‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 74 sur 382 · ROUTE 14. LE PORT DE MAYA · texte numérisé non relu

ROUTE 14. LE PORT DE MAYA

poursuivre son succès, et Wellington eut le temps d'accourir au secours de son corps d'armée menacé (Voir ci-dessous Sorauren).

Si le voyageur .se retourne avant d'atteindre le point culminant du passage, il découvre tout le pays qu'il vient de parcourir: le territoire de rarrondi.s.sementde Rayonne s'étale sous ses pieds, au nord, comme une inmiense carte géographique. Bien qu'il ait passé la frontière, il est encore, logi(iuement, sur le versant français; le territoire espagnol ne semble devoir commencer qu'au delà du port. Il y a plus, quand on a traversé la vallée de Sa.stan , dont la population se rattache par tant tic liens naturels, par son idiome, ses mœurs et son origine, à la population basque de la Soûle et de la ba.sse Navarre, on se tiemande pourquoi la limite des deux pays n'a pas été tracée selon la configuration géographique, et reculée jusqu'au col de Vêla te.

A dr. de la route, vers le port de Maya, s'accumulent des collines incultes, couvertes de bruyères et de bois chétifs, au milieu desquelles on remarque un cône très-régulier et quelques groupes de belles roches.

A g. , au sommet du port, une granile pierre carrée indique l'ancienne division du territoire d'Urdax et de la vallée de Bastan. Le col franchi, on descend rapidement dans le beau vallon de Mnija.

11 kil. (41 kil.). Maya, v. de 491 hab. , s'élève à g. à une portée de fusil, sur un petit plateau et sur le ver.sant méridional du mont Ochondo. .Vprès avoir ensuite franchi le ruisseau de Maya, l'un des affluents de la Bidassoa, on laisse également à g. le bourg d'Ariscun ()2.^0 hab.), situé sm- une petite

hauteur. Vis-à-vis de ce village se trouve établie, sur la route, la première chaîne ou portazgo indiquant un péage pour l'entretien des voies publiques. A 2 kil.

à dr. , sur le versant du mont Achuela, au sommet duquel le roi Joseph bivouaqua la dernière nuit qu'il passa en Espagne, est le village (ÏAzpilcueta (523 hab.). Entre Ariscun et Azpilcueta, le ruisseau de .Mava et un autre rui.sseau descendu d'Errazu vont se réunir pour former le Bastanzubi , qui plus loin prend le nom de Bidassoa. Après avoir traversé le ruisseau d'Errazu, on ne tarde pas à atteindre le fond de la vallée. On franchit plusieurs fois cette rivière, ]»uis, au delà d'un hameau dépendant d'Urrasun, on remonte i)Our redescendre bientôt à

3 kil. 1/2. d'Urdax (44 kil. 1/2) Elvetea, v. de 350 hab. Son église, carrée et bien construite, est précédée d'un porche en bois. Ses maisons, au nombre de 80 environ, et solidement b;\ties, sont peu éclairées; presque toutes ont des balcons en bois occupant toute la largeur de la façade. Après avoir traversé de nouveau le Bastanzubi à peu de distance d'Elvetea, ou voit à dr. une maison d'un aspect assez monumental . composée de trois façades à galeries formant une grande cour carrée fermée sur la route par une grille en fer : cette maison est le refuge des pauvres de la vallée. A peine l'a-t-on dépassée qu'on entre dans

1 kil. 1/2. (4(i kil.). Elisondo (Fonda y café de Estevan Fort), V. de 13tJ0 hab., chef lieu de la vallée de Bastan, « assise, dit M. Cénac Moncaut, dans une vallée large et fertile, au milieu de vergers et

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

de champs bien cultivés. Elle s'élève au-dessus de la sphère des bourgs pour entrer dans celle des villes.

L'élégance de son clocher grécoromain, l'architecture recherchée de certains hôtels aristocratiques, décorés du titre de palais, la propreté de ses maisons, tout peut lui mériter un titre qui n'est pas en Espagne une distinction purement conventionnelle.... Elisondo doit, à plus d'un titre, occuper la première place parmi les nombreuses agglomérations de la vallée; elle ne se contente pas d'avoir le titre de ville, elle porte celui de capitale de la vallée, ou université de Bastan.... Ce caractère de capitale vient se refléter en signes visibles sur son hôtel de ville, grand bâtiment carré du XVII* siècle, surchargé de médaillons de bois, sous la forme d'aigles impériales, qui retracent en lettres d'or le passage et le séjour d'évt^ques et de dignitaires considérables.

L'écu de la vallée, sculpté sur la façade , est entouré des mots : Valle y universidad de Baztan. L'église a une simple nef avec transsept, de 3 met. de profondeur, et un chevet de même grandeur. Les voûtes, à plein-cintre, sont d'une excessive simplicité. La nef, divisée en trois travées sans pilastres , n'offre que des arcs-doubleaux évidés portant sur consoles.... L'objet le plus intéressant que renferme cette église est un saint Jacques le Majeur qui se dresse à cheval sur le maître autel. Il tient l'épée à la main, porte le manteau rouge pardessus la robe du pèlerin, et se montre, enfin, tel qu'il apparut au roi Ramiro à la bataille de Clavijo.

Il foule aux pieds de son palefroi deux Arabes terrassés.... »

Une enceinte murée fort exiguë, ménagée autour de l'église , a servi jusqu'en ces derniers temps pour la sépulture de quelques familles; • on retrouve sur l'une des pierres tombales la date de 1682. — La douane où se visitent les bagages des voyageurs fait face à l'égli-se.

Au rez-de-chaussée d'une aile du palacio de los Gobemadnres s'étend une vaste galerie qui sert de jeu de paume, et, à côté de cette galerie, s'ouvre une porte en arcade, par laquelle on descend à la rivière. En avançant de quelques pas à dr. au pied du rempart , quand on a franchi cette arcade, on voit Elisondo sous son aspect le plus pittoresque.

Elisondo a souvent figuré dans les dernières guerres civiles. Les carlistes l'assiégèrent deux fois en février et mars 1835. deux fois ils furent repoussés par le général Mina; mais elle fut prise et reprise à d'autres époques, et servit alternativement de quartier général aux deux partis.

La Vallée de Bastan est un des territoires les plus riches de la Navarre. Ses habitants sont hospitaliers, laborieux et très-habiles cultivateurs. Comme toutes les autres vallées des provinces basques espagnoles et françaises , elle avait autrefois une organisation indépendante et formait une espèce (le petite république. Elle élisait son alcade, qui exerçait la juridiction civile et criminelle, infligeait les peines et exécutait les décisions supérieuresde l'assemblée générale.

L'alcade avait, sous le titre de capitan a guerra, le commandement des forces militaires de la vallée, qui pouvait fournir au besoin 800 hommes régulièrement armés.

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