SPARTE
Les khanis sont mauvais; il vaut mieux loger dans une maison particulière. Nous recommandons celle de M. Théodore Soggaras, ancien juge, qui parle bien le français.
Histoire. Sparte, fondée vers l'an 1910 av. J.-C, obéit pendantsept siècles à des rois Lélèges, Achéen* et Pélopides. Le premier fait important de son histoire est l'invasion de la vallée de l'Eurotas par les Doriens et les Héraclides (1 100). Les Doriens, sous le nom de Spartiates, habitèrent seuls la ville de Sparte, et se réservèrent tous les privilèges. Ils imposèrent aux Laconiens le payement d'un tribut et l'obligation du service mili taire. Ceux qui osèrent leur résister fuient réduits en esclavage, comme les Htlotes (V. K. 37). Le gouvernement était entre les mains d'une minorité aristocratique, et deux dynasties royales, qui descendaient de Proclès et
d'Eurysthène, fils du chef Héraraclide Aristodème, régnaient simultanément et exerçaient une autorité despotique. Pendant trois Bièeles, des dissensions intestines arrêtî rent le développement de la puissance de Sparte et l'accroissement de son territoire. Il était réservé à Lycurgue (845) de fonder la grandeur de cette ville, en lui donnant des lois , trop connues pour qu'il soit besoin d'en rappeler les détails.
Tout en accordant une plus large part à la démocratie, et en limitant le pouvoir royal, Lycurgue fit de Sparie l'idéal d'une cité guerrière. Celle puissante organisation militaire appelait les Spartiates à étendre leur domination sur la plus grande partie de laCirèce. On a condamné avec raison, dans le code de Lycurgue, des lois tyranniques, qui ble-iseut la morale et étouffent les sentiments les plus nobles de l'homme. Néanmoins, ce code était l'expression du génie dorien.etne faisait que formuler, d'une manière quelquefois exagérée, les mœurs et les traditions primitives de celte nation remarquable. Outre les penchants aristocratiques et la prédominance de l'influence sacerdotale, « on peut remarquer, dit M. Amnere, que la société, selon les idées et les mœurs doriennes, n'était pas une collection d'individus indépendants et isohs, mais une agglomération compacte de citoyens serrés en un faisceau par un lien religieux, nul n'ayant d'existence personnelle, chacun vivant de la vie de tous, et se perdant, pour ainsi dire, dans l'Etat. » M. JJeulé, dans son beau livre sur le Péloponèse, montre, d'une manière convaincante, que Sparte ne mérila pas les reproches qu'on lui adresse, et qu'elle cultiva les beaux-arts et la littérature, tout en les soumettant au contrôle d une morale ri-
Sparte , resserrée jusqu a Lycurgue dans la vallée de l'Eurotas, se sentit bientôt à l'étroit et réao-
[Rout* 84.]
lut d'augmenter son territoire.
Elle s'empara, après deux guerres sanglantes \V . H. 40\ des plaines fertiles de la Mcssénie (744-668^ Plus tard, ses victoires sur les Areiens lui assurèrent la possession de la Cynuric (544) et la prépondérance dans le Péloponèse.
Après les guerres médiques.
dans lesquelles Sparte joua un rôle moins brillant qu'Athènes, la jalousie des deux rivales fit éclaterla guerre du Péloponèse (431-404).
Le çenie dorien et le génie ionien luttèrent vingt-sept ans : la Sparte de Lycurgue l'emporta sur l'Athènes de Solon. Mais cette victoire contenait un germe de mort pour Sparte. Lysandre introduisit dans la république, avec les dépouilles des vaincus, l'amour des richesses et du luxe. L'austérité Spartiate se relâcha, les lois de Lycurgue furent mises de côté, et dès lors la république marcha lentement vers sa ruine.
Après l'abaissement d'Athènes , Sparte arrive a l'apogée de tsa gloire et de sa puissance ; mais elle excite une haine générale par ses violences et sa tyrannie.
Après la fatale bataille de Leuctres (372), Sparte voit Epaminondas à ses portes et sa prépondérance détruite par la formation de la ligne arcadienne, la fondation de Mégalopolis et le rétablissement de la Messénie. Sparte, corrompue et affaiblie, ne peut conserver que son indépendance.
Cléomène parvint à faire revivre un instant les institutions de Lycurgue, et rendit a la république son antique vigueur. 11 déclara la guerre a Aratus, afin d'assurer à Sparte le premier rang dans la ligne achéenne. Mais il lut vaincu à Sellasie (-2*2-2) par Antigone Doson , qu'Aratus avait appelé à son secours, etSparte dutsuoir le joug macédonien. Si elle se releva un instant sous Nabis, elle fut définitivement soumise par les Ro-> mains ( 140;.
Sparte fut prise au îv* siècle après J.-C. par Alaric ; elle tomba*
/Routs 34.) SPARTE.
en 1460, au pouvoir de Mahomet II, et fut détruite par Sigisuoond Ma laiesta, en 1463. Pendant la domination franque, Lacédémonia, ou Sparte, s'éleva sur les ruines de la ville antique.
La Sparte des Villchardouin (Mistra) { V. H. 38) fut construite
du Parnon qui la ceignent de toutes parts, lui serraient de défense. Les premières muraille* furent élevées par Nabis, en 195.
Les restes de fortifications que l'on aperçoit encore sont de l'époque romaine.
La tournée que nous allons dé-
sur un mamelon escarpé, qui se crirc permettra au voyageur d'ex-
sur la
nence
détache du Taygète.
La Sparte moderne, située prèsde l'emplacement de laSparteantique, date que de quelques années.
La Sparte moderne s'élève plus méridionale des émide la plaine de Mistra, et • étend au S. jusqu'à la petite rivière de Magoula. l'antique Tiase.
Cette ville nouvelle apris un développement rapide, audétrimentde Mistra, maintenant abandonnée.
De blanches maisons, entourées de jardins, commencent à surgir de tous les côtés. La rue principale est fort large ; on y remarque quelques jolies constructions, le bazar, et la pharmacie, qui est en même temps le premier café de la ville.
Les habitants jouissent tous d'une certaine aisance, grâce à la fertilité de la vallée de l'Eurotas. La seule curiosité de la ville est une assez belle magnanerie, qui intéressera le voyageur, en lui montrant le spécimen encore trop rare d'une fabrique grecque.
Ruines de Sparte. — Quelques débriH informes, pour la plupart de l'époque romaine, marquent seuls l'emplacement de la cité de Lvcurgue. La ville qui renfermait, selon Pausanias, un si grand nombre de monuments remarquables, a complètement disparu. A l'exception du théâtre, les ruines sont à ra* de terre, et le plus souvent cachées sous l'herbe. On comprend nue l'emplacement de Sparte ait été longtemps ignoré.
Sparte occupait les petites col* lioes qui s'élèvent sur la rive droite de l'Eurotas et au N. de la ville moderne. Elle s'éparpillait égale»
ment dans la plaine , et n était mt resserrée dans des murs. Les
plorer toutes les ruines en quelques heures. Il importe de se faire accompagner par un paysan, car il est facile de s'égarer au milieu des champs de maïs et dea canaux d'irrigations qui coupent le terrain dans toutes les directions.
En sortant de Sparte, du côté N., on voit à l'entrée de la ville une colonne de granit; puis, traversant un bois de mûriers, on remarque à gauche, au milieu d'un jardin, les ruines d'un monument quadrangulaire connu dans le pays sous le nom de tombeau de Léomdàs:
mais la tradition populaire est en contradiction avec un texte positif de Pausanias. qui place ce tombeau en face du théâtre. Le monument dont il s'agit ici, et qui parait un héron m, est d'une simplicité toute dorienne et d'un aspect majestueux. Il se compose de gros bloc* quadrangulaires et mesure env.
14 mèt. de long sur 7 de large.
Continuant à marcher vers )pN., on voit dans toutes les directions des débris de marbre, des pierres helléniques et des traces de soubassements antiques. Le théâtre (15 m .) eit situé sur la partie S.-O. de la colline la plus importante.
Cet édifice mesure env. 137 mèt.
de diamètre. La partie centrale est creusée dans le flanc de la colline; mais les ailes de la cavea sont artificielles, et se composent de pierres quadrangulaireK non cimentées. Tous les gradins ont été enlevés par les habitants de Mistra, auquel il a servi de carrière. On remarque entre les deux ailes une construction romaine en briques, qui semble avoir appartenu a la scène. Celle-ci n'existait pas dans l'origine , et le
point resserrée aaus ues murs. î.es i xait pas uana 1 origine , et ie formidables chaînes du Taygète et | théâtre était destiné seulement