‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 146 sur 511 · ZANTE.— CYTHÈRE · texte numérisé non relu

ZANTE.— CYTHÈRE

début de la guerre du Péloponèse et yétablirent une station inquiétante pourld Laconie, mais l'Ile revinten 421 à ses anciens maîtres et suivit le sort de Sparte. Elle doit surtout sa célébrité au culte de Vénus, qui semble y avoir été importé par les Phéniciens; c'est sans doute ce qu'Hésiode a voulu exprimer , quand il raconte que Vénus, au sortir des eaux, fut portée à Cythère sur un char de coquillage.

Cette légende était, dit-on, représentée dans le temple de la Déesse.

La belle Hélène y était aussi honorée.

L'Ile de Cythère n'est plus aujourd'hui qu'un rocher aride, aux côtes abruptes, mesurant env. 32 kilom. de longueur du N. au S., et 20 kilom. dans sa plus grande largeur. L'Ile ne peut pas nourrir ses habitants, qui vont pour la plupart chercher fortune en Grèce ou en Asie Mineure. Les navires du Lloyd touchent au port San-Nicolo, sur la côte E. , qui répond sans doute à l'ancien port de Scandea; mais le meilleur mouillage est au S., au port de Kapsati, chef-lieu actuel de l'Ile, bâti sur une colline étroite, longue de 500 mèt. et terminée au S.-E. par un rocher abrupt qui porte un vieux château du moyen âge.

L'ancienne capitale était en face du cap Malée a 1 800 mèt. dans l'intérieur des terres. L'ancien port Phœnicus de Xénophon répond peut-être à la rade d'Avlémono. A Palœopolis, à 5 kilom. de la côte, on trouve quelques ruines d'une haute antiquité dont on ignore l'origine. On n'a aucune donnée positive sur l'emplacement de 1 ancien temple de Vénus.

On montre a Cérigo deux belles cavernes à stalactites , celle de Sainte-Sophie et celle de Mylopotamos.

De Cérigo dépendent plusieurs petits Ilots, dont le plus important est Cerigotto, situé à 32 kil.

au S.-E., à moitié chemin de l'île de Crète, et qui nourrit une quarantaine de familles.

(ÎRÈCE.— LES ILES.

[Routf 53.]

Section IL— Les Cyclad6S.

Nous comprendrons sous ce nom le groupe central des îles de l'Archipel, compris entre 21c40' et 24*20' oe longit. E., et entre 35°40' et 38° de latit. N. Leur nom générique (xôxxo,-, cercle) n'est pas exact, car ces îles figurent non pas un cercle, mais trois bandes parallèles répondant aux chaînes de montagnes de la Grèce propre {V. p. 20 à 22). Leur aspect général est loin de répondre aux descriptions des poètes anciens : depuis longtemps elles ont perdu leurs forêts et ne montrent aux yeux des voyageurs que des rochers pelés," secs et arides, souvent taillés à pic. Toutefois la transparence de l'air, le ciel lumineux de la Grèce, leur donnent encore un aspect poétique, surtout au lever ou au coucher du soleil.

Les Cyclades ont été peuplées originairement par la race pélasgique ; les Phéniciens, les Crétois et les Cariens y étendirent leur domination. Vers 1130, presque tout l'Archipel fut occupé par l'immense émigration ionienne, qui fuyait devant l'invasion dorienne. Cette parenté avec Athènes influa sur toute leur histoire. Les Cyclades formèrent une fédération dont Délos était le centre; elles se soumirent a la première expédition (Tes Perses, mais, dans la seconde guerre médique, la plupart firent défection et passèrent aux Grecs.

Thémistocle châtia sévèrement celles dont la conduite avait été douteuse. En 477, Aristide réunit toutes les lies sous l'hégémonie d'Athènes, dont elles restèrent les alliées jusqu'à la bataille d'JSgos- Potatnos (405). Les insulaires furent les premiers à favoriser les efforts de Conon, d'Iphicrate, etc., pour relever leur patrie. Les îles passent ensuite successivement sous le joug macédonien, sous celui des Lagides, des rois de Syrie, de Pergamefdes Rhodiens et enfin des Romains, qui leur rendent une

partie de leurs franchises. Conquises un instant par Mithridato (88), elles rentrent bientôt *ous la domination romaine, et sous l'em pire d'Orient, elles sont abandon nées à toutes les incursions des Barbares et des Sarrasins. Après la prise de Constantinople par les Francs, elles échurent à la république de Venise : celle-ci les donna en fief à plusieurs aventuriers hardis, qui y fondèrent plusieurs duchés, dont le plus important, le duché de Naxox ou des Douze-Iles, resta trois siècles entre les mains des familles Sanudo et Crispo, et ne fut détruit qu'en 1566 par le sultan Sélim II. Les Turcs traitèrent les Cyclades avec douceur et leur laissèrent une sorte d'indépendance relative.

Elles prêtèrent toutefois la main aux tentatives des Russes, 1770- 1774 ; mais, pendant la guerre de l'Indépendance ( 1821-1827 ), elles ne montrèrent pas toutes le mémo dévouement qu'Hvdra, Spetzia et Psara. La rivalité des chrétiens grecs et des catholiques latins fut en partie cause de cette tiédeur.

Les puissances protectrices les rattachèrent au nouveau royaume de Grèce.

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