles trouvèrent une issue du côté de Cap-Breton, et le fleuve, se creusant un nouveau lit, alla se jeter dans la mer au Vieux-Boucaut, à 30 kil. environ du côté du nord.

Pendant deux siècles, il suivit cette direction.

Le Vieux-Boucaut n'était alors qu'un hameau. On l'appelait plech (plage), ou simplement bucoo ou boucau (bouche ou embouchure).

Les dunes qui sont à louest du Junca, quoique hautes de 60 mètres, n'existaient pas; la mer venait chaque jour créer ou détruire un banc de sable sur l'emplacement qu'eHes occupent. Mais à peine l'Adour y eut-il formé un port, que le nombre des habitants augmenta.

Des maisons s'élevèrent tout alen-

i. Cette date est contestée. Certains écrivains lui préfèrent celles de iiiZi et ni^nie de I50u.

tour, des navires s'y construisirent.

Bientôt la pèche ne suffit plus à la population croissante. On sema des l)ins, on planta dans le sable même des vignes (|ui donnèrent des produits estimés. Dès lors le port du Vieux-Boucaut prit une telle importance que, dans les dernières années de .ses beaux jours , on y faisait une levée de 2(>0 matelots de la marine royale. En 1630, il i)Ouvait encore recevoir des vaisseaux de ligne. On \oit,par une supplique adres.sée à Louis XIII, que, lors du fameux siège de la Rochelle, les habitants du Vieux-Boucaut fournirent à l'armée vingt pina.sses et autant de chaloupes. Mais, à cette épo(jue, il avait déjà reçu un coup terrible dont il ne devait plus se relever. Un accident l'avait créé; un ingénieur, aidé par la nature, le détruisit.

Le long détour que les eaux de l'Adour étaient obligées de faire pour se rendre de Bayonne à la mer avait rendu la navigation de ce fleuve difficile , puis impossible.

Les banjues de 25 à 30 tonneaux pouvaient seules arriver dans le port de celte ville importante, qui, avant que l'Adour eût changé d'embouchure, recevait des navires de 400 à .')00 tonneaux. En outre, les eaux coulant très-lentement par leur nouveau lit, dès qu'il arrivait une crue extraordinaire, elles inondaient toutes les campagnes voi.siues à une grande distance, détruisaient les récoltes, et causaient des maladies pestilentielles quand elles se retiraient. De grands et coûteux travaux, entrepris sous Henri II et sous ses successeurs, pour remédier à un état de choses si déplorable, n'eurent aucun résultat.

Enfin, vers 1578, Henri III chargea

ROUTE 2. Dît BORDEAUX A BAYONNE.

Louis de Foix de corriger le cours tortueux de l'Adour, et de rendre ce fleuve à son ancien lit. Ce célèbre ingénieur-architecte revenait d'Espagne, où Philippe II l'avait appelé pour élever le palais et le monastère de l'Escurial. Peut-être n'eût-il pas réussi sans le secours d'un violent orage. « Il tomba tout d'un coup des Pyrénées qui sont dans le voisinage une si affreuse quantité d'eau, dit de Thou, que la ville pensa d'être submergée; et cette eau, en s'écoulant vers la mer avec beaucoup de violence, jeta les sables à dr. et à g., ouvrit le port et boucha le canal sur la dr. , qui depuis ce temps-là s'est rempli de sable. Cette chute d'eau arriva le 28 octobre 1579, et tous les ans on fait une procession solennelle à Bayonne pour un événe> ment si heureux, qui a donné à la ville un port très-commode. »

Depuis cette époque, l'Adour s'est jeté dans le golfe de Gascogne à l'endroit où il s'y était jeté pendant des siècles, et où il s'y jettfe encore aujourd'hui, grâce aux nombreux travaux qui ont été faits depuis pour l'y maintenir. Bayonne, dont le commerce était pour ainsi dire anéanti, recouvra son ancienne prospérité ; mais le Vieux-Boucaut fut entièrement ruiné. C'est aujourd'hui un hameau de quelques maisons.

Cap-Breton, ancienne ville située sur la rive dr. d'un ruisseau alimenté en grande partie par les eaux de l'étang d'Orx, et qui avait compté, à une certaine époque, jusfju'àcent capitaines de vaisseau, perdit presque autant à ce changement. C'est aujourd'hui un bourg de 700 hab. environ, situé à 1000 met. en ligne dr. (2000 en

suivant les détours du Boudigau) de la mer, dont il est séparé par des dunes de formation récente, qui ont été pour la plupart plantées de vignes.

De Saint-Vincent de Tyrosse à Labenne, le chemin de fer côtoie presque toujours la route de terre, en se rapprochant de plus en plus du golfe de Gascogne. Sur la lande se montrent des chênes-liéges dont les troncs noirâtres, entièrement dépouillés de leur écorce, sont encore plus tristes à voir que les carres des pins.

8 kil. (185 kil.). Xiabenne , v. de 526 hab. , dépend du canton de Saint-Vincent de Tvrosse. Sur la g.

se trouvait Vétang d'Orx, qui avait 12 kilomètres de longueur du nord au sud, sur 2 kilomètres environ de largeur, et qui vient d'être desséché.

Un peu au delà de la station on entre dans une vaste forêt de sapins, arrosée par plusieurs ruisseaux et percée de belles routes. C'est la forêt domaniale des dunes du sud. Le chemin de fer n'est plus qu'à 2 kilomètres de la mer. Les arbres empêchent de voir les dunes et l'ancien lit de l'Adour. Au sortir de cette forêt on aperçoit tout à coup, sur ladr. , la mer, l'Adour et son embouchure, les jetées en charpente qui contiennent les sables, la tour des signaux et les belles jetées en pierre qui enserrent le fleuve, depuis le Boucaut, sur un parcours de 2 kilomètres.

Sur la rive g. se montrent les bâtiments inhabités du lazaret, et s'élèvent des dunes plantées de pins, dont la principale , surmontée d'une vigie , et nommée le Blanc Pignon , fait face au Boucaut.

10 kil. (195 kil.). Le Boucaut,

^ij^^Hjgmiygii

ITINERAIRE DES PYRENEES

V. dé|)6nclaiil autrefois de la commune de Tarnos, et réuni ainsi que Romatel au département des Basses-Pyrénées par la loi du 9 mai 1857, est situé sur la rive dr. de l'Adour, à 3 kil. environ de l'embouchure de ce tleuve dans le golfe de Gascogne. La majeure partie do ses habitants sont des pilotes et des laraaneurs chargés de la difficile et périlleuse mission de faire entrer en rivière ou de conduire hors de la barre les biUiments qui fréquentent le port de Rayonne.

L'Adour, devant leBoucaut, fornu' une rade où les navires qui ont complété leur charj^'ement à Rayonne viennent attendre que l'état de la barre et de la mer leur ]>ermette de prendre le large.

Le chemin de fer, remontant la rive dr. de l'Adour, longe la route de terre , en face des allées marines qui bordent la rive g. , et passe sous la citadelle avant de .s'arrêter à la gare de Saint-Esj)rit.

3 klL (19K kil.). Bayonne (omnihus, 25 c. par voyageur et 25 c.

par colis. — Hôtels Saint -Etienne, du Commerce, tous deux rue du Gouvernement; Hôtel du yrand d'Espagne, rue Lormand. — Cafés sur la place Grammont. — Poste aux lettres , à l'extrémité de la rue du Gouvernement, presque vis-àvis du vieux château. — Voitures pour Pau, le pays Basque, Biarritz et Saint-Jean de Luz, dans la gare et rue du Gouvernement.

JV". B. Les services sont indiqués eu tête de cliaque route. — Libraires, LarouUet , André ; actuellement un chef- lieu d'ar. des Basses -Pyrénées, V. de 19 178 hab., est situé sur la Nive et lAdour, à la jonction de ces deux cours d'eau et à 6 kil. environ du golfe de Gasco-

gne. Le chemin de fer s'arrête audessous de la citadelle près de la rive dr. de l'Adour, ;\ 8 met. au-dessus du niveau de la mer, dans le faubourg Saint-Esprit ; pour se rendre dans la ville proprement dite .

il faut donc traverser Saint- Esprit et l'Adour.

SlTVATiO.N ET ASPECT GÉNÉRAL.

Saint-Esprit, que la loi du 9 mai 18.')7 a réuni à la ville de Bayonne dont il dépendra désormais, a longtemps appartenu au département des Landes. Sa population dépasse 7000 hab. On y compte un grand nombre de juifs. Cette colonie israélite est d'origine espagnole.

Au sortir de l'embarcadère, on traverse une vaste rue ou place, bordée de maisons d'une élégante propreté, et à l'une des extrémités de la(|uelle s'élève un hôtel de ville construit récemment dans le style de la Renaissance, et devenu inutile depuis la réunion de Saint-Esprit à Bayonne. Cette rue ou place aboutit au pont de l'Adour.

Le i)ont, composé de sept arches et il'un pont-levis, est en pierres de taille. Commencé en 1845, il a été livré à la circulation en 1851. Sa longueur est de 200 mètres. On y découvre de charmants points de vue sur les deux rives de l'Adour, bordées de navires et de maisons et dominées par des coteaux pittores(iuenieiit boisés.

L'Adour, VAtur , Aturis ou Aturus des Romains, prend sa source dans les Hautes- Pyrénées, près du col du Tourmalet, et descend au golfe de Gascogne par la vallée de Campan , Bagnères - de- Bigorre , Tarbes, Aire, Saint-Sever, Dax et Bayonne. La longueur totale de son

cours est de 280 kil. Ses principaux affluents sont : sur la rive dr., l'Arros et la Midouze; sur la rive g., le Leez, le Gabas, le Louts, leLuy, le Gave de Pau , la Bidouze et la Nive. Il est flottable en trains sur 39 330 met. , depuis Aire jusqu'à Saint-Sever, et navigable entre Saint-Sever et son embouchure.

Toutefois, de Saint-Sever à Mugron (18 200 met.), la navigation n'a lieu qu'à la descente , et pour une très-faible quantité de transports, et, si à Mugron elle devient possible à la remonte comme à la descente, elle n'acquiert d'importance qu'au confluent de la Midouze et surtout en aval de Dax, où viennent successivement se jeter le Gave de Pau réuni au Gave d'Oloron, la Bidouze, l'Arros , l'Ardanobia et la Nive, également navigables. La pente de l'Adour est très-variable ; elle est par kilomètre :

De Saint-Sever I à Mugron de 18», 476, .soit 1-,015.

De Mugron à la Midouze, de ti-,830, soit 0"',050.

De la Midouze aux Gaves, de 9», 139, soit 0'-,129.

Le tirant d'eau varie également Sur le haut Adour , la profondeur atteint à l'étiage 4", 05 dans quelques parties, dans plusieurs autres 2 met. et 3 met. , et sur un 'grand nombre 1 met. et l-,50; mais, sur certains points où le lit est fort large ou partagé en plusieurs bras, elle se réduit à 0"',3r), 0'"25 et même O^IS. Sur le bas Adour, en amont des Gaves, partout où des travaux d'amélioration ont été exécutés, le tirant d'eau atteint à peu près 1 met. ; dans les autres parties il s'abaisse à 0'",40; au delà de l'embouchure des Gaves, il est, à basse mer, de l",60au minimum.

La marée se fait sentir jusqu'à "Vimport, au-dessus de Saubuse. Des bateaux à vapeur, destinés au transport des voyageurs et au remorquage des bateaux de marchandises, remontent jusqu'à Dax.

Sur la rive g. de l'Adour , à l'extrémité du pont, s'élève le réduit qui défend le confluent de l'Adour et de la Nive. A peine l'a-t-on traversé, que l'on franchit la Nive sur un pont en pierre de 3 arches, achevé en 1857 ; c'est le pont Mayou. A g. , entre l'Adour et la Nive, s'étend le pefif Bayonne, \q quartier le plus populeux et le moins élégant : il contient l'hôpital militaire , le château neuf et l'arsenal. Les allées de Boufflers, promenade abandonnée, conduisent, la long de la rive g. de l'Adour, aux chais de Mousserolles , vastes magasins où .s'entrepose une partie des produits vinicoles du :Midi. Les deux quais ,de la Nive sont bordés de galeries couvertes ou d'arceaux appelés à dr. les arceaux du pont traversant, à g. les arceaux de la Galuperie. Ces derniers doivent leur nom aux galupes, grands bateaux plats qui portent à l'arrière un aviron long de plusieurs met. , et qui font le roulage par eau de Mont-de-Marsan à Bayonne.

Deux ponts traversent la Niv^ audessus du jtont Mayou.

La Nive se forme à Saint-Jean- Pied-de-Port de plusieurs ruisseaux descendus des montagnes.

Flottable en trains à partir du confluent du torrent de Laurribare, à 2500 met. en aval de Saint-Jean- Pied-de-Port, jusqu'à Carabo, c'està-dire sur une longueur de 37 kil. , elle est navigable de Cambo à son embouchure, c'est-à-dire sur une longueur de 22 kil. Mais, dans cette

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

dernière partie de son cours, des biefs assez profonds , des atterrissements à peine recouverts et les barrages des moulins rendent la navigation fort difficile, surtout à la remonte. La pente de O^jôO par kil. est rachetée en partie par ces barrages. Le dernier est en descendant celui d'Haï tze, au-dessus duquel la marée cesse de se faire sentir.

A la dr. du pont Mayou , au confluent de la Nive et de TAdour, s'étend le porf de Bayonne. De nombreux navires de divers tonnages y sont constamment amarrés. Leur longue file se développe, au delà du quai de la Douane et de la place d'Armes, jusqu'aux Allées marines.

Du pont à la mer la navigation n'est soumise à aucun droit. Les documents publiés par l'administration des douanes ont donné, en 1852, les résultats suivants pour le port de Bayonne : Descente 48 906 tonneaux ; remonte , 25 924 ; total, 74 830. En 1854, on a compté 1750 entrées et sorties.

La rue qui continue le pont Mayou, la rue la plus commerçante de Bayonne, monte, après avoir traversé les cinq cantons, à la porte d'Espagne. On a donné ce nom, les cinq cantons, à un carrefour formé par cinq rues, la rue du Pont-Mayou , la rue Orbe à dr. , la rue du Port de-Castets à g. , la rue Salie en face , la rue Argenterie qui conduit à la cathédrale.

Si l'on tourne à dr. , c'est-à-dire du côté du port , quand on a franchi le pont Mayou, on se trouve sur une place , la place Grammont , qui vient d'être considéral)lement élargie. A g. .s'ouvre la rue du Port- Neuf, la rue des Arceaux, qui monte à la cathédrale. Au fond s'élève un

vaste édifice carré récemment bâti , entouré d'arcades comme les maisons de la rue Rivoli, et renfermant la .sous-préfecture, la mairie, l'hôtel des douanes et le théâtre. De l'autre côté de ce bâtiment s'étend la place d'Armes, à l'extrémité inférieure de laquelle .s'ouvre la porte Marine^ qui conduit aux Allées marines; enfin, à g. de la place d'Armes, la rue du Gouvernement, rue plantée d'arbres comme les boulevards de Paris, monte au vieux cliàteau et à la poste. C'est là que sont les principaux hôtels , les bureaux des omnibus pour Biarritz, Cambo, Saint-Jean-Pied-de- Port, les diligences pour l'Espagne ou pour le midi de la France, et la plupart des consulats.

Bayonne est une place forte de première clas.se : on n'y entre et on n'en sort que par quatre portes :

porte de France ou du Réduit; porte de Muusserolles, entre l'Adour et la Nive; porte d'Espagne, à l'extrémité méridionale de la ville, et porte marine, sur la rive g. de l'Adour en aval. Une grande et importante citadelle la domine; une enceinte fortifiée l'en-serre de tous côtés, et cependant on y respire à l'aise, on ne s'y sent pas enfermé, étouffé, comprimé comme dans presque toutes nos places fortes du Nord ; une fois qu'on y est entré , on y voit rarement les murs de sa prison. Ce n'est pas au génie qu'il faut en savoir gré, c'est à la nature, qui, en réunissant l'Adour et la Nive au pied de la petite colline sur laquelle Bayonne s'étage en amphithéâtre, assure pour toujours à cette charmante ville la vue desagréables paysages dunt elle est entourée. D'ailleurs, Bayonne pùtelle être un jour complètement

enveloppée, comme Lille ou Saint- Omer, d'affreux terrassements qui ne permi.ssent }>lus aux regards de dépas.ser l'extrémité de ses dernières rues, elle plairait encore aux étrangers. Ses maisons sont toutes avenantes; ses rues proju-es, animées; sa population offre une grande variété de physionomies, de costumes, de langages; des marins (le tous les pays, des soldats de toutes armes, des Basques, des Ga.scons, des Landais, des E.spagnols, se croisent incessamment sur ses places, ses ponts ou dans ses rues; les femmes, surtout les femmes du peuple, les grisettes, dont la coiffure, un simple madras noué au sommet de la tête, ferait paraître jolies les plus laides, y captivent les ju^;es les plus difficiles en fait de beauté par la vivacité de leurs regards, l'élégance de leur taille, la petitesse de leurs pieds, l'éclat de leur teint, la légèreté de leur démarche, la grâce piquante (le leur j)hysionomie. J'ignore si elles ont dégénéré; mais im historien (jui devait bien les connaître, en traçait, il y a deux siècles, le portrait suivant: Uxores maritos, puelLr amatores suos sincerissime coluut.

HISTOIRE

Bayonne existait probablement avant l'ère chrétienne, car les Romains, s'en étant emparés, y construisirent une forte citadelle et y entretinrent une escadrille de galères. Mais son origine est inconnue. Elle s'appelait alors LapHrrfj/m (en basque, comme en celte, lapnr-dun veut dire désert profond). A quelle époque Lapurdum acquit-elle le titre et les droits de cité? On l'ignore. Quoiqu'il en soit,

c'était une ville importante lorsque l'empire romain s'écroula. Les Alains, les Visigoths, les Basques, les Normands, la ravagèrent et l'occupèrent tour à tour; puis elle perdit jusqu'à son nom, qu'elle laissa au pays environnant (le Labourd). Quand elle reparut dans l'histoire, elle était gouvernée par des vicomtes, elle s'appelait Bayonne (la bonne baie, le lieu du port, le lieu des rivières, oui il est bon, oui , monsieur , suivant les diverses interprétations de ce mot). Dès lors elle ne fut plus resserrée sur la rive g. de la Nive, elle s'étendit sur ses deux rives. « La pêche de la baleine, le tannage des cuirs, la navigation et le trafic sur les côtes d'Espagne, le commerce des vins et des matières résineuses, la fabrication de ses arbalètes et de ses armes', dont la trempe était renommée, ses relations avec l'intérieur, le passage continuel des pèlerins allant, les uns, implorer la protection de saint. Jacques de Compostelle, les autres, s'enrôler dans les rangs do l'armée chrétienne

1. De là , suivant Moreri , le nom de l)aionniers, donné anciennement auxarbalétriers de France. Larme appelée baïonnette , qn\ pas>c à tort pour avoir l'te inventée, vers i6"^, à Bayonne, a peiit-êlre dû son nom à ce.s baionniers. D'abord la date est fausse, et rien ne IK-ouve que les premières baïonnettes aient été iHbriquéeo à Bayonne. A en cioire un linguiste distingué, le mot haïoiiuette \\ei\l du ruoi romain bayneto (petite gaîne, petit fourreau , et dans tous les idiomes de l'Espagne baywa veut dire gaîne, desbninar, detiainer, et enrotnar, mettre Tépée dans le fourreau.

Le contenant aurait donedonné son nom au contenu. IMusi«'urs laits semblent conlirnier cette opinion. Les premiers fourreaux de baïonnettes sont d'un travail recherché ; le cuir est «rné de reliefs d'un dessin remarquable. Les règlements relatifs au costume militaire s'occupent sans cesse de la position du fourreau.

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pour combattie les Maures, telles furent, a dit un historien , les causes de cette précoce et brillante prospérité. »

Le mariage d'Eléonore de Guienne avec Henri IMantaf^enèt avait l'ait passer Bayonne sous la domination anglaise. Elle se montra dévouée en toute circonstance à ses nouveaux maîtres, qui, du reste, conlirmèrent et étendirent môme ses privilèges. Dans les dernières années du xii* siècle, elle avait eu le bonheur de voir mourir sans postérité Guillaume Raymond du Sault, le fondateur du château vieux et son dernier vicomte. Plus libre désormais, elle profita, en 121.'), des embarras du roi Jean pour se faire octroyer une charte qui conlirmail ses coutumes et lianchises.

En 1294, Phili].pe le Bel en prit possession; mais, dès l'année suivante, Edouard P^ la faisait occuper par une armée ;\ laquelle elle s'empressait d'ouvrir ses portes. De nouveaux privilèges récomjiensèrent sa fidélité etaccrurent sa reconnaissance, qui ne se démentit jamais.

Aussi repou.ssa-t-elle, en 1374, une attaque sérieuse du roi de Castille, allié de la France, et, lorsqu'elle fut attaquée, en 1451, par les troupes de Charles VII, sous les ordres de Dunois et du comte de Foix, se défendit-elle avec une rare énergie; mais force lui fut de capituler. Dunois, pour la jiunir de son opiniâtreté, exigea que le commandant delà garnison, Jean de Beaumont, demeurât prisonnier du roi avec tous les gens de guerre, et que les bourgeois lui payassent quarante mille écus de contribution. A ces conditions Bayonne ouvrit ses portes et redevint française. C'était la dernière place,

à l'exception de Calais, que les Anglais eussent encore dans le royaume.

Les rois do France, Charles VII, Louis XI, Charles VIII, se montrèrent favoraitlesàBavonne; mais, tout en lui accordant des immunités et des franchises, ils s'efforcèrent constamment de restreindre ses libertés municipales. Sous Louis XII, le duc de Longueville fit commencer les fortifications, (pii, continuées et agrandies sous François l'^ ])erniircnt <i Lautrec, gouverneur de la Guienne, de repousser, en 1623, plusieurs assauts d'une armée espagnole. Les femmes , les enfants, les jeunes filles, aidèrent courageusement les hommes i\ la défense de la ville. Trois ans après, François 1" arrivait à Bayonne, où l'attendaient sa mère et la cour. Après une année de captivité, le traité de Madrid lui avait rendu sa liberté. On sait ce qu'était ce traité. Il renonçait à l'Italie, donnait la Bourgogne , épousait la .sd'urde C-hailes-i^uint, rétablissait Bourbon, ai>andonnait ses alliés, livrait ses deux fils en otage, et, si le traité n'était exécuté, rentrait en prison. Le matin du 14 janvier, où il devait signer et jurer, il protesta secrètement, par-devant notaire, établit par acte authentique qu'il allait faire un faux serment.

Aussi à peine eut-il fait son entrée à Bayonne, qu'au lieu de ratifier le traité, comme il s'y était engagé, il manifesta le désir de « consulter ses Etats. »

En 1665, Bayonne donna son nom i\ une entrevue (|ui eut lieu entre le roi Charles IX et la reine Catherine de Médicis d'une part, la reine d'Espagne et le duc d'Albe d'autre part. Près de trois semaines

se passèrent en bals, en' joutes et en festins. Cette entrevue ne cacha peut-être pas tous les mystères tragiques que l'on y a cherchés.

Les dépêches du duc d'Albe , qui ont été publiées, nous apprennent qu'un grand nombre de questions politiques y furent discutées, mais qu'aucune décision ne fut prise.

Qu'elle ait été ou non complotée à Bayonne, la Saint-Barlhélemy ne devait pas y faire de victimes.

ttA Bayonne, dit d'Aubignô, arriva le courrier qui venait de faire mettre en pièces les hommes , les femmes et les enfants de Dax cpii avaient cherché leur sûreté dans la prison. Mais le vicomte d'Orthe, gouverneur de la ville, répondit au roi en ces termes : • Sire, j'ai tt communiqué le commandement «c de Votre Majesté à ses fidèles ha- « bitants et gens de guerre de la « garnison , et je n'y ai trouvé que u bons citoyens et braves soldats , " mais pas un Imurreau. C'est pour- « quoi eux et moi supplions trèsa humblement Votre dite Majesté « de vouloir employer en choses «possibles, quelque hasardeuses u qu'elles soient, nos bras et nos a vies, comme étant, autant qu'elles «c dureront, sire, vos, etc. »

Pendant la Ligue, le repos de Bayonne ne fut pas troublé. Seulement, en 1694, un traître, nommé Château-Martin, ourdit un complot qui avait pour but de livrer la ville aux Espagnols. 11 fut découvert, arrêté et roué avec ses complices. En 1636, les Esi)agnols essayèrent de s'emparer de cette place, qu'ils n'avaient pas cessé de convoiter. La

résistance du duc d'Epernon et du duc de La Valette fit échouer leur tentative. En 1661, une nouvelle conspiration se termina comme la

première i)ar l'exécution du coupal)le principal, qui, cette fois, était un Espagnol.

Tout le temps que dura la Fronde , Bayonne resta fidèle au roi. Le 17 juillet 1659, Mazarin la traversa ' pour aller conclure , avec don Louis de Haro, ministre d'Espagne, la paix des Pyrénées. Le roi et la reine y firent un long séjour, elles habitants, qui leur donnèrent des fêtes magnifiques, célébrèrent leur retour avec une nouvelle magnificence, quand Louis XIV ramena de Saint -Jean -de- Luz l'infante Marie -Thérèse qu'il venait d'épouser.

A dater de cette époque jusqu'aux guerres de l'Empire, l'histoire locale de Bayonne ne se compose plus pour ainsi dire que de passages de princes et de princesses. C'est d'abord Philippe V, qui, escorté des ducs de Bourgogne et de Berry, va prendre possession de son royaume d'Espagne (1701); viennent ensuite Marie-Anne de Bavière Neubourg, reine douairière d'Espagne , qui devait passer à Bayonne trente-deux années d'exil (1706); le duc d'Orléans (1707); les ducs de Vendôme et de Noailles (1710); la princesse des Ursins (1712); Mlle de Montpensier, fiancée au prince desAsturies (1722); l'infante d'Espagne, promise à Louis XV , dont elle ne devait pas devenir la femme (1722); Mlle de Beaujolais, accordée à l'infant don Carlos qu'elle n'épousa pas non plus (1722); Marie-Louise-Élisabelh de France, mariée par procuration à l'infant don Philippe, depuis duc de Parme (1739); l'infante Marie-Thérèse se rendant à Versailles pour épouser le dauphin (1745), etc., etc.

En 1718 , Bayonne comptait

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16 000 hab. Jamais elle n'avait été plus prospère. Dans la seconde moitié du XVIII* siècle , sa population était réduite de plus d'un tiers. Son commerce, de 27 millions, était tombé h. 9 ou 10 millions; ses marins acceptaient du service à Télranger. Cette décadence était le résultat du système prohibitif. La liberté du commerce ayant été proclamée , en 1784, grâce à M. de Vergennes et à M. de La Fayette, Rayonne recouvra bientôt la prospérité que de mauvaises mesures administratives lui avaient fait perdre.

Sous l'Empire, Bayonne devint le théâtre d'événements si importants, que leur récit remplit presque tout un chapitre du tome VI II de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, par M. Thiers. Ce fut en effet dans cette ville, et dans le château voisin de Marrac, que Napoléon détrôna les Bourbons d'Espagne , pour mettre à leur place son frère Joseph, et qu'il donna à l'Espagne une constitution nouvelle.

« Deux châteaux et 10 millions par an étaient, dit M. Thiers, le prix auquel devait être payée, tant au père qu'aux enfants, la magnifique couronne d'Espagne ; prix bien modique , bien vulgaire , mais auquel il fallait ajouter un terrible complément, alors inaperçu : six ans d'une guerre abominable, la mort de plusieurs centaines de mille de soldats', la division funeste des forces de l'Empire, et une tache à la gloire du conquérant... Ce fut ainsi que Napoléon parvint à détrôner les Bourbons régnant en Espagne. Comme il ne pouvait, à cause de leur faiblesse,

1. De 1807 à 1810, 508696 hommes sont entres en Espagne par Bayunne.

Combien en sont revenus :•

y employer la force , car il eût été ridicule de déclarer la guerre à Charles IV , il voulut y employer la ruse, et les faire fuir en leur faisant peur. Lindignation des Espagnols ayant arrêté dans leur fuite ces malheureux Bourbons, il profita de leursdivisions de famille pour les attirer à Bayonne, par Tesj)érance d'une justice qu il leur rendit comme le juge de la fable, qui donnait l'écaillé de l'huître aux plaideurs. Il fut entraîné ainsi de la ruse <i la fourberie , et ajouta à son nom la seconde des deux taches qui ternissent sa gloire. Il lui restait pour l'absoudre le bien à faire à l'Espagne, et par l'Espagne à la France. La Providence ne lui réservait pas même ce moyen de se laver d'une perfidie indigne de son caractère.... Les événements qui .se succédèrent ne tardèrent pas à le j)unir, carie génie n'est pas plus dispensé que la médiocrité ellemême de lovauté et de bon sens. »

Le 7 juin 1808, Joseph avait été proclamé .'i Bayonne roi d'E.spagne ; au mois de février 1814, le général anglais Hope, ayant passé l'Adour près de son embouchure , attaquait cette ville, qui lui oj)posait une vive résistance.

Le 14 avril, à trois heures et demie du matin, 3800 hommes sortirent (le la citadelle au pas de course, pour aller surprendre les assiégeants. La défense fut aussi opiniâtre que l'attaque. Cette sortie devait être une boucherie inutile.

Quand les Français rentrèrent, h six heures et demie du matin, ils avaient perdu 800 hommes et les ennemis environ 830 '.

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