‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 46 sur 382 · ROUTE 7. DE RAYONNE A PAU, PAR OLORON · texte numérisé non relu

ROUTE 7. DE RAYONNE A PAU, PAR OLORON

supérieure, vingt-quatre rois assis (les *i4 'vieillards de l'Apocalypse) , couronnés, jouant de divers instruments et présidés par l'agneau accroupi , qui porte la croix , dans une auréole que supportent deux anges: celles de l'archivolte inférieure, u!ie tète (ranimai monstrueux et les travaiix des Sai sons. La porte est divi.sée ])ar une colonne de marbre cjue couronne une jolie corbeille de palmes, et qui ai)i»uie sa base. <i deux tores, .sur un groujje de (piatre cariatides, représentant des captifs enchaînés dos à dos. Knfin, audessus de ce curieux i)ortail, on voit encore des statues d'hommes d'armes et des fragments d'un haut relief très-fruste (peut-être la Résurrection), postérieur, selon toute apparence, aux autres .scul|itures.

L'intérieur de Sainte-Marie se compose de cinq nefs de 45 mètres de longueur sur 3*2 de largeur. Les j)remiers bas côtés franchi.ssent le transsept et font le tour du sanctuaire; le chœur est du xiv' siècle, les chapelles du nord sont du xv .

La rue principale de Sainte-Marie de.scen<l au Gave d'Aspe, que l'on traverse pour entrer h Oloron. Du pont, on découvre des vues pittoresques sur le Gave, profondément encaissé et dominé en outre [)ar des terrasses qui supportent des maisons.

20 kil. (9,S kil. de Rayonne), Oloron Jlôlrl Cnndcssp, tenu par Peyta. Le bureau des messageries Condesse pour Pau. Rayonne et Saint-.Iean-Pie<l-de-Porl, se trouve dans l'hôtel même, où l'on peut se procurer aussi des voitures j)articulières pour la vallée d'Aspe. et pour toutes les routes desservies par des diligences: Hàtcl des Voya-

geurs tenu par Loustalot; ca/bi- Condesse, Loustalot, des Pyrénées), chef-lieu d'arrondissement du dép.

des Basses-Pyrénées (tribunaux de 1" instance et de commerce), ancien évêché, V. de .S986 hab., est agréablement et pittoresquement située sur les pentes et le sommet d'une colline escarpée, au pied de la(|uelle le (ïave d'Aspe et le Gave d"o.ssau .se réunissent pour former le (iave d'Oloron. Un quartier s'est mênie construit, le long des routes de Pau et d'Orthez. sur la rive dr.

du Gave d'Ossau et du Gave d'Oloron. C'e.st une ville industrielle et commerçante. Elle possède des fabricjues de drajjs, de ceintures et de bérets de laine, des filatures de laine, des tanneries, une papeterie mécani(jue. des minoteries, etc.

Elle vend et achète des laines, des peaux de mouton, des jambons (de Bayonne), des chevaux, des bestiaux, etc. Enfin elle sert d'entrepôt pour les bois de mâture exploités dans les Pvrénées. Ses marchés (mardi et vendredi) sont très-fréquentés; ses foires (1®' mai et 9 septembre) durent trois jours. Une chambre consultative des manufactures, arts et métiers, y a été établie, et l'Espagne y entretient un vice-consulat.

Oloron s'appelait Iluro qua,nd elle était une ville de la Novempopulanie, située sur la voie romaine qui reliait Beneharnum àSaragosse.

Deux de ses évoques assistèrent en 506 et en 593 aux conciles d'Agde et de Mûcon. C'est tout ce qu'on sait de .son histoire avant sa destruction par les Sarrazins et les Normands au viii* siècle. Son évêché fut alors incorporé dans l'évêché général de Gascogne. Centulle IV, vicomte du Béarn. releva ses mires vers l'an

1080 el la réunit, par un pont jeté sur le Gave, au liourj; de Sainte-Marie , (jui n'avait pas été complètement détruit et qui, lors de la division de Tévèché de Gascogne, était devenu le siège d'une église épiscopale sous l'ancienne dénomination (révèché d'Oloron. Pour attirer des habitants dans la ville naissante, il accorda à tous ceux qui viendraient s'y établir la charte, d'affranchissement la plus libérale peut -être du moyen âge. Sept hommes de Camfranc (Aragon ) furent les premiers qui répondirent ;\ cet appel. Dès Ir.rs Oloron et Sainte-Marie prirent des développements rapides. Heureusement pour elles, elles n'ont pas d'histoire. Lors de la Rélormation, lévèque d'Oloron, nommé Roussel, y prêcha lui-môme et y lit adopter les nouvelles doctrines , puis , emporté par son zèle, il alla se faire tuer à Maulèon (voy. Mauléon) par Arnaud Maytie. L'évéché resta vacant juscjuà ce que l'armée catholique, sous les ordres de Terride, eut occupé le Béarn; alors Montgommery reprit Oloron et en expulsa l'évèque Claude Régine, (jui, retiré d'abord à Vendôme, où il .se disait l'évèque non d'Oloron, mais dohrum (de douleur), vint plus tard s'établir h Maulèon. Trois membres de la famille d'Arnaud Maytie.

le meurtrier de Roussel, occupèrent, au xvi" siècle, le siège épiscopal d'uloron, maintenu par la Révolution et supprimé depuis.

Au XVII» siècle, Oloron faisait un commerce considérable avec l'Aragon. Ses plus riches négociants avaient des comptoirs à Saragîosse.

Mais, en 1694, les Espagnols pillèrent ces comptoirs, et chassèrent les correspondants des Oloronais dont iLs étaient jaloux. Ce fut une

grande j)erte pour Oloron , qui vit sa population diminuer rapidement, mais qui a réparé depuis les suites de ce désastre.

Outre sa position, les débris de ses anciens remparts, ses jolies promenades d'où l'on découvre de iteaux points de vue sur les vallées des Gaves d'Ossau, d'Aspe, d'Oloron et sur la chaîne des Pyrénées, Oleron n'a rien i\ montrer aux étrangers que son èi^Usp de Sainte-Croix, qui couronne le sonmiet de la colline escarpée (|u"occu[)e la vieille ville, et au pied de laquelle se réunissent les Gaves d'Aspe et d'Ossau. Cette église fut bâtie ver.s 1080 par le vicomte Cen tulle IV et l'évèque Amatus, dont le nom est grar\é sur un des chapiteaux du transsept. L'extérieur a beaucouj) souffert. La porte a j)erdu toutes ses .sculptures; les chapelles absidales surtout sont en ruine. La grosse tour carrée, redoublée de contre-forts qui s'élèvent jusqu'au dernier étage, date du xiii* siècle. L'intérieur .se compose d'une nef, de deux bas côtés, de tran.ssepts et de trois absides; nous y signalerons seulement les sculptures des chapiteaux; de hideux autels dorés font un contraste choquant avec le style général de l'édifice.

D'Oloron aux Eaux-Chaudes (V. II. 8):

- à Saiiii-Chiislau (V, K. 27; ; — dans la vallée d'Aspe (V. R. 28 ); - dans tu vallée de Bareious (V. K. 28); — à Tardcts, il Maulèon, à Saint-Jean-Pied-derori(V. U. 22).

Au sortir d'Oloron la route de Pau et des Eaux-Bonnes , bordée de peupliers, gravit une côte du haut de laquelle on découvre une vue admirable : il g. , sur la vallée du Gaved'Ossau, l'entrée de la vallée d'Aspe et hi chaîne des Pvrénées (vov. le

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