‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 115 sur 511 · OS · texte numérisé non relu

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puisa de la ville. Dès lors, la haine d'Argos contre Sparte, qui n'était plus sa rivale, mais la puissance prépondérante du Péloponèse, fut portée à son comble. Aussi les Argiens se liguèrent constamment, mais sans succès, avec les ennemis de Sparte.

A partir de cette époque, Argos n'a plus d'histoire pour ainsi dire, Elle fut assiégée en vain par Pyrrhus, qui trouva la mort sous ses murs. Elle se joignit à la ligue achéenne, dont elle fit partie jusqu'à la conquête romaine. Lors du partage de l'empire grec , elle échut aux Villehardouin , qui la donnèrent plus tard aux ducs d'Athènes. Argos devint, en 1686, la capitale des possessions vénitiennes en Grèce. En 1822, Démétrius Hypsilanti la défendit courageusement pendant plusieurs jours contre toute l'armée turque.

État actuel. — Argos est un gros v. de 4 ou 5 000 hab., entrecoupe de jardins et renfermant quelques maisons bien bâties. 11 s étale au pied d'une colline conique, qui se détache du mont Lycone et s'avance dans la plaine comme un promontoire. Cette colline, haute de 289 mèt. , est celle de Larissa (sùptiax , citadelle, en langue pélasgique), l'acropole d'Argos : elle est surmontée d'un vieux château délabré et pittoresque. Au N. du v., le petitcoi de Detras relie à la colline de Larisse un monticule que devait occuper la seconde forteresse d'Argos, nommée Aspis. C'était au pied du Deiras que se trouvait la salle d'airain dans laquelle Acrisius enferma sa fille Danaé.

Argos a été si souvent détruite, qu'il reste bien peu de débris de la ville antique, qui, selon Pausanias,renfermaittantde monuments remarquables. On voit seulement quelques fragments de marbre antiques enchâssés dans les murs des maisons d'Argos.

Le théâtre, situé au-dessus du v., est taillé dans le flanc de la colline de Larisse. Il avait 137 mèt.

de diamètre,

GRECE. iKoutb 30. j

et pouvait contenir I nant, la vue s'étend sur une partie

onv. 20 000 personne». On voit encore 67 gradins assez bien conservés. Tout auprès se trouvent les ruines d'une construction romaine en briques.

Le château Franc, auquel on parvient au bout d'une heure de montée pénible, est d'un aspect imposant; il occupe l'emplacement de l'antique Acropole, dont on voit des vestiges cycfopéens et pélasgiques. Des colonnes antiques ont été utilisées comme matériaux et encastrées dans les-murailles franques. Dans l'intérieur du cbàteau, on montre quatre belles citernes antiques recouvertes de ciment.

— La colline de Larisse taisait partie de la ville ; on distingue encore, sur le revers S.-O., des vestiges des murs d'enceinte.

Sortant d'Argos du côté N.-0.,on contourne la base de la colline de Larisse. On traverse (30 m.) un torrent, et l'on 8uit(15 m.) le lit du Ciiaradrus au fond d'une gorge aride.

La route monte et sernente au milieu de rochers éboulés et de maigres broussailles. A gauche se dressent les flancs abrupts et brûlés des monts Lycone et Chaon.

Se dirigeant (2 h.) au N.. on s'élève, en contournant la base du mont Malévo (Artémisius), jusque sur (1 h.) un plateau cultivé. On traverse ensuite (30 m.) un torrent, et l'on arrive, par une montée rapide, à (15 m.) Karya. Ce v., situé au pied du mont Artémisius au S., et du Xcro-Vouni au N., est entouré de plantations d'oliviers et de figuiers. Plusieurs torrents qui descendent de la montagne entietiennent une verdure oui contraste agréablement avec les rochers brûlés que l'on voit de tous côtés.

Près de Karya, et non loin du sommet de l'Artémisius, couvert de groseï liera sauvages, se trouvent des débris cyclopéens, qui marquent peut-être l'emplacement du Ui( ron de Diane.

En quittant Karya, on gravit ^30 m.) le col qui joint l'Artérmsius au Xéro-Vouni. Au point culmi-

de la plaine de Tri poli tsa et sur les montagnes oui la bordent à l'O. Le chemin, roide et escarpé, descend au milieu de rochers arides et brûlés. On aperçoit (2 h. à ses pieds la petite plaine d'Argos, et, par un sentier presque à pic, on arrive (15 m.) à :

Tsipiana. (7 h. 15 m. d'Argos.

On peut y trouver un logis confortable.) Ce v. occupe peut-être l'emplacement de Mélangia. On distingue encore quelques assises de l'antique Acropole et des vestiges d'un aqueduc. Au N. du v.

s'étend la plaine d'Argos, complètement enfermée par les montagnes, excepté du côté S.-O., où elle communique, par une vallée étroite, avec la plaine de Tnpolitsa. La plaine d'Argos est constamment inondée par les eaux qui descendent de la montagne et n'ont d'autre issue qu'un katavothron ouvert près du v. On remarque au S. de Tsipiana un monastère du même nom, dans une position pittoresque, sur le versant de la montagne.

En sortant de. Tsipiana, on laisse à gauche lavallée uont nous avons parlé , et qui s'appelait Khoros- M air as (le lieu de danse de Maires). Cette vallée est resserrée au N.-O.

par le mont Alesius, espèce de promontoire qui sépare la plaine d'Argosde celle de Mantinée. Laissant a gauche (15 m.) les ruines d'une tour, la route commence à franchir la base du mont Alesius»

et atteint (20 m.) la fontaine de Philippe; à gauche s'élève un monticule qui marque peut-être l'emplacement de l'antique X estant. On passe prbs de (20 m.) la fontaine d'Ame, et l'on descend dans la plaine de Mantinée; puis, contournant la base du mont Alésius pour se diriger au N., on laisse à droite (H0 m.) les restes d'un stade, et l'on arrive (â0 m.) aux ruines de :

Mantinée(aujourd'huiPoÏJwpoïi).

Histoire.*— Cette ville, qu'Homère appelle l'Aimable ('E/Mctin*}), était

[Rolm-k 30.]

une des plus anciennes et des pins puissantes de l'Arcadie. Ses institutions démocratiques, citées dans l'antiquité comme des modèles, lui attirèrent la baine de Sparte et de Téffée, dont ie gouvernement élajtoligarchique. Les Mantinéens, et leurs alliés les Argiens et les Athéniens, furent écrasés par les Spartiates, en 441 En 418, Agésipohs.roi de Lacédémone, s'empara de Min tin ée en détournant les eaux de la rivière Ophis, qui délavèrent les murs de la ville, construits en briques non cuites. Lors de rabaissement de Sparte , après la bataille de Leuctres, les Mantinéens rebâtirent leur ville et travaillèrent activement à la formation de la ligoe arcadienne et à la fondation deMégalopolis(P. K.43).

Pins tard, leurs différends avec le gouvernement suprême de l'Arcadie les rapprochèrent de leurs anciens ennemi» les Spartiates.

Épanunondas marcha contre eux et les drfit à la célèbre journée de Mantinée (363). Devenus membres de la ligue acbéenne, les Mantinéens la quittèrent pour s'allier de souveau avec Sparte : ce fut la cai?e de la guerre dite de Cléonine. Aratus se rendit maître de la ville en Elle fut prise une féconde fois, en 224, par Antigone Doson, qui la livra au pillage et vendit ses habitants comme esclaves. Elle s'appela Antiçonie, jusqu'au temps d'Adrien. Cet empereur lui rendit son ancien nom et 7 établit des jeux en honneur de •on favori Antinous , qui descendait des Mantin^enâ.

Description. — Etat actuel. — Mandée n'était point située, comme les autres villes grecques, sur une lianteur on sur le flanc d'une col- ' 3e; elle était bâtie en plaine et traversée par la rivière Ophis.

raines sont entourées maintenant, de tous côtés, de terrains marécageux. Le mur d'enceinte existe encore et mesure environ 3,ii0 mèu de circonférence ; mais, orome il est partout de même Wur et qu if ne présente que

MANTINEE.

entourée de montagnes ro-

trois ou quatre assises de pierres, on peut supposer que la partie supérieure était bâtie de briques non cuites. Ce mur, qui offre de beaux exemples de construction polygo* nale , était flanqué de 129 tours; dix portes, dont sept sont encore apparentes, donnaient accès dans la ville. Autour de Mantinée régnait un fossé profond, qui recevait les eaux de l'Ûpbis. De tous les monuments décrits par Pau?anias, il ne reste plus que des ruines informes. On distingue cependant quelques vestiges du théâtre qui était situé au milieu de la ville. Le turaulus,que les guides montrent comme le tombeau a'Epaminondas , n'a aucun rapport avec ce héros (V. ci-dessous le Scopé).

Les environs de Mantinée ne répondent pas à la description de Pausanias. Les forêts et la belle végétation ont disparu ; il ne reste plus qu'une plaine nue et geus

cbeuses et arides.

En quittant Mantinée du côté S., on aperçoit à droite (*5 m.) un katavothron , dans lequel l'Ophis s'engouffre aujourd'hui. On longe la rivière et on la traverse (4îS m.) sur un pont. En cet endroit, la plaine n a pas plus d'un kilomètre de large. Elle est resserrée il l'E.

par un contre-fort du mont Artémisius, et à l'O. par une colline qui se détache d'un contre-fort du mont Maenalius. Cette colline est le Scopé (Myrtikas), sur laquelle Épaminondas mourant se fit transporter pour assister à la déroute des Spartiates. Le tombeau que l'on éleva à cet endroit en l'honneur du héros, se voyait encore au temps de Pausanias. Cette partie resserrée de la plaine séparait les territoires de Mantinée et de Tégée. Quand on a dépassé le mont Scopé, on découvre une belle vue sur la plaine de Tripolitsa, fertile et bien cultivée, et renfermée dans un vaste amphithéâtre de montagnes. A droite et à gauche de la route s'étendent, de

magnifiques vignobles , séparés par des taies de buissons.

On franchit deux torrents, et, longeant la base du Mœnalius, on arrive (l h. 15 m.) à Tripolitsa.

DE NAUPLIE A TRIPOLITSA,

PAS ARGOS, LERNB ET AKHLADO-K AMB08.

(it h. — Cct'e roula, dite carruiMhle, e*t impraticable pour le* Toiture» ai-deM d'Argna. Lu *oj«ge«r» qui auraient à* jl «iiilé celte ville peuttfKt gagner deux heure» en prenant au «ortir de Nanplie un chemin qui mit lei bords du golfo el "joint (2 h.) à Myli (lente} la roule d' Argos à Tripolitsa.

De Nauplie à Argos, 1 h. 20 m.

(Y. R. 30.) — On sort d'Argos du côté S. , et, pansant devant le théâtre, on longe la base du mont Lycone pour atteindre (45 m.) le pied dt; mont Chaon et les bords de VEra&inus. Cette rivière jaillit d'une grotte de forme ogivale et fait tourner un grand nombre de moulins (myli). Selon les anciens, l'Érasinus serait formé par les eaux du lac Stympbale, qui s'engouffrent sous le mont Apélaurion en Arcadie, et reparaissent ici , après un cours souterrain de 200 stades (V. R. 47).

En s éloignant de la route, dans la direction du S.-O., on atteint (25 m.) les ruines d'une pyramide, situées sur une petite hauteur rocheuse qui se détache du mont Chaon. Cette pyramide est sans doute le monument funéraire (ttoluavi.'M dont parle Pausamas, et qui fut élevé en l'honneur des Argiens tués à Hysise Sa construction indique un art intermédiaire entre le cyclopéen et le pélasgique. Elle est composée de gros blocs à peu près quadrangulaires, formant des assises horizontales, dont les interstices sont remplis de petites pierres. La pyramide n'est pas symétrique; à l'un des angles on remarque un enfoncement avec une porte. Au-dessus du linteau se trouve un évent triangulaire,

GRECE. [Routb 31.]

formé par des assises de pierres, qui s'étagent et se dépassent les unes les autres à mesure qu'elles se rapprochent du sommet du triangle. Cette porte s'ouvre sur un passage qui conduit dans une salle où Ton remarque des trous de scellement destinés probablement a recevoir des solives. Cette pyramide et celle de Ligourio (V.

p. 192) sont les seuls exemples de ce genre de construction que l'on trouve en Grèce. Pausanias en mentionne une troisième, entre Argos etTirynthe, dont on n'a pas retrouvé de vestiges. Ces monuments, particuliers à l'Argolide, se rattacheraient- ils à la colonie égyptienne que, selon la tradition, Danaûs y avait amenée?

En rejoignant la route, on traverse (10 n.) un torrent, près duquel des débris helléniques marquent peut-être l'emplacement de 1 antique Cenchrm. On laisse k droite le v. de Skaphidaki, et l'on rejoint les bords du golfe à (50 m.):

Lerne, aujourd'hui Myh ( le»

Moulins).— Ce hameau , situé près de la mer et à la base du mont Pontinus, est dominé par une colline sur laquelle se dressent les ruines imposantes d'un vieux château Franc.Trois sources jaillissent du pied du mont Pontinus, et forment un petit lac, recouvert de plantes aquatiques et entouré de hautes herbes. C'est le célèbre marais de Lerne, ou lac Alcyonien. Au dire des anciens, il était sans fond»

et l'empereur Néron essaya vainement de le sonder. De toutes les légendes oui se rattachent à Lerne, la plus célèbre est celle de l'Hydre tuée par Hercule. Cette fable doit sans doute son origine aux travaux que les habitants devaient sans cesse renouveler pour dessécher les marais formé spar les nombreuses sources qui jaillissent près du Pontinus. La colline où l'on voit aujourd'hui le château Franc, portait, au temps de Pausanias, un temple de Minerve Saitis et les fonoations de la maison d'Hippomédon, un des sept chefs argiens.

Roltk 31. j LERNE. — TRIPOLITSA.

En quittant Myli, on laisse à gauche (5 m.) la route d'Astros. et 20 m.) un chemin qui conduit à Sparte par Hagios Petros et Arakhova. La route s'élève ensuite sur les flancs d'une montagne aride et brûlée et traverse (50 m.) des plateaux stériles, ou il n'y a d'autre végétation que de maigres bruyères. Au (1 h. 10) kbani de Daouli, fttué au débouché d'un sentier menant directement d'Argos, on découvre une belle vue sur le golfe de Nauphe. On chemine toujours sur des plateaux élevés, et Ton rencontre (45 m.) des ruines helléniques placées sur un rocher qui domine la plaine d'Akhladokambos. Elles marquent l'emplacement de l'antique Hysiae, près de laquelle les Argiens écrasèrent les Spartiates en 669, et qui fut détruite en 417.

En atteignant (15 m.) le khant de Dousa, on aperçoit à droite le y. à AkUado-Kambos (6 h. 50 m. de Nauplie), bâti en amphithéâtre sur les versants de deux montagnes.

La route descend alors (15 m.) dans la plaine.

On laisse à gauche un chemin direct poar Tripoîitsa, nomme ScaJa tou Dey. C«s < bt-nriot taillé par les Turcs dans les lianes du mont Parthenios, que l'on aperçoit a PO., est très-pittoresque . mais il est si mauvais qu'il doit être en grande l*artie parcouru à pied.

Remontant la plaine dans la direction du N.-O., on s'engage dans une gorge ouverte entre le mont Kténia et le Parthénius.

Sur un rocher qui se détache de cette dernière montagne, se montrent (l h.) les ruines de Pal*o- Xouklt. Cette ville, très-importante au moyen Age , pouvait renfermer 30,000 hab. On y remarque une église byzantine assez bien conservée, et un château franc, qui repose sur des soubassements antiques.

La route fait un coude (15 m.), et, se dirigeant au S., rejoint (l h.

15m.; la XcaUi touBetjt à son dé-

bouché dans une large vallée qui s'ouvre sur la plaine ae Tripoîitsa.

Près de Hagiorgitika (15 m.), on rencontre la rivière Saranda-Potamos qui va s'engouffrer, à une distance de 4 kil. , dans un katavothron au pied du Parthénius.

On remonte le cours de cette rivière (30 m.) jusqu'au v. de Sténo, et, traversant une plaine bien cultivée et couverte de beaux vignobles, on arrive (1 h. 35 m.) à :

Tripoîitsa (on y trouve plusieurs bons khanis). Cette ville, située à la partie la plus élevée de la plaine, à 659 met. au-dessus du ni' veau de la mer, a été formée des débris des trois antiques cités de Pallantium, Tégée et M an tinte. Elle fut fondée vers 1770 et dev nt sous les Turcs la capitale de la Morée.

Elle tomba au pouvoir des Grecs en 1820, mais elle fut reprise par Ibrahim-Pacha, qui la rasa jusqu'en ses fondements. Ce n'est aujourd'hui qu'un amas de ruines au milieu desquelles on voit se dessiner quelques rues et surgir des constructions nouvelles. Le bazar de Tripoîitsa est bien approvisionné.

De Tripoliua à Léondari. Y. R. 32,— a Phonia, par M an ti née et Orchomène F. R, 33,— à Sparte, par Tégée. V. R. 34.

DE TRIPOLITSA A LÉONDARI.

Sortant de Tripoîitsa du côté S.-0.,et laissant adroite les ruines d'un aqueduc, on suit la base du mont Mœnalius. On trouve (20 m.) à gauche, sur les collines de Thana, une chapelle construite sur les soubassements en marbre noir d'un sacellum. On débouche (30 m.) dans une petite plaine aride et pierreuse et Ton atteint (10 m.) le Lhani de Makri. A 10 min. au S.-E.

se trouvent les ruines de :

Pallantium, une des villes les plus anciennes de l'Arcadie. Elle est célèbre pour avoir donné nais-

sance à Evandre qui fonda une colonie sur les bords du Tibre. Virgile a chanté l'entrevue d'Énée et d'Evandre. C'est en mémoire de cette parenté qu'Antomn le Pieux rebâtit et repeupla Pallantium devenue déserte depuis que ses habitants avaient été obliges d'aller grossir la population de Mégalopolis.

L'emplacement de Pallantium a été déterminé par l'état-major français. La ville était située dans la plaine, et l'acropole occupait une colline qui dépend du mont Kravari. Toutes les pierres de Pallantium ont été enlevées pour la construction de Tripolitsa, aussi quelques rares débris inarquent seuls la position de la ville. Le terrain est jonché de fragments de poteries et de marbre blanc Près u une fontaine, on remaroue les soubassements d'un temple.

Dans la partie S.-E. de la plaine et à 20 m. de Pallantium, on trouve les débris du Chôma et le lac Taki. Lechoma digue) sé-

parait les territoires de Tégée et de Pallantium et protégeait la plaine de cette dernière ville contre les inondations du lac Taki.

Ce lac reçoit toutes les eaux de la partie S. de la plaine de Tripolitsa et communique probablement par un katavotbron avec la fontaine des Francs (voy. ci-apTès). Le Sar.inda-Potamos, qui, selon les anciens, n'est autre que l'Alphée. se jetait auparavant dans le lac Taki, au lieu de s'engouffrer, comme il le fait maintenant, sous le mont Partbénius.

En quittant Pallantium, on franchit un contrefort du mont Kravari (Boreium), pour descendre (I h.) dans une petite vallée entourée de montagnes arides , où coule (95 m.) la franco-vrysi (fontaine des Francs) que l'on regarde comme la source de l'Alphée. Des débris helléniques, placés sur une petite hauteur à droite (15 m.), marquent l'emplacement de Asea.

Cette ville était située sur lesfrontieres de l'Arcadie et de la Laeo-

^E. IRoutk 32. J

nie. Elle contribua à la fondation de Mépalopolis, et la plus grande partie de ses habitants y émisèrent ; au temps de Pauaanias elle était en ruines.

Au delà d'Asea, on débouche (80 m.) dans la plaine de Francovrysi ; au S. on aperçoit le v. de Koutrouboukhia , près duquel se trouve une dessources principales de l'Eurotas. A l'O. de la plaine et au-dessous du v. de Marmaria , l'Alphée se précipite (1 h.) dans un katavothron ouvert au pied du mont Tsimbérou. On commence (30 m.) a gravir cette montagne au sommet de laquelle (30 m.) on découvre une belle vue sur l'Alphée supérieur, la ville de Léonci ari entourée de bois de yeuse, et l'extrémité N. du Taygète. En descendant le versant opposé, on rencontre à gauche du chemin (30 m.) ce qu'on appelle les sources dts l'Alphée. Ce sont les eaux engouffrées dans le katavothron de Marmaria qui reparaissent ici en bouillonnant au milieu des rochers que des platanes gigantesques couvrent de leur ombrage. On descend par une pente boisée au bord de l'Alphée, (30 m.) et traversant (30 m.) ce fleuve ainsi que l'un de ses affluents, le Thius (10 m.), on arrive (45 m.) à Léondari (V. R. 35).

DE TRIPOLTTSA A PHONIA,

PAU UANTIW1SIS ET 0«C110MKNE.

De Tripolitsa à Mantinée, 9 h.

15 m. [V. R. 30). — En quittant Mantinée, on traverse dans la direction du N. la plaine inculte et marécageuse de Milias. Laissant adroite (15 m.) la petite colline isolée de Gurtzuli, couverte d arbres et surmontée d'une chapelle en ruines, on côtoie un grana marais et l'on aperçoit h gauche (35 m.), à travers un petit défilé, la plaine d'Alcimédon, et le v. d^

[ Roi? ru 33. J

Xardara. Au de là du Khani ruiné de Btlai, (20 m.) le chemin s'élève sur le mont Ancbisia. et redescend dans la plaine d'Orchomène (30 m.) La chapelle de Panagia, à gauche, marque peut-être l'emplacement du temple de Diane nymnia, qui séparait le* territoires de Mantinée et d'Orchomène. Dans la m^me direction se montre le gros village de Levidi. On traverse ensuite la plaine pour arriver (45 m.) à Knipakt, bâti *ur l'emplacement de 1 antique :

Orchomène (d'Arcadie). Cette ville, très-puissante aux temps héroïques, étendit sa domination sor toute l'Arcadie. Rivale acharnée de Mantinée, elle ne voulut point se joindre à la confédération Arcadienne. Elle fut prise par Cassandre (3}3) et plus tard par Antigone Doson, qui y plaça une garnison macédonienne.

La position d'Orchomène, au point de vue militaire, était trèsforte. Elle occupait nne colline élevée (946 mèt.) et commandait deux plaines et la gorge étroite et profonde qui les unit. La ville iaste était située sur l'emplacement du v. actuel de Kalpaki où l'on voit des débris de colonnes en marbre blanc. La colline présente encore quelques vestiges des murailles d«> l'Acropole.

En quittant Kalpaki, on suit la

forge creusée entre la montagne Orchomène et le mont Tracnys

ORCHOMENE. — TÉGEE.

ainsi nommé de ses ûancs tour- célèbre aux àg^s héroïques et s'op

mentés et ravinés. Les eaux de la plaine au S. de Kalpaki, se déversent par cette gorge pour former dans la plaine du N. le lac d'Orchomène, qu'on laisse à gauche (30 m.) pour se diriger vers le N. On voit à droite (10 m.) les sources antiques de Ténues et une route qui conduit au lac Siymphate; à gauche (35 ni.) s'élève le monastère de Hagia Triada. Ln sentier abrupt et difficile monte dans une gorge rocailleuse et remplie de buissons, pour redescendre dans une gorge admirablement

escarpements du mont Orexis à droite, et du mont Sciatis à gauche. Cette gorge est le défilé de Pharangx {y}.'v/ï) dont parle Pausanias. On atteint (35 m.) le v. de Guioza et (15 m.) l'extrémité S. du lac de Phonia, dont on suit la côte E. Laissant à gauche (30 m.) le katavothron du mont Orexis, et à droite (45 m.) la route de Phonia au lac Stvmphale on suit la base du mont Gérontium, pardessus lequel on aperçoit à droite le mont Ziria (Cyllène) dont le sommet domine fièrement toutes les autres montagnes. Au-delà du v. de Mésano (l h ), on traverse une petite plaine, et franchissant la rivière Aroanius, on arrive (45 m ) au v. de Phonia, {V. R. 47.)

DE TRIPOLITSA A SPARTE,

FA» TÉGÉK, KRYA-Y11Y81S IT XSAVATA.

(M h. 40 m. — 0» p«ui eonchtr au Lh*«i d« Krat*U [8 h. 30 m. do TnpoliUa).

Sortant de Tripolitsa du côté S. -E., on laisse à gaucho (50 m.), sur une petite colline, l'église de Hagios Sostis, bâtie de fragments de marbre antiques. On traverse ensuite (12 m.) un ruisseau, pour atteindre (10 m ) le v. de Paleo- Épiscopi situé sur l'emplacement de l'antique Tégôe. Hûtoire. Cette ville fut

posa victorieusement pendant plusieurs siècles à l'envahissement de l'Arcadie par les Spartiates. Mais vers 500, elle fut obligée, tout en conservant son indépendance, de reconnaître leur suprématie. Lors de l'invasion des Perses, elle était regardée comme la seconde puissance militaire de la Grèce méridionale. Sa haine pour Mantinée, dont elle fut toujours la rivale acharnée, et sa .sympathie pour les gouvernements despotiques, la poussèrent à s'allier avec Sparte pendant la guerre du Péloponèse.

Mais plus tard elle fit partie de la

200 UKECti.

confédération arcadienne et combattit avec Epaminondas à Mantinée. Une nouvelle alliance contre les Achéens l'unit à Orchomène et à ses anciens ennemis, les Spartiates et les Mantinéens. Tégée fut prise par Anligone Doson. 2-22, et incorporée dans la ligue achéenne.

Au temps de Strabon, elle était la seule ville de l'Arcadie qui fut habitée. Pausanias en parle comme d une ville importante et donne une liste détaillée de ses monuments. Elle fut complètement détruite au iv« siècle par Alaric.

C'est sur ses ruines que s'éleva la ville de Nicli dont il est souvent fait mention dans la chronique grecque de la conquête de la Morée par les FrancB.

État actuel et topographie. — On voit encore Jes murs d'enceinte et plusieurs églises de la ville franque de Nicli. Quant à la ville antique, il est difficile d'en retrouver des traces. Elle était située dans la partie la plus basse de la plaine et a été souvent inondée et recouverte de terrains d'alluvion. A en juger par les fragments de marbre et de fondations antiques que les paysans mettent souvent au jour, il est probable que la ville avait environ 6 kil. de tour. Elle occupait sans doute l'emplacement des v. de Ibrahim- Ejfendi, Pialit Palseo-Episcopi et s'étendait jusqu'à lacolline de Ha 910* Sostis, qui paraît être celle que Polybe appelle l'Acropole («/,««) et Pausanias lahauteur du Guet f'opo»

QJXxxTpiy). On remarque à Palaeo- Épi&copi une vieille église grecque dont les murs sont formés de fragments de bas-reliefs, de débris de colonnes et de grandes pierres helléniques. Elle est construite sur des soubassements antiques qui, d'après Hoss, seraient ceux du théâtre. D'autres soubassements antiques et des débris de colonnes en marbre que l'on voit près de l'église de Piali. marquent, selon Leake, l'emplacement du célèbre temple do Minerve Aléa. Ce temple, construit parScopas, réu-

[Koirrï 34.]

nissait les trois ordres d'architecture ; c'était, au dire de Pausanias, le temple le plus beau et le plus grand qu'il y eût dans le Péloponèse.

Après avoir traversé la plaine de Tégée dans la direction du S.

on atteint (50 m.) le Saranda-Potamos, dont on remonte le cours au fond d une gorge resserrée entre le mont Crésius et le Marmaro- Vouni. Le large lit du Saranda-Potamos, ordinairement à sec, est rempli de pierres énormes roulées par les eaux, et ombragé de beaux platanes qui, pendant la saison des pluies, surgissent au milieu de la.

rivière comme des îles verdoyantes. On rejoint (1 h.) une route venant directement de Tripolitaa, et l'on croise (l h. 25 m.) la route d'Argos à Messène, quelques minutesavant d'arriver au khani de

Krya-vryiia (eau froide). La fontaine, qui a donné son nom au khani, est bâtie de blocs de marbre antiques. Leake la considère comme la source de l'Alphée, qui, d'après Pausanias, était située dans le dème de Pbylace, sur les frontières de Sparte et de Tégée. Les nombreux ruisseaux qui se jettent dans l'Alphée (Saranda Potamos) un peu au-dessous de Krya-Vrysis ont valu à cet endroit le nom de Symbole (r^uCs/a, confluent). On remarque en face du khani les ruine;»

d'une forteresse du moyen-àge.

Une route au S. E. conduit à Sparte par ArakhoTtt et la vallée de VOEnus.

Elle est remarquable par sa végétation t?t ses beautés pittoresques , ruais elle est beaucoup plus longue que la route ordinaire.

En quittant Krya-Vrysis, on arrive (15 m.) dans la plaine étroite d'Arakhova bornée à 10. par le mont Uouso, et à l'E. par le mont Tsoka (1227 mèt.) et une chaîne de collines coniques. Cette plaine fertile et bien cultivée est entrecoupée de prairies marécageuses. On pénètre (1 h.) dans le drfiU (kli- 60ura) qui débouche (30 m.) sur

[Route 34.}

une autre plaine fort étroite. La route, s'abaissant insensiblement, serpente au milieu de bosquets de térébintbes et de lentisques. On traverse (45 m.) des hauteurs boisées, pour descendre (45 m.ï le long d'un torrent dans la direction de TE. On atteint (35 m.) la route d'Argos par Arakhova . la rivière Œnu* et (15 m.) le kbani de

Kravata (8 h. 30 m. de Tripolitsa). De ce khani, situé sur une hauteur, on aperçoit à ses pieds et dans la direction du S une petite laine qui peut avoir 400 met. de oog sur 200 met. de large. Elle est traversée par l'Œnus qui s'échappe à travers une étroite ouverture dans les rochers au S. Sur la rive gauche s'élève le mont Olympe qui se rattache au mont Vresthéna; et sur la rive droite, le mont Êva (Turlès). On remarque au S. de cette montagne le torrent Gorgylus qui se jette dans l'Œnus, et quelques débris helléniques qui mar-

2uent sans doute 1 emplacement e l'antique

Sellasie.— Ce fut près de cette ville, que se livra la bataille de Sellasie, 2*22j qui anéantit la puissance des Spartiates et mit fin à l'indépendance grecque. L'armée de Sparte, avec le rot Cléomène, s'était retranché sur les monts Olympe et Eva. Antigone attaqua cette dernière position du côté du torrent Gorgylus, et réussit à l'enlever. Les Spartiates descendirent alors dans la plaine, où un rude combat s'engagea ; mais le courage lacédémonien ne put résister à la tactique des phalanges macédoniennes.

En quittant Kravata, on chemine sur des plateaux élevés, jusqu'au khani de Vourlia, situé (50 m.) sur un col. d'où l'on découvre tout à coup un magni6que panorama.

La vue s'étend sut la Ternie et verdoyante plaine de Sparte, au milieu de laquelle brille l'Eurotas ; sur la chaîne imposante du Taygète, qui dresse ses formidables escarpements, labourés de ravins profonds et couronnés de cimes

SELLASIE.— SPARTE. 201

aiguës. Au pied de quelques collines vertes, apparaissent les blanchesmaisonsdela nouvelle Sparte; et, plus loin, les ruines de Mistra, perchée comme un nid d'aigle sur un contre-tort du Taygète.

Un chemin escarpé et pierreux descend (1 h. 10) dans une gorge très-pittoresque, jusqu'aux bords de l'Eurotas , que l'on traverse sur un pont turc d'une seule arche et d'une hauteur remarquable , nommé pont de Kopano-Géphyri .

On laisse àdroite la route de Megalopolis, et l'on suit à gauche un chemin resserré entre la rivière et une chaîne de rochers peu élevés.

La plaine est bien cultivée, et couverte (30 m.) de beaux champs de maïs, entrecoupés dans toutes les directions par des canaux d'irrigation. On laisse (25 m.) à droite les ruines d'un aqueduc et la route de Mistra, puis traversant de jolis bois de mûriers et d'oliviers, et, passant devant les ruines d'un théâtre, on arrive (15 m.) à la Sparte moderne.

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