ROUTE U. LA VALLÉE DE BASTAN
Sa population actuelle est d'environ 7700 hab. Elle a 7 lieues d'étendue (lieues espagnoles), ou 39 kil.
du N. au S. , du pont de Danchariaenea, frontière de France, au port de Velate , à l'entrée de la vallée d'Ulzama, et 4 lieues (22 kil.) de largeur de l'E. à l'O. Le mot Baitan, d'après les étymologistes, est une métathèse du vocable basque baznat, qui signifie je suis seul : il exprime donc l'indépendance de la vallée.
On laisse à dr. Lacaroz, situé sur le versant opposé de la vallée du Bastanzubi en allant d'Elisondo à
4 kil. (50 kil.) Irurita , v. de 900 h., situé sur une hauteur. « Enrichi par le commerce d'.\mérique , lieu de retraite préféré des armateurs aventureux qui ont rapporté du Mexique ou de Cuba ces dernières miettes de galions qui gorgèrent l'Espagne de Philippe II et de Charles IV, ce village, dit M. Cénac Moncaut, renferme de grandes et vastes maisons à l'aspect confortable, montrant encore les mâchicoulis trilobés et les fenêtres mauresques géminées que fit naître l'influence andalouse. » L'une de ces maisons est surmontée d'une tour carrée et porte sur sa façade l'écu à échiquier de la vallée de Bastan.
Au delà d'Irurita, la route descend par une pente rapide dans une jolie vallée, bien cultivée, qui se rétrécit à la hauteur des villages de Ciga et d'Aniz, puis elle traverse le Bastanzubi , sur un pont en pierre de trois arches, en deçà de 6 kil. 1^56 kil.) Berrueta, v. de 279 h., situé sur le penchant d'une montagne dont le Bastanzubi baigne la base. Plus loin, la vallée que l'on continue à remonter, d'abord riante, fertile, animée, se rétré-
cit entre des montagnes boisées et rocheuses, devient solitaire, puis s'élargit au delà d'un pont d'une seule arche , sur lequel la route traverse le Bastanzubi. On remarque alors sur la dr. une jolie habitation carrée , surmontée d'un belvédère, entourée de jardins au milieu desquels on aperçoit une serre. Un pont de bois la réunit à la route.
Cette propriété, d'une grande étendue, porte le nom de palais de Reparazea; elle appartient au marquis de Besolla. Après l'avoir dépassée, on quitte la vallée du Bastanzubi, qui, coulant au S. vers San-Esteban, prend le nom de Bidassoa , et on remonte la vallée du Marin. Près du point de bifurcation, on passe devant une église carrée avec un porche à colonnes de pierres rouges, puis au milieu des maisons du hameau de Mugairi, dépendant de la commune de (3 kil.) Oronoz (305 hab.).
Au delà de Mugairi, on suit d'abord la rive dr. du Marin ; mais on traverse deux fois ce torrent avant de s'élever au-dessus de son lit profondément encaissé. A mesure qu'on monte, on découvre en se retournant une belle vue sur les montagnes de Bertizarana. Bientôt la route incline à g. en contournant les pentes de la montagne. Elle longe un grand mur de soutènement au-dessus duquel passe une autre route qui , par un tracé nouveau et plus direct, évite Mugairi, pour aller rejoindre à Berrueta le chemin d'Elisondo.
A l'endroit où , contournant le fond du vallon, elle revient vers la dr., elle est elle-même supportée par un massif considérable en maçonnerie. Les travaux de cette nature sont nombreux de Mugairi au port de Velate, et quelques-uns n'ont
pas m(^ns de '20 met. d'élévation.
Le plus lemaniuable est un pont de trois arches, dont Tarche du milieu a 22 met. de hauteur sous clef, et dont les i)iles et les cintres sont construits en marbre. Après l'avoir franchi on découvre
5 kil. de Borrueta (Gl kil. de Bayonne), Almandoz, v. de 345 li..
situé i\ 428 met. de hauteur, appartenant encore à la vallée de Bastan. 11 est entouré de carrières de marbre, de fontaines ferrugineuses et de magnifiques forêts de hêtres qui s'étendent jus(pie vers le port de Velate. A son extrémité supérieure on trouve une bonne posa d a publie a y Estnmon.
Au delà (lAlmandoz. la route décrit de nombreux zigzags (les i)iétons I)euvent prendre des sentiers qui abrègent) sur les flancs des montagnes de Macanaz et de fiozara. Un y découvre des points de vue variés. Quand on cesse d'apercevoir la vallée d'Almandoz, on s'engage entre d'autres montagnes en se <lirigeant vers le S. Quelques-unes sont boisées jusqu'au sommet, ijà et là on aperçoit des bergeries cou vertes en grandes pierres plates. On atteint enfin une maison blanche entourée de quel(]ues arbres qui cachent à la vue un ravin boisé d'une grande profondeur et semblal)le à un entonnoir; cette maison est la
Venta de Velate. Sur ce i>oint s'élevait autrefois une chapelle bâtie par les Templiers, et dont il ne reste plus de traces. La route, bordée seulement de barrières en bois brut chevillé, et ombragée pendant quelques instants de hêtres magnifiques, droits et élancés, monte au porf de Velate ou de Matacola (828 met.), tpii sépare la vallée de Bastan île
celle d'I'lzama, court de niveau pendant 200 met. au milieu d'arbres centenaires, et enfin atteint la Venta de Arraiz , belle maison construite en 1846 sur un plateau planté d'arbres, couvert de bruyères et de daphnés. Le village d'.lîraiz et son annexe Orquin sont à 1 kil. sur la dr. Au delà de cette seconde Venta, on commence à de.scendre dans la vallée de ITlzama, ayant à g. des ravins, et à dr. les pentes du mont Ocolin. On rencontre une seconde chaîne de i)éage à la hauteur du village de Lanx , qui est à 3 kil. sur la g. et qu'on ne peut i)as voir. Ici la descente devient rapide, l'iiorizon s'élargit; les profondeurs sont moins effrayantes; la vallée est plantée de chênes énormes. A g. court un ruisseau qui fait mouvoir une scierie de planches. Plus loin , la route franchit sur un pont de j)ierre l'Ulzama, qui s'est formé de divers ruisseaux descendus de Velate, de Lanz, et qui.
après avoir traversé OlagUe et suivi la vallée d'Osaibar. va se réunir à lArga au delà de Villava, à peu de distance de Panii>elune.
18 kil. d'Almandoz (79 kil.), Ohiyite, v. de 285 hab. , situé à 49 1 met. au-de.ssus de la mer, possède une fontaine ferrugineuse. Le voyageur qui visite pour la première fois l'Espagne , et ([ui n'est pas habitué à la manière de vivre de ce pays, fera bien d'entrer dans la posada où relaye la diligence de la Xueva-UnUm. Il trouvera au premier étage une cuisine sans jour, aérée seulement par deux trous pratiqués dans la muraille; le foyer est établi sur des pierres plates au milieu de la pièce, et entouré de cafetières noires; une chaîne pendant au plafond porte la marmite: