DE KALAMATA A NAVARIN
PAR CORON ETMODON.
(î jour»).- On couche à Coron.
Après avoir franchi le pont de Kalaraala, on traverse, dans la direction de l'O., la grande plaine marécageuse de Nisi. Pendant la saison des pluies, elle est impraticable ; il faut alors faire un grand détour par le v. de Fourtsala. Laissant (45 m.) le v. de Asprokhoma, on traverse (1 h. 10 m.) le Pamùus (Pirnatsa), sur un mauvais pont de bois pour atteindre v5 m.)
Nisi. C'est dans ce village qu'en 1770 Mavro-Michelis résista pendant trois jours, avec vingt-deux hommes seulement, aux efforts d'un corps considérable de Turcs, et réussit ainsi à protéger la fuite du comte Orloff. Les Français occupèrent Nisi en 1828.
Une route au N. conduit ù (2 h. 15 m.) Androusa, bâtie sur une plateforme élevée qui domine la vallée de Stcnictcros et la plaine de Nisi. Cette ville fut entièrement détruite pendant la guerre de l'Indépendance; elle a été en partie reconstruite. D'Androusa en se rend à (1 h. 45 m.) Mavromati (Messcne.) A moitié chemin on rencontre la charmante église de Siamari(K.R. 41).
En quittant Nisi, on continue à travers la plaine et l'on franchit (L h. \h) sur un pont la rivière Bias.
Une route pittoresque (15 m») et qui traverse pendant plusieurs heures une magnifique forêt de chêne* {V. R. 41), conduit au (1 h. 45 m.) Khani de Miska, puis au (2 h. 15 m.) Khani de Koumbei et à (2 h.) Navarin.
Au-delà d'un nouveau cours d'eau (30 m.) on atteint une belle plage sablonneuse sur laquelle les Français débarquèrent en 1N28, sous les ordres du général Maison, et l'on franchit successivement la Véhrza, le Scanus, la Djané, et
[Route 39.:
quelques ruisseaux sans nom, jusqu'au port de Pétalidi (1 h. 15), qui occupe l'emplacement de l'antique Corone Cette ville, fondée par Épaminondas, remplaça la cité homérique d'.Epeia; son histoire ne présente rien desaillant. En 1828, la ville fut occupée par l'armée française. Dans ces dernières années, on a établi à Oorone une colonie de Maïnotcs qui est en voie de prospérité.
La ville antique, située au pied du mont Lykoaimo, s'étendait depuis la plage jusque sur le versant d'une colline dont l'acropole couronnait le sommet. On remarque encore des restes considérables du mâle antique qui servait a protéger le port. Les murs de l'acropole subsistent dans presque tout leur périmètre, mais dépassent à peine le niveau du sol. On remarque à l'intérieur de l'enceinte les soubassements de plusieurs temples et une statue en pierre rouge fort mutilée. Des fouilles récentes ont fait découvrir deux sarcophages bien conservés; on remarque sur l'un d'eux un beau bas-relief représentant une série de combats contre les Centaures.
Au-delà de Corone, la route suit encore le bord de la mer, et franchit successivement plusieurs contre-forts arides et brûlés du volcanique Lykodimo, pour atteindre (3 h.) le v. de Kastéîia, entouré de superbes plantations d'oliviers. Quelques débris helléniques, que l'on . remarque sur la hauteur Saint Êlie, à gauche du v., marquent peut-être l'emplacement du temple d'Apollon Corynthus qui appartenait à Corone.
Une route aride et monotone, toujours en vue delà mer, conduit (1 h. 45) à
Coron (9 h. 45 m. de Kalamata).
Cette ville semble occuper l'emplacement de l'antique Coronis, fondée probablement par les habitants de Corone. Les semis vestiges antiques que l'on y retrouve sont les restes a'un mdle qui protégeait le port.
COKON.—
Route M.]
Coron fut pris en 1205 par les francs. Guillaume de Villeharioain le céda en 1248 aux Vénitiens. En 1622, cette ville tomba un ustam au pouvoir des Espagnols.
Prise et reprise plusieurs fois par les Vtfnitienset lesTurcs, elle resta définitivement à ces derniers en 1715. Coron fut assiégé sans succès par les Russes en 1770, et occupé par les troupes françaises en 1828.
La ville est bâtie sur un promontoire rocheux, et s'étage sur une sauteur dominée par un vieux t hàteau vénitien. Elle présente un aspect pittoresque avec ses vastes fortifications et ses murailles crénelées, mais elle ne renferme de remarquable quequelques vieilles maisons turques de belle apparence.
En quittant Coron, on se dirige a 1 O. pour traverser le cap Gallo A en tas) dans sa largeur. Après avoir gravi les contre-forts noirs et •rides du mont Hagios Dimitrios.
un descend [3 h.) dans une petite plaine au bord de la mer. Au S.O.
se montrent les lies Oenusses (Cabréraet Sapienza). Laissant à gaucae des ruines byzantines, on par- Tien t (45 m.) sur un plateau élevé et fertile d'où l'oo découvre une belle vue sur Modon et la mer coienne. On remarque (1 h.) à croit^ les ruinesd'une redoute dite j Ibrahim, puis descendantes m.) en plaine etlaissant adroite un cimetière , on arrive (15 m.) à :
Modon. —Histoire. Cette ville s'élève sur les ruines de l'antique Xeihonc, qui avait elle-même remplacé la cité homérique de Pédatus. A la fin de la deuxième guerre de Messénie, Méthone fut donnée ^ar les Spartiates aux Naupliens, et resta en leur pouvoir, môme après que la Messénie eut été reconstituée par Epaminondas.
Les Athéniens assiégèrent Méthone en 431, mais ils furent repoussés par Brasidas. Après la bataille d'Acuum, elle tomba au pouvoir d'Agnppa. Dans les temps modernes, Modon eut toujours une certaine importance, et fut pris et repris