‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 58 sur 382 · Voyez la cane du dépôi de la guerre · texte numérisé non relu

Voyez la cane du dépôi de la guerre

ROUTE II. BÉHOBIE.

(leur pour visiter leurs amis , et de leur côté les Français se moquèrent de la magnilicence et du luxe des seigneui s castillans. Les rois ne s'en embrassèrent pas moins avec des .sourires et des paroles d'affection sur les lèvres; mais depuis ils se haïrent d'autant plus (ju'ils s'étaient serré la main.

En l.'»2(), ce fut près de cette ile fameuse que cessa la captivité de François I" (voy. ]>age 46). L'échange du roi captif contre ses deux fils (ju'il donnait en otages, eut lieu sur la Bidassoa, dans une iianpie, au milieu de la rivière. Le loi y sauta , mit ses deux enfants à sa place, et sur le boid français, monta sur un cheval turc, plein de feu, qui d'ini tourliilion le porta à Bavonne (voy. i)age 46). L'Es|agne, (pid fuyait, l'attendait encore là.

Les envovés de l'empereur v étaient pour le prier de ratifier le traité (juil avait juré. Il les paya « en luoiuuiie de singe, » d'une farce, d un sourire, disant en substance:

Vous avez vos cortès , moi mes états ; je dois les consulter. (Michelet. lU'fnime). Plus tard, en Kil.'), les ambassadeurs de France et d'Espagne vinrent échanger deux liaticées sur l'Ile de la Conférence :

Isabelle, fille d'Henri IV, roi de France, destinée à Philip[ie IV, et la sd'ur de ce dernier. \\ fanuMise Anne d'Autriche , destinée à Louis Xlll.

Enfin, en 1G6I», elle fut le théàtie d'uTie n(juvelle entrevue, encore plus célèbre dans l'histoire; le cardinal Mazarin y vint s'entendre avec don Luis de Haro [>our traiter de hi paix dite des Pyrénées et régler le mariage de la fille de PhiUppe IV avec Louis XIV (voy. i)age85). Leur conférence dura quatre mois. (?esl en travaillant aux embellissements des

deux galeries élevées au milieu de la rivière i>our cette entrevue que le grand peintre Velasquez fut saisi des fièvres intermittentes qui le conduisirent au tombeau.

L'infante Marie -Thérèse devait être remise à son royal époux sur l'une des deux îles. Le mariage fut d'abord célébré le :\ juin, par procuration, à Fontarabie. Le 4, Anne d'Autriche revit, dans l'île des Faisjuis, son frère le roi d'Espagne, (h)nt elle était depuis si longtemps séparée. L'infante, sa nièce, était présente, et, bien que l'étiquette adoptée par les deux cours ne permit à Louis XIV de voir cette princesse que le jour fixé pour lui en faire la remise, son impatience (il n'avait (|ue vingt-deux ans) ne jiut accejiter ce délai. Aussi, pendant la conférence du 4 juin, le cardinal Mazarin s'approcha du roi d'Espagne et de la reine mère, disant qu'«/» inconnu était à la porte et demandait qu'on lui ouvrit. On laissa la porte ouverte :

Louis XIV i)arut au milieu d'un groupe de courtisans, qui se faisaient tellement j)etits autour de lui, (|ue, les dominant de toute la tète, ses yeux rencontrèrent pour la première fois ceux de l'infante, a Que vous en semble? demanda la reine Anne d'.Vutriche à Marie- Thér^-se. — Il n'est pas temps de le dire , s'empressa de répondre le roi d'Espagne; attendez qu'elle ait passé cette porte. » Il montrait, en même temps, la galerie qui s'oiivrait du côté de la France.

Mais les Mémoires du tem])s assurent (pie les deux fiancés se montrèrent satisfaits l'un de l'autre.

Aussi , au moment où le roi d'Espagne et sa fille venaient de (juitter l'île des Faisans et descendaient la

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ITINERAIRE DES PYRENEES

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Bidassoa pour retourner à Fontarabie, Louis XIV, la tête découverte et monté sur un cheval superl)e, suivit au palnp, le lonp: de la rive française, aussi loin quil le put, le bateau qui emportait sa fiancée.

Le dimanche G juin, la paix fut jurée dans Tlle des Faisans par les deux rois de France et d"?^spaj;ne.

à genoux et la main sur 1" Evangile, en présence des deux cours.

Pendant cette cérémonie, le roi d'Espagne, ayant aperçu M. de Turenne, dit à la reine mère : a Voilà un homme qui m'a fait passer de bien mauvaises nuits! » Le lendemain, Louis XIV alla, accompagné de ses courtisans, chercher linfante dans l'ile des F'aisans , pour l'amener à Saint-Jean-de-Luz (voy. page 8.'») où le mariage devait être célébré. »

Près de Béhobie on trouve les ruines d'un clu\teau fort construit au commencement du xvi* siècle, j)ar le roi de (>astille pour repousser les invasions des Français.

Au sud du pont on aperçoit, sur une colline escarpée , d'où Ton découvre un admirable panorama, Vermitnge de Snint-Marlial : il a été élevé en l'honneur de la victoire remportée, en 1.V22, par Rertran de la Cueva sur les troupes françaises que commandait Ronnivet. En 1813, le maréchal Soult, faisant un dernier effort pour dégager Saint-Sébastien, donna l'ordre au général Reille de traverser la Bidassoa, et d'attaquer les troupes espagnoles postées sur la colline de Saint-Martial. Les Français, vaincus malgré leurs vaillants efforts, durent repasser en désordre la Bidassoa. Ce fut la dernière bataille livrée sur le sol espagnol pendant la retraite du maréchal Soult.

En descendant le cours de la Bidassoa, on trouve sur sa rive droite (2 kil.). Hendaye, pauvre village de 427 habitants. « Dans un jour de colère, le matin de l'affaire de la Croix-des-Bouquets , en 119'}, Fontarabie, dit M. G. de Lavigne, se mit à faire pleuvoir sur Hendaye des boulets et des obus. Vn fort j)rotégeait le village: une redoute occupait cette élévation au nom pompeux, qu'on appelle la montagne de Louis XIV ; tout cela fut enlevé, surpris, détruit par les Espagnols de don Caro... « Depuis, Hendaye n'existe réellement que sur la carte, elle n'offre que des décombres, (là et là cependant, au milieu des ruines, quelques maisons .sont restées debout, blanches, coquettes, ornées de treilles, de fleurs et de guirlandes de piments rouges, li Hendave était autrefois célèbro pour son excellente eau-de-vio.

D'Hendaye on ])eut traverser la Bidassoa en bateau pour aller à Fontarabie, située sur la rive opposée du fleuve, ou gagner direc tement la route de Saint-Jean-dc- Luz sans revenir à Béhobie.

Après avoir traversé le pont do Béhobie, on descend pendant 'A kil.

environ la rive g. de la Bidassoa sur une plaine couverte de beaux champs de maïs. De cette plaine on aperçoit à dr. les murailles et les tours de Fontarabie, à g. la colline de Saint-Martial et la montagne de la Haya, moins belle que de loin, puis on monte à

:{ kil. (34 kil.) Irun {Pnrador de diliycncias , café de la Iberia, voitures pour Saint-Sébastien, Fontarabie, Burgos. Pampelune, Madrid, V. de 405') habitants, située .sur la

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