‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 57 sur 382 · DE BAYONNE A SAINT-SEBASTIEN, PAR SAINT -JEAN-DE-LUZ · texte numérisé non relu

DE BAYONNE A SAINT-SEBASTIEN, PAR SAINT -JEAN-DE-LUZ

61 kil. 500 met. Route de poste desservie par ries voitures publiques. Deux départs par jour. Coupé, 15 fr.; intérieur et banquette, i2 fr. 50 c. — Le cbemin de fer de Rayonne à la frontière doit suivre à peu près la même direction quela rouie de poste.

N. B. II ne faut pas oublier de faire viser son passée-port à Rayonne par le consul d'Espagne (G fr. 50 c. ).

Pendant l'été, des bateaux à vapeur font un service régulier, entre Rayonne et Saint-Sébastien : la durée du trajet est d'environ 6 h.

20 kil. Saint-Jean-de-lui (V.

Après avoir, au sortir de Saint- Jean-de-Luz , traversé le pont de pierre jeté sur la Nivelle , la route d'Espagne , bordée de peupliers, comme presque toutes les routes du département des Basses-Pyrénées, laisse la douane et Ciboure à

droite (V. R. 10), longe un petit coteau et ne tarde pas à monter pour redescendre. Au delà d'un ruisseau qui se jette dans la baie de Saint- Jean-de-Luz, on aperçoit, du sommet d'une petite côte, le vallon d'Urrugne entouré de montagnes rondes sans caractère, derrière lesquelles disparaît le sommet de la Haya, visible depuis longtemps. A 1.500 met.

en deçà d'Urrugne, s'élève à dr.

de la route le château d'Urtuhie, ancien manoir, dont les fossés ont été comblés et les meurtrières murées, a II a vu, en 1462, Louis XI se rencontrer avec les rois de Castille et d'Aragon ; en 1643, il a été le centre des intiigues et des luttes des Sa ?>pichouri et des Sahelgorri (les ventres blancs et les ventres rouges) dans cette grande guerre , moins sanglante que celle des York et des Lancastre , entre les d'Uturbie et les Saint-Pé, à propos de la charge de bailli du Labourd. Aujourd'hui, ajoute M. G. de Lavigne, c'est un riche domaine , entouré de métairies, de moulins, de bois. »

ï^ kil. (25 kil.) Urrugne, V. de .3.578 hab. (canton de Saint-Jean-de- Liiz), située sur un coteau au pied duquel coule le ruisseau d'Helbarren — relais, dernière poste française— est célèbre par l'inscription latine de son horloge :

Vulnerant omnes, ulttma necat.

Toutes frapperu , la dernière tue !

Sauf cette inscription latine qu'on peut, du reste, lire ailleurs, Urrugne n'a rien de curieux. L'égli-se est grande et assez bien construite; .ses murailles ont été percées <le meurtrières pendant les guerres de religion, en prévision de quelque attaque des huguenots.

Au delà d'Urrugne, la route se dirige presque en droite ligne vers

ITINERAIRE DES PYRENEES

l'ouest et gravit une petite chaîne de collines qui sépare la vallée d'Urrugne du bassin de la Bidassoa.

Du point culminant on aperçoit de nouveau la mer, qu'on avait cessé de voir depuis le pont de la Nivelle. A g. et en face api)araissent les deux montagnes de l;i Rhune et de la Haya ; à dr. s'étendent les alluvions de la Bidassoa et la mer; et à 7 kil. de distance, de l'autre côté de la baie de Fontarabie , s'avance dans la mer la poinie du Fitjuipr, que les géographes ont. pendant si longtemps, considérée ;\ tort comme l'extrémité occidentale des Pyrénées. Le sommet du plateau (148 met.) s'appelle la Croix des BnnqiiPts; rinijKirtance de sa position stratégifjue sur la frontiT-redesdeux pavs en a l'ait le théâtre d'un certaiii nombre de combats. En 179.'}, les troupes répul)licainesle défendirent \aillamnient contre l'armée esi)agnole; en IHl.'i, il fut emporté j)ar les alliés , malgré l'énergique résistance des Français. On descend en décrivant des zigzags, par une pente assez roide, entre des champs de maïs , ;i

6 kil. (:{1 kil.). Béhobie {llùtd du Sord , tenu par Thiers), v. déitendanl d'L'rrugne, et situé sur la rive dr. de la Bidassoa. Quand on entre en France, on y subit la visite de la douane et on y exhibe son passeport aux autcT^ités françaises, l^tur avoir l'autorisation d'entrer en Espagne, il faut également être porteur d'un passe-port en r?'gle , c'està-dire visé par le consulat espagnol de Bavonne.

La liidassoa sert rlé limite ii la France et h l'Espagne sur les derniers kilomt'tre.s de son cours. Elle prend naissance dans les gorges qui entourent la vallée de Bastan.

et, bien que son parcours soit de 60 kil. seulement, cependant elle peut, aussi bien que la Garonne et l'Adour, prétendre au titre de fleuve, puisqu'elle débouche directement dans l'Océan. Son lit est assez étroit dans toute sa partie supérieure; mais à Béhobie même il s'élargit brusipienient , embrasse plusieurs îles parmi Itîsquelles se trouvent les îles céU;bres des Faisans et de la Conférence', et s'étale sur de vastes bancs* vaseux que la mer couvre quaiul elle monte et découvre quand elle descend. Enfin il s'élargit assez pour former un véritable estuaire alluvial; ;\ son embouchure, en tre la jtointe de Saint-Anne et la pointe du Figiiiei', il a 4 kil. de largeur. Autrefois les Espagnols possédaient tout le terrain couvert h marée haute; maintenant le milieu du pont (le Béhobie et le milieu du chenal servent de limites.

a La célcbre Ile des Faisans est un espace marécageux où les faisans sont aussi rares que les oiseaux de paradis dans les Champs- P'iysées, » a dit un voyageur contemitorain ; quant h Vile de In (Àmférrnve, située tout h côté, un autre touriste la qualifie de défiuite , et \m troisième dit qu'il en reste encore un espace graml comme un poisson frit. Dans tous les cas, il est certain quelle aura bientôt disparu. Cependant des événements importants s'y sont accomi>lis. C'est là qu'eut lieu une célèbre conférence entre Louis XI , roi de France, et Heiui IV, roi de Castille. ('ommines nous raconte (jue le costume jtauvredu roi de France offensa les Espagnols, qui se vêtent toujours avec splen-

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