GRECE. — LES ILES
Route 52
Près de là , le village de Levca marquerait l'emplacement du jardin de Laerte (Od., XXIV, 204). De ce village on gagne en une demiheure celui de Stavros (où Ton peut envoyer des chevaux d'avance), et au-dessous duquel le petit port de Polis , sur la côte N.-O..
semble répondre exactement a la capitale homérique. * Vis-àvis est l'îlot de Dascalio; c'est le seul rocher qui se rencontre dans le détroit de Céphalonie, et par conséquent ce doit être Astéris, où se cachèrent les prétendants pour surprendre Téléinaque à son retour de Pylos. On trouve sur la montagne boisée, qui s'élève au N. de Polis, des ruines d'un style bien plus ancien que celles d'Àetos. Les pierres sont brutes, non taillées et mal jointes ensemble.
Les principaux débris se trouvent sur le côté occidental du sommet , entassés sur un rocher escarpé. »
(Wordsworth.) (Voye2 pour de plus amples détails sur Ithaque : Bowen. Ithaca in 1850; — Oeil, The geography and anti quittes of Ithaca , London . 1807, in-4°; — Gandar, V lys sis Ithaca, Paris, 1854.) On peut revenir de Stavros à
j^T athy en 3 h., à cheval, par une j^j^Mte en corniche au flanc du Ifelt Néritos, d'où l'on découvre
^Bft le canal de Céphalonie; on franchit ensuite l'isthme central de l'île et l'on rejoint la baie de Vathy.
Une barque fait le service, entre Vathy et le petit port de Samos, dans l'île de
Céphalonie, ou Céphallénie. —
Histoire. — Les premiers habitants de cette lie furent les Téléboens, peuple dont il est difficile de déterminer l'origine. Selon Pausanias, le nom de Céphalonie vient de l'Athénien Céphale, qui, banni d'Athènes pour avoir tuésa femme, fit, pour le compte de Thèbe3, la
rapidement sa puissance maritime. Les Céphaloniens parurent au siège de Troie sous les ordres d'Ulysse. Dans la guerre de Corcyre contre Corinthe, Céphalonie prit d'abord parti pour Corinthe ; mais, quand Athènes se fut prononcée pour Corcyre, elle se rallia h leur cause et resta l'alliée fidèle d'Athènes. Elle ne tomba au pouvoir des Romains qu'après une résistance honorable : elle repoussa d'abord Quintus Flaminius. et Mardis Fulvius dût faire pendant quatre mois le siège de Samos, sa capitale. Sous l'empire romain, comme sous l'empire d'Orient, Céphalonie est à peine mentionnée. En J litô, elle fut prise par les Vénitiens, et donnée, eo 1207, par l'empereur Baudouin au prince de Tarente, Galus. Celui-ci reconnut la suprématie de la république deVenise. Tombée, en VZ'29f au pouvoir de comte de Tochis , elle resta dans la possession de sa famille jusqu'àla conquête turque.
Au XVIe siècle, les Vénitiens s'emparèrent définitivement de Céphalonie.
Description. — L'Ile de Céphalon ie est la plus grande des lies Ioniennes : elle mesure 190 kilom. de circonférence; sa plus grande longueur est de 50 kil. Sa largeur est très-variable. Elle est parcourue du N.-O. au S.-E. par une chaîne de montagnes, dont le plus haut sommet, le M onte-Nero , l'ancien .Enos , s'élève à 1620 mèt. au-dessus de la mer. L'île est fertile, sans présenter» un aspect aussi riant que Corfou ou Zanie, mais elle manque d'eau.
Argostoli (on y trouve un petit hôtel). Je chef-lieu actuel de l'île, est situé sur la côte occidentale, dans une baie dépendant d'un golfe profond, qui s'étend du S.
au N., bien avant dans l'intérieur de l'île. Le port est sûr et bien
conquête de cette île. Les des- | fermé, mais il manque de profoneendants de Céphale régnèrent à , deur; on le traverse sur une chaus- Céphalonie pendant dix généra- sée d'environ 700 mèt. de lontions ; après eux s'établit une ré- gueur. La ville ne se voit pas de la publiqucféjérative, quidéveloppa | haute mer; elle forme le long du
:Roùtk 52.] f ÊPHALONIE.
port uo quai d'environ 1600 môt.
de longueur. La plupart des bâtiments publics sont de date récente. La population monte à 8 000 hab. La ville est dominée par une chaîne de collines fertiles qui la séparent de la côte S. La station du télégraphe commande une vue très-étendue. Les deux promenades principales suivent le rivage de la mer et s'appellent II grande* et II piccolo giro (le grand et le petit tour).
A 2 kilora. 1/2 d'Argostoli, près de l'entrée du port, on voit un katavothron remarquable où s'engouffrent '.es eaux de la mer : le courant est assez fort pour faire tourner un moulin.
A 8 kilom. à TE. d'Argostoli, on peut visiter sur une colline isolée le vieux château vénitien de Saint-
George.
L'antique ville de Cranii était située sur les hauteurs escarpées qui dominent le port à l'opposé d'Argostoli. On y observe les restes d'une enceinte nellénioue d'environ 5 kilom. de circonférence.
Sur la rive O. du grand golfe est bâtie la ville de Lixouri (5000 h.), la plus importante de l'Ile après Argostoli. A la distance d'environ 2 kilom. au N. de Lixouri, on trouve quelques débris de l'ancienne ville ue Palé.
Samos, la capitale antique, s'élevait sur la côte N.-E., dans une large baie semi-circulaire qui s'ouvre sur le canal Viscardo, en regard d'Ithaque. Le port de Samos était excellent, et sa position, sur la voie la plus directe de l'Adriatique au golfe de Lépante, était bien préférable à celle d'Argostoli. Une barque fait le service entre le village moderne et Ithaque. La ville antique semble avoir occupé l'espace compris entre le rivage et deux collines escarpées qui se dressent au S. à l'entrée d'une riche vallée. Ces deux colline*, séparées par un ravin profond, portaient l'acropole et une autre citadelle qui parait être la Cyathis de Tite-Live. Elles sont
Oriknt.
couronnées par des murailles massives de construction cyclopéenne et polygonale. Les débris trouvé»
dans la plaine semblent au contraire appartenir à l'époque romaine.
Les ruines de Proni, ou Pronesus, se trouvent sur la côte orientale de l'Ile, à l'entrée de la belle vallée de Rakli (par corruption de Héraclea). Le cap Scala, au S. de l'Ile, présente aussi quelques vestiges d'une ville antique mal connue. On peut voir aussi sur une presqu'île qui se détache de la cote N.-O. le vieux château moyen âge d'Assos, bâti probablement sur l'emplacement d'une forteresse antique. Les environs d'Assos sont les plus pittoresques de l'Ile. Le port de Ftscarao, sur le canal du même nom, représente sans doute l'ancien Panormos. Le nom moderne est une corruption de celui de Robert Guiscard, le hardi Normand qui conquit la Sicile, et trouva à Céphalonie une mort prématurée en
Enfin on peut faire l'ascension du Monte-Nero, l'ancien iEnos, au sommet duquel on voyait encore, en 1813, quelques restes d'un temple de Jupiter. On se rend en voiture légère d'Argostoli au couvent de Saint-Gérasimoa (10 kilom.) et au passage de San-Liberale. Le sentier est encore praticable pour les chevaux pendant 3 kilom.; mais au delà il ne semble plus accessible que pour les chèvres. On atteint pourtant le sommet, dont le magnifique panorama dédommage le voyageur de ses fatigues. Le Monte-Nero doit son nom moderne aux sombres forêts de pins dont il est couvert.
Une navigation de quelques heures conduit de Céphalonte à Zante; dans ce trajet, on double le cap Scala, on laisse à gauche l'entrée du golfe de Patras, les caps Glarentza et Tornese qui appartiennent à la Morée; à droite on longe la côte N.-E. do
ORÈCE.— LES' ILES.
Rot'TR f>î.
Zanie , ou Zacyntho. — Histoire.
— Cette île, peuplée d'abord par les Achéens, devait, dit-un, sun noDi nu héros Zacynthus, fils du Troyen Dardanus. Zacyntho aurait* elle-même fondé en Espagne la ville de Sagonte. Les Zaeynthiena combattent au siège de Troie sous les ordres d'I'lvsse.
L'histoire ne commence pour Zacynthe qu'avec la guerre du Péloponèse. Cette lie cherche vainement à garder la neutralité :
entraînée dans l'alliance d'Athènes par Tolmidas , elle se révolte contre les excès de pouvoir de Timothée et appelle les Lacédémoniens ; puis elle revient à l'alliance d'Athènes et repousse l'invasion du Spartiate Cnéraus. Plus tard, nous voyons les Zacynthiens aider l'exilé Dion dans son entreprise contre Deuys de Syracuse. En 214, l'Ile est soumise par le Romain Lœvinus ; reprise par Philippe de Macédoine (-200) et donnée par lui à Aminander, roi des Athamancs, nuis à Hiéroclès d'Agrigente, elle est rendue aux Romains en 19(3, mais elle ne leur est définitivement soumise qu'en 140. Dès lors Zacyntho ne joue plus aucun rdle il part ; comme !cm lies voisines, elle appartient à l'empire d'Orient; elle est ravagée par les barbares, conquise par les comtes de Tochis, puis par les Turcs, et enfin vendue aux Vénitiens. En 1564, le grand anatomiste Vésale, persécuté h cause des études auxquelles il se livrait, et condamné par l'inquisition à entreprendre le pèlerinage de Jérusalem, périt dans un naufrage sur les côtes de Zante.
Description. — La ville de Zante (il y a un petit hôteDest dans une ratissante situation, au centre d'une large baie semi-circulaire. Elle est dominée par deux montagnes :
l'une porto le château, l'autre est le mont Scopos, qui semble l'Elatus des anciens. La ville s'étend le long de la baie sur une longueur de 2 kilom. environ, mais elle n'a pas Î100 mèt. de large, si
ce n'est près du quartier qui sYtend vers le château. L'intérieur de la ville offre peu d'intérêt. Les rues ont des noms vénitiens, avec des arcades basses et obscures ; un certain nombre de maisons portent encore des fenêtres grillagées comme dans les pays musulmans.
Le port est moins sûr que ceux des autres iles; cependant il a été l'objet de beaucoup d'améliorations dans ces dernières années.
Un grand mole a été construit; à la jonction de ce môle avec la terre, est une sorte d'esplanade qui sert de promenade, et où l'on a placé un buste colossal de s.ir Thomas Maitland.
L'église principale est celle «le Saint-Denis-de-Zacynthe, mort en 1624, et qu'il ne faut pas confondre avec trois autres saints du même nom.
La ville ancienne occupait le même emplacement que la ville moderne : aussi ses débris ont-ila complètement disparu.
Le château de Zante mérite d'être visité; il s'élève à une hauteur d'environ 110 met. au-dessus de la mer. On y monte par une excellente route, et on obtient facilement la permission d'y entrer.
Los murailles, qui datent des Vénitiens, n'ont pas d'importance. La colline est couverte de bosquets, de jardins et de maisons, entremêlas dans le désordre le plus pittoresque; mais tout le côté E.
s'est éboulé depuis plusieurs siècles par suite d'un tremblement de terre. De l'esplanade du château on jouit d'une fort belle vue , inférieure toutefois à celle du mont Skopos.
Le Skopo* . l'ancien Elatus (mont des Pins), ne porte plus les forêts vantées par Homère et Virgile, mais il est encore couvert d'oliviers et d'orangers. On peut montera cheval jusqu'au couvent qui en couronne le sommet (:*9t»
mèt.). Ou y découvre une vue superbe sur l'ile de Zante et sur toute la côte de Or or. dopuis le.*»
:'RorTB 52. j
montagnes de l'Acarnanie et de rÉtolie jusqu'à celles de l'Arcadic et de la Messénie; on distingue particulièrement le cap Glarenza avec aon vieux château du moyen âge (V: R. 44) et le cap Tornesc.
Au N., la vue s'arrête sur le Monte-Nero de Céphalonie.
Du côté de la naie opposé au mont Skopos, s 'élève une rangée de collines escarpées et boisées, couvertes de villas, de jardins et de vignes, qu'on nomme les Akro* téria.
Le district le plus riche de l'Ile est une vaste plaine qui s'étend d'une mer à l'autre, sur une largeur de 10 à 12 kilom., entre les Hauteurs du château , du mont Skopos et les Akrotéria à TE., et une chaîne de collines plus douces qui court parallèlement à la côte occidentale. On y cultive l'olivier, la vigne et surtout le raisin de Conntbe.
On visitera dans la baie de Khieri. à 20 kilom. env. de la ville, les deux puits de poix minérale ou bitume doul Hérodote a fait, il y a 2300 ans, une description qui se
rait exacte encore aujourd'hui.
I^a principale source est entourée d'une petite muraille : à la profondeur dfe 33 cent, au-dessous du niveau de l'eau claire, on voit la poix sortir do terre en bulles semblables à des poires de caoutchouc, qui éclatent et retombent au fond.
Elle peut produire trois barils par jour. La seconde est beaucoup moins importante. La poix qu'on retire de ces deux bassins est d'ailleurs inférieure à la poix végétale , et leur exploitation est très-restreinte. Ces sources sont d'origine volcanique. Zante a le triste privilège d'être constamment désolée par des tremblements de terre. Ceux de 1820 et 1840 ont été désastreux.
De Zante à Cérigo, V. R. 50.
Cérigo ou Cythère, n'a pour ainsi dire pas d'histoire. Occupée d'abord varies Phéniciens, ellefut peuplée \ )u3 tard par les Lacédémoniens.
Les Athéniens s'en emparèrent au