‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 40 sur 382 · DE BORDEAUX A LA TESTE ET A ARCACHON · texte numérisé non relu

DE BORDEAUX A LA TESTE ET A ARCACHON

58 kil. Chemin de fer. 6 départs par jour. Trajet en i h. 3 m. environ et •i h. 13 m. — 6 fr. '^5 c, k fr. 7o c, 2 fr. 75 c.

40 kil. Do Bordeaux à Lamothe (V. R. 2).

3 kil. (43 kil.).I.eTeich, b. de 95G hab. , est situé à la dr. du chemin de fer , près de l'embouchure de la Leyre dans le bassin d'Arcachon.

Au delà du Teich, on croise la route de terre qui reste à la g. du chemin jusqu'à La Teste. Des cultures alternent avec la lande; on aperçoit même quelques vignes.

Sur la dr. commence à se montrer le bassin d'Arcachon , qui se découvre de plus en plus à mesure (ju'nn api)roche de La Teste.

4 kil. (47 kil.). Mestrai, v. plus considérable que le bourg de Gujan dont il dépend, .se trouve à la g.

du chemin de fer. Sur la dr. , la compagnie des pèches du bassin d'Arcachon a fait élever un grand bâtiment en bois. Un peu plus loin «lu même côté , une espèce de baraque en bois , près de laquelle on voit quelques guérites, porte cette inscription : Uùtel des Baigneurs ; c'est l'établissement des bains de mer de Gujan, dont on aperçoit l'église à g.

1 kil. (48 kil.). Gujan, commune de 2579 hab.

2 kil. (50 kil.). X.a Hume, ham.

où passe le canal de Cazau , qui y amène une certaine quantité de bois ou d'autres produits. A dr. est la maison construite par l'administration de la Compagnie des landes et du canal.

3 kil. (53 kil). IiaTestedeBuch (hôtel du Chemin de fer) , chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bordeaux (Gironde) , est située sur la rive méridionale du bassin d'Arcachon, presque au pied des dunes.

Les étrangers n'ont absolument rien à y voir. L'église elle-même ne mérite pas une visite, et il ne reste aucun débris de l'ancien château des captaux de Buch.

Si l'on doit en croire certains historiens, La Teste serait bâtie sur l'emplacement qu'occupèrent tour à tour la station romaine du Boios et la Testa Boiorum, la cajùtale des Boïens , mais rien n'est moins prouvé. Il paraît plus probable, au contraire, que ces trois villes se succédèrent sur trois points différents. Quoi qu'il en soit, La Teste fut , au moyen âge , la résidence et la capitale des captaux de Buch , qui ont joué un rôle important dans l'histoire du Bordelais et même dans l'histoire de France. Le I)lus célèhre de ces captaux fut Jean de Grailly , l'un des principaux seigneurs ( capitalis ) de l'Aquitaine : il se distingua surtout au service de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Froissart a publié un intéressant récit de la bataille qu'il livra, en 1364, à Duguesclin, et qui est connue sous le nom de Cocherel.

Depuis soixante ans, l'agriculture, le commerce et l'industrie, affranchis par la Révolutiori, ont pris à La Teste des développements

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presque inespérés, et sa population, qui, eu 1782, n'était que de 1500 hab. , s'élève aujourdhui à 3891. Cette prospérité, La Teste la doit aussi à d'autres causes : d'abord à la fixation des dunes, puis aux Compagnies des Landes et d'Arcachon , qui pourtant ne prospèrent pas encore: enfin au chemin de fer, qui a facilité l'écoulement de ses produits et créé sur la plage voisine d'Arcachon un des établissements de bains de mer les plus fréquentés de nos côtes occidentales.

Plus qu'aucune autre bourgade de la baie de Gascogne , La Teste se trouvait menacée par la marche progressive des dunes qui la dominaient. On regardait déjà comme très-prochaine l'époque où elle disparaîtrait sous les sables , lorsque, vers la fin du siècle dernier, un homme de génie, M. Bremontier, inspecteur général des ponts et chaussées , conçut le projet de fixer ces dunes mobiles et menaçantes en les couvrant de forêts. 11 lui fallut douze années de travaux et de démarches pour obtenir la permission de faire des essais en grand. Enfin, il réussit au delà de toute espérance, et, dans les premières années de ce siècle, La Teste s'est montrée reconnaissante envers son libérateur. Un cippe a été, en 1818, érigé à la gloire de Bremontier sur la dune la plus voisine de la ville.

La surface des dunes et lettes dans le département de la Gironde est évaluée à 51 6:^6 hect., sur lesquels plus de 40 000 sont déjà ensemencés. Un crédit de 200000 fr.

est accordé chaque année, d'après un décret du 11 octobre 1854, sur le budget des ponts et chaussées, pour achever cet important travail.

3 kil. (56 kil.). Arcachon.

HÔTELS. Hôtel Legallais. Cet hôtel , fondé en 1823 , et constamment agrandi depuis, contient 97 chambres, dont 40 avec lits pour deux personnes et 21 à feu. Il est situé entre la rue et la mer, à peu de distance de l'embarcadère d Eyrac.

Un médecin y réside pendant la saison des eaux; un salon commun y est réservé aux personnes logées dans Ihôtel. On y danse plusieurs fois par semaine. La plus belle façade se développe du côté de la plage. La mer en est tellement rapprochée que les baigneurs et baigneuses peuvent sortir de leur chambre en costume de bain. Les prix varient de 7 à 10 fr. par jour, tout compris, même. le vin, selon la grandeur, l'ameublement et l'exposition de la chambre. On déjeune à dix heures à la fourchette, et on dtne à cinq heures à table d'hôte.

On paye 5 fr. par chaque domestique. Parmi les autres hôtels, nous recommanderons encore Yhôtel des Empereurs, Vhôtel de France.

Maisons meublKes. La plus grande partie des maisons d'Arcachon se louent à la saison ou au mois. Les prix varient, on le conçoit , selon rimi»ortance , l'exposition et l'ameublement de la maison, l'affluence des baigneurs, l'époque de

la saison.

Cabinet de lecture; Librairie.

n* 108. Jean lacou, grande agence d'affaires. Maison centrale. Renseignements gratis à tous les étrangers.

Voitures POUR la promenade, de

3 fr. à 5 fr. l'heure.

Chevaux à louer, 1 fr. l'heure.— Anes, 75 c. l'heure.

Sur la plage où Arcachon se développe et prospère aujourd'hui, il

ny avait, en 1830, qu'une chapelle, quelques maisons de pêcheurs, et l'établissement Legallais, fondé en 1823. Des groupes d'habitations formaient deux hameaux distincts, ajjpelés, le premier, Mouëng , le second, i-i/rac. On ne pouvait y venir qu'en bateau, à pied ou à cheval. En 1845 seulement, le gouvernement fit construire la chaussée empierrée qui conduit de la Teste à l'extrémité ouest d'Arcachon et qui se continuera certainement plus loin, à mesure que les constructions s'étendront. Au mois de juillet 1857, le chemin de fer ne dépassait pas encore La Teste. Il a maintenant établi son point d'arrêt au centre môme de l'Arcachon actuel. Dans quelques années, il sera jirobableluent obligé de suivre la foule visà-vis du cap Ferret. En effet. Arcachon (la ville fondée le long de cette côte s'est donné le nom du bassin) a pris des développements tellement extraordinaires , qu'on ne sait pas où elle s'arrêtera. Chaque saison , un nombre considérable de nouvelles maisons se construisent des deux côtés de sa rue unique, dont la longueur dépasse aujourd'hui 3 kil. Cette rue ne peut, il est vrai, s'étendre qu'en longueur, car elle est resserrée entre la mer et la dune. Aussi toutes les maisons ont deux façades, tournées, l'une, sur la rue , l'autre , sur la mer ou sur la forêt qui couvre la dune. Les l)lus recherchées sont celles qui s'élèvent entre la rue et la mer. La plupart ont été construites avec des galeries extérieures; beaucoup n'ont qu'un rez-de-chaussée. Quelques-unes sont entourées de jardins agréablement dessinés, et dont les parterres de fleurs sont entretenus

avec un luxe digne d'éloges. Ces maisons sont en général agréables à habiter. En en sortant , on entre d'un côté sur une plage magnifique , de l'autre dans une forêt dont les émanations résineuses ne sont pas moins salutaires à certaines constitutions que les bains de mer.

Arcachon commence à la Pointede l'Aiguillon et se termine aujourd'hui près de l'ancienne chapelle.

C'est de la Pointe -de- l'Aiguillon qu'on découvre le mieux le bassin, sur les bords duquel on voit La Teste, La Hume, Gujan, Mestras, LeTeich, Biganos, Audenge, Ares et Lanton. Au delà de cette pointe (quand on vient de La Teste), commence le quartier du Mouëng, l'endroit le mieux abrité de la côte, le port proprement dit. Entre Mouëng et Eyrac, s'élève la nouvelle chapelle, bénite le 5 août 1855, sous le vocable de saint Ferdinand, patron de Mgr Donnet, cardinal-archevêque de Bordeaux. Le débarcadère du chemin de fer se trouve maintenant à Eyrac. Alentour se groupent les principaux hôtels, les plus belles maisons et le château que M. Deganne fait bâtir dans le style de la Renaissance. Un terrain a été choisi, dit-on, pour la construction d'un casino. L'ancienne chapelle, consacrée à une Vierge miraculeuse, patronne des pécheurs, ornée de nombreux ex-voto , décorée de peintures un peu trop primitives, perdue jadis au milieu des pins et des arbousiers, formait, en 1856, la limite des constructions.

Mais déjà, en 1857, des défrichements avaient été entrepris au delà, une rue se traçait, des maisons s'y bâtissaient.

La plage d'Arcachon est partout commode et sûre ; on y marche sur

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un sable parfaitement uni. La pente est si douce que les enfants euxmêmes peuvent, à marée haute, s'y baigner sans crainte. Mais, plus on s'avance vers l'entrée du bassin , plus la mer est forte, plus les bains sont salutaires. Au delà de la chapelle, ou plutôt de la maison forestière de Montena, il v aurait du danger à se baigner à marée basse, si Ton n'était pas bon nageur. Du reste, à parties jours de tempête, et les tempêtes ne sont jamais bien violentes, le flot, qui n'est que le contre-coup du flot marin, est toujours doux et bénin.

Le bassin d'Arcachon est une grande l>aie denviron HO à 85 kil.

de tour, qui a la forme d'un triangle et dont l'entrée forme le sommet, tourné vers le sud-ouest, tandis que la base est au nonl-est et s'étend d'Ares à l'embouchure de la Leyre.

Sa profondeur varie, mais en certains endroits des vaisseaux de ligne trouveraient un ancrage sAr par plus de 30 brasses. Si de nombreuses études ont été faites depuis le commencement de ce siècle pour le transformer en un port militaire de premier rang, les plans proposés n'ont pas encore été exécutés.

a On a un regret, écrivait M. E.

Bersot en 1801 : ce bassin n'est pas l'Océan. Quand vient un gros temps et que l'abîme gronde, on écoute le bruit lointain qui vous attire.

Mais les tempêtes sont rares, les jours calmes abondent dans la belle saison, et c'est un charme devoir cette mer animée, traversée par une multitude d'embarcations, par toutes sortes de voiles en nageoire de poisson , en aile d'oiseau.

« Tous les jours, 80 barques légères vont à la pêche d'une petite sardine appelée roi/an; elles partent

du fond du bassin avec le descendant, jettent l'ancre sur un banc, à l'entrée de la passe , souvent restent là la moitié de la nuit, pour être au descendant prochain, et, sur le signal d'un patcon, qui juge du temps, s'élancent ensemble. Arrivé au large, on tend le filet, qui est tout droit, on jette au royan une pftture mêlée de sable pour la rendre visible; il la sent et l'aperçoit au travers du filet, et, en voulant l'atteindre . entre dans les mailles, qui le retiennent par les ouïes. On les emporte par milliers.

IV' plus grandes barques, des chahujpes, font la grande pêche : elles passent d'ordinaire une nuit dehors, au besoin, plusieurs, quand la rentrée .serait dangereuse. On pêche aussi dans l'intérieur du bassin avec le filet ordinaire.... »

A peu i)rès au milieu du bassin d'Arcachon est uno île connue sous le nom d'ile de lia Teste ou île des Oiseaux. On l'aperçoit de la côte des bains, surtout à marée haute. Elle a 4 kil. environ de circonférence. Il n'y croît ni un arbre ni un arbuste; nulle fleur ne peut y vivre. C'était autrefois un communal où les habitants des rives envoyaient paître leurs chevaux et nourrissaient quL'bjues vaches à moitié sauvages. Un seul homme , chargé delà garde de ces troupeaux, y demeurait près d'une fontaine d'eau douce excellente, dans une cabane qui , pendant les gros temps, semblait perdue au milieu des vagues. En 1820, l'État en a revendiqué la propriété et en a pris possession; il la loue à un fermier qui reçoit, pour le pacage, des bestiaux au mois, et loue lui-même des permissions de chasse. Outre la cabane du garde, on y trouve maintenant

quelques huttes appartenant à des pêcheurs qui, pendant l'automne et l'hiver , font la chasse aux canards sauvages.

Une demi-heure suffit pour aller de la plage d'Arcachon à lîle des Oiseaux. Les pinasses (barques en bois de pin) qui y mènent les promeneurs sont ordinairement conduites par un homme et par une femme. On fera bien pour cette course, comme pour toutes celles qu'on désirerait entreprendre, de fixer le prix au départ. Du reste, quoi qu'en ait pu dire l'auteur d'un Guide publié à Arcachon, l'Ile des Oiseaux n'est nullement une Ile forlunée. Le seul plaisir qu'on puisse s'y procurer gratis, c'est de faire lever des lapins (leur nombre est en eflet considérable), mais il en coûte cher pour les chasser : 50 c.

quand on les manque et 1 fr. quand on les tue. Telles sont les étranges conditions imposées par le fermier.

Du reste, la chasse aux oiseaux est libre toute l'année , et on trouve à Arcachon des fusils de chasse à louer au mois, à la semaine ou à la journée.

On peut aussi aller avec une pinasse (une heure pour l'aller et une heure pour le retour, avec un bon vent) au cap Ferret, l'extrémité de la dune de sable qui domine à l'ouest l'entrée du bassin d'Arcachon. Les Romains l'appelaient le Curianum promontorium. Quelques cabanes de pêcheurs se sont groupées au fond d'une petite anse qui débouche dans le bassin. Un i)eu plus haut, un poste de douaniers et une maison de garde ont été bâtis près d'un bon puits d'eau douce, et de la tour, haute de 61 met., qui supporte le phare, construit en 1839 par M. Deschamps fils. Un escalier

de 150 met. conduit au sommet de cette tour, d'où l'on découvre une vue étendue, d'un côté, sur l'Océan, de l'autre, sur le bassin d'Arcachon et les forêts qui couronnent ses dunes. Du reste, rien de plus nu, de plus triste que cette côte, le long de laquelle on se distrait à chercher des coquillages ou à cueillir des immortelles de mer. Le feu fixe du phare (!*' ordre) s'aperçoit de nuit en temps ordinaire à une distance de 18 milles. Il se trouve, à 3000 met. au nord de l'entrée actuelle du bassin, par45 degrés 7 minutes 25 secondes de latitude et 3 degrés 15 secondes de longitude.

Une heure et 30 min. suffisent pour faire le tour du cap Ferret et revenir par le phare à l'endroit où Ton a laissé son embarcation. Dans ce trajet, on remarque le banc de Matoc, qui sépare les deux passes, banc plat et large sur lequel la mer l)rise sans cesse, dernier vestige de la grande Ile de la Mate ou de l'île de la Pile , qui se trouvaient autrefois à l'entrée du bassin et qui n'existent plus aujourd'hui.

La forêt d'AroachoDj que les semis de l'État séparent de la forêt de La Teste, a 3600 hect. Elle s'étend des prés salés de La Teste à la pointe de Bernet, et de la route départementale aux semis de l'État.

De nombreux sentiers la sillonnent dans tous les sens. Elle se compose principalement de pins , de chênes, de houx, d'arbousiers et d'aubépines.

Les accidents du terrain , les dunei et les bas-fonds y ofl'rent de curieux aspects qui ne tardent pas , du reste , à ])araltre monotones. On y remarque quelques cabanes de résiniers.

L'une de ses dunes les plus hautes, le Truc de Pey-Maou (truc signifie dune abrupte et élevée) se trouve

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«lans Arcachon môme, à 500 met.

«le la route départementale. On y découvre de belles vues sur la forêt, les villas et le bassin. Un jalon peint en rouge indique aux promeneurs le Truc de Pey-Maou. Deux autres <lunes voisines , mais moins élevées, sont signalées de la même manière à leur attention , car on y jouit de points de vue différents.

Les ■emU de TÉtat, situés entre la forêt d'Arcachon et celle de La Teste, datent surtout de la fin du siècle dernier. Les chemins qui les traversent se nomment gnrde-feux.

On y fera d'agréables promenades à cheval; la plus ordinaire est celleci : on va d'Arcachon à Moullo (40 min. à cheval), de Moullo à La Teste (30 min.), et de La Teste à Arcachon (de 20 à 30 mm.). Moullo est un parc d'artillerie situé au bord du bassin , sur l'emplacement d'un ancien fort, presque en face du phare du cap Ferret. Pour s'y rendre, on longe prescjue toujours la côte, et on traverse le garde-feu n» 4. Cinq min. au delà se trouve la maison forestière de Monttna , où viennent aboutir les garde-feux n" 3 et n" 5. Le garde-feu n" 3 (celui de g. quand on tourne le dos à la mer) conduit directement à une autre maison forestière voisine de La Teste, et d'où divers chemins ramènent les promeneurs à Arcachon. C'est près de cette maison forestière (sur la dr.) que se trouve le monument élevé à la mémoire de Bremontier.

La forêt de La Teste est bornée au nord i»ar la plaine de La Teste, à l'ouest par les semis de l'État qui s'étendent jusqu'au bord du bassin d'Arcachon, au sud par l'étang de Cazau, h l'est par la lande sur la(iuelle la Compagnie des

Landes a creusé son canal. Elle a 3980 hect. Le sol et le produit de la résine appartiennent k divers propriétaires. Les pins et les chênes sont la propriété des usagers domiciliés à La Teste, Gujan, Mestras et Cazau. Au xvi" siècle (1543) , Frédéric de Foix, captai de Buch, partagea cette forêt entre tous ses vassaux, moyennant une redevance qu'il prélevait chaque année sur les produits des pins, sous la condition ({ue tous leurs enfants qui naîtraient ai)rès sa mort , et que tous les étrangers qui se fixeraient dans le pays , auraient, après une année de séjour, le droit de prendre du bois pour se chauffer ou-pour construire.

Ainsi les propriétaires n'ont aujourd'hui que l'usufruit des pins et des chênes, mais ils jouissent des mêmes droits que les simples usagers.

La pointe du Sud est une espèce de promontoire arrondi qui s'avance dans le golfe de Gascogne, au sud de l'entrée du bassin d'Arcachon.

On y jouit d'une belle vue sur l'Océan. Divers chemins y conduisent.

M. Jean Lacou compte 2 h. à cheval si l'on suit les bords du bassin .. et 1 h. 30 min. si Ton passe par La Teste, la Seoube et Dulet. On peut aller par l'un de ces chemins et revenir par l'autre. Quand on suit les bords du bassin, on trouve d'abord le premier poste de la douane, le parc d'artillerie de MuuUo et la maison forestière du Montena, dont nous avons parlé plus haut. Vingt min. là cheval) plus loin, s'élève sur une haute dune le Pilât , restaurant des Trois-Sœurs. Avant d'atteindre la Pointe du Sud proprement dite, on rencontre encore le poste du Sud, abrité derrière les dunes.

De ce poste on distingue bien les deux passes séparées par le banc du

Matoc ; mais il faut doubler la Pointe du Sud pour découvrir l'Océan dans toute sou immensité. La vue s'étend jusqu'au vieux Boucaut.

Il est assez difficile d'aller sans guide, par la forêt de La Teste et les semis, de la Pointe du Sud à La Teste. Si l'on est seul, on fera bien de revenir le long de la côte jusqu'au Moullo, et de prendre le gardefeu n" 3, qui conduit à La Teste.

Le Truc de la Truque, la plus haute dune boisée de l'ancien captalat de Buch, se trouve à une distance à peu près égale d'Arcachon et de La Teste (l h. 15 m. et 1 h.

20 m.). On s'y rend d'Arcachon par le garde-feu u" 1 ; de La Teste , soit par le chemin de la Seoube, soit par celui de la forêt et de la lande qui mène directement à Cazau. On peut monter à cheval jusqu'au sommet, d'où Ton découvre une vue étendue sur la forêt de La Teste , la plaine, une partie du lac de Cazau, et le bassin d'Arcachon.

Pour Cazau, Mimizan, Aureilhan, Pontens, Parentis et la côte nord-ouest du bassin, voir Vltinéraire de Bordeaux à Bayonne , par Adolphe Joanne.

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