LA SUDE
che se trouvent (15 m.) deux tombeaux, et adroite (15 m.) des ruines nommées Palujokastron , au milieu desquelles s'élève un petit couvent, et qui répondent, selon MM. Dumas, Gauthier et Lapie, à l'antique Hippocoromum, et, selon M. Pashley a la ville d'Aptera, célèbre parla victoire poétique des Muses sur les sirènes. Ces ruines comprennent une enceinte fort ancienne, les restes de plusieurs grands édifices, avec des fragments de colonnes au S., au S.-O., et a l'E. du couvent, et ceux d'un théâtre en maçonnerie. L'enceiute présente, vers le N.-E., des murailles polygonales aussi massives que celles de Tirynthe.
La route traverse la plaine dans la direction du S., dépasse la fontaine des Eaux blanches (1 h. 15), le kbani de Babnli, franchit le Pont hellénique jeté sur la rivière Armyro, dont elle longe ensuite la rive droite jusqu'au fort du même nom (1 h. 15), qui a été détruit par les Grecs au commencement de la guerre de l'Iodépendsnce. Près de cet endroit devait se trouver l'antique Amphimalla. D Armyro, on se rend en 2 h. 30 a Rétimo (8 h.
30 de la Canée), en suivant toujours le rivage.
Un chemin plus long (7 h. d'Arinyro), mais plus intéressant, conduit, par le v. de Mourni (45 m.), le petit lac de A" o uni a et les v. de (1 h.) Draniia (Hydramon?) et d'Épiskopi, à Polis ou Gaïdouropote (l'antique Lappa?), pris de laquelle on remarque les restes de plusieurs grands édifices qui paraissent de l'époque romaine, une grande citerne antique et quelques ruines vénitiennes. De Polis, il faut 2 h. pour gagner Hagios- Constantinos. La route dépasse ensuite (20 m. ) le v. de Roustika et le couvent du Prophète-Elie, franchit un petit ruisseau qui coule dans un frais vallon et traverse une grande plaine. Au delà du v.
de Priné (1 h. 30) et d'AHUopoulo, on rencontre un pont romain composé de deux rangs d'arcades su-
(fKKCE. — LES ILES.
perposées, puis on atteint (l h. 15)
Rélimo, l'an tin ue Rhithymna.
C'est maintenant la troisième ville de l'île et la résidence d'un pacha.
Sa population, qui st-, monte à 3 000 âmes, compte à peine quatrevingts familles chrétiennes. La ville offre un aspect entièrement turc. Ses bazars et ses rues sont mieux tenus que ceux de la Canée.
La citadelle, H l'O. du port, tombe en ruines. Le port est ensablé.
De Rétimo on se rend — par(45m.) Pigi (les sources), et par (1 h.) Ba gbïokhori — au petit couvent d'Arsani (30 m.), d'où Ton gagne pardessus quelques hauteurs (2 h.) la plaine fertile de Mylopotnmo, couverte de villages et'de plantations d'oliviers, et au fond de laquelle se dresse la montagne conique de Mélidoni. Au delà du (30 m.) v. ruiné de Pérama . on quitte la route pour aller visiter à gauche, au-dessus du v. de Mélidoni, une vaste caverne a stalactites qui rivalise avec celle d'AntiparoB. Cette caverne était dédiée dans l'antiquité à Hermès Talléen.
Dans la guerrede l'Indépendance, 300 chrétiens, qui s'y étaient réfugiés, y furent enfumés et étouffés par les Turcs.
Cette excursion terminée, on rejoint la grande route, et, par (ln.) le v. de Daphnides, (45 m.) le kbani ruiné de Papativrysi et le v.
de Gharato, on monte à (1 h. 30) Axos, près duquel on remarque des tombeaux creusés dans le roc, une muraille de construction polygonale qui parait être l'enceinte d'une acropole antique, les restes d'un château moyen âge et le couvent dévasté de Saint-Jean, dont les murs sont couverts de fresques grossières et dont le pavé présente des restes de mosaïque.
En quittant Axos, on traverse un torrent pour parcourir une région montagneuse. Au delà du hameau de (i unies , le chemin suit le cours d'une rivière et s'élève sur de hautes montagnes (3 h.), d'où Ton découvre tout à coup la plaine et la ville de Candie. Une descente
[Route 56.]
ennuyeuse conduit à Tylissos , puis à la fontaine pittoresque de Selvili (1 h. 30}, d'où l'on gagne h travers la plaine (1 h. 90)
Candie (en italien Candia, en arabe Kandak, en grec Mégalo— Kasiron), située à l'embouchure du Géofiro, sur l'emplacement de l'antique Uéraclcion. Cette ville fut fondée au ix* siècle par les Sarrasins, qui en firent leur lieu de débarquement et leur base d'opérations pour la conquête de l'île. Elle fut prise en 961 par Nicéphore Phocas, et donnée plus tard aux Vénitiens. Elle est surtout célèbre par le siège qu'elle soutint contre les Turcs de 1648 à 1669. Le grand vizir Keuprulu vint l'attaquer à la téte de 70 000 hommes. Morosini , son héroïque défenseur, n'avait que 1? 000 hommes avec quelques volontaires français, dont la valeur téméraire fut plus compromettante qu'utile. Du 22 mai au 18 novembre, il y eut vingtdeux assauts, dix-sept sorties, et de part et d'autre la mine joua six cent dix-huit fois. Au commencement de 1669, Louis XIV envoya 6000 hommes sous la conduite du duc de Beaufort, qui perdit 500 hommes et périt lui-même dans une sortie imprudente ; le reste des auxiliaires se rembarqua à la suite de cet échec, et Morosini capitula le 29 septembre.
Candie est une ville entièrement turque par ses maisons, ses mosquées, ses minarets, ses bazars bien approvisionnés des produits brillants de l'Orient. Elle est entourée d'une enceinte bastionnée à peu près triangulaire ; les restes d'une ancienne enceinte séparent à l'intérieur la nouvelle ville de la vieille ville, qui est la plus rapprochée du port. Les fortifications datent des Vénitiens. Le port est protégé par deux môles, mais tellement ensablé qu'il ne peut plus recevoir que de petits navires. On voit encore les voûtes qui abritaient les galères vénitiennes. Près du vieux quartier juif est une fontaine vénitienne avec une inscrip-
rRouT* Y!.] RÉTIMO.
tion latine en l'honneur de son fondateur. La vieille cathédrale latine, dédiée à saint Titus, est presque entièrement ruinée. L'édise de Sainte-Catherine a été convertie en mosquée tout en conservant son nom (Hayia-Katerina- Djami). La population de Candie s'élève à env. 12 000 h., dont 10000 musulmans.
Excursion aux rumet de Cnossos.
—Al h. au S.-E. Je Candie, au lieu comme MakriUkhos , se trouvent les ruines de Cnosso», l'antique capitale de la Crète, dont la fondation était attribuée à Minos. Le territoire de Cnossos était consacré a Jupitep : c'est là qu'il était né, qu'il avait épousé Junon ; c'est là même qu'on montrait son tombeau [V. ci-dessous), car les Crétois, pour se mieux approprier le dieu, en faisaient un homme. C'était pr^s de Cnossos que se plaçait aussi la légende du Labyrinthe construit par Dédale et du Mino- Uure. Cnossos, colonisée par les Doriens , devint avec Gortyne la ville principale de l'île. Elle reçut plus tard une colonie romaine et fut la résidence des gouverneurs de l'Ile.
Cnossos avait vu naître Chersiphron ou Ctésiphon et son fils Métagène. architectes ; le philosophe £nésidème et l'athlète Ergotèles, chanté par Pindare.
Les seuls vestiges d'antiquité qu'on peut voir à Cnossos sont des fragmentsde murailles massives en brique de l'époque romaine, qui semblent les restes du long mur (uz/.cov rû/c^) , d'où le nom moderne. Les cavernes naturelles et les grottes sépulcrales qu'on trouve iax environs, ont peut-être donné lieu à la légende du Labyrinthe (F. ci-dessous Gortyne).
Excursion au mont Iouktas (10 h.
aller et retour).— On traverse dans la direction du S.-E. la plaine férule de Candie. Aprî's 1 h. 30 m. de marche, on commence à s'élever •ur les pentes pierreuses du flanc E. du mont Iouktas, jusqu'au (w2 h.) v. de Arkhanès, situé sur un coteau