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On voit encore aujourd'hui les immenses travaux exécutés par les anciens Eginètes pour défendre leurs vaisseaux contre la mer et contre les ennemis. Au N.
d'un petit promontoire où s'élève une colonne, s'étend une rade protégée du côté du N. par un briselames qui semble avoir porté un mur, prolongement des fortifications de la ville. Au S. du promontoire et en face du lazaret, on voit un port ovale, abrité par deux môles antiques. Un peu plus loin, et toujours au S. , se trouve un autre port ovale deux fois plus grand que le précédent. Le port secret, qui était réservé aux vaisseaux de guerre, répondrait selon Leakeau premier et selon M. About au second et au plus grand des deux ports. Mais aucune donnée positive ne vient confirmer l'une ou l'autre de ces opinions. On voit près du port quelques vestiges du temple de Vénus, consistant en une colonne et une assise de belles pierres appartenant au soubassement. Le reste a été employé par Capo d'Istria pour la construction du auai. Les murs de la ville que Leake a vus et décrits n'existent plus ; il est môme difficile d'en découvrir des traces ; les Grecs, qui se prétendent si jaloux de conserver leurs monuments, les ont utilisés comme matériaux.
A en juger par la quantité de débris épars sur la plaine qui s'étend autour de la ville, il parait évident qu'Égine s'étendait au delà des anciens murs vers le N. O.
Dans la même direction et près de l'angle N. O. de l'Ile, à 15 m. de la ville, se trouve un tumulus semblable à ceux de la plaine de Troie.
11 est connu sous le nom de tombeau de Phocus. Au pied de ce tumulus on remarque une enceinte taillée dans le roc qui mesure environ 100 m. de long sur une de ses faces. Cette enceinte marque sans doute l'emplacement de 1 Éaceum ou tombeau d'Eaque, que Pausanias cite comme un monument remarquable.
Palaea-Égina n'a d'antique que le nom. Cette ville, située sur un rocher élevé à TE. de la plaine, est complètement abandonnée et en ruines. Elle a servi de retraite aux Grecs aux temps de la domination turque.
Le temple de Minerve 'connu dans te pays sous le nom de t<xT,xoXivvorti) a été longtemps regardé comme celui de Jupiter Panbellénien. De longues discussions ont eu lieu à ce sujet, mais depuis quelques années la question se décide en faveur do Minerve. Jupiter n'aurait eu qu'un autel sur le mont Saint-Elie.
Ce temple est situé sur la côte E. à2 h. 30. m. d'Egine et à 30 m.
du petit port de Hagia Marina. 11 est placé sur une hauteur et présente l'aspect le plus pittoresque.
22 colonnes doriques avec leur architrave sont encore debout. Le temple était hexastyle et bati de pierre d'Égine recouverte de stuc. Cdmme le Parthénon et les temples deP«cstum, il contenait^ l'intérieur deux colonnades superposées Les sculptures qui ornaient les frontons ont été retrouvées en 1811 et sont maintenant conservées au musée de Munich. Celles du fronton oriental représentaient l'expédition des héros Éginètes sous la conduite de Minerve, et celles du fronton occidental le combat des (îrecs et des Troyens sur le corps do Patrocle.
On remarque au S. E. du temple les soubassements d'une habitation antique.
Du plateau où s'élève le temple, ondécouvre l'Attique depuislecap Sumum jusqu'à Salamine. Athènes et le Parthénon se détachent en blanc but le Pentélique qui forme le fond de ce magnifique tableau.
Le Panhellénium, selon l'opinion de Stackelberg qui est généralement adoptée, était , situé sur le sommetdu mont Saint-Elie ; on y monte en 3 h. par un chemin pénible et escarpé. On remarque encore près de la petite chapelle qui couronne le pic Saint-Elie quelques traces des murs qui for-
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niaient re péribole dn temple , ou plutôt de 1 autel. On découvre de cet endroit un magnifique panorama. La vue s'étend sur l'Acropole d'Athènes, les rochers de Salamine, Eleusis, Mégares, l'Acro- Corinthe, la montagne de Méthana et les premières îles de l'Archipel.
On remarque au pied de la montagne et près de l'église To» ér/i™ atouyroy des ruines connues sous le nom de v»i-. Ce sont probablement celles du Hicron â'Aphxa que Pindare a célébrée dans un hymne.
On voit encore quatre murs cyelopéens formant une terrasse sûr laquelle se trouvait le téménos.
Quelques-uns des blocs ont 2 m. 50 de long. A l'angle N. O. le mur cyelopéen a été remplacé par un beau mur hellénique.
En quittant le port d'Epine on rencontre la petite île de Platia ou Métopi. On range ensuite h gauche l'île d'Angistri fpityonésus) où l'on remarque un monastère. Plus loin a droite, se montre l'île de Kyra (Çécryphalus), près de laquelle les Eginètes furent vaincus par les Corinthiens en 158. A gauche , se dresse la presqu'île volcanique de Méthana. Bientét on pénètre dans une baie /troite et 1 on débarque à Néa-Épidavros ou Pidavr* qui remplace l'antique
Épidaure. — Histoire. — Cette ville fut élevée par une colonie d'Ioniens et occupée plus tard par les Doriens d'Argos. Elle devait une grande partie de son importance au Hiéron â'Esculape qui se trouvait sur son territoire. Située sur la grande route de l'Argolidc et à peu de distance du Piiéo et des îles du golfe Saronique, Épidaure devint, grâce à sa position géographique, une des villes les plus commerçantes du Péloponèse. Elle envoya des colonies dans les îles d'Egine, de Cos, de Calydnus et de Nisvrus. Après avoir chassé ses tyrans et adopté un gouvernement oligarchique , elle se sépara de sa métropole, Argos, dont les institutions étaient démocratiques , et se lia étroitement avec Sparte.-
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Les Eginètes , en secouant le joug d'Épiaaure, lui enlevèrent eoti importance et son commerce. Do temps des Romains elle n'était plus queîe port do Hiéron d'Esculape. Depuis, elle adonné son nom à une constitution promulguée en 182*2 par un congrès général des députés de la Grèce.
Description. — Le t. de Pidavro se déploie au fond d'une baie étroite, resserrée entre une pTesqu'ile rocheuse au S., et des montagnes à pic au N. A moitié caché sous des massifs d'arbres , il est dominé par un rocher sur lequel on remarque une petite église.
Au S. de Pidavro, une plaine étroite se déroule entre la mer et de hautes montagnes.
L'antique Épidaure était située sur la presqu'île et avait, selon Strabon, 15 stades de tour. La ville basse, ou faubourg, s'étendait dans la plaine jusqu'au petit promontoire de Saint-Nicolas, près de Pidavro. Il ne reste plus d'Epidaure que quelques vestigesde murailles situés sur la presqu'île et sur l'isthme qui la joint à la plaine.
On peut faire une charmante excursion jusqu'au { 1 h 30 m.) r. de Piado, situe an S. d'Epidaure. C'est dans ce vilUge que s e»: tenu le congrès gênerai des députés grec* en 1823. La fertile vallée de Piada approvisionne le marché d'Athènes de fruits et de légumes.
On sort de Pidavro du côté S.-O.
par la route de Trézènc, et l'on traverse la plaine fertile et cultivée d'Épidaure. Le chemin tourne vers l'O. (10 m.), pour remonter le cours d'une petite rivière et conduit bientôt dans une gorge profonde délicieusement boisée. On remarque à droite (45 m.) de Kalyvîa, près d'un ruisseau, des champs cultivés sur le versant de la montagne et quelques beaux oliviers. On quitle(45m.)lanvière et le grand ravin pour s'enfoncer dans une charmante allée à gauche, qui devient de plus en plus pittoresque, à mesure que Tort
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avance. Laissant (45 m.) le bagage suivre la route directe de Ligourio, on pénètre à gauche dans un ravin boisé, qui contourne la base du mont Vélonidia (Tithion) et débouche (40 m.) sur une belle plaine onduleuse , entourée de hautes montagnes et traversée par un torrent et un ruisseau. C'est dans cette plaine que se trouvait le:
Hiéron d'Esculape. Ce célèbre sanctuaire était fréquenté par les malades de toutes les parties de la Grèce, qui venaient y chercher la santé et des distractions. On vantait sa sainteté, ses richesses, et la splendeur des offrandes dont il était orné. Tous les quatre ans on y célébraitdes fêtes en l'honneurd'Esculape. Le sanctuaire placé a une des extrémités de la plaine avait environ 1500 mèt. de tour. Il était fermé de deux côtés par des collines escarpées, et des deux autres par des murs, dont on voit encore des vestiges. Le terrain est aujourd'hui jonché de décris informes, et, à l'exception du théâtre, on peut tout au plus déterminer l'emplacement d'un petit nombre des monuments dont parle Pausanias.
On remarque l'extrémité d'un stade etquelques gradins, et tout auprès les ruines de deux citernes et d'un bain de construction romaine. On voitencore des vestigesdu Tholus, ou rotonde en marbre blanc, bâtie par Poiyclète, et contenant les tableaux de Pausias ; il avait environ 18 mèt. de circonférence.
On trouve un peu plus loin des soubassements, peut-être ceux du célèbre temple d'Esculape orné parThrasymène d'une statuechryséléphantine. Au-dela du torrent sont les ruines du théâtre, taillé dans le flanc d'une colline. C'est le mieux conservé des édifices de ce genre que l'on puisse admirer en Orèce. On distingue encore, au milieu des arbres et des broussailles, cinquante-Quatre gradins en beau marbre blanc. Ce théâtre, œuvre de Polvclète, avait un diamètre d'environ 110 mèt., et pouvait contenir 19,000 personne*.
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Pour gagner Ligourio on se I dirige à l'O. , et, traversant un ruisseau, on pénètre 120 m.) dans un petit défilé anciennement dominé par deux tours. On atteint (10 m.) le v. de Koroni, dont le nom rappelle celui de Coronis, mère d'Esculape ; (6 m.) le v. de Péri, et (10 m.)
Ligourio, v. situé au pied de la colline sur laquelle se trouvait l'antique Lessa, dont il reste encore des ruines. On remarque de»
vestigesdemurail!es, des colonnes ioniques dans l'église d'Hagia-Marina et les débris d'une pyramide (comparez R. 30).
Au sortir du v., la route traverse la plaine de Ligourio, qui produit un tabac très-estimé en Grèce, puis se dirige sur des plateaux stériles, couverts de maigres bruyères; a droite se dressent les hauts escarpements du mont Arna (Arachnaeum), qui séparait les territoires de Corinthe et d'Épidaure.
Laissant (1 m. 15) un chemin à droite, on traverse (15 m.) un torrent, et après une montée pénible dans un bois d'oliviers, on entre dans un défilé dominé par une forteresse hellénique, connue dans le pays sous le nom de Xcro- Castelli. Son mur d'enceinte, haut de 4 à 5 m., est de construction cyclopéenne : il est flanqué de plusieurs tours de l'époque byzantine.
On y remarque une porte pyramidale à laquelle l'ennemi ne pouvait arriver qu'en présentant le flanc droit. Signalons aussi dans l'intérieur de la forteresse un vaste souterrain de construction hellénique.
Après avoir franchi (1 h. 20) un ruisseau, l'on aperçoit, à 2 kil . sur la gauche, une autre forteresse hellénique à l'entrée d'une vallée pierreuse. On gravit une pente aride parsemée de débris de poterie, puis (15 m.) laissant à droite le couvent de Hagios-Dimitrios, on descend par une gorge boisée, dans nno petite vallée (45 m.) qui s'ouvre sur la plaine d'Argos.
A gauche (30 m.) une forteresse
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hellénique se montre sur un roc escarpé. Leake, dont l'opinion est en contradiction avec Pausanias, veut v reconnaître l'antique Mideia, que la carte de l'état-major français place à Dendra , non loin de Mycènes. Près de (30 m.) Katsingri, et au détour d'un promontoire de rochers, apparaît soudain le mont Palamède, sur lequel s'élève la citadelle de Nauplie. Au-delà du v. d'Aria (35 m.), jaillit près de la route une belle source dont l'eau est amenée à Nauplie par un aqueduc. On traverse (25 m.) le faubourg de Pronia, et quelques minutes après on entre à Nauplie.