DE KALAVRYTA A COR IN THE
HA a LS STYX, PHONIA, 8TTMPUALK, PHL1US BT CLBONK8.
(21 h.) — On couche k Phonia el i H*5io»- Gévrgioi.
De Kalavryta à Phonia (7 h. 30, 2 h. en sus pour voir la chute du Styx) {V. R. 46}.— En sortant de Phonia, on traverse la plaine et la rivière d'Aroanius pour suivre la rive E. du lac, au pied des monts Sépia et Glrontium. La route tourne ensuite à l'E. (1 h. 30;, franchit un col qui s'ouvre entre cette dernière montagne et le mont Orexis, et laisse à gauche les sources Tricrènes mentionnées par Pausanias : ce sont trois petits filets d'eau qui descendent des roches nues et schisteuses du ftérontium.
Au delà d'un khani solitaire (40 m.}, on chemine dans la direction de TE. sur des plateaux su riles et désolés jusqu'au ,1 h. K») village de Khionia. A 10 m. au S., sur les bords du lac, se trouvent les restes de
Stymphale. Cette ville ne joua aucun rôle dans l'histoire. Quoique d'origine arcadienne, elle fut toujours l'alliée des AYgiens. Sa position sur la route d'Argos et de Corinthe lui donnait une certaine importance. Elle est surtout connue par les oiseaux fabuleux dont Hercule délivra la vallée.
L'acropole occupait un promontoire peu élevé*, qui présente des traces innombrables de rues, d'escaliers taillés dans le roc, et des restes de temples et de murs polygonaux épars, sans pian et sans liaison.
La ville s'étendait au pied de l'acropole dans la plaine souvent
[Routb 48.] STYMPHALE.
recouverte par le lac. Vers l'E. on a retrouvé les restes d'un temple a antes.
Le la<: Stymphale, dont l'origine est semblable à celle du lac de Pbonia, est situé dans une plaine aride et désolée, bornée au N. par le mont Cyllène et au S. par le mont Apélaure. Un seul katavotbron lui sert d'issue, et ce sont • es eaux qui, selon les anciens, vont alimenter près de Lerne la belle source de l'Erasinus (V*. R.
31'. Ce katavothron, placé au pied du mont Apélaure, forme une vaste cavité dans laquelle les eaux tombent verticalement en tournant sur elles- mômes avec fracas et rejetant au dehors les vapeurs méphitiques dont les réservoirs souterrains sont remplis et qui proviennent des détritus végétaux entraînés par les eaux. Le lac se vide presque complètement à la tin de l'été. La rive N.-E. présente !es vestiges d'une chaussée antique.
En quittant Stymphale, on laisse ?5m.]à gauche la route de Zaraka pour suivre le côté N. E.du lac, et gravir ensuite ;40m.) lemontPlata.
L? chemin descend à travers une rétrion montagneuse et débouche 2 n. I.5») prés du v. de Botstka dans .a plaine de Hagws - Géorgios , à l'extrémité de laquelle se trouvent 1 h 15 l».js ruines de
Phlius. Cette ville indépendante prit part aux guerres médiques et fut toujours la fidtle alliée de Sparte pendant la guerre du Péloponèse et la guerre contre les Argiens. les Arcadiens et les Thébains. Plus tard, elle entra dans la ligue achéenne. Elle avait donné le jour à Pratinas, inventeur du drame satirique.
Phlius occupait un des contreforts du mont Tricaranum, sur la rive droite de l'Asopus. Les ruines de la ville antique ont une étendue considérable, mais elles ne s'élèvent pas hors de terre. L'église de Notre-Dame de la colline (nsvr/i«'Pflt£(teT(ra() est située sans doute sur Templacementdu temple
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d'Esculape. On remarque tout auprès des débris de colonnes doriques.
En suivant le cours de l'Asopus, qui descend au N par une gorge sauvage et boisée jusqu'au goife de Corinthe, on peut se rendre en 5 h. aux ruines de Sicyone, V. R.40.
De Phlius, il faut gagner (45 m.) le gros v. de Hagiot-Géorgios, situé au S. de la plaine, sur la dernière pente du mont Tricaranum.
Traversant ensuite un petit col, on débouche '30 m ) dans la plaine de Némée pour atteindre {'ib m.) les ruines du temple de Jupiter.— De Némée à Corinthe (4 h. 15), (V. R. 2«).
DE KALAVRYTA A PATRAS.
PAS MEGASPIUON.
(16 I,.). — On couebe à ^.uiu.
En quittant Kalavryta, on descend une vallée nue et monotone, arrosée par le Buraïcus. Arrivé 12 h.) au v. de Zakhlorou, on traverse la rivière sur un pont pour gravir à l'E. un chemin en zigzag très-abrupt qui conduit au (30 m.)
Couvent de Mégaspilion (grande grotte1. Ce couvent fut fondé au xm« siècle par l'impératrice Euphrosvne, etachevé par Constantin Paléologue. Par suite de legs et de donations pieuses. Mégaspilion possède, surtout en Elide, d'immenses propriétés qui rapporteraient un revenu fabuleux si elles étaient bien cultivées : leur produit s'élève, dit-on, actuellement a 2 400 000 francs. Les moines sont au nombre de 300, mais un certain nombre d'entre eux habitent les métokhis ou fermes qu'ils possèdent aux environs. Ils ne se piquent pas d'ascétisme et réalisent le type le plus parfait du moine paresseux, sensuel et ignorant; on ne saurait du moins les accuser d'hypocrisie : leur naïve franchise
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égale leur insouciante indolence.
« IU ne relèvent de fait que de Mégaspilion. Ils choisissent euxmêmes leur supérieur, qui est confirmé par le saint synode ; la j charge est ù vie, mais le synode a droit de destitution en cas de fautes graves. Chaque moine conserve la propriété et la direction de sa fortune ; chacun doit apporter son propre vêtement. Le couvent fournit le pain, le vin, l'huile, le laitage, les légumes frais et secs. »
Une grande porte extérieure garnie de meurtrières donne accès sur une magnifique terrasse ombragée de vieux arbres. Klle domine la vallée du Buraïcus, Ja !
route et les jardins des moines qui descendent jusqu'à la rivière. Le couvent lui-même n'est qu'une vaste grotte, haute de 30 mèt. et large de 00 mèt., creusée dans une grande paroi à pic de 100 mèt.
de hauteur. L'entrée de la grotte est fermée par un mur percé de fenêtres sur lequel viennent s'appuyer des galeries, des escaliers, des pavillons de toutes les formes et de toutrs les couleurs, suspendus comme des nids d'hirondelles.
Ces constructions en planches, toutes sales et misérables qu'elles sont, produisent pourtant de loin un effet pittoresque et original.
Le voyageur ne peut pénétrer dans le couvent avant d'avoir déposé ses armes entre les mains d'un moine préposé ad hue. Il est d'abord conduit dans la chambre d'honneur, qui fut celle de l'évêque Germanos, situécau cinquième étage. On ne lui fait visiter le couvent qu'après lui avoir présenté la pipe, le café et le glyko.
Les moines offrent au voyageur le couvert, le pain et le vin, mais il doit apporter et faire préparer lui-même ses provisions. Kn outre, il est d'usage de donner 5 francs par personne et par jour au ca- Joyer chargé de recevoir les étrangers.
L'intérieur du couvent est un dédale de chambres, de corridors J
2E. |Roctk48.]
et d'escaliers délabrés et malpropres. Les cellules, garnies de tapis, et ornées de fusils et de poignards, reçoivent chacune quatre ou cinq moines ; ils y prennent leurs repas qu'ils font apprêter à leur gré.
On montre dans l'église un portrait de la Vierge attribué à saint Luc, misérable bas-relief en cire du vme ou du ix« siècle, très-vénéré en Grèce. Cette image a parlé et pleuré plusieurs fois pendant la guerre de l'Indépendance.
On voit aussi sur le pavé de la nef une mosaïque représentant le soleil, la lune et un aigle à deux têtes, en l'honneur des empereurs qui dotèrent le couvent. Dans la cave se trouvent plusieurs tonneaux énormes, dignes émules du foudre d'Heidelberg. Les moines se soucient moins de montrer leur bibliothèque, car elle ne contient que quelques livres sans valeur, entassés pêle-mêle dans quatre ou cinq armoires, et dont ils connaissent à peine les titres. Ils savent en général mieux manier le fusil que lire leurs manuscrits, et ils en donnèrent une preuve en 1826, quand Ibrahim tenta de s'emparer du couvent; aidés de ueloues Pallicares, ils élevèrent es batteries, placèrent des canons aux endroits les plus exposés, et se défendirent si bien que le pacha fut obligé de se retirer après avoir perdu plusieurs centaines d'hommes.
On sort de Mégaspilion par une route escarpée qui descend au N..
traverse (*2f» m.) le Buraïcus et gravit le flanc abrupt du mont Kouskio pour atteindre (1 h.) un plateau gazonné , d'où la vue s'étend sur le golfe de Lépante et les montagnes de l'Achaïe. Laissant ensuite a droite 1 h. 15] un piton, où quelques ruines informe»
marquent seules l'emplacement de Bura, qui fut anéantie en 373 av. J.-C. par un tremblement de terre, on descend par une gorge profonde et sauvage jusque (45 m.) dans le lit du Cérynites, qui débouche (15 m.) dans une plaine
[Roiu 48.] .KGIUM.
fertile et couverte d'oliviera. En face, sur le rivage, entre l'emboulu Cérytutes et celle du Sélevait Hélicé, une
ehure d
linus. relevait Hélicé, une des douze villes de l'Achaïe, qui fut détruite en même temps aue Bura et engloutie sous les flots du golfe.
Le chemin se dirige à l'O., passe prés des v. de Rhizomylo et de Zevgolatio, franchit (1 h.) la rivière Néltnus et conduit à travers de belles plantations de raisin de Corinthe à (l h.)
Âyium ^autrefois Vostitsa). (On y trouve un bon khani.) Cette ville, mentionnée par Homère, était une de3 douze cités de l'antique ligue ach^enne. Agamemnon y avait réuni Jes chefs grecs avant la guerre de Troie. Après la destruction d'Hélicé, Jîgium hérita ■le son territoire et devint la capitale de l'Achaïe. Le gouvernement de la ligue était cité comme le modèle d'une démocratie modérée et renommée par la sagesse de ion administration Les Àchéens ue prirent aucune part aux guerres médiques; ils restèrent neutias dan* la guerre du Péloponèse et n intervinrent que comme arbitre* dans la lutte entre Thèbes et Sparte. Grâce à cette politique égoïste mais prudente, l'Achaïe se trouva encore jeune et puis- ^nte à la dernière heure de la liberté grecque. Les Macédoniens, en détruisant l'ancienne hgue, réveillèrent l'énergie des Aehéens ; une nouvelle constitution, toute militaire, remplaça leurs magistrats pacifiques par des chef» de guerre ou stratèges.
.£gium continua d'être le chefiieu de la ligue jusqu'au temps de Pnilopœmen, qui réunit alternativement les députés dans chacune ôes autres villes. Sous la domination romaine, l'assemblée des Aehéens se tint de nouveau à .fcgium, mais les colonies romaines de'Patras et de Corinthe lui itèrent son importance. «/Egium prit le nom de Vostitsa dans la période bvzantine. Les Turcs s'en emparèrent en 1458. La ville moderne,
détruite par un tremblement de terre en 1819, a été bâtie sur un plan plus large et plus commode.
yKgium s'élève entre deux promontoires, sur un plateau coupé à pic à la hauteur de 15 mèt., audessus d'une plage étroite qui le sépare de la mer. Sur ce terrain, coulent plusieurs sources abondantes , dont la principale s'échappe d'un mur antique par quatorze robinets, à l'ombre d un p'atane gigantesque, qui compte plusieurs siècles d'existence. Le tronc, qui n'a pas moins de 13 mèt.
de circonférence, est creux et contient une chambre. Les branches couvraient une circonférence de 45 mèt., mais la plupart ont été brisées. Près du rivage s'étçndent des magasins, des khanis et quelques maisons nouvelles. Le portest au-dessous des sources ; une pointe basse, formée par les alluvionsdu fleuve Mcganites , le protège du côté de l'O. Depuis quelques années, il a pris une grande activité, et des négociants étrangers sont venus s'y établir. Une rue escarpée conduit du port à la ville.
11 ne reste de l'antique Mgium que de rares débris des anciens rnurs sur le coteau qui domine le port, quelques soubassements du temple et un souterrain antique près d'une des églises nouvelles.
yTigium compte environ 4 000 habitants.
D'jEgium à Sicyone et Corinthe, R.
40.— Bateaux à vapeur pour Salona et Loutraki, toua les 8 j., le jeudi (Lloydj et tous les 15 j., le mercredi (paquebot grec) — pour Le pan te, Patras. Mistolonghi , Zanie et Corfou, tous les 8 j.. le samedi (Lloyd) — pour Lepante, Patras, Mtssoloughi et le tour de la Morée, tous le* 15 j le mercredi (paquebot grec.)
Au delà d'iEgitim, la route longe le pied des hauteurs et franchit successivement (1 h.) le Tholo, près des ruines de RhypeS, (35 m/ fa rivière de Salméniko (ancien Phœnix) et quelques nmseaux sans importance. Bientôt (25 m.>