‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 165 sur 511 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS

Ve section : Géographie.

§ I. Situation, limites, étendue et divisions.— La Turquie d'Europe par laquelle nous commencerons notre description de l'Empire Ottoman1, est située entre 13° et 28° de longit. E., et entre 39° et 48° de lat. N. Elle est bornée au N. par l'empire de Russie et l'empire d'Autriche, à l'O. par l'Autriche et la mer Adriatique ; au S., par le royaume de Grèce, l'Archipel, la mer de Marmara; a l'E., par la mer Noire, le Bosphore, les Dardanelles et l'Archipel. Elle comprend la Thrace, la Macédoine, l'IUyrie, la Dacie, l'Épire et la Thessalie des anciens. Les Européens la divisent ordinairement en plusieurs provinces : la Bulgarie, la Bosnie, l'Herzégovine, le Monténégro, la Croatie, la Uoumélie, l'Albanie, la Macédoine et la Thessalie, auxquelles il faut ajouter les trois principautés tributaires : la Servie, la Valachie et la Moldavie. Mais les Turcs ne connaissent pas ces divisions, et partagent la Turquie d'Europe en 15 eyaleta ou gouvernements, en y comprenant les îles turques <ft» l'Archipel. La superficie de la Turquie d'Europe est évaluée à 954 1 milles géographiques carrés. Les promontoires et golfes principaux sont : dans la mer Noire, le cap Roléra- Bournou ou Gulgrad, le cap Eminéh et le golfe de Bourgaz ; dans l'Archipel, la Chersonèse de Thrace ou presqu'île de Gallipoli, qui s'étend entre le détroit des Dardanelles et le golfe de Saros, la péninsule chalcidique comprise entre les golfes de Contessa et de Salonique, et terminée par les trois promontoires de Monte-Santo ou Hagion-Oros (Athos), Longos et Kassandra, séparés entre eux parles golfes d'Hagion-Oros et de Kassandra; la presqu'île de Magnésie, qui

1 Tous les pays qui nom restent à décrire dans la suite de cet ouvrage appartiennent à l'Empire Ottoman , et «oui ce qui s'y rapporte anrait pu £tre comprit dan» un titre général. Mais les grande* divisions de ce va*te empire différent uses entre elles sous les rapports politique, historique, ethnologique ou pittoresque, pour demanuVr rhscune un chapitre de générait!-'* qui sera mieux place ailleurs. Ce chapitre lr*He dune surtout de la Turquie d'Kuope ; cepenJant quelques-un» de ses paragraphe*, histoire, gouvernement, religion, statistique, etc., «appliquent à la totalité de l'empire, et nous j renverrons souvent dan» la suite.

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embrasse le golfe do Volo ; dans la mer Ionienne, la pointe de Prévésa, qui ferme le golfe d'Arta, et dane l'Adriatique, le cap Linguetta.

$ II. Configuration du sol. Montagnes, lacs, fleuves, etc.— L'ossature de la Turquie est assez compliquée1. Des régions de la haute Macédoine, comme d'un point ceatral, partent plusieurs chaînes principales : Tune court au N., entre la haute Mœsie, la Servie et la Bulgarie, atteint les rivages du Danube, près d'Orschova, et se joint par une branche des montagnes de la Transylvanie au système général des moûts Carpathes ; la seconde court à peu près directement à TE. jusqu'à la mer Noire, sépare la Bulgarie de la Thrace, et envoie une branche de collines vers Constantinople, c'est l'antique Hémus ou le Balkan; la troisième court au S.-E. vers les Dardanelles, c'est le Rhodope ou Dcspolo-Dayh ; enfin, dans la partie occidentale, en Bosnie et en Albanie, on trouve un système de rides presque parallèles, dirigées du N.-O. au S.-E., qu'on doit considérer comme le prolongement de la branche méridionale des Alpes centrales, qui, dans la Carniole et la Croatie, forme des montagnes peu élevées et ne se relève que dans la Croatie turque et surtout en Bosnie.

Le- nœud de la chaîne occidentale et ses sommets les plus élevés te trouvent entre le Monténégro et le bassin de Novi- Bazar, où I on remarque le mont Loukavitza (1300 mèt. env.), le Lovtschin 1324 mèt.) , le Dormitor (2400 à 2G00 mèt.), le Kom (2700 à 2900 mèt.), le Koutschi-Kom (2200 mèt. env.) et le (Mieb(1983 mèt.). Ce nœud de montagnes, que M. Boué compare au Saint-Gothard des Alpes suisses, donne naissance à un grand nombre de cours d'eau qui vont grossir, d'une part, le Bojana et le Drin d'Albanie, qui se jettent dans l'Adriatique, et, d'autre part, la Morava serbe et la Drina, affluents du Danube et de la Save.

AuN. du Monténégro, les montagnes de l'Herzégovine atteignent de 1 000 à 2 000 mèt., et envoient à l'Adriatique le fleuve Narenta.

Au S. du Monténégro, les montagnes de l'Albanie forment plusieurs systèmes de rides parallèles, dont la direction est, en général, du N -O. au S.-E., et dont les sommets ne dépassent pas en moyenne 1000 met. Elles envoient à la mer Adriatique le Drin, le Scoumbi, le Loum, leVoïoutza; à la mer Ionienne, l'Arta et l'Aspropotamo. C'est dans cette contrée qu'on rencontre tous les lacs profonds et considérables de la Turquie, savoir : ceux de Scutari, d'Ochnda, de Janina, de Prespa, de Drenovo et de Castoria. Ces montagnes se relèvent à plus de 2000 mèt. pour constituer la chaîne du Pinde, dont le nœud principal est le mont Zygo. Nous avons énuméré p. 20 les cours d'eau qui descendent de cette montagne à l'E. et à l'O. Les chaînons du Schar (Scardu* des Romains) etdu Kosiak, par lesquelsle système occidental se relie au Balkan et au Rhodope, atteignent 2000 à 2000 mèt. et envoient golfe de Salonique le Vardar et llndjé-Karasou. Entre ces montais se trouvent, tantôt des plateaux élevés, tantôt des bassins profonds °Q des vallées longitudinales qui ne communiquent les unes avec les autres que par des cols élevés ou des brèches étroites. Les katavothra,

,* y. A. Boué. La Turquie d'Eurovt, t. Itr. Paru 1840. - VUniewol , Foy. dans la

-eTHuroj*, 1855.

Orirnt. 16

dont nous a von 9 si souvent parlé dans la description de la Orèce , jouent aussi un grand rôle dans l'écoulement des eaux de ces pays.

Le Rbodope présente une structure bien moins compliquée : quatre chaînons parallèles courent de l'O.-N.-O. au S.-S.-E. Les pics les plus élevés sont dans la haute Macédoine, et atteignent 2d00 mèt. pour ■'abaisser rapidement vers TE. et cesser brusquement avant d'atteindre laMaritza. Le Rhodope ne se prolonge donc pas jusqu'aux Dardanelles comme on le figure souvent. C'est une petite chaîne de collines, le Tékir-Dagh, qui s'étend entre celles-ci et la Maritza. Le Rhodope envoie à la mer Égée le Strymon (Karasou-Strouma), le N ces tus (Karasou) et la Maritza (Hebrus) , qui emprunte également ses eaux au Balkan.

La chaîne du Balkan est peut-être encore plus simple que celle du Rhodope. La partie O., la plus rapprochée du bassin de Sophia, s'appelle le Haut-Ralkan (en turc Kodja-JJalkan , vieux Balkan) et ne dépasse pas 1600 mèt. de hauteur; aucun pic ne porte de nom particulier; les sommités forment une crête assez uniforme, s'abaissant de l'O. à l'K. jusqu'à l'Éminéh-Dagh, qui se dresse à833 mèt. au-dessus de la mer Noire. Le Balkan s'élève assez brusquement du côté de la Roumélio (Thrace), où il ne présente qu'un seul contre-fort parallèle à Taré te centrale; il offre, au contraire, du côté de la Bulgarie, plusieurs chaînons ou contre-forts parallèles, interceptant une série de vallées longitudinales fertiles et de plateaux qui s'abaissent de plus en plus jusqu'au Danube. Il projette, au S., le long de la mer Noire, une chaîne côtiore qui s'étend jusqu'au Bosphore, et dont les sommets les plus hauts, entre Fakhi et Tirnovo, n'atteignent pas 1000 mèt. tandis qu'ils s'abaissent à 200 mèt. sur le Bosphore; c'est l'extrémité E. de cette chaîne qui fournit à Constantinople son eau potable. Enfin il envoie fcu Danube, par son versant N., des affluents assez nombreux, mais sans importance; ses derniers contre-forts forment sur la rive S. du grand tleuve une série de collines pittoresques, tandis que sur la riveN. la plaine basse de Ja Valachie n'offre aucun accideut de terrain. Les hauteurs ne commencent dans la plaine valaque qu'assez loin du fleuve, vers Bukarest, et vont rejoindre le vaste amphithéâtre de montagnes qui séparent la Valachie de la Transylvanie et du Banat.

Cette dernière chaîne, dont la hauteur moyenne est de 1500 mèt., s'élève jusqu'à 2300 mèt. au-dessus du bassin de l'Aluta. Sur la frontière E. de la Transylvanie, elle décrit un coude remarquable poursediriger en Moldavie du JS.-E. au N.-O., en formant des crêtes parallèles qui s'avancent jusque vers Jassy. Ces montagnes envoient au Danube plusieurs affluents importants : le Schyl, l'Aluta (qui s'échappe de la Transylvanie par une échancrurc profonde, appelée le passage de Rothenthurm ou de la Tour-Rouge), l'Argisch, le Sereth et le Prouth. A l'extrémité E. des plaines de la Valachie et de la Bulgarie, se dresse, entre Babadagh et Matschin, une petite crête isolée, qui rejette vers le N. le cours du Danube et sépare de la Bulgarie les plaines marécageuses de la Dobroûtscha.

La Turquie d'Europe ne contient pas de volcans aclueU. Les dépôts de roches volcaniques que l'on y trouve sont antérieurs aux temps historiques. Les tremblement de terre y sont n^c/ fréquent*, surtout

dan* l'Albanie et sur les bords de l'Adriatique, ainsi que danB la îbrace. En J 808, la Valachie a été désolée par un tremblement de terre

violent.

S III' Produits du soi. — On trouvera dans l'ouvrage de M. Boué itome l'rj de nombreux renseignements sur l'histoire naturelle de la Turquie. Nous ne pouvons ici qu'en indiquer les traita principaux.

Minéraux. Les amas métallifères ne manquent pas en Turquie. On a eignalé, surtout dans la Bosnie, la Servie, le Scbar, la haute Mœsie et la Macédoine, des gisements de fer oxydulé , de cuivre pyriteux ou earbonaté, de plomb argentifère, de sel gemme, des sablea aurifères, etc.; aucune de ces richesses n'est devenue l'objet d'une exploitation importante. < Les Turcs et la plupart des habitants n'en veulent rien savoir, dit M. Boué ; les premiers par insouciance et ignorance, et les autres parce qu'ils craignent toujours que la découverte de minerais ne soit pour eux une nouvelle source de vexations et de travaux obligatoires. »

Les $ources minérales les plus connues sont thermales et hydrosulfureuses; ce sont les seules auxquelles les Turcs fassent attention, parce qu'ils les emploient pour leurs bains : les principales se trouvent à Xovi-Bazar, à Sophia, à Kostendil, à Aidos, a Vasilika et dans laSarnothrace; on connaît quelques sources acidulés froides, analogues aux eaux de Seltz, dans la Servie et la Bosnie, à Hassan-Pacha-Palanka, à Verbnitza, Kiséliak, Lépénitza et Bania-Louka. Il existe aussi dans la Bosnie quelques sources ferrugineuses, et dans l'Albaniedes sources talées. Elles sont à peine exploitées.

Végétaux. La More de la Turquie d'Europe ne diffère pas sensiblement de celle de l'Europe. Dans les régions basses, on cultive les céréales, les vignobles, les arbres fruitiers. Les régions hautes sont analogues aux régions alpines et subalpines. Les forêts occupent encore une place considérable dans les montagnes turques, notamment dans la Servie, la Bosnie, le Balkan, la chaîne entière de la mer Noire, la haute Albanie ; mais la Tbrace, la Thessalie, le Tékir-Dagh, le Khodopc, la Macédoine sont presque entièrement déboisés, et cela par la main des hommes. Les essences principales des forêts encore existantes sont le chêne, le pin, le sapin, le buis, le hêtre, le boul eau, le peuplier, le platane , l'arbre de Judée, le laurier, la myrte et le laurier-rose ; dans la Turquie méridionale, le cyprès, qui décore tous les cimetières, etc. Les arbres à fruit sont surtout les pruniers, les amandiers ; les citronniers et les orangers dans la Thessalie et sur les bords de l'Adriatique ; les grenadiers, les oliviers, qui ne dépassent pas la Macédoine et ne s'éloignent guère de la mer; les figuiers, les mûriers, les caroubiers, les châtaigniers, les noisetiers, etc. Les vignobles se trouvent dans la Turquie méridionale, la Macédoine, et dans la Bosnie jusque sur les bords de la Save. Le maïs se cultive dans toute la Turquie méridionale et à des élévations d'au moins 500 mèt. Le seigle, l'orge, les rizières, le coton, le lin, le chanvre, le sorgho, les cucurbitacées, les aubergines ne se trouvent que dans les plaines et les vallées basses.

Animaux. Les mollusques, les coquillages d'eau douce et salée ne

sont pas utilisés. Les sangsues donnent lieu à un commerce assez actif, surtout dans la Servie, dans la Moldo-Valachie, la Thessaîie et l'Albanie. Les insectes sont les mômes en Turquie qu'en Autriche ou en France. Dans les districts marécageux, on souffre beaucoup des moustiques; dans les vallées chaudes, on est souvent étourdi par les cigales, les sauterelles, les mouches, etc. Les scorpions se trouvent dans laTurquie méridionale ; les puceset les punaises partout. Les vers à soie et surtout les abeilles sont élevés avec soin en beaucoup de localités. Dans l'Épire, on récolte une espèce de cochenille. Parmi les crustacés, les écrevisses et les crabes n'e sont mangés que dans la Turquie grecque. Les poissons d'eau douce sont peu recherchés ; la pêche fluviatile ou lacustre se fait au moyen de filets, mais elle occupe fort peu les habitants de la Turquie, si ce n'est dans le bassin de Scutari, du lac d'Ochn, et sur le ùanubc. La tortue est abondante, mais elle est un objet de dégoût. Sauf quelques vipères, il n'y a pas de serpents dangereux. Parmi les oiseaux de proie, l'aigle ne se montre que dans les hautes montagnes ; les vautours, les faucons, les buses, les milans et les éperviers sont plus communs, souvent attirés par les cadavres d'animaux que l'on n'enterre jamais en Turquie. Les échassierset les palmipèdes offrent de très-belles espèces. Le gibier (perdrix, cailles, coqs de bruyère, vanneaux, tourterelles, etc.) est encore en quelques localités chassé au faucon ou à l'épervier. La chasse au chien courant ou au chien d'arrêt est peu répandue. Les oiseaux domestiques sont surtout les poules, les pigeons, les dindes et les oies. Parmi les mammifères, nous citerons le sanglier, le chamois, le daim et le chevreuil. L'ours habite l'Albanie, la Macédoine, quelques points du Rhodope et du Balkan ; le loup est commun partout. Le chacal n'existe guère que sur le Bosphore, dans l'Épire, la Grèce. Parmi les animaux domestiques, le cochon est élevé en troupeaux nombreux, surtout en Servie et en Valachie ; il est à demi-sauvage et se rapproche beaucoup du sanglier. Les moutons sont répandus partout et constituent la nourriture principale des Turcs. Les troupeaux de chèvres sont aussi très-nombreux. Le bœuf, la vache et le buffle sont élevés surtout en Valachie, en Servie et en Bosnie; ils sont souvent ferrés comme les chevaux. Les chiens et les chevaux jouent dans les mœurs turques un rôle important. (V. Section IV, §15.)

S IV. Climats, vents, etc. — « Le climat de la Turquie, dit M. Boué, est en général moins doux qu'on ne pourrait le supposer d'après la latitude, parce qu'elle est entrecoupée de montagnes et ouverte dans la partie orientale aux courants d'air venant de la Russie : si cette cause doit contribuer à rendre les hivers plus rudes, ces vents N.-E. glacent de temps à autre les habitants au milieu des grandes chaleurs de l'été ; or, leurs effets ne se bornent pas à la Valachie, à la Bulgarie et la Thrace, mais ils s'étendent par la Mœsie supérieure jusqu'à travers les parties basses des montagnes qui coupent le milieu de la Macédoine, et même jusque dans les vallées du Pinde et de l'Épire. Les rivages seuls de l'Albanie en sont préservés, les montagnes formant écran.... Ces vents ne régnent, en général, que deux ou trois jours, et sont suivis de vents plus doux du N. ou par des vents du S. amenant

la pluie. » Lee climats sont, du reste, très-variables, suivant la différence des hauteurs et des expositions. L'été est d'une chaleur insupportable dans l'Albanie maritime, et la température s'élève de 36° à 38° centigr. à l'ombre : en novembre et décembre viennent les pluies et les inondations; la neige et le froid durent jusqu'au milieu de mars. € Dans la plaine de la Thessalie, la Macédoine méridionale, la plaine orientale de la Thrace, la neige est une grande rareté et ne tient jamais, tandis qu'elle s'amoncelle plus ou moins dans les montagnes et couvre en hiver une bonne partie de la Bulgarie, de ht Valachie , de la Servie et de la Bosnie. La neige ne disparaît dans la plupart des montagnes un peu élevées qu'en juin ou juillet. Elle ne reste amoncelée toute l'année que dans les cimes, entre 2500 à 3000 raèt., ou plutôt dans les gorges de ces dernières (Monténégro, région d'Ipek, du Schar, du Pinde, etc.). La Valachie et la Moldavie sont les plaines les plus froides de la Turquie, carie thermomètre y descend quelquefois à 15*, 20° et même 20° sous zéro, et les hivers y sont rudes et persistants. Le traînage dure quatre mois, et le Danube se couvre de glaçons. Le printemps commence en avril et la fonte des neiges s'achève en juin. La chaleur de l'été est très-grande, mais les nuits sont trèsfraîches et nécessitent l'usage des manteaux. Les neiges reviennent en novembre.

« Sur le Bosphore, le voisinage des mers et l'absence des montagnes entretient en hiver une température presque aussi douce, mais un peu plus humide que dans la Macédoine méridionale ou la Thessalie, ce qui est prouvé par l'absence de chpminées. Le climat de Constantinople est très-variable, à cause des changements perpétuels dans les courants d'air. Lo canal du Bosphore est garanti surtout des côtés O. et N -O., mais il est exposé au vent froid de la Russie et au vent du Midi. De plu3, le mouvement des eaux fait qu'il y règne toujours du vent. Les vents N. soufflent en été régulièrement depuis 10 h. du matin jusqu'au coucher du soleil. Le vent du S. est prédominant en hiver et amène de l'humidité. Le vent d'E. est fort, froid, et plus sensible en Europe qu'en Asie. ^ Février est souvent beau ; mais il y a un retour d'hiver en mars. Mai, juin et la première quinzaine de juillet sont la partie la plus agréable de l'année. A la fin d'août, à l'équinoxe de septembre, il y a des ouragans; cependant octobre est souvent beau. Novembre et décembre sont brumeux et pluvieux. L'hiver véritable commence en janvier; la température descend rarement au-dessous de 3* à 6* de froid. Le Bosphore ne se couvre de glaçons que dans des hivers tout à fait exceptionnels; on ne cite que les années 401, 763, 934, 1232 et 1021. Il a été entièrement gelé, dit-on, sous Constantin Copronyme, et la mer Noire a été prise en partie sous Arcadius, événement qui s'était déjà produit en 10C8 av. J.-C.

Les montagnes du centre rassemblent ordinairement les nuages et les brumes de la mer Egée. Le ciel reste nébuleux en été et ne présente pas la même sérénité qu'en Grèce. Les orages se déchargent en général dans les montagnes. La Turquie méridionale est quelquefois \* dévastée par des ouragans et des trombes. Enfin, le scirocco se fait quelquefois sentir jusque dans la Macédoine.

TURQUIE DKIKOPE.

H* section : Histoire.

L'histoire des pays qui composent la Turquie d'Europe est presque inconnue avant la domination macédonienne. Les faits principaux de cette époque se confondent avec l'histoire grecque {V. p. 26-28). La conquête romaine réunît, sous sa puissante unité, tous les peuples de ces coutrées ; leur importance politique ne commence réellement qu'avec l'empire d'Orient. L'histoire de cet empire ne présente ellemême que des faits sans grandeur, des luttes sans gloire et des empereurs connus surtout par leurs crimes ou leurs folies. Nous nous bornerons donc à rappeler dans la table suivante les noms principaux et les faits les plus importants.

Bmpirx d'orient. 364-1453.

Première période, 864-565.

364.— Première division de l'empire romain entre Valentinien et Valens.

895. — Division définitive entre Arcadius et Honorius, fils de Théodose. Commencement du moyen âge.

La même année, invasion desWisigoths sons Alaric.

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